<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-31148985</id><updated>2012-02-23T06:03:37.774+01:00</updated><title type='text'>ericde.com</title><subtitle type='html'>Le quotidien absurde, les voyages lointains, les galères improbables, les errances fragiles et les amours impossibles d'ericde sont de retour ! Quand on essaye de le faire taire il ressurgit tel le phoenix, plein d'une vitalité insolente et près à conquérir le monde. Bienvenue au lecteur qui ressortira plus fort de mes tumultueuses aventures. Car ericde.com n'est autre que la solution au mal de vivre, le rejet total de toute forme de marasme,.. en quelque sorte une forme écrite du bonheur.</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://ericde.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ericde.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>ericde</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07232488413902604705</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://photos1.blogger.com/blogger/5227/3356/1600/DEad.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>48</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31148985.post-1980379831225839597</id><published>2011-08-22T05:38:00.010+02:00</published><updated>2011-08-22T11:38:14.234+02:00</updated><title type='text'>De Manakara à Sainte-Marie...</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Lundi 22 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Déjà la fin ! C'est de l'aéroport de Tana que j'écris ces lignes, au milieu de la salle d'embarquement. Les dix derniers jours ont filé, on ne les a pas vu passer. Mais on en a profité comme rarement, on a pris notre temps. Moins de temps à écrire, plus à vivre l'instant. J'ai quand même réussi à raconter cette fameuse remontée vers le nord en minibus avec Christine et Olivier, nos compagnons de presque tout le voyage. Et, promis, je vais essayer de finir le récit cette fois ci. Surtout que les derniers jours à Sainte-Marie ont vraiment été le clou du spectacle, coin de paradi&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;s et rencontres improbables... mais je raconterai ça plus tard. Nous en étions encore à Manakara, beaucoup plus au sud...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Jeudi 11 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le minibus est bien devant l’hôtel au petit matin, vers 7h, comme prévu. On a deux chauffeurs pour le prix d’un, un jeune s’est joint pour apprendre le métier. Les sacs sont chargés, on est parti pour cinq jours de totale liberté dans un minibus 12 places. Le plan est de monter jusqu’à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Tamatave&lt;/span&gt;… pour le reste aucune obligation, on s’arrête où on veut pour dormir ou se balader, no stress.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/5YiJ1CIm_pDLsDN_uXFSvQ?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh6.googleusercontent.com/-pZ4RqW-1N5M/TlHSS6TFYsI/AAAAAAAABgo/Gf0uw6IU4GU/s640/100_0753.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant de filer vers le nord, va faire un tour au &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Trou du Commissaire&lt;/span&gt;, le fameux spot qui nous avait échappé la veille en l’absence de vélo. Le cadre y est plutôt idyllique. Un muret de pierre cercle une zone baignable. Le soleil est déjà haut, l’eau est bonne et il est difficile d’en sortir. Des enfants se baignent avec nous en habit d’Adam, ils jouent avec des mini pirogues confectionnées avec des feuilles de bananiers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/7VCnb4Hnattpye6vHy47jw?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh6.googleusercontent.com/-aRLtyoVxd-E/TlHTJ6dVUrI/AAAAAAAABg4/JEHYuQaxd-s/s640/100_0758.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En sortant de l’eau, un gars du coin nous montre trois langoustes dans un seau, dont une énorme, et nous propose d’aller nous les faire griller ! On s’en régale assis à une petite table sous un porche, à deux pas de la plage. En allant commander des cafés au petit bar sur pilotis qui fait face à l’océan, je tombe sur la serveuse en train de se faire tripoter par un gars derrière elle, elle se défait de son étreinte en rigolant, un peu gênée, et part faire chauffer de l’eau. Sans chercher à leur trouver des excuses, il faut avouer que le cadre se prête pas mal aux galipettes. On agrémente le goûter avec des pains malgaches, petits beignets au manioc. Il est n’est que 10h quand on reprend la route.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/z-V6f9yMtBey4xZMz66MNA?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh3.googleusercontent.com/--fLzqCswQt0/TlHTwQAINSI/AAAAAAAABg8/n6sT9-ejtlw/s640/100_0763.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le minibus nous conduit en 4h environ à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Ranomafana&lt;/span&gt;. Plutôt confort, mais les chauffeurs kiffent la vieille daube française et on se tape en boucle &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sheila&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Mireille Mathieu&lt;/span&gt; et autres &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Garou&lt;/span&gt;. Le décor extérieur se transforme à mesure qu’on grimpe dans les montagnes, avec l’apparition forêts denses, vallonnées, tropicales. Bananiers, palmiers, forêts de bambous…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En traversant un petit village, une troupe de gentils poussins piaillent derrière leur maman au milieu de la route. PAF le poussin ! Dans la même lignée, Moï et Linda nous avaient raconté avoir shooté un chien lors de leur venue express de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Tana &lt;/span&gt;à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Miandrivazo&lt;/span&gt;…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On se pose à &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Palmeraie&lt;/span&gt;, petit hôtel avec quelques chambres en Rez-de-Chaussée dans un petit havre de paix. Une balade en "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;ville&lt;/span&gt;" nous entraine de manière hasardeuse dans un atelier de tissage. A côté d’un grand terrain de foot, une fête bat son plein, avec un manège et de la techno à burne sur des enceintes pourraves qui saturent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chemin nous entraine vers la rivière, qu’on franchit sur un pont manifestement provisoire, fait de bric et de broc, suite à l’effondrement du gros pont métallique, décimé par un cyclone dévastateur en 2007. Les vestiges métalliques en disent long sur la violence du truc. La côte Est de l’île est régulièrement dévastée par des cyclones, principalement pendant la saison des pluies, de novembre à mars.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/1qlcZJmhqWuNAbV_kaEG1g?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh3.googleusercontent.com/-Q2s_tnr_RfA/TlHuRpPzlHI/AAAAAAAABiA/wMzYtQcWJN8/s640/100_0821.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Juste après la rivière, une grande piscine accueille une population dense, composée autant de touristes que de malgaches. La piscine est totalement naturelle, avec une eau thermale à 39°C ! La douche obligatoire est presque trop chaude, mais la baignade fait terriblement du bien. Olivier et Catherine font leur apparition. On se casse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De retour à &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Palmeraie&lt;/span&gt;, Lolo nous découpe un ananas acheté dans la rue… tiède, sucré, juteux… explosion en bouche. On se parle de records pourris, Olivier nous narre l’exploit d’un pote à lui qui a réussit à engloutir 7 camemberts et demi en 3 min 30… on reste français.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La nuit se met à tomber, on part avec le minibus quelques km plus au nord pour tenter d’observer la faune nocturne aux abords du parc naturel, accompagné par un guide du bled. C’est pour ce parc qu’on a décidé de rester dans le coin. En scannant les branchages à l’aide de lampes, on découvre un gros gecko, des grenouilles arboricoles et des minuscules caméléons qui ont vraiment la couleur et la texture de l’écorce d’arbres et des feuilles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/VDMh_I1jnG9Ge7zXc3KDlw?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh4.googleusercontent.com/-2AM1N5oqAlg/TlHUvOuG0DI/AAAAAAAABhM/Xa3r9slepGM/s640/100_0782.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On ne tarde pas à aller se coucher avec quelques écrevisses dans l’estomac. Dans la chambre d’à côté, des malgaches font la fête. Ça chante et ça décapsule de la THB.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/zW26xlwHqhplurSMjEg6IA?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh4.googleusercontent.com/-R6ZMpmsRxhU/TlHUmMf2yqI/AAAAAAAABhI/4av2WW4fxkE/s640/100_0785.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Vendredi 12 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après un petit déjeuner à &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Palmeraie&lt;/span&gt;, servi par une famille aux petits soins, ‘est parti pour une balade dans le parc &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Ranomafana &lt;/span&gt;toute la matinée. Un guide local nous accompagne pour nous éclairer sur la faune et la flore, principalement endémique, probablement inconnue. Traversée d’une rivière. Forêt. Pas de la petite forêt de tata, de la bonne vieille forêt bien dense et sauvage, à la végétation tropicale qui agrippe chaotiquement chaque cm² d’un terrain immense et vallonné. Le guide nous explique les applications médicinales de chaque plante, les propriétés de l’arbre du voyageur et des fougères aborigène, nous fait repérer les manguiers, cocotiers, palmiers, bananiers, figuiers, nous fait goûter du poivre sauvage. Les chemins se  perdent entre les arbres, ça grimpe. Un pisteur est parti devant nous et crie pour nous faire bifurquer quand il dégotte des bestioles sympas. On voit quatre espèces différentes de lémuriens, des petits insectivores et herbivores en famille, des grands mangeurs de bambou, très près de nous, et d’autres encore. Plutôt rigolotes les bestioles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/Hw1lIOXh2WaRQMUtGzIPjw?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh6.googleusercontent.com/-Ely0yk8j7Rs/TlHVedx3KlI/AAAAAAAABhU/z3P9g4ieFwo/s640/100_0812.JPG" height="640" width="480" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur un arbre un gecko minuscule trop bizarre, sur un autre un plus gros, couleur mousse, qui se fond à un arbre comme un caméléon. Perdu au milieu de cette jungle, un texto de Thomas m’apprend que &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tsonga &lt;/span&gt;a encore battu &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Federer &lt;/span&gt;à Montréal. Incroyable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/SSkeNNVPC25IZ-HWZ6foOQ?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh5.googleusercontent.com/-nDSE-Fy0XMI/TlHt3xHwSyI/AAAAAAAABh0/9HyUDROG8yg/s640/100_0818.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De retour en ville, petite bouffe dans une gargote du centre, avant de repartir avec Lolo à la piscine d’eau chaude. Plus aucun &lt;span style="font-style: italic;"&gt;vasaha &lt;/span&gt;dans l’eau, on se dit que le taux d’étranger doit dépendre des jours d’arrivée du train à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Manakara&lt;/span&gt;. Beaucoup de malgaches en vacances par contre, assurément aisés, prenant des photos et se filmant. Les malgaches sont physiquement vraiment distincts des africains, l’influence asiatique et indonésienne saute aux yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On décide de se faire masser dans une petite case, à côté de la piscine. Un orage éclate en plein massage, des rafales de vent s’engouffrent dans la case ouverte, ça a le mérite de mettre un peu de piment à un massage plutôt fade et manquant cruellement de tonicité. On en ressort pas si détendu, mais la peau nourrie à l’Ylang Ylang (essence naturelle locale) et sentant la citronnelle. C’est déjà ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De retour à &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Palmeraie&lt;/span&gt;, je reviens à un de mes passe-temps préféré : tenter de me connecter à Internet. Le réseau &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Moov&lt;/span&gt;, celui de ma nouvelle clé 3G+ salvatrice, ne passe pas dans le village. Je manque encore de me faire embrocher par un zébu qui s’échappe dans la rue principale. Je finis par me connecter au cyber-café du coin. J’abandonne après avoir téléchargé 15 mails en 30 minutes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Encore un bon repas bien sympa tous ensemble, que des produits frais, y compris le rhum arrangé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Samedi 13 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lever 6h, on a passé deux nuits ici et il reste de la route. Le trajet sinueux continue entre les montagnes. Petite traversée de village… PAF la poule. Et de deux. Un village plus loin, arrêt devant une maison pour remettre du carburant de contrebande dans le moteur, bouteille après bouteille. C’est long mais significativement moins cher. Le moteur reste allumé, comme d’habitude. C’est leur trip ici. Encore un arrêt, les chauffeurs achètent sur le bord de la route des litres de vin local vendu dans des bouteilles d’eau. Pour être sûr.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/lTQ5dB3dQ7lzccf3HFIklQ?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh3.googleusercontent.com/-_tIxKe9wh0g/TlHuUnBfneI/AAAAAAAABiE/4KXuG_x-JmQ/s640/100_0824.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/XpKqNYyAm6v5mO_5yaF_EA?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh3.googleusercontent.com/-uBrYsiQ-A1g/TlHuMQqYYuI/AAAAAAAABh8/D1GYf4972EM/s640/100_0823.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers 11h, arrivée à &lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;Amboustr&lt;/span&gt;. La ville est en effervescence, en plein marché hebdomadaire. Dans une boutique d’artisanat, je suis à deux doigts d’acheter une  bonbonnière trop classe en bois de palissandre. 20 Kg. 500€. Un regard "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;tendre"&lt;/span&gt; d’Alice suffit à me faire lâcher l’affaire. Dans la rue, petit &lt;span style="font-style: italic;"&gt;check &lt;/span&gt;avec Julien, notre guide d'il y a quelques jours, croisé par hasard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pause déjeuner après 2h de route supplémentaire à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Antsirabé&lt;/span&gt;. Retour au &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pousse-Pousse&lt;/span&gt;, Christine et Olivier ne connaissaient pas. On se régale entre autre de choux farci et de coteaux du Tricastin. Difficile de résister à une carte de vin français. La Françoise nous raconte que le fromage est en plein essor ici, avec un agriculteur français qui s’est mis au reblochon et au fromage à raclette. Va pas tarder à faire bon y vivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me rends dans une boutique &lt;span style="font-style: italic;"&gt;TELMA&lt;/span&gt;, l’opérateur téléphonique de ma clé 3G+. Super difficile de comprendre leur système, je demande une formation minute. Résultat : mon compte a un problème incompréhensible, ça n’arrive jamais. Mais pas de souci à se faire, en envoyant un formulaire de réinitialisation de mot de passe par courrier, je devrais avoir une réponse positive d’ici deux à trois petites semaines. Tout va bien alors. Je suis dans l’obligation de racheter une carte et créer un nouveau compte qui semble fonctionner. Hum.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis le minibus, à l’approche de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Tana&lt;/span&gt;, on admire le soleil couchant et la pleine lune qui surgit du sommet des collines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il fait nuit noire à notre arrivée dans la capitale. Le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Saint-Antoine&lt;/span&gt; plein, on se rapatrie sur le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Jean Laborde&lt;/span&gt;. Un Hôtel sordide tenu par un vieux français acariâtre, tenue stricte et cheveux blancs gominés, se plaignant des malgaches, des taxes et nous répondant avec dédain. L’ambiance glauque a quelque chose de l’après-guerre, des relents colonialistes, on se croirait dans un roman de Céline.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une bonne bouffe au &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Outcool &lt;/span&gt;nous détend avec un fond sonore trusté par &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Nirvana&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Vampire Week-end&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Coldplay&lt;/span&gt;, avant qu’un expat’ bien entamé ne décide de mettre à fond un vieil album de Thiéfaine, « &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Soleil cherche futur&lt;/span&gt; ». Et d’expliquer bien fort que le soleil, en fait, c’est une planète en fusion. Un champion. Il enchaine ensuite les diatribes à la con du genre « les malgaches sont tous rigides, bornés et abrutis, de toute façon ». J’aimerai savoir pourquoi la majorité des expatriés sont des cons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimanche 14 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lever 6h pour prendre un petit déj à la terrasse du Saint-Antoine. Internet gratuit et rapide, ça n’est qu’à la capitale, autant en profiter. Je prends le temps d’écouter de nouvelles versions de titres de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Fake Oddity&lt;/span&gt; et de répondre à trois mails. La télé diffuse BFM TV : en une, Noah personnalité préférée des français. Il ne se passe donc rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Devant le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Jean Laborde&lt;/span&gt;, ça s’embrouille  un peu avec les chauffeurs pour une histoire de pognon, ils n’ont pas récupéré assez de sous de la part d’Eric qui semble injoignable. sa femme finit par arriver en moto, ça s’arrange après une bonne heure d’attente et de blabla.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le minibus repart, direction &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Tamatave&lt;/span&gt;. Encore un long trajet sur des routes sinueuses mais goudronnées. Pause bouffe dans la ville de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Moramanga &lt;/span&gt;dans une cantine locale, avec grosse plâtrée de riz accompagnée d’un peu de poisson. Dans la rue, une procession festive débaroule, rythmes et danses endiablées, drapeau agité. Peut-être un retournement aux morts ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/FFLaZfWaKriePQ5-hJESeQ?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh3.googleusercontent.com/--4JhAY3TEqc/TlHugpXHCWI/AAAAAAAABiI/5i0lBXrtLFY/s640/100_0832.JPG" height="640" width="480" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fin de journée, arrivée à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Tamatave&lt;/span&gt;, grosse ville portuaire. La ville semble étendue, avec de longues et larges avenues empruntées par d’innombrables véhicules. Les pousses-pousses sont remplacés par des vélos triporteurs. On a du mal à trouver un hôtel n’affichant pas complet, mais on finit par poser nos valises aux &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Flamboyants&lt;/span&gt;, essentiellement fréquenté par la communauté chinoise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petite balade longeant de nombreuses "baraques à Rhum" avant de prendre place dans un resto avec vue sur la plage, le port et l’océan indien. On invite les chauffeurs, pas très loquaces, réservés, mais qui semblent ravis de notre attention et nous remercient maintes fois. Spécialités de la mer dans un cadre assez clean, limite glauque, avec plusieurs vieux vasahas sirotant des cocktails accompagnés de jeunes malgaches plantureuses et sexy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les chauffeurs n’ayant pas eu le temps de se trouver une chambre à leur portée, ils dorment dans le minibus, devant l’hôtel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Lundi 15 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lever 5h30. De pire en pire. N’empêche, on s’habitue à ces conneries. On va de suite au bureau de Cap Ste-Marie, l’un des prestataires organisant des traversées en bateau pour joindre la Grande île à la plus petite. Les tickets en poche pour le bateau de 13h, on a le temps de rouler tranquillement vers le nord.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On rejoint donc en 4h de route dégueulasse &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Soanierana-Ivongo&lt;/span&gt;, bled de embarcadère face à l’île Sainte Marie. L’attente est plus longue que prévue, les horaires sont toujours donnés à titre vaguement indicatifs à Madagascar. Pendant ce temps, Olivier gère les formalités obligatoires : paperasse au bureau local de Cap Ste-Marie, paperasse à la gendarmerie, paperasse à la police. On achète des gros fagots de vanille à une petite vieille bien gentille, on bouffe des sandwiches à la Vache qui rit (denrée internationale). On finit par embarquer, il est 15h.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/LUY8fsTY1WGFzq-nxMPjDg?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh4.googleusercontent.com/-ZFa4_-YbHKc/TlHvAB72pfI/AAAAAAAABiU/s_aG6JChPwg/s640/100_0860.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Traversée d’une heure sur une vedette bien rapide, avec de bonnes sensations sur les grosses vagues d’une mer agitée. Au loin, une baleine saute en propulsant un joli geyser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/NZnjt7JSvyQvCqSH_QCfcw?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh5.googleusercontent.com/-1fx2P5XDOZE/TlHvAKIrOnI/AAAAAAAABiY/8SmyJ-vlJdw/s640/100_0865.JPG" height="640" width="480" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soleil est déjà bas alors qu’on foule la terre ferme du petit port Saint-Marien. Une foule grouillante nous accueille pour proposer taxis, hôtels et autres safaris baleines. On saute dans un taxi-brousse blindé pour rejoindre un hôtel 4 km plus au sud. La route longe l’océan. Le soleil se couche derrière quelques nuages disparates.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Palourde, constitué de bungalows à même l’océan, est quasi désert. Les bungalows sont disposés à quelques petits mètres de la plage, avec une vue splendide sur l’océan bleu turquoise, dans un calme incroyable. Le sable est fin, des cocotiers se penchent au dessus de l’eau… un petit air de paradis sur terre, tel qu’on le vend dans les magasines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/zBbGnuo5Yz-4iavy2rOn0g?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh4.googleusercontent.com/-DwFsYmcXv4c/TlHvM3F7LYI/AAAAAAAABig/6VPSyIGc5v4/s640/100_0876.JPG" height="640" width="480" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Joel, malagache au large sourire indécrottable, l’air complètement défoncé, nous accueille. On comprendra vite qu’il est comme ça de manière naturelle. Adorable, il rigole tout le temps et répond à toutes les questions par "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Si  vous voulez"&lt;/span&gt; ou "C'&lt;span style="font-style: italic;"&gt;est possible&lt;/span&gt;" ! On peut se baigner loin ? Si vous voulez. C’est pas dangereux ? Si vous voulez. Que peut-on manger ici ? C’est possible. Il y a des vélos à louer dans le coin ? Si vous voulez. Sérénité radieuse. Si le malgache est cool, le st-marien le surpasse largement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On demande à manger du poisson, des calmars, du poulpe. Si vous voulez. Il va demander de la came fraiche à un pêcheur qui passe. Une sauce coco ? C’est possible. Il monte sur un arbre cueillir une noix de coco, la découpe et prépare une sauce si bonne que ça semble invraisemblable. On se régale comme on ne s’est jamais autant régalé de tout le séjour. Et pour info, c'est presque gratuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/sjblpRE3ipCKXeT3_tqOKQ?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh3.googleusercontent.com/-K9STF1Z_H28/TlHSCR6sH_I/AAAAAAAABgg/6gQpbCKcZrg/s640/100_0885.JPG" height="640" width="480" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On passe un moment à regarder la lune se lever au dessus de l’eau, puis on s’endort bercé par les vagues. Elles sont si proches, on a l'impression que l'océan va rentrer dans le bungalow. Putain, on est pas mal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimanche 21 août&lt;/span&gt; - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Entre Tamatave et Tana&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31148985-1980379831225839597?l=ericde.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ericde.blogspot.com/feeds/1980379831225839597/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31148985&amp;postID=1980379831225839597' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/1980379831225839597'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/1980379831225839597'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ericde.blogspot.com/2011/08/de-manakara-sainte-marie.html' title='De Manakara à Sainte-Marie...'/><author><name>ericde</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07232488413902604705</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://photos1.blogger.com/blogger/5227/3356/1600/DEad.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='https://lh6.googleusercontent.com/-pZ4RqW-1N5M/TlHSS6TFYsI/AAAAAAAABgo/Gf0uw6IU4GU/s72-c/100_0753.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31148985.post-7850295373890887844</id><published>2011-08-14T06:39:00.009+02:00</published><updated>2011-08-14T22:29:46.606+02:00</updated><title type='text'>D'Antsirabé à Manakara</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimanche 14 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Nous voici de nouveau à Tana, retour à la case départ avant d’emprunter une nouvelle direction, le nord-est. Les deux-tiers du voyage sont déjà derrière nous, on entre dans le douloureux « money time ». On en a pourtant déjà plein les yeux, les oreilles, les sens. Les malgaches sont pauvres pour la plupart, mais d’une gentillesse rare. Se connecter à Internet reste la mission la plus ardue du voyage, ça n’aide pas la mise à jour du blog. En voilà encore une tranche. Récit d’une traversée en direction du sud-est malgache.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Samedi 6 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lever 9h, première grasse mat’ depuis le début du voyage. Lolo reste au lit. Ma batterie d’appareil photo ne se relève pas non plus, elle a du prendre un pin. On n’a plus que l’appareil d’Alice, moins bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l’entrée du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Green Park&lt;/span&gt;, Christine et Olivier sont en pleine négo avec Eric "Jamel" qui est  descendu de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Tana&lt;/span&gt;… il leur propose de louer les services d’une voiture et d’un chauffeur pour cinq jours, pour les remonter de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Manakara&lt;/span&gt;, où ils seront dans quelques jours, jusqu’à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Tamatave&lt;/span&gt;, beaucoup plus au Nord. On finit par accepter de partager les frais, on est vraiment sur la même longueur d’ondes avec eux. On n’hésite pas longtemps, sauf Lolo qu'on vient de réveiller et qui tente péniblement de surnager au delà des brumes matinales à grands coup de tartines et de cafés. Il finit par grommeler un accord enroué. On se donne donc RV quelques jours plus tard, et ils partent sans attendre, un peu plus au sud.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moï et Linda sont encore là, on prend le temps de se poser ensemble et de profiter du jardin. A peine sortis de l’hôtel, les pousses-pousses nous alpaguent et nous proposent de nous conduire à un famadihana, fête de retournement des morts. Voyons ce que ça raconte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petit pitch préalable : cette cérémonie semble être le point culminant du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Culte des Ancêtres&lt;/span&gt; qui fidélise la quasi-totalité de la population. Les malgaches partent du principe que la mort n’est qu’une étape de la vie parmi d’autres, sa phase ultime. D’où le proverbe « Ceux qui sont partis n’ont qu’une avance de temps car la route est commune ». Rendre hommage aux morts est une manière pour eux de rendre grâce à la vie dans sa forme la plus aboutie. Le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;famadihana &lt;/span&gt;a lieu plusieurs années après le décès, quand la famille du défunt estime qu’il a besoin d’un nouveau linceul pour se réchauffer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/QtLrj57FEabnGHykf4NyyQ?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh6.googleusercontent.com/-9igTBLeceAs/TkdYFG_yNmI/AAAAAAAABfk/dzRZ3LKcgBE/s640/100_0486.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous voilà tous les cinq en route, tirés par des pousses-pousses à travers les routes goudronnées de la ville puis des chemins plus cabossés de la campagne entre les rizières. La fête est à 5 km du centre. On descend de l’habitacle quand la pente est trop forte ou la route trop pourrie, c’est vraiment gênant de rester comme un pacha sur son siège rembourré quand le pousse-poussier contracte ses muscles et transpire à grosses gouttes. On finit par arriver dans un hameau en haut d’une colline. Il y a beaucoup de monde, mais on est les seuls vasahas. On est d’abord présenté à un jeune de la famille organisatrice, puis au doyen. On lui demande si notre présence le dérange. Il nous dit qu’au contraire il en est honoré, qu’il souhaite qu’on passe un bon moment, qu’on danse, qu’on prenne des photos et qu’on lui envoie. Il est tous sourires, ravi. Il faut dire qu’on lui a glissé une bouteille de rhum.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/1YlLmdygGZcZR5r6hFQNZA?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh4.googleusercontent.com/-0ebz55XUtgA/TkdZYDToiOI/AAAAAAAABfk/a8RM8QVpGlk/s640/100_0521.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La procession commence, une troupe de musiciens joue des airs guillerets au violon et au tambourin, certains dansent, tout le monde suit. Il y a entre 200 et 300 personnes, de tous âges. Différentes personnes s’approchent pour nous expliquer ce qui se passe. La famille qui organise est manifestement aisée, d’où l’ampleur de la fête. La procession arrive devant un grand caveau familial. Les musiciens redoublent d’entrain et les invités se répartissent tout autour. Puis vient le temps des discours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/ZO0JquK5GIlsPOu_mceQjw?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh5.googleusercontent.com/-mgBudu8nutM/TkdY98BajYI/AAAAAAAABfk/cLfKYGh54ao/s640/100_0516.JPG" height="500" width="375" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux "autorités locales" et le responsable de la famille prennent tour à tour la parole en malgache. Un gars à côté nous explique ce qui se passe. Chaque orateur commence par demander au public la permission de s’adresser à lui. Cette demande s’adresse plus particulièrement aux plus âgés d’entre eux. Les autorités locales donnent un cadre formel à la cérémonie en présentant la famille et en lisant le décret signé l’autorisant à ouvrir le tombeau - on apprendra ensuite que de nombreux tombeaux sont pillés et les os humains revendus à des fins médicamenteuses. Le patriarche rappelle ensuite le sens de cette cérémonie : c’est avant tout un temps festif qui vise à rassurer les défunts sur le fait qu’ils sont toujours présents dans les mémoires. Il interpelle tous les enfants présents en leur disant qu’ils seront bientôt à leur tour les gardiens de cette tradition. Moment poignant de transmission de valeurs traditionnelles et populaires d’une génération à une autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/gXBnJy7my6M2KQe3FpPzQg?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh5.googleusercontent.com/-u6Ckz4o5LKk/TkdaSXPkuNI/AAAAAAAABfk/adAEIQ6S83o/s640/100_0532.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’ouverture du caveau est ensuite descellée à l’aide de différents instruments contondants et de marteaux. Tout le monde se recule de quelques pas, pour ne pas se prendre les gaz s’échappant du tombeau dans le pif. Les personnes de la famille rentrent à l’intérieur et ressortent à tour de rôle avec les corps exhumés de leurs parents, frères ou enfants, enroulés dans des linceuls de soie, transportés en procession au milieu de la foule. Tout le village se bouscule pour assister au renouvellement du linceul, enroulé par dessus le précédent. L’ambiance est à la surexcitation, et l’alcool que les convives ne manquent pas de consommer en abondance donne une certaine garantie de longévité à la teuf. Même si un peu de chaque verre est versé par terre, pour les morts. Pas de raison qu’ils picolent pas, eux aussi. Les deux représentants de l’autorité locale nous permettent d’aller visiter l’intérieur du  tombeau, avant de nous réclamer une petite THB "en signe de respect".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On nous prend par la main pour nous inciter à danser prêt des musiciens, à deux pas de la dizaine de corps exhumés. Sentiment étrange et ambivalent, mais on a vraiment l’impression de participer à une communion populaire forte de la vie malgache, de se fondre temporairement dans une culture méconnue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/eSX7htNRS6W9fUmFHBZe8A?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh4.googleusercontent.com/-_8LCUSsCfrE/TkdazyFhQYI/AAAAAAAABfk/BOsYawiYezI/s640/100_0537.JPG" height="500" width="375" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On finit par se faire reconduire par nos potes les pousses-pousses. L’un d’eux a crevé, différentes théories sont avancées, qui vont du caillou pointu au sabotage. Bon, un pousse-pousse crevé, ça roule, même pas mal. Je demande à Stéphane, mon "chauffeur", pourquoi il est pieds-nu. Pas assez d’argent pour acheter des chaussures. J’ai l’air con.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/bX5zon155XCs4UyUGaN8lA?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh3.googleusercontent.com/-qV3cnwSN8zY/Tkda3euGD2I/AAAAAAAABfk/b0KkyAGLj8A/s640/100_0541.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soir, après quelques heures de reconnexion au cybermonde et un petit rhum avec Hari "Tahiti Bob", Moï et Linda, direction le resto &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Pousse-Pousse&lt;/span&gt;, tenu par une française, histoire de parfaire cette journée à thème. Cadre cosy de super bon goût, Carpaccio de zébu au citron et aux herbes, steak de zébu rossini avec un foie gras local excellent… une adresse "surfaite" selon &lt;span style="font-style: italic;"&gt;les relous&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimanche 7 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai écris jusqu’à tard dans la nuit. 2h. Ensuite, plus moyen de fermer l’œil. Insomnie. Conscience insubmersible, même au travers de rêveries absurdes. 5h. Les cloches de la Cathédrale font un boucan d’enfer. Dimanche. En plus d’être impénétrables, les voies du Seigneur font du boucan. 5h30. Lolo va aux chiottes, fume une clope dehors et se rallonge pour lire. 6h. Nouveaux tintements de cloches bien sonores. Pourquoi tant de haine ? 8h. Je me lève. Du retard sur le blog, il faut que je poste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je demande à un Pousse-Pousse de me mener à un café Internet… après une demi-heure de vas-et-viens dans toute la ville, je me rends à l’évidence : Internet n’existe pas dans cette ville le dimanche. Il disparait pour mieux laisser la population se connecter au Seigneur. Des centaines de malgaches endimanchés se pressent devant la cathédrale. L’occasion pour certains de faire démonstration de leur richesse, avec des tenues des grands jours rivalisant de classe. D’autres portent des habits raccommodés, dépareillés, trop longs, trop courts… mais tout le monde semble faire le max.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Retour au &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Green Park&lt;/span&gt;. Je commande un petit déj et discute avec Hari de mes cyber-préoccupations. Il me conseille tout simplement d’acheter une clé 3G+ ! Ça marche partout et c’est accessible en terme de prix… va falloir que j’y songe, sérieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois tout le monde levé et rassasié, direction la gare routière en pousse-pousse… On cherche à aller à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Ambositra &lt;/span&gt;(prononcer "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Amboustr&lt;/span&gt;"). Je commence à être bien pote avec Stéphane le pousse-poussier. Quand je fais des blagues, il explose de rire. Quand je suis sérieux, il se tord de rire aussi, persuadé que je blague.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un peu avant la gare routière, un rasta quinquagénaire nous incite à descendre des pousses-pousses pour nous vendre des places, expliquant que le taxi-brousse passera nous prendre ici dans les dix minutes. Après 40 minutes d’attente dans un boui-boui glauque diffusant en boucle des clips de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Justin Bieber&lt;/span&gt;, le rasta  réapparait. Pas de problème le taxi-brousse arrive. Encore 15 minutes. Il revient et nous demande si on ne préfère pas y aller en voiture pour le même prix, un particulier cherche à partager les coûts d’essence. Ok. On se retrouve tous les trois à l’arrière d’une vieille Merco des années 70.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le gars emprunte la RN7 vers le sud. Il roule comme un taré, tourne toujours au dernier moment sans décélérer, double sans aucune visibilité et appuie sur la pédale à l’entrée de chaque village. Sur le siège passager, une étudiante malgache qui partage aussi le trajet. Elle nous donne son numéro si on veut la contacter à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Fianarantsoe&lt;/span&gt;, encore un peu plus au sud. Allez Lolo, à toi de jouer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arrivée à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Ambositra&lt;/span&gt;. L’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Artisan hôtel&lt;/span&gt;, recommandé par le Lonely, a des allures de Club Med. Le fait qu’il soit complet finit de nous convaincre à chercher ailleurs. Le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Grand Hôtel&lt;/span&gt; est en plein centre, pas cher, et avec des décos de chambre véritablement incroyables. Parfait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A peine posé, on se fait alpaguer par un certain Julien, qui nous propose de se balader avec lui quelques heures pour nous faire visiter les environs et découvrir les ateliers artisanaux... &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Ambositra &lt;/span&gt;étant considérée comme la Capitale de l’Artisanat. On est parti, on ne reculera devant rien. On s’éloigne rapidement de la ville par des petits chemins bien verts. Ambiance paisible, des gamins jouent au foot, des paysans travaillent dans les toujours omniprésentes rizières. On entend puis on voit un zébu qui nous fonce dessus, on s’écarte du chemin, son propriétaire lui court après juste derrière. Julien nous explique qu’ici il existe une sorte de rodéo avec des zébus, les participants devant resté accroché le plus longtemps possible à leur bosse ! Il nous parle aussi des émeutes qui ont eu lieu en 2009, des morts dans la ville. Et puis des bandits de grands chemins qui s’attaquent aux véhicules dans le sud du pays, autour des mines de saphir, volant et tuant sans vergogne. Je ne sais pas si tout ce qu’il raconte est vrai, mais en tout cas il est bien flippé, le Julien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/eMlEEQV0kCexjfJlyQXitA?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh4.googleusercontent.com/-xRQJ4nL3WkQ/TkgqL6XQGZI/AAAAAAAABf0/ETnFBWOgAxc/s640/P1000667.JPG" height="333" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A côté de ça il nous amuse avec des devinettes. La balade dure un bon moment, on grimpe en haut d’une colline. Il fait beau. Super panorama sur la petite ville et sur de magnifiques paysages de rizières et autres cultures en terrasse. Petites maisons en bois qui servaient de palais à un ancien roi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/zXyGDib41Sh5LRb8LHb9sg?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh6.googleusercontent.com/-B_QQev-ZTGc/TkgqCQS8jHI/AAAAAAAABfs/McLXC8QKRI4/s640/P1000685.JPG" height="333" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Redescente par des sentiers escarpés. On entre dans une petite maison en terre typique des habitations de campagne. Au rez-de-chaussée, un homme est en train de travailler le bois d’ébène pour faire naitre des figurines fines et élancées. Il nous fait visiter l’habitation, très rustique. Posters de joueurs de foot au dessus de son lit. Dehors, des enfants s’amusent sur des échasses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/I59OVf-XO-92mwtZxKb1BQ?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh4.googleusercontent.com/-_SWNJ3MNwjk/TkdbB1FpmZI/AAAAAAAABfk/QoHQopaKo1M/s640/100_0542.JPG" height="500" width="375" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On continue à fendre la campagne, les enfants nous suivent. Nouvelle étape dans la cours d’une habitation. Une grande roue à bois y est installée. Un homme actionne le mécanisme pendant qu’un autre travaille le bois à l’autre extrémité. Suite à la démonstration, des étals remplis de sculptures sont découverts et il est difficile de repartir sans rien acheter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/wORbWoDzTlTXuBsbO5Ms0g?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh5.googleusercontent.com/-Im0pei8TIHM/Tkdbdaa4vBI/AAAAAAAABfk/s8O6sVCrbNc/s640/100_0547.JPG" height="500" width="375" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De retour en ville, on rentre dans une autre cours intérieure. Dans un atelier, une femme brode des petits personnages et scénettes sur des draps. Un peu plus loin, Julien nous entraine dans un passage sans aucune forme d’indication. Dans une pièce sombre accessible par une cours intérieure, une vieille femme tisse des écharpes de soie sauvage. Des onomatopées beuglées parviennent de la pièce à côté. Elle continue à sourire en nous faisant calmement comprendre que son mari est ivre mort. Sur le mur de la pièce, un poster de Ronaldo côtoie une image du Christ tendance rococo. Face à tant de bon goût, on lui achète des écharpes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Retour au &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Grand Hôtel&lt;/span&gt; après 8km de balade. Il fait déjà nuit, on a notre compte. Au resto de l’hôtel, rencontre avec un couple français qui traverse Madagascar en vélo, en demandant l’hospitalité chez les gens dans les villages qu’ils traversent. Bon trip. On leur explique que s’ils vont trop au sud, ils ont de grandes chances de se faire égorger. Mais qu’ils peuvent le tenter, hein.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Lundi 8 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Julien nous a organisé un ramassage par un Taxi-Brousse devant l’hôtel à 8h30, direction &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Fianarantsoa&lt;/span&gt;. On a réservé une banquette entière de 4 places pour ne pas être trop collé. Une banquette est pourtant composée de trois sièges, mais la coutume est de s’y tasser à quatre. Un Taxi-Brousse n’est autre qu’un minibus, mais blindé de monde, avec des horaires approximatifs, et sujet à des arrêts intempestifs et qui peuvent sembler irrationnels. Le notre ne déroge pas à la règle. Il s’arrête une bonne demi-heure devant un marché… je finis par sortir pisser en me frayant un chemin jusqu’aux toilettes publics. Au retour une petite vieille édentée me souris. Elle est vêtue d’un sweat capuche &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pantera&lt;/span&gt;… L’image va rester gravée. Le minibus est parti. Je le retrouve une dizaine de mètres plus loin, Alice et Lolo ont fini par lui faire comprendre mon absence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après quelques pauses et autres remplissage de réservoir, le taxi-brousse part vers 10h. Il roule lui aussi comme un malade, et il a probablement passé son permis en Angleterre. Arrivée dans la gare routière de "&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Fianar&lt;/span&gt;" vers 13h30. C’est une grande ville, la troisième du pays, qui donne une impression de modernité comparé à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Antsirabé&lt;/span&gt;. 150 000 habitants. Une 4L (en fin de vie depuis au moins 20 ans), nous dépose au &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Soratel&lt;/span&gt;, à deux pas de la gare ferroviaire. Prix cool et grand standing comparé à ce qu’on a eu depuis le début : grande salle de bain avec baignoire, télé, wifi… je revis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le temps incertain aidant, on décide que cette ville n’a pas un intérêt énorme. Petite bouffe dans le coin, repos, internet, deux trois bricoles. Alice a son oncle Jean-Pierre au téléphone, ça risque d’être malheureusement compliqué d’aller le voir à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Antalaha &lt;/span&gt;où il habite, vers la pointe nord-est de l’île, difficile d’accès. On a  réussi à organiser un Rendez-Vous dans un petit resto avec Moï, Linda, Christine et Olivier, grâce à nos portables malgaches respectifs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Linda et Moï vont finalement déclarer forfait. Dîner super sympa, échange de petites anecdotes issues des deux derniers jours écoulés. Olivier nous raconte le match de foot qu’il est allé voir au stade de la ville, Fianar-Antsirabé, l’ambiance de fou, les joueurs qui se changent au cul du camion en l’absence de loges et qui repartent serrés comme des sardines dans un petit minibus. Il nous parle aussi du réceptionniste de leur hôtel qui est obligé d’aller passer le BAC ces jours-ci car il n’a pas les moyens de se l’acheter ! Enfin, un gros titre du journal du jour aperçu dans un kiosque : « Résultats du BEPC à Madagascar : 4 blessés ». Le resto nous attend pour fermer… à 20h30.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Retour à pieds sous une pluie battante. Au milieu du trajet, extinction des feux. Il n’y a plus personne dans les rues, on se repaire tant bien que mal à la frontale pour éviter les grosses flaques d’eau. On est pourtant dans l’hyper-centre de la troisième ville de Madagascar, et il n’est pas 21h.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De retour à l’hôtel, Alice essaye de regarder l’une des trois chaînes reçues par intermittence sur la télé en bougeant les antennes. Début de nanar avec Jennifer Lopez avant que toutes les chaines ne sautent. Je profite de la soirée pour boucler le long deuxième post de ce blog.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Mardi 9 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Réveil en douceur à 5h. Je n’ai pas dormi bien longtemps. On va prendre aujourd’hui le petit train qui relie &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Fianar &lt;/span&gt;à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Manakara &lt;/span&gt;en 7 ou 8h, plus au sud sur la côte Est. La gare est en ébullitions. Files d’attente désordonnées pour les classes les moins chères, amas de voyageurs attendant à côté de leur bagages, guides à l’affût de vasahas désorientés, ventes de petits pains et de café chaud…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/n-DgjoDNTEvFkXviDdPVkg?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh6.googleusercontent.com/-wWDKxw-rUEo/TkddDDrKjQI/AAAAAAAABfk/JPqXk4V2ykE/s640/100_0589.JPG" height="640" width="480" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On retrouve nos « compagnons de l’ouest ». Moï et Linda ont assuré en réservant et en avançant nos billets. On finit par prendre place. La 1ère classe dans laquelle on est installé est d’un confort tout relatif, je n’ose pas imaginer les autres wagons. Catherine et Olivier en ligne de mire, on essaye de les éviter. Le train finit par partir à 8h30, après 1h30 de retard syndical.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/6NSnKbd7bOqNCQOZ1siC_w?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh6.googleusercontent.com/-vI3cx6ZWc-I/TkdepWAd9JI/AAAAAAAABfk/WZs6_aF_ixs/s640/100_0634.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le train va s’arrêter dans une bonne vingtaine de gares, toute la journée. Certaines dans des villes d’importance moyenne, d’autres au beau milieu de la forêt dans des coins vraiment paumés. Chaque arrêt est un spectacle à part entière : les quais grouillent de monde, voyageurs en transit, enfants qui s’amusent, et surtout marchands et vendeurs de tous poils. Chaque station a son lot de denrées culinaires (à consommer sur place ou à emporter) correspondant aux cultures ou aux spécialités locales. Samossas, nems, beignets de légumes, de pomme de terre ou de manioc, écrevisses, crevettes, salades, pâtes, clous de girofle, poivre vert…&lt;br /&gt;Des fruits aussi, en nombre : oranges, mini-bananes (délicieuses), papaye, corossol, carambole, jaquier… on n’a pas besoin d’une pause à midi pour se nourrir, la tendance lourde est plutôt « on goûte à tout, tout le temps ». Les vendeurs n’hésitent pas à grimper dans les wagons pour tenter de vendre tout ce qu’ils peuvent jusqu’au dernier moment. Ca me fait penser à l’ambiance du Transsibérien, en remplaçant les mamouchkas par des vieilles malgaches édentées, et les gares blockhaus en béton par des forêts primaires… bon, ok, c’est pas la même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/vblav4nPPY9DKsLQrwa4ew?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh6.googleusercontent.com/-h6fQk2Wvcjo/Tkdec99XEtI/AAAAAAAABfk/yVBiPOmbCm8/s640/100_0631.JPG" height="640" width="480" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant chaque départ, des sifflets retentissent et les enfants des villages s’agrippent à l’arrière du train pour se laisser tomber un peu plus loin, quand la machine a bien pris de la vitesse et qu’il y a bien moyen de se faire mal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/Op-6ux8yhEcJdSCqkFiR6w?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh4.googleusercontent.com/-ev02-VNzY-I/TkdddKz0FDI/AAAAAAAABfk/iDxokVXow4c/s640/100_0618.JPG" height="640" width="480" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De parcelles de cultures interminables plus ou moins gorgées d’eau et irisées de soleil, on passe à de la forêt plutôt dense et variée, mêlée à des paysages vallonnés et montagneux, avec son lot de rivières et de cascades. Les points de vue du train sont stupéfiants et les passagers se précipitent d’un côté à l’autre pour prendre des photos, systématiquement pourries par un arbre qui vient se mettre entre l’objectif et la vue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/4j7_yWjIjZPF2eZlreksaA?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh3.googleusercontent.com/-K23TcHhEFm8/TkdcYsjJZJI/AAAAAAAABfk/Se-qgoyWmXE/s640/100_0583.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’ambiance est top dans le wagon, ça se balade, ça discute, ça lit, ça somnole et ça rigole. A côté de nous, un canadien plutôt bon trip qui nous parle de la saison de hockey sur glace. Juste derrière, un jeune français est en train d’avaler le 2ème tome du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Trône de Fer&lt;/span&gt;, tellement absorbé qu’il ne lève même plus la tête pour voir ce qui se passe dans et en dehors du train. Les dernières heures se font quand même un peu longues… le voyage dure finalement 13h !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/ak9nG4It55kjt9Tk-ZMjug?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh3.googleusercontent.com/-gLCdtqBL140/Tkdd_7D8PSI/AAAAAAAABfk/I92zWhWxjqU/s640/100_0625.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arrivée à 20h passées à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Manakara&lt;/span&gt;. Pleine nuit. Il pleut et les passagers se bousculent sur le quai. Le vent se lève, la pluie redouble d’intensité, tout le monde essaye de se trouver une place à l’abri, c’est la cohue. Seule une ouverture étroite permet d’entrer dans le hall de la gare. On se perd dans la foule. Traversée du hall, une autre petite porte permet de sortir de la gare. Permettrait, si les gens ne restaient pas plantés sous le porche, bloquant le passage. On force un peu. Dans le merdier devant la gare, un gamin essaye de glisser sa main dans ma poche, je l’arrête à temps. On a perdu les autres. Des dizaines de pousses-pousses essayent de nous alpaguer pour nous emmener à notre hôtel. Lolo prend place dans l’un d’eux, un autre prend Alice par la main et l’installe sans lui demander son avis, et je  monte dans un troisième. On essaye de discuter des prix, ils nous disent de ne pas nous inquiéter, que ce sera le prix « normal ». Une bâche un peu trouée est rabattue sur le pousse-pousse pour me protéger de la pluie. Je me retrouve complètement seul dans l’habitacle, l’averse bât son plein, le vent et l’eau s’engouffrent, l’orage retentit, j’ai à peine vu la tête du pousse-poussier, qui m’emmène je ne sais où. Où que ce soit, il doit en chier. La pluie se calme un peu, on est arrivé. Lolo et  Alice sont là. Bien sûr, les pousses-pousses qu’on a pris avec Alice nous réclament 4 fois le prix demandé à Lolo. Ça s’engraine un peu, un guide qu’on avait rencontré dans le train nous vient en aide, on paye un prix correct.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aux &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Délices&lt;/span&gt;, les chambres sont petites et rudimentaires, mais au sec. Un bon et gros filet de poisson grillé me réconcilie avec cette fin de journée. A la fin du repas, Christine et Olivier débarquent, trempés… leur réservation d’hôtel n’ayant pas marché, ils ont fait des km en pousse-pousse sous la pluie avant de trouver de la place dans un hôtel pourri à deux encablures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Mercredi 10 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On se retrouve vers 8h pour prendre le petit déj ensemble. On a la surprise de voir débarquer Moï et Linda dans le minibus qu’ils ont loué pour les jours à venir. C’est ici que nos chemins se séparent, ils continuent vers le sud alors qu’on a choisi de remonter. Ils étaient malades de ne pas nous avoir dit au revoir et de s’être quitté en pleine apocalypse la veille au soir. Et j’ai perdu mon chargeur de portable malgache dans le train, je ne suis plus joignable. Ils décollent. Il y a des chances pour qu’on se retrouve à Lyon dans pas si longtemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/k165W9qKyHN1wi2uhO3Ejg?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh5.googleusercontent.com/-64AqF1N1GBs/TkdfGmiPTzI/AAAAAAAABfk/qCbFOV47UJE/s640/100_0655.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On part se balader vers l’océan. Wouah. L’océan indien. La pluie d’hier a laissé la place à un gros soleil. Mais le climat est clairement plus tropical ici, chaud et humide. Palmiers et cocotiers bordent la plage. On se fait couper une noix de coco pour boire le lait délicieusement frais à la paille. Les vagues sont  puissantes, il est vraiment déconseillé de s’y baigner. Un touriste serait mort noyé le mois passé. Ils sont vraiment flippé ces malgaches. On trempe les pieds quand même. Effectivement, le courant semble taquin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/lTNa-zhLI89Rn2H3CjZ26w?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh4.googleusercontent.com/-1uBH6T8AoEk/TkdgTARoJmI/AAAAAAAABfk/chxneNVxOUk/s640/100_0697.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au loin, des pêcheurs tanguent sur des vieilles pirogues. Promenade le long de la plage. Les vagues explosent sur une digue à l’entrée d’un bras de mer. On fait signe à des pirogues pour leur demander s’ils peuvent nous faire traverser ce dernier. Pas de souci, les jeunes piroguiers viennent nous chercher un à un. Leurs embarcations prennent l’eau, mais on arrive de l’autre côté. Dans des seaux, le résultat de leur pêche matinale : des poissons énormes. Un peu plus loin, un serpent glisse furtivement devant nos pieds, dans le sable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/fGe9WUAoryZgjmI-jnXWrw?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh5.googleusercontent.com/-mUnJhCOuWp4/TkdhHSHcljI/AAAAAAAABfk/lfmMEjrYgvg/s640/100_0703.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sortie de la plage, balade par les chemins. On passe au dessus du &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Canal des Pangalanes&lt;/span&gt;. Séparé de l’océan par une étroite bande de terre, il a été construit en 1901 pour mettre une liaison fluviale entre les 650 km qui séparent &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Tamatave &lt;/span&gt;de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Manakara&lt;/span&gt;, sur la côte Est de l’île.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/4zlEJTU3kGVd5N7C0QIO0g?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh5.googleusercontent.com/-3OaN9Zx2H9A/TkdgpR-UKdI/AAAAAAAABfk/kabRE_dy-nc/s640/100_0710.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De retour à l’hôtel, on a décidé de louer des vélos pour faire les 8 km qui nous séparent d’un spot de mer avec baignade autorisée, plus au sud. A l’hôtel, la patronne nous dit qu’il y en a, mais pas très bons, il vaut  mieux les louer ailleurs. Un guide de passage appelle un autre guide spécialisé pour lui dire de venir nous aider. Une demi-heure plus tard, toujours personne. On prend les devants. Tous les lieux qu’on nous indique sont foireux : plus de vélo, adresse inexistante… de retour à l’hôtel, le guide arrive, bourré. Toutes ses indications ont déjà été explorées en vain. Nouvelle tentative à l’hôtel &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sidi&lt;/span&gt;. Ils nous disent que notre hôtel, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les Délices&lt;/span&gt;, a des vélos. Aux Délices, on revient donc leur demander des vélos, si pourris soient-ils. Ok, mais il n’y en a que deux. Ils vont chercher les autres. Attente interminable. Je finis par enfourcher l’une des montures pour aller m’acheter une clé 3G+ à l’autre bout de la ville, sur le chemin de l’océan. La clé en poche, je reste un moment à attendre les autres, qui finissent par arriver… à pied ! L’échec est cuisant. La journée touche à sa fin, on décide de retourner à la plage accessible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/Zs6IYjXh2SwdRHJZVCzIUA?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh5.googleusercontent.com/-ylxQ9Dc3yrY/TkdhM9iWOpI/AAAAAAAABfk/2-yekm4gumY/s640/100_0720.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On se mouille à défaut de se baigner, et on ouvre deux noix de coco cette fois, dans lesquelles on verse un peu de rhum en guise d’apéro, face à la mer. Ya pire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/QcRzwIxmCLU1gESn2Ll9dw?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh6.googleusercontent.com/-VmgGKGUpz_E/TkdheIPSboI/AAAAAAAABfk/KQmv5-8_njE/s640/100_0739.JPG" height="640" width="480" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soir, on mange tous &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Chez Elisa&lt;/span&gt;. Une coupure de courant vient agrémenter le dîner. Toute la ville est dans le noir et on se retrouve à décortiquer d’excellentes langoustes grillées à la chandelle. Classe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En se remémorant la galère du jour, Olivier nous en raconte une autre vécu par un voisin du train. Il descendait la &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Tsiribihina &lt;/span&gt;en Chaland, un gros bateau à moteur. L’hélice s’est empêtrée dans le fond et s’est cassée. Après des heures de tentative de rafistolage au marteau, un autre chaland les a récupérés, avec tous leur bagages et matériel. Un jour plus tard, le nouveau chaland est tombé en panne d’essence, ils avaient oublié le bidon dans le bateau en panne. Pas mal non plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès demain, un minibus avec chauffeur devrait être mis à notre entière disposition à tous les cinq, pour une période de cinq jours. Il devrait passer nous prendre à l’hôtel à 7h. Il devrait…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;+ de photos &lt;/span&gt;&lt;a style="font-style: italic;" href="https://picasaweb.google.com/110496006902038945951/MadagascarEte2011#"&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Vendredi 12 août&lt;/span&gt; - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ranomafana&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31148985-7850295373890887844?l=ericde.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ericde.blogspot.com/feeds/7850295373890887844/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31148985&amp;postID=7850295373890887844' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/7850295373890887844'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/7850295373890887844'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ericde.blogspot.com/2011/08/dantsirabe-manakara.html' title='D&apos;Antsirabé à Manakara'/><author><name>ericde</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07232488413902604705</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://photos1.blogger.com/blogger/5227/3356/1600/DEad.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='https://lh6.googleusercontent.com/-9igTBLeceAs/TkdYFG_yNmI/AAAAAAAABfk/dzRZ3LKcgBE/s72-c/100_0486.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31148985.post-3783936717986762626</id><published>2011-08-08T16:57:00.015+02:00</published><updated>2011-08-08T23:42:56.848+02:00</updated><title type='text'>Les mystères de l'Ouest malgache</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Lundi 8 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Internet, enfin ! Madagascar est extraordinaire par bien des points, et notamment sa faculté naturelle à se couper du monde. Rien de plus facile ici. Et rien de plus galère quand on tient un blog et qu'on aimerait pouvoir donner des nouvelles régulièrement. Mais pour tout avouer, ça fait un bien fou d'être coupé à ce point là de toute forme de communication. Cet état de fait est probablement dû en partie au côté particulièrement sauvage de l'ouest malgache. Huit jours passés à parcourir terres, rivières et montagnes d'une région débordante de curiosités naturelles fascinantes, en compagnie d'une joyeuse troupe bien métissée. Même si on se serait bien passé des cons.&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai essayé de foutre quelques photos directement dans le blog pour une fois.&lt;br /&gt;Il y en a plus &lt;/span&gt;&lt;a style="font-style: italic;" href="https://picasaweb.google.com/ericde.com/MadagascarEte2011?authuser=0&amp;amp;feat=directlink"&gt;ICI&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt; (pour ceux qui n'ont pas Facebook).&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Vendredi 29 juillet&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Réveil. Il est tôt mais il fait déjà jour et beau. Je boucle mon sac rapidement pour avoir le temps de passer un peu de temps dans le (seul ?) café Internet du bled. Retour en pousse-pousse. La ville en dénombrerait 7000, et les "chauffeurs" galèrent pas mal. La majorité d’entre eux louent leur véhicule pour la journée et dorment entassés dans des dortoirs d’&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Antsirabé&lt;/span&gt; en attendant de ramener un peu d’argent à leur famille qui crèchent en dehors de la ville.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/Z8j4s1p2VIxOfO5c36BRTg?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh5.googleusercontent.com/-40nlhICY65o/TkAzVmFuYsI/AAAAAAAABQU/W-P9CZ3avqU/s640/100_6514.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A mon arrivée devant le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Green Park&lt;/span&gt;, tout le monde est là, ready to go. Fabien, qui n’a pas trouvé assez de touristes de son côté, est venu nous dire au revoir. Le simple fait de voir sa bonne gueule fout la patate. On grimpe dans un minibus, les bagages sont entassés à l’arrière… départ en direction de l’Ouest.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chauffeur roule comme un malade sur des routes "douteuses" à "clairement cabossées", et s’enfile 250 km en 4 petites heures. Les sacs ne cessent de tomber de leurs sièges, et on s’agrippe comme on peut à son voisin. On sent le climat changer en même temps que le paysage se transforme. Des hautes terres d’&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Antsirabé&lt;/span&gt;, bien ensoleillées mais jamais suffocantes, avec des terres fertiles et bien irriguées, on passe à des paysages plus arides et montagneux (genre falaises ocres de l’ouest américain) et la chaleur monte au fur et à mesure que le minibus descend en altitude. On traverse encore nombre forêts, petits villages et autres champs cultivés avant d’apercevoir en contrebas la grande rivière &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Tsiribihina &lt;/span&gt;et la ville de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Miandrivazo&lt;/span&gt;, point de départ de notre descente en pirogue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On élit domicile dans un petit gîte sympa, avec des lits affublés de moustiquaire, abords du fleuve oblige. Le village n’est à l’évidence pas riche, les habitations sont sommaires, l’électricité fournie  par des groupes électrogènes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une promenade sur la rive s’impose, on observe les traversées de pirogues dans le contrejour du soleil déclinant. Le village est calme, même si des enfants nous entourent rapidement en criant &lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Vasaha"&lt;/span&gt; et en nous prenant par la main, hilares. Les cheveux longs ne sont pas courant ici. Avec Lolo, on est un peu des spécimens. Ils réclament qu’on les prennent en photo, pas contre un billet, juste pour se regarder après et prendre des fou-rires. Ok, ils réclament des bonbons. Ok, on craque. Les silhouettes des piroguiers se détachent devant un soleil qui se couche sur lla rivière, ça pose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/29wCazt7oE4iVztqegnPQw?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh6.googleusercontent.com/-QYT4NgIzmzU/TkA1NqDrV1I/AAAAAAAABRA/AtB-d3WbhHc/s640/100_6562.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Retour au gîte. Le couple "prout-prout" veut tout organiser, et surtout qu’on reste tous ensemble. Bribe de discussion :&lt;br /&gt;Eux : - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;on mange où ce soir ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Nous : - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;pour l’instant on allait se boire une petite bière ici, on verra plus tard pour manger, on se promènera et on improvisera&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Eux : - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ah, super idée, prenons l’apéro ici avant d'aller au resto.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aucun resto ne nous accepte, n’ayant pas assez de provision pour faire à manger pour sept ! On finit par trouver grâce dans une enseigne perchée un peu plus haut à qui il reste un ou deux poulets qu'ils peuvent agrémenter de frites. Un autre groupe mange sur la même terrasse, des belges dont la plupart n’ont pas pu récupérer leur bagage en arrivant à Tana. Leur guide vient tchatcher avec nous, la discussion est passionnante. Il nous parle de la tristesse que lui provoquent les problèmes de sono pays et l’instabilité politique préoccupante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon lui, le pays n’a jamais su exploiter un sous-sol richissime (pétrole, minéraux, matières premières…) et des sols fertiles qui devraient permettre, avec une volonté politique, un véritable développement économique. Il se plaint des dissensions entre les 18 ethnies de l’île, attisées par  partis politiques différents  qui essayent tous de monter les unes contre les autres pour tirer leur épingle du jeu. La population malgache est pourtant plutôt unie au départ, même s'il subsiste quelques tensions historiques entre les habitants des hautes terres du centre et ceux des côtes. Les élites seraient systématiquement corrompues, s’enrichissant au détriment d’une grande majorité pauvre. Dès qu’un homme politique semble vouloir changer de cap, il se cogne à un système branlicotant où l’argent disparait dans des tas de poches intermédiaires, empêchant les réformes de se mener à bien, les écoles et les routes de se construire, une classe moyenne se créer, et par la même l'économie de se relancer sainement. La merde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les régimes se sont succédé sans parvenir à grand-chose. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ratsiraka &lt;/span&gt;est passé de socialiste révolutionnaire dans les années 70 à grand défenseur d’une économie libérale dans les années 90. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ravalomanana&lt;/span&gt;, qui lui a prit le pouvoir en 2002 après une crise née d’élections dénoncées frauduleuses, a tenté de faire bouger les lignes dans le bon sens et d’engager des réformes… tout en enrichissant sa famille et ses entreprises et en rachetant les médias. Un classique. Il a aussi ouvert le pays aux investissements américains, africains et chinois au détriment de la France, mise un peu sur la touche, qui ne serait pas étrangère au coup d’état de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Rajoelina &lt;/span&gt;en 2009 ! Ce dernier, jeune homme d’affaire aux dents longues (34 ans), maire de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Tana&lt;/span&gt;, surnommé "TGV", s’octroie le pouvoir malgré l’interdiction par la constitution malgache degouverner le pays avant 40 ans révolus. Depuis son arrivée au pouvoir, qu’il estime transitoire (des élections en bonnes et dues formes sont promises depuis 2 ans), la liberté de la presse n’a cessé de se dégrader, l’analphabétisation gagne encore du terrain…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le guide est très véhément, on sent qu’il a besoin de s’exprimer, il nous remercie de venir à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Madagascar &lt;/span&gt;et de parler de la situation autour de nous. Il emploie des formules marrantes comme : "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je ne ferai jamais de politique, ce n’est pas mon rôle, je ne serai jamais partisan… mais je ne laisserai pas un gamin de 35 ans décider de l’avenir de ce pays !&lt;/span&gt;" ou encore "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;je ne critique pas, mais si j'ai une bouche, c'est pour parler&lt;/span&gt;".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il nous éclaire aussi sur les &lt;span style="font-style: italic;"&gt;fadhis&lt;/span&gt;, sortes de tabous visant à respecter les ancêtres, variant d’une ethnie à une autre. L'un d'eux interdit aux femmes de mettre au monde des jumeaux ou des triplés. Les malheureux sont alors déposés à la naissance à l’entrée d’un enclos de zébus et piétinés par le troupeau. Un autre oblige le père à manger le prépuce de son fils circoncis avec de la banane. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Nice&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On fait un peu mieux connaissance avec nos compagnons de route.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Olivier et Christine, premiers rencontrés, sont très sympas. Ils habitent au Mans, lui est instit spécialisé dans les cas sociaux, détenus et autres handicapés, elle est infirmière. Ils ont des enfants de 16 à 24 ans, leurs fils ont les cheveux longs, ils écoutent de la chanson, aiment les Cowboys Fringants et Renan Luce…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Olivier (2) et Catherine, prof de sport et architecte, ne semblent pas si affreux… on verra bien. S'ils ont déjà beaucoup voyagé et ne sont pas là par hasard, ils semblent manquer furieusement de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;rock ‘n roll&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On termine la soirée avec Lolo et Alice en discutant à la terrasse d’un café avec les piroguiers qui vont nous conduire le lendemain, et leur potes, bien entamés par les THB, racontant pas mal de conneries, nous proposant du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;pouf-pouf&lt;/span&gt; (quelque chose à fumer) et nous parlant des jolies filles de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Morondava&lt;/span&gt; qu'ils vont voir quand ils sont loin de leur femme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au moment de se mettre au lit, rencontre avec Moï et Linda, le dernier couple qui a fait la route en taxi brousse de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Tana &lt;/span&gt;à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Miondrivazo &lt;/span&gt;en une journée et qui vient d’arriver pour se joindre au wagon. 30-35 ans, tout sourires, habitant à… &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Tassin la demi-lune&lt;/span&gt; !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Samedi 30 juillet&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lever aux aurores. Les coqs du bled ont la particularité originale de se réveiller (et de nous réveiller) dès minuit, et jusqu’à 6h le matin !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petit déj copieux avant le départ en pirogues. Notre flotte est composée de quatre embarcations en bois. Un couple par pirogue (on accepte Lolo dans la notre) + 1 piroguier en chef à l’arrière + 1 ou 2 accompagnateurs malgaches dispatchés (jeunes frères et sœurs des piroguiers qui veulent nous accompagner, Max le guide, Hadza le cuisinier, …) + beaucoup de matériel (braseros, couverts, packs d’eau, matelas en mousse, tentes, bagages…) + 3 poules vivantes ! On appelle ces dernières Nicolas, Carla et Claude, pour être sûr de ne pas trop s’attacher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/UKtuEIFc5S-sx3Az8TeQXg?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh3.googleusercontent.com/-yUbvV3IX10Y/TkA1g9NLc0I/AAAAAAAABRE/nq2Qy6Tutdo/s640/100_6581.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans notre pirogue, équipe de luxe :&lt;br /&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Ferdinand,16 ans, chef piroguier, pas très loquace mais très gentil et qui envoie du lourd avec la pagaye.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Martin, 9-10 ans, son petit frère, tout fou, rigolo, et qui envoie du lourd avec la pagaye.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Alice, Lolo et moi-même, plutôt contents d’être là, bien installés sur nos matelas en mousse, adossés aux sacs, une pagaye en bois à se partager à trois… on la laisse généreusement à Lolo, en se disant qu’il est de toute probabilité qu’il envoie du lourd avec la pagaye.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;Le voyage commence. La pirogue tangue un peu, c’est loin d’être désagréable. On est vautré, on est bien. Sur la première partie de la descente, la végétation n’est pas si dense. Des terres vaguement cultivées, des champs en friche, quelques arbres. Quelques oiseaux qui se manifestent le long du parcours, hérons, martins pêcheurs, un rapace aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hadza se jette à l’eau, remonte dans les arbres du bord, et nous ramène un gros caméléon sur une pagaie, qu’il tend juste devant ma gueule. Vraiment trop cheulou cette bestiole, je suis pas rassuré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On passe quand même globalement toute la journée à ne RIEN faire, sinon regarder défiler le paysage, prendre le soleil, et se laisser bercer par le son des coups de pagayes dans l’eau et le mouvement de balancier lancinant de la pirogue. Des familles de paysans nous disent régulièrement bonjour sur les rivages, surtout des enfants qui courent un moment sur le côté pour nous accompagner et discuter avec les piroguiers. Max nous a expliqué qu’en absence de planning familial, les couples avaient souvent jusqu’à 10 ou 12 enfants, surtout dans les campagnes. La plupart ne vont pas à l’école et vont travailler dans les champs dès qu’ils en ont la force.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/LUZ808K4WJuOb-vsCpQJxw?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh4.googleusercontent.com/-s7LkiRZ2LR0/TkA6KC1jXpI/AAAAAAAABSI/sdZN7E0EZRs/s640/100_6695.JPG" height="281" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petite pause à côté d’un village pour déjeuner, tous les enfants viennent une fois encore se joindre à nous. Hadza nous a préparé un repas de compèt, il a épluché des légumes en julienne et fait mijoter le tout avec un assaisonnement parfait depuis la pirogue, sur un brasero posé en son centre ! Une bonne viande de zébu avec ça, on se régale. On reprend le fil de l’eau le ventre plein.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/qnCjF9kDDGgzjCbMDNtWnA?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh3.googleusercontent.com/-5Cff5-d2CX0/TkA1xtmcDDI/AAAAAAAABRM/xZrAiqzzmx8/s640/100_6603.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le calme absolu reprend son droit. Ni montre, ni téléphone, ni connexion, ni rien, juste la pirogue, la nature, les arbres, la rivière, la glande, accompagnés du petit sifflotement de Ferdinand à l’arrière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arrêt sur un terre-plein désertique recouvert de sable pour passer la nuit. On plante des tentes qui ont déjà bien vécues et dans laquelle on rentre difficilement à deux avec les bagages. Le soleil ne tarde pas à se coucher derrière le fleuve, l’horizon explose de couleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/4o8HB5kiOm02dmKTM1D3pA?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh4.googleusercontent.com/-Wle2cqdb9Lk/TkA5K6e0Q7I/AAAAAAAABSA/xY5QWamVBO0/s640/100_6698.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Max nous propose de nous poser sur une nappe de fortune et nous amène l’apéro. Des princes. Rhum arrangé à la vanille, ça passe tout seul. Moï est déjà bien éméché, il avoue avoir éclusé toute la journée une bouteille de rhum local concocté par un des piroguiers, "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;L’eau de la Tsirhibina&lt;/span&gt;", probablement distillé avec l’eau de la rivière mélangé avec quelques douceurs pour tenter d’atténuer son côté débouche-chiottes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Excellent ragout de légumes, pâtes, viande de zébu bouillie, tranche d’ananas… tout est goutû, parfaitement assaisonné et fait à base de produits frais, un régal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques verres et accords de guitares plus tard, l’ambiance devient véritablement détendue. L’instrument (tout désaccordé, plein de trous, rafistolé à la zob) passe de mains en mains. Des mélodies malgaches, françaises ou espagnoles montent dans une nuit noire constellée de mille étoiles, dont la croix du Sud qui se détache nettement au dessus du fleuve, hémisphère sud oblige.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis le silence, le calme, la nature qui bruisse, qui chuchote d’incompréhensibles secrets. On reste là à terminer les bouteilles et à discuter, les gens vont se coucher progressivement, les derniers à une heure qui nous semble exagérément tardive… il n’est que 22h.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimanche 31 juillet&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Max réveille le camp avec 3 (faux) accords de guitare au lever du jour. Le petit déj est déjà prêt, œufs au plat, cafés. Pliage de tentes. On est sur l’eau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le paysage change dès le matin, il y a plus de végétation autour, de forêts. Et avec les arbres plus d’animaux à chercher des yeux. On ne tarde pas à apercevoir des lémuriens, ces fameux primates qui n’ont survécu sur la Grande Ile que grâce à l’absence de leurs cousins les singes, qui auraient provoqué leur disparition dans le reste de l’Afrique. Des crocodiles aussi, qui se font bronzer peinard au soleil sur les rochers prêt de l’eau, et qui plongent dans le courant dès qu’on les dérange un peu trop.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/oiiq0fQijFRJzzs-cVyBGg?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh5.googleusercontent.com/-yMuzZ6azitQ/TkA4kQQT25I/AAAAAAAABR4/2tRQzNmk2V8/s640/100_6683.JPG" height="500" width="375" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La flore est tout aussi passionnante à découvrir… bon, surtout pour des botanistes. Pour moi, ça reste des arbres et des fleurs. Mais à ce qu’il parait, l’endémisme à Madagascar est véritablement dingue. Pour les moins cultivés d’entre vous (j’en faisais partie peu de temps avant d’écrire ces lignes), une espèce endémique est une espèce qui n’existe que dans une région ou un pays. En l’occurrence, 85% des espèces végétales de Madagascar sont endémiques, comme 95% des poissons d’eau douces, les cinq familles de lémuriens, 98% des reptiles et amphibiens, plus de 40% des oiseaux, et 2900 espèces de papillons environ (on va pas mégoter). Et  bon, sans dire que ça se voit, ça fait plaisir de le savoir et de se sentir dans un endroit unique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers midi, les pirogues arriment aux abords d’une cascade, un cadre trois étoiles pour déjeuner. Martin, le gosse de la pirogue, choppe les trois poules par les pattes d’une seule main et les saigne à la gorge une à une, de manière aussi naturelle que j’éplucherais une carotte (peut-être même plus aisément).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers le coin d’eau, on est entouré d’autres groupes de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;vasahas&lt;/span&gt;, mais l’étape n’est pas désagréable : baignade, douche, massage naturel avec le flot de la cascade. Alice et Christine tentent d’apprendre à Rova (prononcer « Rouva »), la nièce de Max de 12-13 ans, à nager. Le soleil n’a pas débandé depuis notre départ, il fait chaud et l’eau fait du bien à tout le monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant le déjeuner, notamment composé de spaghettis aux (très frais) abats de poules, plusieurs &lt;span style="font-style: italic;"&gt;sifakas &lt;/span&gt;(lémuriens  blancs) nous observent quelques mètres seulement au dessus de nous, dans l’arbre qui nous fait de l’ombre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’après-midi défile tranquillement au rythme de l’eau, agrémentée de siestes bien méritées, de silences contemplatifs, de lecture aspirantes et de trois coups de pagayes à l’envie (toujours raisonnable). Le cul en prend quand même un coup en fin de journée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/lAifVy-MhU2_oCqrybWoyw?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh3.googleusercontent.com/-SyvO3FOh3DQ/TkA6nyijrAI/AAAAAAAABSQ/438GXHmHQ1k/s640/100_6718.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Installation du campement sur une parcelle à peine moins désertique que la veille, les tentes toujours amorties dans une zone sableuse. Le traditionnel coucher de soleil vient sonner le glas de ce deuxième jour en pirogue, et c’est avec plaisir qu’on s’apprête à faire la fête à Nico, Claude et Carla, préparés avec un soin tout particulier, bien marinés, épicés et croquants sur le dessus, tendres à l’intérieur. On hallucine sur les résultats culinaires obtenus avec trois bouts de ficelle et deux braseros. Je tombe sur une cuisse plutôt charnue… sûrement pas celle de Carla, que je parierais plus légère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La discussion continue tard, ça parle voyages essentiellement, Catherine nous parle de ses baroudages de jeunesse en Guyane tout en se plaignant de l’inconfort d’une tente, tout le monde est bien détendu. Malgré tous les bons moments passés avec les malgaches en journée, ils continuent à préférer ne pas trop se mélanger avec nous, une gêne subsiste malgré nos tentatives répétées de les inviter à notre nappe. Ils dorment tous à même le sol, sans tente, on est vraiment privilégié. Seul Max passe plus de temps avec nous pour discuter et nous briefer sur la suite, toujours calme et aux petits soins, avec la pointe d’ironie qui va bien. Il a l’adorable accent malgache qui transforme le  JE en ZE et les CHE en SE. "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Change&lt;/span&gt;" devient ainsi "Sanze"… après quelques jours, on comprend. Parfois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Lundi 1er août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le troisième jour de pirogue commence après le tralala matinal classique : réveil à 6h, petit déj de rois au milieu de rien, pliage du campement. Après deux jours de bivouac, on commence tous à avoir de bonnes têtes de vainqueurs. Nos accompagnateurs malgaches sont eux toujours en pleine forme, surtout les gamins qui ne se plaignent jamais de rien et ne rechignent devant aucune injonction de la part des plus grands.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les embarcations traversent des terres plus vertes que la veille, avec de nombreuses plantations de tabac, de patates douces ou encore de haricots. Niveau bestiole, des chauves-souris sortent en masse d’un trou de falaise pour nous suivre du regard, un immense papillon noir à pois jaunes (ou blancs) nous survole, et des petits crocodiles continuent leur bronzette au soleil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur les rivages des enfants crient, d’autres jeunes nous demandent nos bouteilles d’eau en plastique vides pour leur offrir une seconde vie, des vieux nous observent sans bruit, un peu hagards, d’autres encore jouent de la musique, notamment sur une petite guitare genre ukulélé local. La musique malgache la plus courante est un mélange de rythmiques world, reggae et samba avec des sons de sirènes, de sifflets et… d’accordéon. Ce qu’ils appellent rock est plutôt de la pop guimauve à plusieurs voix. Il me tarde de découvrir leur scène métal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Midi sonne la fin du voyage le long de la &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Tsiribihina&lt;/span&gt;. On remercie chaleureusement les piroguiers, Hadza, Martin, toute la troupe qui va après une courte pause prendre le chemin du retour pour &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Miandrivazo &lt;/span&gt;à contre-courant. Ils peuvent en avoir pour 5 jours à l’aide d’un bâton à remonter le fleuve, à moins qu’ils ne se fassent remorquer par un des rares navires à moteur qui sillonne le fleuve contre un bon billet. En pleine saison des pluies, avec la crue du fleuve et le courant, ce même trajet peut prendre jusqu’à trois semaines !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/vUb5YaSJcnPpoKzjAy80Bg?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh3.googleusercontent.com/-uCByn4lf7sw/TkA63a8NCiI/AAAAAAAABSY/OcSRwBiG2QQ/s640/100_6724.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gros comité d’accueil hétéroclite dans le petit hameau du bord de fleuve et déjeuner entouré de nombreuses personnes nous regardant manger, notamment des enfants au ventre ballonné, symptôme typique de malnutrition… ça coupe un peu l’appétit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/r4-3ab59MTRyLjQb-aKFxg?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh3.googleusercontent.com/-Esb0y0-4NlY/TkA78AN2-oI/AAAAAAAABSk/HUad-5EkDXM/s640/100_6742.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petite balade de 4km à pieds pour rejoindre le petit village d’&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Antsiraraka&lt;/span&gt;, alors que les sacs sont transportés sur des charrettes tractées par des zébus, sur lesquelles on grimpe aussi par intermittence pour passer des gués de rivière ou des tronçons inondés. Le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;commander in chief&lt;/span&gt; des charrettes à zébu est un vieil homme pas vraiment commode mais qui dégage un certain respect, plus dû à la hachette qu’il manie à démesure qu’à son âge avancé. Le long du chemin, les rizières sont verdoyantes et beaucoup plus hautes que précédemment. Le soleil tabasse. Les paysans travaillent dans les champs, portent des sacs de riz volumineux et suent à grosses gouttes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Antsiraraka&lt;/span&gt;, arrivée dans l’enchevêtrement de petites huttes de bois, bambous et de feuilles de palmiers qui nous sert d’hôtel. Les chambres sont pourvues de vrai lit, ça va faire du bien. Les douches sont assez sommaires, avec juste un seau rempli d’eau de la rivière et des récipients en plastique pour s’en asperger…, à l’africaine. Le pire, c’est qu’on se lave très bien et qu’on s’aperçoit qu’on a besoin de beaucoup moins d’eau qu’on peut le penser pour prendre une bonne douche complète… ça fait réfléchir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soir, bonne bouffe tous ensemble. La descente en pirogue et la marche en plein cagnard a bien séché tout le monde, mais à part Catherine et Olivier qui continuent à se plaindre à grands coups de petites remarques que j’ai de plus en plus de mal à supporter, le groupe s’entend bien, est ultra content d’être ici et s’apprête à savourer une nuit en dur. Ce qu’on fait tous après quelques derniers verres de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;THB &lt;/span&gt;et de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Carte Noire&lt;/span&gt;, un alcool local pour le moins surprenant, présenté sur l’étiquette comme "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;un rhum extra fin au goût subtil et inimitable, qui ravira les connaisseurs avertis&lt;/span&gt;". Effectivement, il vaut  mieux être averti.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Mardi 2 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Réveil à 5h30… en pleine forme ! Ça doit être l’effet vacances combiné au &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Carte Noir&lt;/span&gt;...&lt;br /&gt;Aujourd’hui c’est 4x4 toute la journée pour atteindre la région des &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Tsingys&lt;/span&gt;, le deuxième temps fort du tour. On se retrouve avec Alice et Lolo dans le véhicule de Catherine et Olivier. Pas de chance. Le chauffeur est tout doux et souriant, il écoute de la pop malgache mièvre et lancinante, mélange de Walt Disney et de comédie musicale. Moi j’aime bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/KqNcbvJx7f2pl9zDhSLu_A?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh4.googleusercontent.com/-MiltlK1aEW0/TkA8ywjcEeI/AAAAAAAABS4/x6CZh_39UvU/s640/100_6764.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pause de mi-parcours à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Belo sur Tsirinbihina&lt;/span&gt;, juste après avoir navigué avec les 4x4 à l’aide d’un bac sur plusieurs km le long du fleuve, pas loin de l’embouchure de la mer. Le marché du bled est en pleine activité, on rachète plein de fournitures nécessaires (eau, mouchoirs, clopes…). On peu acheter de nombreuses épices et autres denrées alimentaires, la plupart étant vendu par unité de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;kapokas&lt;/span&gt;,  correspondant à la contenance d’une boite de conserve vide de lait concentré. De nombreuses femmes ont le visage peinturluré de pâte d’écorce pour soigner leur peau, comme en &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Birmanie&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/LPl9rF0dwU_sdE_XgLLTNw?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh6.googleusercontent.com/-vJhfx5mM7ko/TkA8si23FYI/AAAAAAAABS0/jLrh17ObEOU/s640/100_6777.JPG" height="500" width="375" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Déjeuner dans un resto : médaillons de gambas au beurre et à l’ail, des bananes rôties caramélisées au gingembre… on n’en peut plus de bien manger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’après-midi, la route se corse : 100 km à parcourir sur de la piste secondaire cahoteuse bien pourrie, voire à chier sur les 25 derniers Km. Presque 5h de route. On finit par arriver à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Bekopaka &lt;/span&gt;après avoir passé un autre gué en bac. La mine soulagée, l’estomac dans les chaussettes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/PPoLTK6X_Dz9v0cTo_b4qg?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh5.googleusercontent.com/-TDXN0N_kwlI/TkA-kffXeKI/AAAAAAAABTQ/rBXIZrFrW_M/s640/100_6788.JPG" height="333" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On est reparti pour 2 jours de bivouac sur la rive du fleuve &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Manombolo&lt;/span&gt;. Sauf Catherine et Olivier qui se sont payé deux nuits dans un hôtel de luxe avec piscine à 2 km de là, tout en disant que si les lits étaient aussi inconfortables que la veille, ils préféraient encore dormir en tente. Classe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Effectivement, le confort du camping reste rudimentaire, avec des douches froides à l’africaine, à l’eau du fleuve, et des trous dans le sol en guise de toilette, mais personne d’autre ne s’en plaint, tout le monde est ravi des attentions de Max, de l’organisation sans accroc, des repas succulents et de la bonne ambiance qui règne. Rova est de plus en plus à l’aise avec nous, et Ludovic, autre gamin de la famille qui nous a rejoins après les pirogues, est lui aussi super bon trip.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On dîne sur une terrasse couverte en dur, encore des gambas, entières cette fois. La soirée est particulièrement agréable. Christine, toujours très attentionnée et qui nous materne un peu (Olivier trouve qu’elle nous parle à Lolo et moi comme à ses "gars"), commence à se lâcher. Le couple est en fait en voyage de noces, ils viennent de se marier après 27 ans de vie commune ! Linda et Moï sont eux aussi en pleine forme, ça rigole à fond. Étonnant comme l’absence des deux &lt;span style="font-style: italic;"&gt;relous &lt;/span&gt;peut détendre une ambiance de groupe. On goûte quand même à la bien nommée &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Eau de Monombola&lt;/span&gt;, préparation de Max à base d’un de ces rhums "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;au goût inimitable&lt;/span&gt;", dans lequel il a ajouté de la banane et du miel pour tenter de nous cacher le tord-boyaux qui se cache derrière. Petit malin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Mercredi 3 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lever à 5h30…  les boyaux tordus ! Un mal de ventre plutôt explicite, les contractions intestinales douloureuses ne laissent pas de doute quand à la teneur des festivités qui s’annoncent. On me renvoie une image pas bien glorieuse avec ça, une sale mine au joli hâle verdâtre. On doit partir à 6h30 pour les &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Tsingys&lt;/span&gt;, je n’imagine pas abandonner après avoir être arrivé jusque là, ça me rendrait plus malade encore, du coup je rejoins le 4x4 après un dernier passage à la case toilettes, tout le monde m’attend.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une heure d’attente au bureau des autorités du parc (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Mora mora&lt;/span&gt;), récupération de deux guides, Augustin et Rénadi. Il reste une vingtaine de km de piste défoncée vers le nord avant d’arriver à l’entrée des &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Grands Tsingys&lt;/span&gt;. Dans la précipitation, je me rends compte avec un temps de retard que j’ai oublié d’enfiler mes chaussures de marche, indispensables pour affronter les arrêtes rocheuses effilées omniprésentes. M’en fout, j’irai en tong (ou plutôt en sandales allemandes). Malade, en tong. Malgré l’évidente pitié que je provoque chez autres, je pense les faire bien rire sous le manteau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant de parler de la journée, prenons le temps de lever le mystère sur ces curiosités géologiques appelées &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Tsingys&lt;/span&gt;. Alors voilà, la Grande Ile se sépare de la "plaque Africaine" il y a 160 millions d’années (on est toujours sur de l’estimation, hein). Sa partie ouest est d’abord immergée dans l’océan, émerge quelques millions d’années,  replonge un moment, revient au grand jour… les étonnantes "cathédrales karstiques" dressées actuellement sont le fruit de cette indécision. Avec le coup de pouce d’un bon mouvement tectonique des familles, quand même. Et voilà une immense forêt de montagnes calcaires, recouvrant un parc de 250 km du nord au sud et d'environ 17 km d'est en ouest. Les pointes acérées si particulières sont dues à l’érosion, accélérée par la tombée de pluies acides à l’époque ou l’activité volcanique de l’île emplissait l’air de souffre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/1FlysTdCjAN-F8NEWvQP5w?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh5.googleusercontent.com/-RiCzi_OefRc/TkA_zKoISbI/AAAAAAAABTc/hvlnYAQY-DY/s640/100_6864.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le spot me fait penser à la &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;forêt de Shilin&lt;/span&gt; dans le &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Yunan &lt;/span&gt;en Chine, formé de manière comparable, recouvrant une superficie impressionnante aussi, mais d’une hauteur beaucoup plus modeste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On est un peu moins cons, on peut y aller. Augustin et Rénadi guident le groupe dans un dédale de pierres entrecoupé de zones de forêts. Dans la forêt, des lémuriens toujours, les fameux &lt;span style="font-style: italic;"&gt;sifakas &lt;/span&gt;blancs. Et puis encore une multitudes d’arbres et de plantes, endémiques, à coup sûr. Certains arbres sont déformés par des lianes qui s’enroulent autour d’eux, les étranglant comme des serpents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La troupe s’enfonce dans une faille, puis traverse des grottes à la frontale, il faut parfois ramper un peu ou se faufiler dans des boyaux étroits. S’ensuivent des grimpettes entre les rochers, certains passages bien escarpés nous obligent à nous accrocher à des câbles avec des baudriers. Le chemin est bien balisé et hors de portée pour personne, avec beaucoup de petits rochers cloués à la roche initiale pour servir de marches, ou encore des échelles et des pontons en bois. Mais faut quand même faire gaffe à où on met les pieds (surtout en tong) et les mains, les tsingys étant bien tranchants. On prend progressivement de la hauteur, et les sujets au vertige commencent à perdre leur sang-froid les uns après les autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/UpVkXizZqfsRbC1Nb-NyOw?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh5.googleusercontent.com/-Y98s17hdktg/TkA-B6-BgCI/AAAAAAAABTI/ZCFZCigIim8/s640/100_6814.JPG" height="500" width="375" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La végétation continue à trouver une raison d’être dans ce paysage rocheux hostile, avec des arbres fixés dans la roche et dont les racines ressortent un peu plus bas et poussent sur plusieurs mètres à l’air libre avant de trouver de petites parcelles de terre dans lesquels s'ancrer. Des lianes qui sortent d’on ne sait où permettent de s'y accrocher pour mieux  se hisser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon ventre, après avoir littéralement pourri ma première heure de balade en m’empêchant de profiter de l’invraisemblable environnement, commence à me laisser du répit, je reprends des couleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au plus haut de la progression, des belvédères permettent de contempler à 360° les grands tsingys à perte de vue. Magistral. On a l’impression d’admirer les restes d’un autre temps, une cité naturelle oubliée dans laquelle la végétation aurait repris quelques rennes. Les lieux conviendraient parfaitement à un récit de Lovecraft, devenant le berceau de créatures ancestrales démoniaques. Ma théorie est beaucoup plus fiable : nous serions devant l’ancien habitat des dragons au temps où ils peuplaient la terre. Les grottes sous les tsingys leur servaient de lieu de nidification, ils régnaient ensuite autour de ces cimes rocheuses qui leur permettaient de sa cacher au reste du monde. C’est leur propre souffre qui aurait provoqué les pluies acides provoquant leur perte dans un acte manqué d’autodestruction. J’imagine des centaines de dragons volant au dessus de ces pointes rocheuses à perte de vue… ça fait  froid dans le dos. Ok, je ne suis peut-être pas tout à fait guéri.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/j_3KtwN0zkjfpSgQsx5ZvQ?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh6.googleusercontent.com/-vlHaUDm5Tts/TkBBasJP-MI/AAAAAAAABT0/riX3UT6e_7I/s640/100_6894.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un pont suspendu bringuebalant au dessus du vide fait le lien entre deux massifs karstiques. Certains l’empruntent plus à reculons que d’autres. Alice est particulièrement brassée par l’épreuve mais s’en sort haut la main, tremblante, blême, mais vaillante dans l’effort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/Bcv2hnh0D-xQKBfrEPXBnQ?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh3.googleusercontent.com/-yhDv32njIvc/TkBAvrtcOpI/AAAAAAAABTo/QLisRhNndMY/s640/100_6891.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Redescente. Nos pas nous mènent dans les profondeurs entres les roches, dans une Grande grotte appelée &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Cathédrale&lt;/span&gt;. Puis les pierres laissent la place à la forêt, à nouveau. Encore une petite heure de marche avant d’avoir bouclé la boucle. Des oiseaux à tête bleue se baladent. Un lémurien géant fait sa sieste, pendant entre deux arbres tel un hamac. Mon ventre, après une période de non aggression, recommence à me tourmenter. Une ronce s’accroche à mes jambes. Rien ne va plus. Je pars devant pour arriver au parking au plus vite, direction les toilettes (un trou infesté de mouches).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m’endors dans la jeep dès le démarrage et me réveille à la rivière. Réveil vaporeux, le ventre grinçant mais moins douloureux, vite rempli par une plâtrée de pâtes bienvenues. Il est déjà 16h. A part &lt;span style="font-style: italic;"&gt;les relous&lt;/span&gt;, tout le monde décide d’aller faire un tour du côté des &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Petits Tsingys&lt;/span&gt;, dont l’entrée se situe juste à côté. J’irai moi aussi jusqu’au bout !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1h30 de balade plus tard, on est au sommet de ces tsingys miniatures, qui s’étendent sur une superficie immense, mais beaucoup moins hauts et laissant bien plus de place à la végétation. Signe de mon rétablissement, je fais de nouveau des jeux de mots pourris. Certains s'en seraient bien passé. Perché sur un belvédère, on attend patiemment un coucher du soleil, qui ne vient  jamais, caché à l’horizon par des nuages menaçants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A peine rentré au campement, on décide d’embringuer Augustin et Rénadi dans une visite nocturne de la forêt ! Le reste du groupe abdique. Avec Alice et Lolo, on est des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;warriors&lt;/span&gt;, on ne lâchera rien. Une vingtaine de minutes de marche plus tard, dans une obscurité croissante nous sommes en plein chœur de la forêt. Nos amis nous demandent de n’allumer nos frontales que si nécessaire, pour se repérer quelques secondes, mais de globalement rester silencieux, dans la pénombre absolue. On entend des bruissements, des petits bruits au dessus de nous. Les guides sont trop forts. Ils s’arrêtent, écoutent, et pointent d’un coup leur lampe dans une direction, faisant mouche à chaque fois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On observe une race de lémurien miniature, de 30g seulement, qui ressemblent presque plus à des rongeurs mais avec leur longue queue caractéristique et leur saut de branche en branche. C’est une espèce nocturne. Ils sont trop forts aussi pour dégoter des caméléons accrochés aux branches, en plein sommeil. Ils nous expliquent qu’il est plus facile de les repérer dans l'obscurité avec leur peau un peu luisante à la lumière des torches et leur incapacité de changer de couleur dans la nuit. On en voit de trois types différents, blancs, bruns et verts, de différentes tailles. On peut les toucher, leur dos est plutôt rugueux. Je me fais à ces bestioles qui sont en fait ultra  &lt;span style="font-style: italic;"&gt;friendly&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/VAiZXPDF6OCLvWAsQ_6e2Q?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh3.googleusercontent.com/-kQRwoW9msm4/TkBG1kwwhmI/AAAAAAAABU8/XLHt6hQefSw/s640/100_7060.JPG" height="500" width="333" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De retour au campement, un passage aux toilettes à raison de mes dernières inquiétudes, je suis guéri. L’appétit est là, le repas fait du bien. Je ne bois plus que de l’eau minérale. On est quand même cassé, on a marché 8h en tout. Les &lt;span style="font-style: italic;"&gt;relous &lt;/span&gt;nous ont rejoins pour le dîner, Catherine se plaint de l’absence de bulles dans leur jacuzzi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Jeudi 4 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lever 5h, peinard. Même plus mal. Tentes et sacs ficelés sur le toit des jeeps. Les véhicules des différents groupes font la course au petit matin pour être les premiers sur le bac qui traverse la rivière &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Manombolo&lt;/span&gt; chaque demi-heure environ avec trois 4x4. On a été bon, on sera de la première traversée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le début de voyage secoue dans tous les sens, comme prévu… je redoute une rechute qui ne viendra pas. Traversée d'un village bien paumé. L'atmosphère y est électrique. Des centaines de paysans marchent les uns derrière les autres, pas l'air bien contents, armés de lances ou de fusils ! Les 4x4 se frayent un chemin, ce n’est pas vraiment rassurant à proprement parler. Max nous explique que des zébus ont été volés. Ici, on ne rigole pas avec les vols de zébu. En l'absence de forces coercitives à proximité, on les chasse et on fait justice tout seul. On apprendra par la suite que les deux fêtards du premier jour à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Tana &lt;/span&gt;avaient croisé un cadavre humain lors de leur descente de la &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Tsiribihina&lt;/span&gt;. Lardé de coups de machette. "Un voleur de zébu", selon leur guide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l’habitacle à quatre roues motrices, la présence de Catherine et Olivier me devient insupportable, leur petits commentaires méprisants, leurs remarques acerbes... je commence à faire une intolérance physique. Trop d’air, pas assez d’air, les repas n’étaient pas bons, pas assez copieux, il faut faire-ci, il faut faire ça, mal au dos, mal au genou… et mal à la tête pour moi. Je comprends qu’à cinquante ans passés il n’est pas évident de partir pour une semaine dans un confort relatif pour un périple au rythme assez soutenu, mais dans ce cas on voyage différemment, on va chercher des prestations plus chères et plus en adéquations avec ce qu’ils sont. Catherine s’est fait opéré du genou il y a 2 mois, n’aime pas le riz… un voyage tout à fait adapté ! Vu comme elle ne cesse de nous rabâcher ses expériences passées, j’imagine qu’elle va passer toute l’année à s’enorgueillir auprès de ses proches d’être venu jusqu’ici dans des conditions déplorables, qu’elle ne va cesser de louer l’incroyable beauté sauvage des tsingys… Alors que depuis le début du tour, on a l’impression qu’ils n’ont pas pris un gramme de plaisir, pas le moindre fun, qu'ils vivent l'une des pires expériences de leur vie. Rien ne semble pouvoir les satisfaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pause déjeuner à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Belo sur Tsiribihina&lt;/span&gt;, même resto qu’à l’aller. Queues de crevettes sauce aigre douce, mortel. Et puis encore trois quarts d’heure pour passer le bac sur la &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Tsiribihina&lt;/span&gt;. Les enfants nous pressent à coups de "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;donne moi le bonbon&lt;/span&gt;", "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;donne moi l’argent&lt;/span&gt;"… et si on donne quelque chose c’est la castagne entre eux. Situation désagréable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’après-midi, la piste a presque des allures de route, c’est moins casse-bonbons. On arrive dans une zone connue pour ses baobabs, d’où des pauses régulières pour voir ça de plus prêt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’abord le &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Baobab Géant&lt;/span&gt;, un de ceux qui ne tiendraient chez personne. 850 d’âge. Une circonférence correspondant à 12 personnes bras tendus (on a testé pour vous).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ensuite le &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Baobab Amoureux&lt;/span&gt;, curiosité composé de deux baobabs siamois enlacés. Look réglementaire pour une carte postale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/541cLXOloNwmsf3PLfnlAw?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh3.googleusercontent.com/-dPaZyJXEzl0/TkBEnAMGQeI/AAAAAAAABUc/rH7Dg8wXduk/s640/100_6963.JPG" height="500" width="375" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis le clou du spectacle pour finir, la légendaire &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Allée des Baobabs&lt;/span&gt;. Des dizaines de baobabs alignés de part et d’autres du chemin, et le soleil qui se couche là-dessus. Là aussi, le spot acquiert sans problème son BAC Cartes Postales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="https://picasaweb.google.com/lh/photo/RV2BT5xkejD9o53kZnmM6w?feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="https://lh6.googleusercontent.com/-OLwl4k9kX_k/TkBFg1s6M9I/AAAAAAAABU0/M9pwtBBTnbg/s640/100_7057.JPG" height="375" width="500" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arrivée de nuit à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Morondava&lt;/span&gt;, sur une route pleine de poussière sur laquelle tout le monde se double et se redouble sans vergogne, partagée entre piétons et vélos suicidaires, vieilles bagnoles, et 4x4 manquant de s’emplâtrer les uns dans les autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Devant l’hôtel, les sacs et le matériel sont descendus du toit. Max revient vers nous furax : les chambres avaient été réservé "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;sous X&lt;/span&gt;" par un stagiaire, et finalement prises par d’autres personnes. L’hôtel est maintenant complet. Nous on trouve l’histoire plutôt drôle et pas bien grave. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les relous&lt;/span&gt; sont furax, bien sûr. On recharge tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On se retrouve au &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Batelage&lt;/span&gt;, un autre hôtel à la cool et pas cher tenu par un vrai bon, l’un des premiers à avoir imaginer le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;tour de l’Ouest &lt;/span&gt;tel qu'on est en train de le boucler. A peine posé, on file profiter de la mer. On se mouille les pieds dans les fortes plutôt vagues (ou l’inverse) du &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Canal du Mozambique&lt;/span&gt;. Ça fait un bien fou. On n’est plus qu’à quelques encablures (400 petits km) du continent africain. Des mini-brochettes sont avalées dans une gargote dansante aux abords de la plage, pas assez pour rassasier son monde. On décide de finir à l’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Oasis&lt;/span&gt; aka &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Chez Jean le Rasta&lt;/span&gt;, à deux pas de l’hôtel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lieu n’est autre qu’un temple dressé en hommage à Bob Marley : posters sur les murs, tentures, stickers dans les chiottes, couleurs vert-jaune-rouge omniprésentes… même la carte du menu termine par un stupéfiant &lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Bob appétit&lt;/span&gt;" ! Du coup tout le monde nous fait de grands signes à Lolo et moi… à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Madagascar&lt;/span&gt;, cheveux longs riment avec rasta : on est ici des fumeurs de splif ambulants !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rova et Ludo mangent avec nous, on les a complètement adoptés. Max reste toujours un poil à l’écart et ne vois jamais d’un bon œil que les enfants passent trop de temps avec nous, surtout Rova… un protectionnisme qui doit s’expliquer par les nombreux « dérapages » de touristes avec de jeunes malgaches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après quelques bouchées de crevettes et quelques ti-punchs tapageurs, la fiesta bât son plein, tout le monde a envie de profiter de cette dernière soirée. Catherine et Olivier vont se coucher. Moï part vite loin dans les tours, Olivier (le cool) le rejoint, tout le monde danse, les filles se lâchent aussi. La musique est exclusivement jouée en live par des gars assis autour d’une table qui se refilent des instruments, qui chantent chacun leur tour ou font des pauses pour se rouler des pétards. Des bons eux aussi. Quelques chansons bien rythmées en malgaches, mais aussi des vieux tubes reggae français périmés ("&lt;span style="font-style: italic;"&gt;J’ai des petits problèmes dans ma plantation&lt;/span&gt;" de Kana) ou des improvisations terminant invariablement par "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Legalise it&lt;/span&gt;" ! Des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;expats &lt;/span&gt;français bien éméchés trainent autour du bar, racontent n’importe quoi en se roulant eux aussi des cônes. Je tire sur quelques uns, histoire de me fondre dans le décorum. L’un d’eux explique que le nouveau président autoproclamé « TGV » est un génie et qu’il a refait 100% des routes depuis son accession au pouvoir, ce qui nous fait péter de rire après les derniers jours passés. On retrouve aussi pas mal de têtes de touristes qui ont suivi le même parcours que nous dans d’autres groupes.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Jean le rasta&lt;/span&gt; chante d’ailleurs "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;La chanson du Vasaha&lt;/span&gt;", dont les paroles relatent le tour de l’Ouest de Madagascar pour touristes, sans rien oublier : pirogue, cascade, charrette à zébus, tsingys, baobabs… de l'ironie, des souvenirs et un tube en puissance qui n’a pas fini de nous trotter dans la tête. La soirée se termine avec des rhums banane offerts par la maison et un guitariste (excellent par ailleurs) qui s’applique sur des arpèges de Bob Marley (Olivier y va d’ailleurs de son « &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Redemption Song&lt;/span&gt; ») ou de Cabrel… il est temps de rentrer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Vendredi 5 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis le seul à avoir mis mon réveil à 6h, pour intercepter le chauffeur de minibus qui est censé nous reconduire d’une traite à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Antsirabé&lt;/span&gt;. Max est debout lui aussi pour m’épauler. Je suis donc chargé de négocier un délai… de 24h ! Tout le monde veut profiter de l’océan une journée supplémentaire. La discussion tourne court : le chauffeur rigole en disant qu’il doit être à la pointe nord de l’île le lendemain soir. Foiré. J’obtiens quand même un délai de quelques heures pour permettre à tout le monde de dormir un peu ou de profiter de la mer un moment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après m’être recouché une heure ou deux, on se lève pour aller prendre le petit déj face au &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Canal du Mozambique&lt;/span&gt;. Le soleil n’est pas encore bien haut et il fait déjà bien chaud, des petits bateaux naviguent prêt de la plage, quelques dizaines de personnes commencent à sortir leur maillots de bain. Pas le temps de se baigner pour nous, mais l’envie picote un peu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De retour à l’hôtel, je demande à la nana de la réception le nom des chanteurs français qui ont percé ici. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Garou &lt;/span&gt;(?) et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Diam’s&lt;/span&gt;. Ah merde. Le minibus passe nous récupérer vers 10h et le reste de la journée n’est que route. 10 bonnes heures, avec seulement quelques pauses pour pisser. Déjeuner dans une cantoche de village avec de l’eau du riz (bouilli donc) à boire en guise d’eau de table. Escale à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Antsirabé &lt;/span&gt;pour déposer le jeune Ludo, futur grand guide de l’Ouest, excellent, souriant de bout en bout. On rend aussi le matos de bivouac à Hadza, qui est venu nous saluer, tous sourires lui aussi. Tout le monde, plutôt calmé par la soirée de la veille, contemple et bouquine. Rova lit &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L'homme invisible&lt;/span&gt; d’H.G. Wells que lui a offert Olivier (le cool). Super idée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arrivée au &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Green Park hôtel&lt;/span&gt; à 20h passées, il fait nuit depuis un moment. Chacun s'installe dans son bungalow avant de revenir dire au revoir à Max et Rova, remercier vivement pour l’expérience qu’ils nous ont permis de vivre dans un territoire extraordinaire, reculé et encore peu fréquenté. Tous sauf Catherine et Olivier. Christine va toquer à la porte de leur chambre pour leur dire qu’on est tous là et leur demander s’ils veulent participer à un pourboire global pour Max. La réponse est un non catégorique, ils refusent même d’aller dire au revoir. Imbéciles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On les laisse partir devant pour dîner, et on prend la direction inverse avec les autres. Bouffe à &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L’Arche&lt;/span&gt;, le resto où on a rencontré "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ah bah oué hein&lt;/span&gt;" Fabien. Sans les relous, l’ambiance est toujours aussi sympa, on revient sur la semaine tout en dégustant d’excellents pavés de zébus. On commence à avoir plein de petites complicités crées au fil des jours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On finit par aller se coucher, épuisé, avec la ferme intention de ne plus jamais permettre à Catherine et Olivier de se dresser sur notre chemin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Lundi 8 août&lt;/span&gt; - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Fianarantsoa&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31148985-3783936717986762626?l=ericde.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ericde.blogspot.com/feeds/3783936717986762626/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31148985&amp;postID=3783936717986762626' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/3783936717986762626'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/3783936717986762626'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ericde.blogspot.com/2011/08/les-mysteres-de-louest-malgache.html' title='Les mystères de l&apos;Ouest malgache'/><author><name>ericde</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07232488413902604705</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://photos1.blogger.com/blogger/5227/3356/1600/DEad.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='https://lh5.googleusercontent.com/-40nlhICY65o/TkAzVmFuYsI/AAAAAAAABQU/W-P9CZ3avqU/s72-c/100_6514.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31148985.post-251805107511628325</id><published>2011-07-29T10:02:00.006+02:00</published><updated>2011-08-08T16:44:36.934+02:00</updated><title type='text'>Madagascar, un an plus tard</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Vendredi 29 juillet&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-style: italic;"&gt;Un an a encore passé… comme une étoile filante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un enchainement de concerts, de soirées, de saut d’une urgence à une autre, de nouveaux projets, nouvelles stimulations, nouvelles remises en question, nouvelles déceptions, et puis de nouvelles motivations qui ressurgissent… et des coupures régénératrices, des parenthèses salvatrices, des plongeons dans d’autres univers fictionnels qui aident parfois à mieux appréhender le réel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des nouveaux venus aussi, Adélie et Léon dans la famille, Arya, dans la famille aussi un peu, et puis d’autres à venir encore. La relève, toujours plus nombreuse, telle une armée de bambins prête à changer le monde et à nous mettre à l’amende d’ici pas si longtemps !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un nouvel appartement à St-Paul, un vrai chez nous avec Alice, dans lequel on se sent particulièrement bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un an a encore passé, et même pas pris le temps de raconter la fin du voyage l’été passé, les jours précieux passés à Valparaiso, cette ville dont on ne peut que tomber en amour… mais les souvenirs s’agrippent, au moins les plus tenaces, ceux qui resteront, et j’ai bon espoir de noircir de mots, un jour, ce carnet inachevé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un an a encore passé, et entre deux festivals, une tournée au Québec avec La Mine de Rien et l’enregistrement du nouvel album de Fake Oddity, me voici à nouveau dans l’avion. Avec Alice bien sûr, et Laurent (Lolo), l’invité surprise, le troisième homme, bien que deuxième paire de roubignoles (non, je n’oserai pas le mot c*******, il  y a des gens bien ici). Ça devrait bien rigoler.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Lundi 25 juillet&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les sacs sont bouclés, bien que tardivement. Petite appréhension d’avant départ, on n’y échappe pas, et puis l’impression que chaque mail reçu est trop important, qu’il faut que j’y réponde sans faute… du mal à tout lâcher. TGV Lyon-Paris Roissy. Aéroport, salle d’embarquement, je me connecte frénétiquement, passe des coups de fil, envoie des mails comme un mort de faim… embarquement, déconnexion, décollage. Air Austral, gros engin, gros nanars de circonstance (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Dernier Templier&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Iron Man&lt;/span&gt;…), grosse difficulté à trouver le sommeil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Mardi 26 juillet&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Transit à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;St-Denis&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;La Réunion&lt;/span&gt;, au petit matin. A la descente, on voit par les hublots les montagnes de l’île qui culminent juste au dessus la ville, ça donne envie. Sortie de l’aéroport : on est bien en France. Mêmes plaques d’immatriculations, mêmes flics, mêmes cabines, mêmes pubs… je me demande bien à quoi ça sert de faire 10h de vol et de traverser les hémisphères pour se retrouver au même endroit ! On aperçoit quand même l’arbre dans lequel Raph a passé son enfance, on n’est pas venu pour rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nouvel avion en direction de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Madagascar&lt;/span&gt;. 1h30 de vol. On atterrit à la capitale &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Antananarivo&lt;/span&gt; (dite &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Tana&lt;/span&gt;) vers midi. Change de pognon (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;euros &lt;/span&gt;en &lt;span style="font-style: italic;"&gt;ariarys&lt;/span&gt;). Il fait beau et chaud. Taxi et premier « &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Mora mora&lt;/span&gt; ». La devise du patelin, le truc sur toutes les lèvres, tout le temps… &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Mora mora&lt;/span&gt;, ça veut dire tranquille, cool, lentement. On a bien compris, ici faut laisser faire les choses, ne pas courir, ne pas stresser… ça nous va parfaitement. Les paysages qui défilent ont une teinte ocre dominante la terre est rouge, délimitant les nombreuses rizières. Des enfants souriants jouent sur les terre-pleins bordant la route, le taxi double de nombreux piétons, vélos, vieilles bagnoles (2ch, 4L, ladas, …), 4x4, et quelques attelages de zébus (vaches  avec une bosse proéminente). La ville fait son apparition sur les hauteurs, avec le palais de la reine qui pérore un peu la haut sur sa colline.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chauffeur parle un français approximatif mais plutôt fluide et nous parle de la ville de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Tana &lt;/span&gt;et des possibilités de logement entre deux « &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Mora mora &lt;/span&gt;» et « &lt;span style="font-style: italic;"&gt;pas de problème&lt;/span&gt; ». On lui demande de nous poser à un hôtel, il nous emmène à un autre, sûrement des potes. A peine posés nos affaires dans une chambre pour trois, il revient nous chercher pour nous emmener dans un bar où nous attend un certain Eric qui veut discuter avec nous « &lt;span style="font-style: italic;"&gt;juste pour nous montrer ce qu’on peut faire, pas de problème, juste pour écouter &lt;/span&gt;». Eric est très cool bien sûr, souriant, cheveux gominés, blague facile, gueule de Jamel Debouze. Il nous assomme à coups de propositions alléchantes de voyages aventures dans l’Ouest du pays, de THB (Three Horses Beer, LA bière locale, élevée au rang de religion) et de ti-punchs maisons. Il est très fort. J’avais déjà un contact avec Robinson, un guide conseillé par un voyageur sur un forum, qui m’avait même appelé en France suite à l’envoi d’un mail… mais on ne peut  pas lutter contre Eric-Jamel, le ti-punch, la petite blague qui va bien, et la fatigue du voyage… après une brève négociation, un contrat est signé et un acompte versé !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Balade en ville. On est harcelé par des vendeurs de rue innombrables, mendiants, gamins dans une cacophonie de clacksons et autres bruits de motos. Un peu comparable à La Paz en Bolivie en termes d’activité, de bruit et de nombre de vendeurs de trottoirs. On se perd en empruntant des rues au hasard. On est bien quelque part entre l’Asie et l’Afrique, avec des ambiances d’Amérique latine et une note d’Europe, surtout de France, bien marquée. Absolument toutes les pubs et toutes les devantures de magasin sont écrits en français, tout le monde parle français… ça va changer des voyages précédents. J’achète un téléphone portable malgache avec une carte SIM d’ici, ça ne coûte rien et ça va bien nous servir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Retour au &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Outcool web bar&lt;/span&gt; pour (bien) bouffer, avec Eric en fond continuant à blablater des touristes. On file se coucher à 20h30, défoncés de cette première journée qui peut se résumer ainsi : le premier taxi rencontré à l’aéroport nous a pris, nous a fait dormir chez ses potes et nous a fait signer pour 8 jours de voyage avec un autre de ses potes. Comment ça, nous, des touristes à la con ? Rien à voir, de belles rencontres, et beaucoup de chance. Hum.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Mercredi 27 juillet&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le réveil sonne à 6h, on doit partir une heure plus tard pour &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Antsirabé &lt;/span&gt;avec Eric et d’autres heureux voyageurs. Petit déj à l’hôtel, à la française, croissant baguette beurre confiture… des vestiges de notre bonne vieille colonisation (1895-1960). Eric est à la bourre, on poireaute. Un couple de français d’une quarantaine d’année bien tassée se pointe, ils sont de la partie. Olivier et Christine, pas l’air méchants. On poireaute. Un minibus finit par s’arrêter. Bagages en vrac à l’arrière, on se sert. Un autre gars s’installe, nous explique qu’on attend son pote qui ne se remet pas d’une méchante cuite hier soir ! Eric nous explique qu’il ne part pas avec nous, qu’un autre guide génial va nous accueillir à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Antsirabé&lt;/span&gt;. Ah. Le minibus décolle à 9h, deux heures après l’heure prévue. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Mora mora&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4h de minibus vers le sud. Encore ces paysages aux teintes terreuses, ocres et rouges, parsemé de vert mais laissant globalement plutôt une impression de sécheresse. Et puis des cultures en terrasse à perte de vue, je n’en avais pas vu autant depuis la Chine et le Vietnam. De nombreuses douanes ponctuent la route, obligeant le véhicule à s’arrêter pour on ne sait quelle vérification ou demande de bakchich. Chaque arrêt voit son lot de vendeurs s’agglutiner autour du bus avec leur plateau rempli de bananes ou de poulets juché sur leur tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Antsirabé &lt;/span&gt;donne tout de suite l’impression d’une ville beaucoup plus calme et posée que &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Tana&lt;/span&gt;, avec une grande particularité : les pousse-pousses. De partout des petites charrettes de bois peintes en rouge se croisent, tirées par des malgaches aux pieds nus courant sur le bitume.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En stoppant devant l’hôtel, un des potes cuités de la veille se rend compte qu’il a oublié son sac avec tous ses papiers à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Tana&lt;/span&gt;. Je me dis qu’il serait de bon ton de rester avec eux, il se pourrait bien qu’à leur proximité, je sois immunisé ! C’est pas vraiment sympa, mais ça me soulage presque de voir ce genre de galère arriver à d’autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’hôtel est calme, composé de bungalows indépendants en brique rouge disséminés dans un grand jardin fleuri. Première balade dans cette ville aux mille pousses-pousses qui nous pressent pour monter dessus, on n’ose pas trop, ça nous semble un peu dégradant quand même… et à la fois faut qu’ils bouffent. On traverse le marché couvert et ses senteurs de fruits mûrs, de viandes et d’épices. Les bâtiments sont plutôt bas, si ce n’est l’immense cathédrale en plein centre ville. La cité s’est développé tout autour d’un lac, sur les rives duquel les femmes viennent faire sécher leur linge fraichement lavé dans son eau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pause dans un petit resto vide et sombre, Lolo goûte une excellente spécialité locale : du porc aux feuilles de manioc concassées. Café un peu plus au nord, à « L’Arche ». On y rencontre Fabien, excellente gueule (un peu barbu, un peu rasta, avec une grosse dent qui dépasse) et feeling immédiat. Il nous dit bosser en tant que guide avec Robinson, le gars avec qui j’étais en contact pour le tour avant de rencontrer Eric ! Après un bon moment à parler musique et à bien rigoler, il nous propose de nous balader en ville avec lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Première étape à la confiserie « &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Chez Marcel&lt;/span&gt; » où on suit le processus de fabrication des bonbons locaux. Alice achète tout le magasin ;-)&lt;br /&gt;Deuxième arrêt à un atelier d’artisanat basé sur la corne de zébu. Démonstration impressionnante de création d’objet d’art en direct par un vieux peu loquace, avant que le commercial de la famille n’essaye de nous vendre la totale… et y parvienne en partie bien sûr.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fabien est d’excellente compagnie, les blagues fusent, on a un humour compatible, ce qui n’est pas si évident que ça. Il n'arrête pas d'utiliser l'expression "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;zébument&lt;/span&gt;", la traduction locale de notre "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;vachement&lt;/span&gt;", genre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;"ce groupe est zébument bon"&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;"cette ville est zébument loin"&lt;/span&gt;...&lt;br /&gt;Il nous raconte aussi la folie des habitants d’Antsirabé pour les combats de coqs : il y a une vraie effervescence populaire autour de ces affrontements aviaires, avec beaucoup d’argent en jeu et des rapports coqs-entraineurs complètement surréalistes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Traversée du Grand Marché, d’une taille effectivement assez spectaculaire. La lumière du soleil de fin de journée sur les étals est somptueuse. Fabien nous dis de faire gaffe à nos affaires. Il salue un pote et nous explique que c’est un grand pick-pocket, qu'il en connait plein ! Ca le fait rigoler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La boucle est bouclée, retour à &lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’Arche&lt;/span&gt;. On paye un punch banane à notre copain du jour, puis un punch poubelle (mélange de tous les fruits de saison !), puis un planteur… on commence à être bien, on parle musiques et voyages et différences culturelles et traditions, et on se paye encore des bonnes tranches de rigolades. On a passé de supers moments avec lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On va manger au resto de l’hôtel, où un serveur à la tête de Tahiti Bob se met à nous offrir encore des rhums en fin de repas et à nous parler des groupes de rock locaux et de la fois ou il a mis une mandale au bassiste d’un groupe de black métal parce qu’il ne jouait pas assez bien. Tout ça en riant et en nous resservant. Propre. Les malgaches sont définitivement cool.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Jeudi 28 juillet&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Réveil un peu après 8h et petit déj plutôt copieux à l’hôtel. Max, notre vrai guide, jeune, moins rock ‘n roll que Fabien mais l’air bien sympa, nous dit qu’il est possible de louer des VTT pour faire le tour des environs, avec notamment des lacs qui déchirent. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Why not&lt;/span&gt; ? On débarque à &lt;span style="font-style: italic;"&gt;L’Arche&lt;/span&gt; fièrement perché sur nos montures tout terrain. Fabien nous avait laissé espéré qu’il passerait encore la journée avec nous, mais malheureusement il doit absolument trouver des voyageurs pour le même tour que nous, au risque de ne pas pouvoir le faire partir. Comme on aimerait bien faire le trajet en parallèle avec lui, on l’incite à aller à la gare routière alpaguer le chaland, et on part en direction de l’Ouest.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Passé le merdier urbain, croisements aléatoires de piétons, minibus, charrettes, pousse-pousses et autres scooters, la route goudronnée se dégage un peu et les échoppes laissent la place à de nouveaux superbes paysages aux nombreuses  cultures délimitées en autant de parcelles de couleurs, parfois suffisamment gorgées d’eau pour laisser le soleil s'y refléter. Les rizières côtoient des cultures de blé et autres patates douces, et grimpent en terrassements dans les collines au loin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les 7km de cette route goudronnée bien entretenue sont avalés  en ½ heure, et le &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;lac Andraikiba&lt;/span&gt; en vue. Un joli lac, assez grand, entouré d’arbres et de cultures en terrasse. En contrebas de notre point de repos, un pêcheur lance un filet à l’eau pendant que deux gosses essayent de tuer des oiseaux dans les arbres à l'aide d'un lance pierres. Une petite vieille nous vend un régime de petites bananes parfaitement mures et de biscuits parfaitement étouffe-chrétiens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Étant parti tard, on avait prévu de n’aller que jusqu’à ce lac, mais il n’est que 13h et le second lac, dont tout le monde nous a loué la beauté, n’est qu’à 11 km en continuant le chemin : on décide de s’y rendre. Et là c’est une autre histoire. Le goudron se transforme en chemin de terre caillouteux et friable alors que le plat relatif se mut en jolie grimpette. Le soleil cogne fort, on est au pire moment  de la journée, et pas une crotte d’ombre sur le trajet. Tous les enfants des petits hameaux traversés nous accueille en criant « VASAHA ! VASAHA ! », qui peut se traduire par « ETRANGER ! » ou encore « TOURISTE BLANC ! ». La plupart des habitants de ces patelins ne parlent pas français, sinon quelques mots. Les paysages sont beaux mais le sentier est assez difficile et l’avancée laborieuse. Alice se met à faire la gueule en voyant qu’elle a du mal à monter et qu’il reste beaucoup à parcourir. On finit par arriver au deuxième lac après 2h d’efforts, aux alentours de 15h.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout le village nous accueille et essaye de nous vendre des œufs et des cœurs en pierres semi-précieuses (j'ai déjà donné), pendant qu’un vieux monsieur nous escorte plus haut jusqu’au &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;lac Tritriva&lt;/span&gt;, enclavé en contrebas dans un cratère volcanique. Le soleil est malheureusement déjà trop bas pour apprécier sa fameuse couleur verte émeraude, mais il en jette quand même, le salaud, et le point de vue sur tous les environs est splendide. Notre guide de circonstance nous conte différentes légendes sur le lac, des amants maudits noyés transformés en arbres entrelacés sur le rocher, au commandant Cousteau n’ayant jamais réussi à atteindre le fond…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On n’a malheureusement que peu de temps, la position du soleil ne nous permettant pas de trainer. Il fait complètement nuit à 18h ici, avec une absence quasi totale d’éclairage public. Le retour est plus rapide car principalement descendant, mais un peu casse gueule aussi. Alice n’en peut plus, elle préfère souvent marcher à côté de son vélo plutôt que de dévaler le sentier caillouteux et glissant. Le premier lac est en vue un peu avant 17h, et nous sommes de retour à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Antsirabé &lt;/span&gt;une petite demi-heure plus tard. Entre temps, on a pu admirer les rayons jaune-orangées obliques du soleil déclinant sur les terres cultivées jalonnant la route.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A 18h, RV à l’hôtel avec Max et le groupe au complet. Olivier et Catherine sont là. On les a recroisé régulièrement et ils sont très sympas, on est plutôt content de partir avec eux. Par contre les 2 gentils borrachos porte-bonheur ont été remplacé par un autre couple, 55 ans environ, qui me fait dresser les poils immédiatement. L’homme a une tête de connard plein aux as et sa précieuse femme est surmaquillée avec un foulard en soie autour du coup… au secours !&lt;br /&gt;Ils se mettent à se plaindre que leur minibus était en retard le matin, que le resto conseillé par leur guide était d’un très mauvais rapport qualité prix, avant de s’enquérir du fait que leurs sacs ne seraient pas mouillé pendant la descente en pirogue et qu’il y aurait bien de l’eau chaude lors des nuits passées en bivouac. Ils n’ont rien compris et ça me fout hors de moi de côtoyer des cons pendant toute une semaine, dans un cadre complètement naturel, où je voulais justement fuir ce genre de personnes et de comportement. Ça va pas être triste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On va diner à l’Arche en espérant croiser Fabien sans succès. On commande avec Lolo un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Romazava&lt;/span&gt;, spécialité avec différents morceaux de viandes baignées dans un grand bouillon assaisonné aux feuilles de manioc et à la brède &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Mafana&lt;/span&gt; dite fleur jaune. C’est vraiment trop particulier. La fleur jaune donne des fourmillements astringents et désagréables en bouche, avec un arrière goût vraiment  trop cheulou. Je n’arrive pas à finir mon assiette, c'est rare. On se rattrape avec une bonne flambée de crêpes à l’ananas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les autres rentrent dans la chambre pendant que je vais à l’autre bout de la ville me connecter au seul cybercafé dégoté… aucune autre connexion wifi dans la deuxième plus grosse ville de l’ile ! Ça promet pour la suite. Dans la pièce à côté, un restaurant avec une chanteuse et un guitariste jouant des airs langoureux pendants que les gens dinent. J’ose demander les services d’un pousse-pousse pour me ramener jusqu’à l’hôtel… sensation pas très plaisante, mais le gars me ramène en courant à l'hôtel. Je passe le bonsoir à Tahiti Bob avant de rejoindre Alice et Lolo, confortablement allongés dans leurs lits avec des bons bouquins dans les mains. Demain, l’aventure commence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Premières photos à découvrir &lt;/span&gt;&lt;a style="font-style: italic;" href="http://www.facebook.com/media/set/?set=a.10150238266560808.316048.709050807&amp;amp;type=1"&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31148985-251805107511628325?l=ericde.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ericde.blogspot.com/feeds/251805107511628325/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31148985&amp;postID=251805107511628325' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/251805107511628325'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/251805107511628325'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ericde.blogspot.com/2011/07/madagascar-un-plus-tard.html' title='Madagascar, un an plus tard'/><author><name>ericde</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07232488413902604705</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://photos1.blogger.com/blogger/5227/3356/1600/DEad.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31148985.post-3973764244100242071</id><published>2010-08-24T06:50:00.003+02:00</published><updated>2010-08-24T07:47:31.865+02:00</updated><title type='text'>Le bout du monde en hiver (à déconseiller)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Lundi 23 août&lt;/span&gt; - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Valparaiso&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Valpo ! J'arrive pas à croire qu'on ait remonté tout ça aussi vite. On a bien bossé pendant des semaines pour descendre tout en bas, au bout du monde, des heures et des heures de bus. Et puis hop, un vol de quelques heures et on est de retour au point de départ. Dans cette partie du monde, j'aurai tendance à dire que voler, c'est tricher. Mais on l'aura quand même bien mérité ce vol. Parce que la Patagonie en hiver, c'est pas vraiment une promenade de santé. Faut avoir un bon moral pour y rester... et de la réussite pour en sortir ! Voyez plutôt.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Mercredi 18 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Puerto Natales&lt;/span&gt; est une petite ville portuaire, séparée de l’océan pacifique par des centaines de fjords. Une petite vieille moustachue aux ratiches pourries (très gentille par ailleurs) nous propose une chambre pas chère. On comprend le prix dès les premiers pas dans l’entrée de la bicoque qui empeste la pisse de chat. Hésitation. Pas longue. L’&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Erratic Rock&lt;/span&gt;, à deux pas, n’est pas cher non plus (après négo), ultra chaleureux, tout de bois et de pierre apparente à l’intérieur, et l’équipe semble aux petits oignons. Et puis Alice craque pour les 3 petits chats roux qui se ruent sur nous en quête de câlins. Et puis on sait que nos copains d’&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;El Calafate&lt;/span&gt; se pointent ici demain. On s’installe, tout va pour le mieux. Et c’est ici que commence une longue série d’échecs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a souvent des décisions à prendre, j’essaye en général de ne pas trop m’y attarder, vu le peu d’intérêt de ces moments de planification pour le lecteur. Mais là quand même…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On se renseigne sur les possibilités de marche dans le parc &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Torres del Paine&lt;/span&gt; : avec la couche de neige qui vient de tomber, il est tout à fait déconseillé de parcourir le parc dans les jours qui viennent, ça peut être dangereux. Grosse déception. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Et premier échec&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On se rend au bureau de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sky Airlines&lt;/span&gt;, chez qui on a acheté des billets d’avion pour rejoindre Santiago depuis &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Punta Arenas&lt;/span&gt; le 23 août. On souhaiterait, du coup, avancer le trajet de quelques jours, et pouvoir ainsi profiter davantage de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Valparaiso&lt;/span&gt;, dans un climat plus favorable : tous les avions sont complets, sauf celui de la veille, en rajoutant 250 € pour le changement. Trop cher. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Échec&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On décide d’aller jusqu’à Ushuaia, faire du chien de traineau ou autre activité de saison. Les bus partent le matin, presque tous les jours (12h de route). On pourrait partir le vendredi, y rester le samedi et repartir le dimanche pour attraper notre vol le lundi. Aucun bus ne rentre le dimanche. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Échec&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il existe peut-être des vols qui feraient &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Ushuaia&lt;/span&gt;-&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Punta Arenas&lt;/span&gt;, pour remplacer le bus… la gentille meuf des bus &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pacheco &lt;/span&gt;nous conseille de nous renseigner auprès de l’agence d’information &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sernatur&lt;/span&gt;, à l’autre bout de la ville. Elle nous fait une croix sur la carte. Elle s’est plantée de rue, on se retrouve à l’opposé. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Échec&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On finit par trouver &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sernatur&lt;/span&gt;. Le jeune qui nous répond ne sait rien, à part qu’ici, le truc à faire, c’est le parc &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Torres del Paine&lt;/span&gt;. Ok, merci. Une ligne aérienne reliant &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Ushuaia &lt;/span&gt;à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Punta Arenas&lt;/span&gt; ? Oui, bien sûr, ça existe… en été. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Échec&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le gars finit par nous trouver un bateau qui part chaque samedi de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Puerto Williams &lt;/span&gt;(juste en dessous d’&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Ushuaia&lt;/span&gt;, côté chilien) en direction de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Punta Arenas&lt;/span&gt;. On arriverait donc le vendredi soir à Ushuaia, et on repartirait dès le lendemain matin, en traversant sur deux jours les magnifiques fjords qui parsèment la pointe sud du continent… et du monde. Mortel. Finalement, on se rend compte qu’en arrivant le soir à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Ushuaia&lt;/span&gt;, aucune possibilité de rejoindre &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Puerto Williams&lt;/span&gt; avant le départ du bateau à 8h du matin le lendemain. Il n’y a pourtant qu’un petit fjord à traverser. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Échec&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On est dépité. On a faim. Il fait froid. On verra bien plus tard. On a envie de bien manger. Trois adresses conseillées par le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Lonely &lt;/span&gt;nous donnent trop envie, on a besoin de se faire plaisir. Les trois sont fermés pendant l’hiver. Comme la grande majorité des restos et des hôtels. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Échec&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La bonne déprime s’abat sur moi, je suis complètement dégouté, frustré au plus haut point. Être si loin de tout, à un endroit si incroyable, si reculé, si unique, et ne pouvoir profiter de rien… ça me fout vraiment les boules. Heureusement, Alice relativise plus que moi sur ce coup. Elle trouve ça dommage, mais me répète qu’on est en vacances, ensemble, que ça lui suffit à se sentir bien, que rien n’est si grave, qu’on reviendra. J’ai plutôt l’impression de jouer ce rôle habituellement, de lui faire voir les bons côtés quand elle en a marre, mais cette fois les rôles sont inversés. Et même si je ne le montre guère, ça me fait du bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On se pose finalement dans l’un des seuls établissements de restauration ouvert, la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Picada de Don Carlitos&lt;/span&gt;, sorte de grosse cantoche. Vincent et Anastasia se pointent eux aussi, on les invite à notre table. On mange une insipide &lt;span style="font-style: italic;"&gt;milanesa de pollo&lt;/span&gt; (milanaise de poulet) accompagnée de purée mousseline : échec. Les deux autres se partagent une grosse &lt;span style="font-style: italic;"&gt;chorillana&lt;/span&gt; (monticule de morceaux de viandes et de saucisse grillés, d’oignons et de frites…). On arrose tout ça de bon vin rouge et on leur raconte notre série noire, ça nous fait un peu rire avec le recul et l’alcool. Avec un bon &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pisco Sour&lt;/span&gt; de plus, ça se détend encore, ça commence à raconter des anecdotes croustillantes sur les urgences alcooliques de l’hôpital de Lens (avec imitations de l’accent du nord), des infos médicales comme quoi les roux seraient en voix d’extinction… on imagine une réserve naturelle de roux. Alice prédit des problèmes, allégeant que le roux attire la foudre. Des bonnes conneries, c’est ce qu’il nous fallait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En sortant, on tombe sur une pharmacie qui nous fait péter de rire, avec ses vitrines remplies d’objets des plus loufoques : manteaux, épées médiévales, cendriers, trottinettes, éventails, coupes du monde de foot, montres et autres nounours ! On va se coucher l’humeur plus rigoleuse.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Jeudi 19 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;Le réveil n’a pas sonné, et Chakana (le gérant de l’auberge, la bonne quarantaine, ultra serviable) frappe à la porte une petite demi-heure avant le départ du minibus pour &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Torres del Paine&lt;/span&gt;. On petit-déjeune la tête dans le cul, et on s’aperçoit qu’on n’a pas prévu de casse-croûte pour la journée. Chakana sort du frigo un avocat, du citron, de la laitue et du chou-fleur cuit, un morceau de patate… on s’improvise des sandwichs végétariens avec du pain fait maison. Sympa.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du coup, on s’est quand même décidé à une excursion d’une journée complète dans le parc. C'est-à-dire : un minibus qui nous emmène à différents points pour nous montrer un aperçu du truc, sans rentrer au cœur même de la nature, là où seuls les sentiers peuvent nous mener. On a préféré ne pas attendre nos potes, la météo annonçant un temps plus clément ce jour. Dans le véhicule, un guide pas très bavard, deux chiliennes quinquagénaires, un polonais et une suédoise (sa meuf). Après un  bref ensoleillement matinal, le temps vire au gris. Les chiliennes filment tout, le volant, les stickers du van, les montagnes cachées par les nuages. Le suédois bouquine, se foutant royalement de ce qui se passe à l’extérieur, pendant que sa copine slave, blonde donc, prend des dizaines de photos de la vitre sale pendant le trajet. Fine équipe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après une première étape un peu terne dans une caverne générée par l’érosion d’un glacier et dans laquelle a vécu une espèce d’ours préhistorique, le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Milodon&lt;/span&gt;, on fait une pause pour prendre des photos des Cornes, pics rocheux superstars du parc, parce qu’ils le valent bien. Ils sont sûrement très classes, mais les nuages recouvrent l’horizon… on repart.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entrée dans le parc. La gardienne nous dit qu’il est tout à fait possible de partir faire le &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;W&lt;/span&gt; (parcours pédestre de 5 jours). Tous les sons de cloches divergent. Le guide nous dit que non, surtout pas, ce serait inconséquent. Avec ce temps pourri ça fait de toute façon moins envie. Y aller voudrait dire dormir dans des tentes ou des refuges "fermés" avec des marches un peu techniques dans des conditions incontrôlables, sur plusieurs jours. Bien sûr, étant un garçon un peu buté, ça me tente quand même. Mais Alice ne s’en sent pas capable et je la comprends.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le van s’arrête prêt d’un lac, le guide propose une balade d’1h environ. On part vite, en premier, histoire d’être sûrs de bien s’intégrer au groupe. Il y a toujours cette grisaille, mais les nuages varient et on parvient presque à distinguer les cornes sur la rocaille d’en face. On longe une plage blanche (couverte de neige), et noire en dessous (dépôts sédimentaires). Et puis l’eau du lac est d’un bleu très clair, un peu trouble, provenant directement du glacier Grey qu’on aperçoit au loin. Des dizaines de petits icebergs bleus, aux formes de roses des vents, se sont détachés du bloc de glace et flottent  silencieusement sur l’étendue d’eau. Malgré le mauvais temps, on se prend ces couleurs et ces expressions de la nature en pleine gueule. Il se met à pleuvoir, on rentre le plus rapidement possible au van en &lt;span style="font-style: italic;"&gt;trajectant&lt;/span&gt; dans la neige, on a froid, on est trempé. Alice sort un vieux « &lt;span style="font-style: italic;"&gt;j’m’en fous, le 25 décembre, je suis en maillot de bain sur la plage&lt;/span&gt; » ! (on sera à Dubai... mais c’est une autre histoire !)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le van repart. Nombreuses petites pauses. Là pour admirer un nouveau lac bleu azur, ici parce que les nuages se sont un peu éclipsés, laissant apparaitre les étranges contours accidentés des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;torres&lt;/span&gt;, ici encore pour épier un troupeau de guacanos sauvages, voir un film sur les pumas qui habitent le coin ou marcher jusqu’à une grande cascade claire dans un superbe recoin du parc. Le temps tourne un peu, (mais très peu), et les quelques aperçus du parc sont époustouflants. On voit bien le &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;W&lt;/span&gt;, on comprend dans quelles vallées passent les sentiers. Ca donne plus que jamais envie de s’immerger plusieurs jours dans le parc, de se perdre au milieu de ces merveilles sauvages, dans cette explosion de couleurs, de forme et de sensations. C’est juste assez incroyable pour en être plus frustrant, l’impression de toucher du doigt quelque chose d’immense en ne pouvant que l’effleurer. Je prends la ferme décision de revenir et de parcourir le parc entièrement !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le vent s’est levé sur la fin de journée, et le van se meut en frigo sur le chemin du retour. On rentre à la fois contents et abattus, épuisés. Mais on est accueilli par nos potes Elodie, Fanny et Miro, à grands coups de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pisco Sour&lt;/span&gt; maison. Nacho, un des gars cool d’ici (qui passe son temps à écouter de la musique et à parler avec des meufs sur Internet) met de la musique française et nous demande si on connait : c’est le classieux &lt;a style="font-style: italic;" href="http://www.youtube.com/watch?v=rEdhxglN7Jg"&gt;Ce que je suis&lt;/a&gt; d’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Holden&lt;/span&gt; ! Il nous dit que ce titre est un tube au Chili, et que leur album a été enregistré à Valparaiso ! Étonnant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On part se manger une bonne &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Paila Marina&lt;/span&gt; (soupe typique de bestioles marines, avec des trucs difficiles à identifier dedans), arrosé de vin local un peu trop costaud. On a l’impression de ne pas s’être quitté longtemps et la présence amicale de la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;compaña &lt;/span&gt;(le petit nom qu’on a donné au petit groupe) nous réchauffe un peu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De retour à l’&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Erratic Rock&lt;/span&gt;, Chakana nous sert une &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Bamba&lt;/span&gt; maison à la guitare, je renchéris avec un bon vieux &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Amore &lt;/span&gt;(faut bien perpétuer la légende en Amérique du sud), et puis un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Andres Calamaro&lt;/span&gt;, plus couleur locale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Vendredi 20 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Journée salvatrice de glande. Le petit déjeuner donne le ton, avec plein de céréales et de yaourts différents, du vrai café en grain, une omelette bien épicée, et du pain à la tomate et à l’origan maison, avec tout ce qu’on veut pour mettre dessus (confitures, dulce de leche = sorte de confiture de lait dont ils raffolent…).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On pas grand-chose d’autre à foutre que se reposer, écrire, bouquiner, trouver des trucs à faire dans les jours à venir (ça s’est pas rien), et rendre un petit renseignement à trouver pour nos potes (qui sont partis la journée pour l’excursion au parc) : comment rejoindre &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Ushuaia &lt;/span&gt;d’ici le lendemain soir. Évidemment, le petit service va se transformer en véritable mission : aucune entreprise de bus ne va à Ushuaia demain, mais des bus partent ce soir pour &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Punta Arenas&lt;/span&gt;, où ils pourront prendre le lendemain un bus. Les tickets s’achètent d’une agence de la place… fermée en hiver. Ah non, il n’y a même pas de bus en hiver, ils ont arrêté tout le trafic, pas assez de monde. Ah si finalement, avec une autre agence, mais pas sûr, et les billets ne peuvent s’acheter nulle part à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Puerto Natales&lt;/span&gt;. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Argh&lt;/span&gt;, la spirale de l’échec semble refaire son apparition.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans une des agences, on voit une offre en gros pour une excursion d’une journée permettant d’aller voir une colonie de pingouins, vers &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Punta Arenas&lt;/span&gt;. Un truc cool à faire ! Ah, ce circuit n’ouvre que début septembre… &lt;span style="font-style: italic;"&gt;échec&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du coup on rentre à l’auberge où on sollicite Ivo (un autre gars de l’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Erratic&lt;/span&gt;) pour qu’il nous trouve un truc à faire. Il se renseigne sur un circuit en bateau pour aller voir les baleines qui vivent dans les fjords du bout du monde : le truc dure 3 jours et coûte 900 € par personne ! &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Échec&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il a un pote, Fernando, qui pourrait nous emmener dans les fjords en zodiaque, une excursion à la carte, dans le temps qui nous reste… excellent. Le gars passe nous voir et nous met l’eau à la bouche, en nous disant que c’est un des trucs les plus beaux à voir dans le coin, et qu’on serait seuls dans un paysage de bout du monde. Il finit par cracher un prix : 825 € pour 2 jours ! Faut pas craquer. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Échec&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On tente de se réfugier sur des activités moins ambitieuses. On pourrait aller se faire un spa ? Coups de fils… non, le spa est fermé en, hiver. Echec.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nacho me parle du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Padel&lt;/span&gt;, dérivé du tennis bien pratiqué dans le pays, qui se joue dans une moitié de terrain avec des raquettes plus petites. Je lui demande s’il veut jouer avec moi, il est super motivé, il y a un terrain en ville. Appel. Personne ne jouait, ils ont transformé le truc en discothèque. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Échec&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me fous sur Internet pour me raccrocher à quelque chose… la connexion Wi-Fi se coupe. Je demande à Nacho s’il peut mettre un match de tennis à la télé. Il veut bien, mais la chaine sur laquelle ça passe ne fonctionne pas aujourd’hui, il ne comprend pas. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Double échec&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nos amis rentrent en fin de journée : ils ont eu un temps sublime, ils rentrent émerveillés. Évidemment, on ne peut qu’être ravis pour eux… mais merde, je suis vert d’avoir fait confiance à la météo pour la veille !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chakana rentre en même temps qu’eux. On lui raconte nos galères, il nous explique que c’est le premier hiver où l’&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Erratic Rock&lt;/span&gt; est ouvert. Qu’on est un peu des pionniers en cette saison, et que grâce à nous et à la demande que nous créons, les services vont se multiplier. Ok, je veux bien. Mais juste un avis : ouvrir la voie au tourisme en Patagonie l’hiver, j’aurai plutôt tendance à déconseiller.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour nous remercier de leur avoir réservé leur ticket, les copains nous offrent une bonne bouteille de rouge et du un délicieux chocolat. Ça fait quand même du bien de les avoir avec nous ceux là... ah merde, ils se cassent. On se dit au revoir pour de vrai cette fois, mais avec la ferme intention de se recroiser quelque part.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette journée a finit de piétiner mon moral, et je me sais particulièrement irritable et pas de meilleure compagnie. Alice, elle, continue à voir les événements du bon angle, garde sa bonne humeur du moment, attendant patiemment que l’orage passe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a fait des courses et on se prépare une bonne soupe avec plein de bons légumes du marché. Alice a la main très lourde avec le poivre… bon mais difficilement mangeable ! &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Échec&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça  ira mieux demain.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Get Well Soon&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Samedi 21 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lever vers 9h, on s’est finalement décidé à faire du kayak avec Fernando, le gentil gars qui nos proposait le trip hors de prix en zodiaque. Le Kayak, c’est plus dans nos cordes financièrement, et ça se passe aussi dans les fjords. Mais quelle idée de faire du  kayak par ce froid (5°C environ) ! On ne l’aurait pas eu tout seul en tout cas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On fait une vingtaine de km en 4x4 pour arriver dans une minuscule station portuaire squattée par deux catamarans et une famille de flamands roses. Fernando, la quarantaine, très doux et plein d’enthousiasme, nous raconte l’histoire du patelin : &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Ultima Esperanza&lt;/span&gt; (dernier espoir) est le lieu où ont débarqué les tous premiers conquistadors, un peu déprimés par un rude voyage et l’arrivée sur une terre patagonienne quelque peu hostile (d’où son appellation). Une famille allemande s’est ensuite installée ici au début du 19ème siècle et a fait fortune avec la laine de mouton avant de perdre presque tout et finir par surnager en ouvrant le truc au tourisme. On aura droit toute la journée à des tranches d’histoire, des explications commentées, Fernando est généreux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ses kayaks de mer ont trop la classe, avec une dérive qu’on contrôle avec les pieds. On s’emmitoufle dans des combinaisons complètes en néoprène, des anoraks, des gilets de sauvetage… et on s’enfile un double kayak avec Lilice. Fernando est lui tout seul, et nous met à l’amende sans forcer. Mais on prend vite le pli et on glisse assez vite le long du fjord. On croise des tas d’oiseaux, cormorans, cygnes, mouettes, et même un aigle qui se laisse porter par le vent un peu plus haut. La journée est fraiche mais le soleil se pointe souvent et la traversée est magnifique. On est seul sur l’eau… jusqu’au passage d’une dizaine de kayaks en pleine compétition, suivis par des zodiaques de flics ou des bateaux arborant fièrement des drapeaux pirate ! Et puis la tranquillité se réinstalle. On débarque sur une île, on fait le tour d’une incroyable baraque laissée à l’abandon par une famille qui en avait marre de vivre dans ce paradis désertique. Quelques tombes délabrées jonchent le sol un peu plus loin, des membres de la famille sûrement. Un lièvre de Patagonie (de taille impressionnante) surgit d’une touffe et file comme l’éclair se cacher de l’autre côté de l’île. Plus inquiétant, un chien un peu plus loin… on se pas à qui il peut être, mais il aura du mal à partir d’ici.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On repasse au "port" chercher un pique-nique qu’on va prendre un peu plus loin, dans un bras de fjord plus escarpé, plus perdu. On est en train de ramer entre des terres de steppes désertiques et des montagnes enneigées, avec l’odeur de la mer dans les narines. On se sent à la fois à la montagne, à la mer et dans le désert. Certains passages sont encore gelés et les kayaks doivent fendre la fine pellicule de glace formée sur l’eau pour les franchir. Fernando raconte qu’il lui est déjà arrivé de partir sur plusieurs jours dans la &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;tierra del fuego&lt;/span&gt; (terre de feu), avec des températures si basses à la nuit tombée que les kayaks restaient coincés dans la glace plusieurs jours avant de pouvoir repartir !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On accoste pour profiter du casse-croûte et du café chaud transporté jusqu’ici par Fernando. Ce dernier trouve qu’on rame vite, comme tous les européens. Sans vouloir rentrer dans les clichés, il nous dit que la provenance des touristes se devine facilement à leur manière de faire du kayak : les européens assurent bien, les asiatiques font du sur place (ils avancent un peu, puis reculent en se faisant entrainer par le courant pendant les prises de photos), les israéliens vont n’importe où comme des enfants, les vikings du nord (suède &amp;amp; co) rament comme des forcenés, les russes vont partout, même dans des cascades hyper dangereuses, sans aucune notion du risque… on se marre bien à chaque explication.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On profite jusqu’au bout des paysages spectaculaires autour de nous, on grimpe en haut d’une colline pour mieux se rendre compte de l’enchevêtrement des fjords. Il est finalement 17h quand on rentre au port. Fernando nous parle de la « lumière de 5h » qu’il affectionne particulièrement, le moment où la Patagonie est la plus belle, avec le soleil presque à l’horizontal, des couleurs magnifique et une température qui monte étonnamment de quelques degrés pendant quelques instants. C’est vrai qu’on n’a pas si froid. On l’aide à ranger le merdier, à ficeler les kayaks.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le chemin du retour, je lui pose des tas de questions sur sa vie au Chili, la politique au cours du temps, le merdier habituel. Il est assez passionnant. Raconte son enfance sous Allende, les souvenirs de longues heures de queue pour obtenir un bout de pain, alors que le pays subissait un boycott international. Et puis les images qu’il lui reste de la prise de pouvoir de Pinochet, les avions, les bombes, la peur. Il raconte la dictature, et compare avec le Chili moderne. Il est triste de constater que malgré l’horreur d’un tel régime et la tuerie sans scrupule de tous ses opposants, ceux qui ne bronchaient pas avaient une meilleure protection sociale et étaient davantage sur le même pied d’égalité que maintenant. Selon lui, les riches chiliens d’aujourd’hui n’auront jamais de problème avec leur santé ou même la justice, alors qu’on accuse les pauvres de tous les maux, qu’ils sont souvent sans couverture sociale et sans défense. Il estime que les socialistes qui ont gouverné le pays pendant 20 ans n’avaient de socialistes que le nom, qu’ils ont tout libéralisé sous l’égide du Progrès, et n’ont rien changé du système mis en place par Pinochet. Le système éducatif par exemple qui est pourri mais n’a jamais changé d’un iota. Il se plaint que les jeunes actuels n’ont aucune idée de ce qu’a été la dictature, qu’ils ne l’apprennent pas dans les programmes d’histoire, et qu’il ne pensent qu’à avoir des vêtements de couleurs à la mode ou la dernière console de jeu. Je lui fais remarquer que c’est malheureusement le lot de tous les pays "développés".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il parle encore de l’hypocrisie des chiliens, qui d’un côté vont fonder des familles et se tourner vers la religion, pour derrière mieux regarder les autres femmes et faire n’importe quoi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je lui demande s’il parle, lui, de sa vie et de la dictature avec ses propres enfants (4, 13 et 19 ans). Il ne répond pas tout de suite, et finit par avouer que non, qu’ils sont trop différents, que c’est une autre époque, qu’ils ne comprendraient pas… avant d’admettre qu’il devrait le faire. La discussion ne cesse de rebondir, et je suis déçu de devoir la stopper net quand la jeep s’arrête devant l’&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Erratic Rock&lt;/span&gt;. On le remercie chaleureusement pour toute cette journée passée en sa compagnie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soir, nouvelle soupe de légume maison : moins  poivrée, elle est délicieuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimanche 22 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dimanche, grasse mat obligatoire. On prend un peu le temps, on glande, on caresse les chats. Et puis on prend un taxi qui nous emmène au pied d’une montagne, à quelques km de la ville, en direction de l’Argentine. Une vieille dame très grosse et pas bien stable (elle est à deux doigts de se vautrer sur la glace en prenant les devants à notre arrivée) nous accueille avec un accent incompréhensible et nous fait payer un droit d’entrée dans sa propriété, seul chemin d’accès au sommet en haut duquel on espère arriver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;sendero Dorotéa&lt;/span&gt; est mi boueux, mi neigeux, pas top agréable. Ça commence à bien monter, et on a du mal à savoir par où passer, à distinguer les signes rouges sensées nous indiquer le chemin. Ça continue à grimper un peu plus, et l’épaisseur de neige se fait de plus en plus haute. Après 1h30 de grimpette bien raide et glissante (Alice en a vite marre), on arrive en haut. On voit le Chili et l’Argentine, les fjords entremêlés, la jolie ville de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Puerto Natales&lt;/span&gt; accrochée à l’un d’eux, les montagnes de partout… et bien sûr, l’océan au loin, mais avec beaucoup d’imagination. Ayant oublié de recharger mon appareil photo, on gardera ça jalousement dans nos têtes. La vue de cette terre de Patagonie est au moins aussi saisissante que le vent qui souffle en grosses bourrasques, et qui nous pousse à ne rester que peu de temps en haut. Le retour est beaucoup plus fun, on glisse dans la poudreuse comme des fous pour arriver en bas en moins d’une demi-heure, les pieds trempés mais contents comme des gosses. La &lt;span style="font-style: italic;"&gt;sorcière de la montagne&lt;/span&gt; nous sert du thé, des crackers, du fromage et des biscuits en attendant le taxi. Comprends rien à ce qu’elle nous raconte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A notre retour à l’auberge, tout le monde est posté devant la télé. Depuis 2 semaines, les infos parlent de 33 mineurs bloqués au fond d’une mine qui s’est écroulée.  Au hasard de nos pauses café, on a régulièrement surpris des prises de parole du président Piñera ou des familles de victimes en larme. Je me rappelle, l’événement était survenu alors qu’on arrivait juste à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Chiloé&lt;/span&gt;. Coup de théâtre, les chercheurs ont réussi à creuser un trou de diamètre très fin jusqu’à un refuge, et ils y ont remonté un message écrit avec de la pierre rouge : « &lt;span style="font-style: italic;"&gt;nous sommes dans le refuge. Nous allons bien. Les 33 &lt;/span&gt;». Énorme émotion devant la petite télé de l’auberge (et dans tout le pays), on voit les mineurs qui sautent de joie, grosses accolades, les familles en pleurs, le président qui revient vite pour faire un discours larmoyant en disant qu’il y a toujours cru, que le pays a mis à la disposition la pointe de la technologie pour les retrouver bla bla, et qu’il dédie ces retrouvailles et cette ode à la vie à sa belle mère qui est morte ce matin… il est très bon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un peu plus tard, la télé parvient à faire passer une mini sonde en bas du trou, et une première photo de la tête d’un mineur en bas apparait sur un petit ordi portable filmé par toutes les caméras. Il n’y avait de quoi survivre que 6-7 jours en bas, et ça fait 18 jours qu’ils y sont, plus personne n’avait d’espoir. Bref, c’est LE truc du jour, vécu à grand renforts de médias. Les sœurs de Chakana (qui étaient venu passser le dimanche à l’auberge en famille et jouer au UNO) ont les larmes aux yeux, et viennent nous chercher à chaque nouveauté : discours de la mère du plus jeune de 18 ans, de l’épouse du plus vieux de 78 ans qui était à quelques semaines de la retraite, lettre remontée à une autre maman. C’est à chaque fois une nouvelle émotion. Le pire c’est qu’on se prend au jeu, on a l’impression de vivre un truc fort et à l'unisson avec les chiliens... c'est rigolo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est notre dernière soirée ici, on traine un peu avec Chakana et les chats, on se fait des pâtes. Il sort la guitare et se met à jouer &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Vanina&lt;/span&gt; en espagnol… après tout, il est peut-être temps de partir !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimanche 22 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Réveil à 6h. Chakana nous prépare un dernier petit déjeuner en sifflotant. Il nous a donné plein de conseils pour &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Valparaiso&lt;/span&gt;, nous a réservé une auberge à la cool, nous appelle un taxi. L’adieu aux chatons est un déchirement pour Alice (pour moi aussi mais ça fait pas très viril). Accolade d’au revoir. Comme toujours, c’est au moment ou on reprend la route qu’on se rend compte se qu’on laisse derrière, qu’on se laisse envahir par l’insidieux vague à l’âme du départ. Chakana insiste pour qu’on dise aux gens de venir en &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Patagonie &lt;/span&gt;en hiver… oui oui, on le fera.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petit trajet en bus de moins de 2h pour arriver à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Punta Arenas&lt;/span&gt;. Grande ville construite au bord du &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;détroit de Magellan&lt;/span&gt;. De l’autre côté, la&lt;span style="font-weight: bold;"&gt; terre de feu&lt;/span&gt;, l’île ultime qu’on ne foulera pas cette année. On laisse nos &lt;span style="font-style: italic;"&gt;mochillas&lt;/span&gt; dans l’agence qui nous vend nos tickets pour l’aéroport, quelques heures plus tard. On s’est gardé un moment ici pour se promener et prendre le pouls de cette ville encore plus australe. Je fais remarquer à Alice qu’on a de la chance, qu’il fait beau. 5 minutes plus tard, un nuage a tout recouvert et la pluie se met à tomber !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On se réfugie dans un café. La pluie se transforme vite en neige, c’est la tempête. Un quart d’heure plus tard, le soleil est revenu. Le temps, ici, c’est n’importe quoi. En vérifiant les billets sur Internet, et en voulant faire le check-in en ligne, un message étrange s’inscrit. J’ai pas mal galéré pour acheter ces billets car il fallait avoir un compte paypal avec une carte bleue associée. Il n’y a pas eu de soucis jusqu’à ce que Paypal m’envoie un mail pour me dire que quelqu’un était probablement en train d’utiliser mon compte à mon insu. Ce quelqu'un c'était moi. Ils m’ont donc restreint mon compte jusqu’à ce que je leur en fournisse la preuve. J'ai fait tout ce qui m'étais demandé : changer de mot de passe, changer de questions persos, faire un débit sur mon compte puis noter le code qui apparaissait 2 jours plus tard sur mon relevé de compte, leur envoyer un justificatif de domicile en ligne… bref je me suis acquitté de toutes leurs conneries. A l’agence de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Puerto Natales&lt;/span&gt;, j’avais fait vérifié, les billets étaient bien résevés à nos noms. Et le débit du montant avait été fait sur mon compte. Mais quand même, pour être sûr, on décide de vérifier auprès de l’agence d’ici. La meuf me dit que oui. Ah mais non, bizarre, les billets ont finalement été refusé par paypal il y a 2 jours et annulé, et… ah mince, le vol est à présent plein, complet, plus de place, over. Je sens le truc monter le long de mon épine dorsale, je regarde Alice… non c’est pas possible, je suis maudit, j’y crois même pas. Le cauchemar recommence…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je demande à voir la chef de l’agence, explique tout le maudit processus… je suis dépité. Elle nous fait poireauter de longues minutes en disant qu’elle va essayer de trouver 2 places dans cet avion, mais que rien n’est sûr. On se dit qu’on va devoir rentrer en bus, et qu’on aura juste le temps de rejoindre Santiago, au revoir Valparaiso. Finalement la meuf nous explique qu’elle peut nous avoir 2 places, mais à plus du double du prix précédent. Ça fait quand même 360 € de plus en tout. Et d’autres personnes sont sur la liste d’attente, elle veut bien insister pour nous mettre en haut de la pile si on prend une décision immédiate. A-t-on vraiment le choix ? Elle comprend notre tourmente et nous accorde gentiment une ristourne de… 12 €. Ah ouais, cool. On se dit qu’on est bien dans la thématique du moment : « &lt;span style="font-style: italic;"&gt;dépenser du pognon&lt;/span&gt; » (voiture à racheter, appartement, voyage au Chili…), on y va donc gaiement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est un peu tard. Coup de fil, le minibus devant nous emmener à l’aéroport passe  nous prendre à l’agence, fait un détour pour qu’on aille chercher nos sacs… ouf, on va finalement bien partir aujourd’hui. A l’aéroport, on apprend que le vol a un retard d’une heure. Tout est normal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Lundi 23 août&lt;/span&gt; - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Valparaiso&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31148985-3973764244100242071?l=ericde.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ericde.blogspot.com/feeds/3973764244100242071/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31148985&amp;postID=3973764244100242071' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/3973764244100242071'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/3973764244100242071'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ericde.blogspot.com/2010/08/le-bout-du-monde-en-hiver-deconseiller.html' title='Le bout du monde en hiver (à déconseiller)'/><author><name>ericde</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07232488413902604705</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://photos1.blogger.com/blogger/5227/3356/1600/DEad.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31148985.post-386752817100885321</id><published>2010-08-21T04:53:00.004+02:00</published><updated>2010-08-21T05:33:32.068+02:00</updated><title type='text'>Perito Moreno &amp; Fitz Roy : têtes d’affiches du sud Argentin</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Vendredi 20 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Après un début sérieux, j’ai finis par prendre du retard. Le voyage commençant à approcher de son terme, l’écriture se fait plus rare, moins systématique, comme mise à mal par l’intensité de l’instant. El Calafate… El Chalten… ces destinations aux noms étranges résonnent déjà comme lointaines, alors que la sauvage Puerto Natales, au Chili, nous a déjà ouvert ses bras hivernaux il y a deux jours. Tant bien que mal. Mais ceci est une autre histoire, commençons par le commencement. C’était il y a 6 jours. Déjà.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Samedi 14 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Au terminal de bus d’&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;El Calafate&lt;/span&gt;, une nana souriante nous paye le taxi jusqu’à son auberge, l’&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;America del Sur&lt;/span&gt;. Le soir, on se retrouve encore avec Elodie et Fanny, avec qui le courant passe vraiment bien. L’ambiance est excellente, tout le monde se trimballe en chaussettes (avec le chauffage au sol), ça joue de la guitare sur une mezzanine &lt;span style="font-style: italic;"&gt;chill out&lt;/span&gt;, ça cuisine, ça picole, ça discute en toutes les langues. Après trois nuits un peu "compliquées", on se prend une chambre pour nous, avec vue sur le lac en contrebas, coucher de soleil, lit bien confortable. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;"It’s a new done, it’a a new day, it’s a new life… and I’m feeling good"&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soir, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;asados &lt;/span&gt;(barbecue) préparé par le personnel fin cool de l’auberge, avec assortiment de légumes et salade (aubergine dorée, courge, tomate, patate douce sautée, lentilles assaisonnées, condiments…), et excellente viande de bœuf à volonté. On se prend un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pinguin &lt;/span&gt;de rouge (pichet en forme de pingouin qui dégueule le breuvage dans les verres) pour arroser le tout. Festin. On se sent bien avec nos deux nouvelles copines, avec qui on trinque en faisant déjà des projets pour les jours à venir.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimanche 15 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La nuit est salvatrice. Pas de réveil programmé, sinon l’envie de profiter du petit déj (offert jusqu’à 9h30). La journée est à nous, on en profite pour se reposer, c’est dimanche, merde. Petit saut à l’extérieur tout de même, pour aller visiter la petite ville d’&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;El Calafate,&lt;/span&gt; se promener près du lac partiellement gelé, et dire bonjour aux 200 mouettes, 3 flamands roses et 2 rouge-gorge (martins-pêcheurs ?) squattant la lagune de la réserve naturelle du patelin. Il ne fait pas si froid et le soleil est toujours là. On croise quelques touristes et quelques locaux, mais la petite bourgade qu’on soupçonne de grouiller en haute saison nous montre une face bien apaisée. On sent quand même au nombre d’hôtels, d’agences, de banques et de restos que le bled vit du tourisme, généré par la proximité du glacier &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Perito Moreno&lt;/span&gt;. On se pose dans un petit établissement pour manger, j’en profite pour regarder 3 balles de la finale du tournoi de Toronto opposant Federer à Murray.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le soir, on se retrouve à l’auberge avec Elodie autour d’une soupe déshydratée, alors que Fanny passe la nuit dans un hôtel 4 étoiles (avec jacuzzi dans la chambre), cadeau d’arrivée de son amoureux qu’elle est allée cherche à l’aéroport. N’en déplaise à nos papilles malmenées, on passe encore un putain de bon moment à trainer, discuter, bouquiner, partager. On se sent vraiment bien avec Alice, dans un lieu si reculé et chaleureux, loin de nos quotidiens, tellement heureux d’être ensemble, ici.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Lundi 16 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On sort de bonne heure de notre lit douillet : aujourd’hui, on se fait le &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Pito Moreno.&lt;/span&gt; On a réservé une espèce de tour complet d’une journée, avec &lt;span style="font-style: italic;"&gt;mini-trekking&lt;/span&gt; à même le glacier en point d’orgue. On se retrouve tous dans le bus, avec Elodie, Fanny et Miro (Miroslaw de son nom entier, polonais d’origine). Le courant passe aussi bien avec lui qu’avec les filles.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Premier arrêt en vue du fameux glacier. Même de loin, une tuerie. Une impressionnante avancée de glace dégringolant des montagnes, surgissant de la vallée, et s’arrêtant net à l’embouchure un bras de lac, comme figé, laissant apparaitre un mur de glace de 3km de large et jusqu’à 60m de haut (équivalent à un immeuble entre 15 et 20 étages selon l’endroit). Cette avancée de glace provient de l’immense glacier qui recouvre 300km du nord au sud, entre le Chili et l’Argentine. On se trouve ici dans sa partie la plus méridionale. C’est un des très rares glaciers dans le monde à ne pas être en rémission, il se maintient. En perpétuelle avancée, il est donc alimenté par suffisamment d’eau (de neige se transformant en glace) dans ses hauteurs pour repousser la glace du bas (qui se disloque avec l’érosion) vers une ligne relativement stable. C’est aussi le glacier le moins haut de la planète, peu au dessus du niveau de la mer. Le soleil est encore de la partie et le paysage de carte postale fait son petit effet.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Avant d’embarquer dans un bateau, on nous demande de bien retenir son nom pour ne pas se tromper au retour : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Alacalufé&lt;/span&gt;. Je retiens que c’est un truc qui ressemble à &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Dieucapeté&lt;/span&gt;…  j’oublierai pas. On traverse donc le bras de lac. Le Perito est sur notre droite. Plus on s’en rapproche, plus sa présence se fait imposante. Soudain un grand fracas… un gros pendant de glace vient de s’écrouler dans l’eau dans un coup de tonnerre assourdissant. Une vague générée par la chute vient faire tanguer un peu l’embarcation. A couper le souffle.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;De l’autre côté de l’eau, la vue est encore splendide. Des condors tournoient au dessus des montagnes derrière nous. On nous sépare en groupes de 20 pour fouler le glacier. On se rend compte qu’on est quand même super nombreux : 60 passagers par bateau, un bateau débarquant toutes les demi-heures… c’est la première fois du voyage qu’on est aussi entouré. Un guide nous explique comment marcher sur la glace : en canard en montant (marchant naturellement en canard, je n’aurai pas de souci), les pieds dans le sens de la pente en descendant. On nous sangle des crampons à nos chaussures. Les premiers pas on se sent un peu patauds, mais on s’habitue. On se retrouve donc vite sur la glace. C’est quand même un peu pète gueule, mais grimper sans glisser sur une surface glacée et pentue a quelque chose de jubilatoire. On se retrouve vite à l’intérieure de petites vallées de glace, en faisant attention aux trous et autres crevasses ponctuant le parcours. Tout est blanc et bleu autour de nous, on traverse des paysages lunaires, aux formes douces et tranchantes à la fois. On grimpe sur un étang gelé dans une cuvette, un guide met des coups de piolets pour faire craquer la surface, qu’on puisse goûter l’eau pure (et glaciale) juste en dessous. Et puis on finit dans une excavation dans laquelle est installée une petite table, et un whisky irlandais nous est servi, baigné dans de la glace ramassée elle aussi à même le flanc de glacier suite à trois petits coups de piolet.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L’expérience est vraiment sympa, si ce n’est la désagréable sensation de faire partie d’une machine touristique bien huilée, avec un groupe juste devant nous, un autre juste derrière. On est loin d’être seuls sur la glace, on ne s’écarte pas trop du bord du glacier, et une pause est organisée toutes les 5 minutes pour prendre des photos, on n’a donc pas la sensation de vraiment vivre une expérience extrême comme le ventait la brochure !&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Retour à la terre ferme. Après un casse-croûte partagé, et l’observation de nouveaux morceaux de glace s’écroulant dans l’eau, l’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Alacalufe&lt;/span&gt; (désolé, ça me fait vraiment rire) nous fait retraverser le bras de lac, puis le bus nous dépose sur la péninsule Magellan, sur laquelle ont été installés des km de passerelles pour pouvoir admirer le &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Pito Moreno&lt;/span&gt; d’un peu plus haut et sous tous les angles, à une distance très proche. On se promène donc une petite heure d’un balcon à l’autre, passant de mirador en mirador. Le ciel s’est couvert, mais le spectacle reste saisissant.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On est de retour en ville vers les 18h. Ça fait quelques jours qu’on n’arrive plus du tout à retirer de l’argent (alors qu’on devrait pouvoir), et on commence à être un peu &lt;span style="font-style: italic;"&gt;just&lt;/span&gt;. Courses en ville, réservation de bus. Le soir, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;barbecue qui tue &lt;/span&gt;rebelote, avec nos amis dont on ne se sépare plus trop. On se remplit la pense en reprenant moult fois de leur viande excellentissime, leurs accompagnements succulents, et on se ressert des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pinguin &lt;/span&gt;de vin sans trop compter.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Mardi 17 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le réveil est encore pénible, il sonne un peut trop ces temps-ci. On a tous les deux mal au ventre (qu’on a mis à rude épreuve la veille au soir), et Alice a un peu plus la crève chaque jour. Je suis moi aussi un peu enrhumé. Pas la grande forme donc, mais on se rend aujourd’hui à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;El Chalten&lt;/span&gt;, à 3h de bus au nord dans la région des glaciers, connu pour ses paysages de montagnes, avec la big tête d’affiche qu’est le mont &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Fitz Roy&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;A peine sorti de la chambre, on tombe des nues : il a neigé toute la nuit et la neige continue à tomber sans relâche, tout est blanc dehors. Le taxi qui vient nous prendre pour nous conduire au terminal de bus s’enlise dans la neige devant l’auberge et met du temps à partir. Le chauffeur nous dit qu’il n’a pas neigé depuis plus d’un mois… ah ok. Des fenêtres du bus, les paysages de Patagonie se sont transformés en d’immenses étendues blanches desquelles dépassent quelques touffes gelées. Des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;guacanos &lt;/span&gt;(petits lamas) courent en troupeaux dans ces étendues vides.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Petite pause à mi-parcours dans un établissement perdu au milieu de rien. On apprend que c’est ici que &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Billy the Kid&lt;/span&gt;, sa femme et son pote &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Butch Cassidy&lt;/span&gt; se sont réfugiés pendant un mois en 1894, alors qu’ils étaient recherchés dans tous les Etats-Unis pour leurs nombreux braquages et autres méfaits. Le bout du monde, on a vu pire comme planque.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il est 11h30 quand on arrive al &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Chalten&lt;/span&gt;. La neige a cessé de tomber mais son manteau recouvre la ville et les montagnes. Passage obligé par la cabane du gardien du parc, où on nous explique les sentiers praticables, l’attitude à avoir si on croise des animaux. Pique-nique dans une auberge où nos trois amis s’installent pour la nuit qui vient, avant de partir tous ensemble sur un sentier partant au nord ouest en direction d’un lac de montagne et d’un spot de luxe sur les sommets starifiés. Le sentier est enneigé mais praticable, la balade grimpe bien sans être trop pénible, et on fait de nombreuses pauses pour profiter de vues plongeantes sur la jolie vallée enneigée. Le sentier contourne un gros rocher à pic trônant sur la montagne, traverse un petit bois. Le soleil fait une apparition au dessus des arbres, une sublime lumière diaphane se taille un chemin entre les branches. Parvenus au fameux mirador, les nuages gris sont revenus et on ne voit absolument plus rien devant nous. Et puis petit à petit, la brume s’estompe, on distingue un pic rocheux dans le brouillard, puis deux, et progressivement le &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Fitz Roy&lt;/span&gt; fait son apparition. Cette montagne aux contours cabossés de hauts pitons rocheux s’élevant vers le ciel a effectivement une putain de classe. Et le voir sortir de la brume de cette manière est juste magique. Elodie prépare un maté bien chaud (tisane locale qui se sirote dans un gobelet en cuir un peu tuné) qu’on se fait tourner, alors que les nuages reprennent progressivement d’assaut tout le ciel, ne laissant plus une miette découverte. On continue la balade jusqu’à l’objectif de notre mission : le lac de montagne. Recouvert de neige, classe. On glisse dessus, bataille de boules de neiges, photos, blagues à la con : parfait. Mais le ciel continue à faire la gueule, et on finit par se casser.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le retour est tout autre : la neige a énormément fondu en quelques heures, et le sentier est à présent plutôt gadoueux. La vallée est elle aussi transformée, ne laissant que quelques vagues lignes blanches, mais ayant repris de ses teintes originelles, vertes et brunes. De retour à l’auberge, il est temps de se dire au revoir : nos trois amis restent ici pour la nuit, alors qu’on rentre dormir al &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Calafate &lt;/span&gt;pour attraper un bus en direction de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Puerto Natales&lt;/span&gt;, au Chili, le lendemain. Au revoir chaleureux, échange de mails et de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Facebook &lt;/span&gt;(tien, ça n’existait pas encore quand j’ai commencé à voyager), on se quitte à regrets.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je m’endors un peu dans le bus retour, et me réveille un peu de mauvais poil. Fatigué, froid, marre. Le fait de se retrouver seuls peut-être, ou tout simplement une réaction à tant de froid en "plein été" ! Il est déjà tard, il fait nuit depuis longtemps. Les distributeurs refusent toujours de nous donner de l’argent. L’auberge est loin à pieds, on glisse sur la neige, on se mouille dans la gadoue.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Soupe déshydratée et yaourt en guise de repas du soir. Le cuistot (pure touch, bonne gueule, barbe de 3 jours, bonnet stylé retenant des longs cheveux, chantant tout le temps) doit sentir mon humeur et mets la BO d’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Into The Wild&lt;/span&gt; d’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Eddie Vedder&lt;/span&gt; à fond. On discute musique pendant un bon moment, il hallucine sur mon boulot, trouve que c’est le plus beau du monde. Je retrouve un peu de jus et de sérénité avant de m’abandonner à  la nuit.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Mercredi 18 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dans le bus matinal en direction de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Puerto Natales&lt;/span&gt;, on se retrouve à côté de deux français qu’on avait déjà rencontré le temps d’un petit déj à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Chiloé&lt;/span&gt;, et qu’on avait croisés le long d’un sentier de montagne la veille au &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Chalten&lt;/span&gt;. Vincent et Anastasia, étudiants en médecine, trekkeurs fous. Ils ont déjà passés 4 jours à parcourir le parc &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Torres del Paine&lt;/span&gt;, aux abords de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Puerto Natales&lt;/span&gt;, énorme tuerie et raison de notre halte, connu pour être l’un des plus beaux au monde. Ils ont un peu triché en prenant l’avion depuis &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Puerto Montt&lt;/span&gt; pour descendre dans le sud, d’où leur relative avance sur nous. Ils disent être venus à bout du fameux "W"(parcours de 4-5 jours de trek à l’intérieur du parc), qu’il est complètement praticable et qu’ils n’ont jamais rien vu d’aussi beau. On est rassuré. La steppe Patagonienne continue de défiler au son de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ghinzu &lt;/span&gt;et de tous nouveaux morceaux de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Fake Oddity&lt;/span&gt; qu’ils viennent de m’envoyer par mail… l’album en préparation va vraiment être énorme. Nouvelle frontière Argentine-Chili. Nord-Sud cette fois. Sacs fouillés, plein de paperasse, nouveaux tampons sur les passeports… qu’Alice garde jalousement depuis le début du périple, refusant que je les touche en dehors des frontières ! Comprends pas…&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Vendredi 20 août&lt;/span&gt; - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Puerto Natales&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31148985-386752817100885321?l=ericde.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ericde.blogspot.com/feeds/386752817100885321/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31148985&amp;postID=386752817100885321' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/386752817100885321'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/386752817100885321'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ericde.blogspot.com/2010/08/perito-moreno-fitz-roy-tetes-daffiches.html' title='Perito Moreno &amp; Fitz Roy : têtes d’affiches du sud Argentin'/><author><name>ericde</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07232488413902604705</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://photos1.blogger.com/blogger/5227/3356/1600/DEad.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31148985.post-8820298675775607372</id><published>2010-08-16T03:42:00.003+02:00</published><updated>2010-08-16T04:20:23.089+02:00</updated><title type='text'>Premiers pas (milliers de km) en Argentine</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimanche 15 août&lt;/span&gt; - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;El Calafate&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;On y est enfin. On n'a pas emprunté la route prévue, on a hésité, on a tergiversé, on s'est laissé convaincre, on s'est enfilé des milliers de bornes d'Asphalte, mais on a finit par y arriver. Au sud de la Patagonie, si près de la pointe sud du continent, dans cette région si lointaine qui regorge de trésors naturels, dont j'espère pouvoir vous parler ici même d'ici quelques jours. Mais replongeons d'abord dans ces quelques derniers jours à mille à l'heure, les premiers passés en Argentine, pour le meilleur et pour le pire...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Mercredi 11 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bus. Frontière. Paperasses. On est au beau milieu de la cordillère des Andes, des montagnes partout, de la neige aussi. Le ciel est étrangement séparé en deux : gris côté chilien, complètement dégagé côté argentin ! On y traverse encore quelques heures de montagnes (enneigées, rocheuses, parfois verdoyantes), en longeant d’interminables lacs bleus installés à leurs pieds. Les paysages nous bercent avec l’aide des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Smashing Pumpkins&lt;/span&gt; et de leur vieil album &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pisces Iscariot&lt;/span&gt;, regorgeant de trésors oubliés comme &lt;a style="font-style: italic;" href="http://www.youtube.com/watch?v=Yoh6G_11cKw"&gt;Landslide&lt;/a&gt; ou &lt;a style="font-style: italic;" href="http://www.youtube.com/watch?v=pnFeCex032g"&gt;Starla&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arrivée à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Bariloche &lt;/span&gt;(prononcer "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Barilotché&lt;/span&gt;", à la française ça manque un peu de finesse), grande ville bâtie sur une colline à flanc de lac, avec des montagnes enneigées en fond d’écran. C’est une station de ski très prisé, notamment  par les brésiliens, d’où son surnom "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Braziloche&lt;/span&gt;". On pourrait aussi l’appeler la Suisse argentine, au vu de ses nombreux chalets aux jolies architectures mêlant pierre et bois, et surtout vu la quantité de boutiques vendant du chocolat en centre ville ! Les vitrines en exhibent des fontaines, des tablettes de tous les noms, toutes les formes, toutes les couleurs et tous les goûts. L’européanisation est beaucoup plus présente dans cette ville que toutes celle qu’on a traversé au Chili, ressemblant à s’y méprendre à une station de sport d’hiver de chez nous. On s'y sent tout de suite moins bien, un peu nostalgique des jours précédents, petit coup de fatigue, passager sans doute.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On prend quartier dans une auberge vraiment sympa, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;El Gaucho&lt;/span&gt; (désignant le cowboy argentin typique, pas le vieux coco), gérée par une nana non moins sympa, souriante et avenante. A &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Bariloche&lt;/span&gt;, les gens nous paraissent soit carrément dédaigneux, répondant à peine, donnant l’impression qu’on leur fait perdre leur précieux temps dès qu’on s’adresse à eux, soit au contraire d’une gentillesse infinie, prenant tout le temps qu’il peuvent pour discuter avec nous et nous aider si besoin. Leur accent est par contre assez particulier, avec les « &lt;span style="font-style: italic;"&gt;ll &lt;/span&gt;» prononcés « &lt;span style="font-style: italic;"&gt;ch &lt;/span&gt;», et il me faut parfois faire répéter plusieurs fois avant de comprendre des mots pourtant simples. On s’installe dans un dortoir pour une fois, les prix étant nettement plus intéressants.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Petite bouffe sur le pouce en centre ville dans un café bruyant, les serveuses nous parlent à peine. Tentative de demande d’infos dans les agences de tourisme, on nous répond sèchement que si on ne souhaite rien leur acheter ça ne les intéresse pas. Dans une autre agence, un gars passe du temps pour nous expliquer gentiment  : la fameuse &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;ruta 40&lt;/span&gt;, qui descend jusqu’au sud du pays en longeant la cordillère des Andes, est elle aussi fermée à cause de l’hiver, la neige, le gel. Si on souhaite se rendre au sud, il faudra obligatoirement faire un grand détour, et soit 40h de bus environ ! Hum, on verra demain. Un lendemain qui vient péniblement, à essayer de trouver le sommeil dans des lits étroits et durs… et séparés.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Jeudi 12 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La personne de l’accueil a changé, c’est maintenant un grand gars bien costaud, moustachu, dans un pur style bavarois (!), rugueux au premier abord, mais tout doux dans sa manière de s’exprimer, et les yeux qui scintillent. Il nous fait un prix sur les  chambres, passe des coups de fil pour nous aider à nous organiser. On est à un croisement de notre voyage, et il est temps de faire des choix, de calculer les jours qui nous restent, de tracer notre itinéraire, quitte à prendre des chemins imprévus. Et c’est le bavarois qui nous convînt : avant de descendre, nous ferons finalement une halte à l’est, sur la côte atlantique du pays. C’est la main sur le cœur et les larmes au bord des yeux qu’il nous parle des baleines qu’on peut aller voir à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Puerto Madryn&lt;/span&gt; : « &lt;span style="font-style: italic;"&gt;une des plus belles choses que j’ai vu, c’est la chance de votre vie, à cette saison vous pouvez voire des centaines de "Bachenas" depuis la plage !&lt;/span&gt; ». Je mets du temps avant de comprendre de quoi il parle… Alice m’aide à  tilter : il parle bien de "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;ballenas"&lt;/span&gt; (baleines). Ce con est très convaincant, on décide de partir le soir même.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L’après-midi, on emprunte un bus local qui longe le littoral sur 18 km vers le nord-ouest avant de nous laisser aux pieds du &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Cerro Campanario&lt;/span&gt;, en haut duquel on se laisse hisser par un télésiège. On est un peu loin de la station de ski et cette petite colline n’est absolument pas recouverte de neige. Il fait un soleil éclatant et dans les 12°C. Du sommet, on a une vue à 360° sur le parc national &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Nahuel Hapi&lt;/span&gt;, ses bras de lac aux reflets vifs, entrelacés à perte de vue, ses chaines de montagnes aux cimes enneigées comblant l’horizon. Époustouflant. On s’accorde un chocolat chaud dans la confiserie fièrement installée au sommet, offrant une vue panoramique sur ce paysage improbable.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On rentre à temps au &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Gaucho&lt;/span&gt; pour prendre une douche avant de s’enfiler les quelques 15h de bus qui nous séparent de la côte. Je n’aurai jamais vu l’océan pacifique et l’océan atlantique en si peu de temps.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dans le bus, on fait vite connaissance avec Isabelle, 32 ans, française (on reconnait facilement les français, c'est "l’effet Quechua"), instite à Barcelone. Elle a l’air cool, on lui propose de se louer une voiture à trois à notre arrivée à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Puerto Madryn&lt;/span&gt;, pour être libre d’aller voir les baleines et autres animaux où on veut et comme on l’entend : elle est tout de suite d’accord.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;15h de trajet, ça fait long, mais les sièges-lits sont larges et plutôt douillets dans ce bus à 2 étages. Grande classe, goûter (18h), dîner (22h) et petit-déjeuner (6h45) sont inclus dans le prix du trajet. Évidemment, c’est loin d’être bon. Mais l’intention est sympa. Une télé (juste au dessus de nos têtes) diffuse (bien trop fort) des films (de merde). La aussi l’intention est louable. Le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;stewart&lt;/span&gt;, très speed, me demande de rejoindre mon siège dès que je me lève, d’éteindre ma frontale dès que je l’allume, de relever mon dossier dès que je l’abaisse pour m’allonger. Mais il a une bonne tête. Bref tout va bien. Après 2h de route, barrage de police, check des passeports par des agents armés, et les chiens sont lâchés dans le véhicule ! Rien ne semble  suspect, si ce n’est un passager qui a le mauvais goût de porter des dreads et d’avoir l’air bien trop cool. Il cherche quand même. On le fait descendre, fouille de tous ses bagages… rien. Fausse alerte. Le bus repart dans la nuit, et on essaye de trouver le sommeil.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Vendredi 13 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On a réussi à dormir un peu. L’arrivée à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Puerto Madryn&lt;/span&gt;, 7h, du matin, n’en est pas moins pénible. Isabelle part à son hôtel pendant qu’on achète des billets de bus pour rejoindre la véritable &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Patagonie &lt;/span&gt;australe… départ le soir même à 19h, pour encore 18h de trajet non-stop jusqu’à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Rio Gallegos&lt;/span&gt;, où on ne sera plus qu’à 4h d’&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;El Calafate,&lt;/span&gt; prochaine étape sérieuse de notre aventure. On a donc la journée entière pour profiter de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Puerto Madryn&lt;/span&gt; et de la réserve faunique de la &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;péninsule Valdès&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On loue près de la plage une superbe Opel Corsa blanche, histoire de remuer le couteau dans la plaie… pardon, une Chevrolet Corsa, Opel ayant été racheté par Chevrolet dans cette partie du globe ! Et c’est parti. Bonheur de conduire soi-même, de ne pas être dépendant d’un chauffeur, d’un horaire fixe, d’un itinéraire tracé. On sort progressivement de la ville en suivant le port avant d’emprunter des petits chemins de terre aux abords de l’océan. Isabelle est définitivement sympa, on lui raconte le Chili, elle nous parle du nord de l’Argentine, ça papote dans l’habitacle. Soudain on  aperçoit des jets à la surface de l’eau, et puis on voit des formes sombres sortir avant de replonger… des baleines ! On sort en courant admirer les mammifères marins du haut d’une petite falaise. Il y en a plusieurs, et pas si loin que ça, une centaine de mètres tout au plus ! On reste des plombes en se disant que c’est trop beau.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quelques km plus tard, on a l’impression qu’il y en a encore davantage. On est à marée haute, au moment où les baleines sont le plus près du bord. Et effectivement, il y en a plus encore, surgissant par intermittence de l’eau à quelques 50 m du bord. Impressionnant.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On continue comme ça, à s’arrêter régulièrement, avec un nombre de mammifères marins toujours plus abondant, jusqu’à arriver au spot ultime, une grande plage, avec pas mal de monde… et on comprend pourquoi ces gens sont ici et pas ailleurs : tout ce qu’on a vu jusque là n’était rien, et on avait l’air bien ridicule à s’extasier devant trois queues qui plongent au loin ! C’est juste un truc de fou : des dizaines de baleines (d’environ 12m de long chacune) surgissant juste devant nous, à quelques mètres seulement de la plage, accompagnées d’un chuintement sourd. Il y en a partout, qui tournent sur elles-mêmes en battant des nageoires, se mettent sur le dos, sortent leur grosse tête (quelque chose de monstrueux quand même), plongent dans l’eau ou s’amusent à laisser leur queue dépasser. Le spectacle est vraiment addictif et on a beaucoup de mal à se décider à remonter dans la voiture, quelques heures plus tard !&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On paye ensuite le droit d’entrée de la réserve faunique, et on prend à peine le temps de s’engloutir un sandwich à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Puerto Piramide&lt;/span&gt;, payé en euros par manque de pesos, avant de repartir sur les routes en terre d'une vaste étendue plate et désertique à l'intérieur de la péninsule. On croise à peine quelques voitures, quelques troupeaux de moutons, de guanacos (plus petits et plus vifs que des lamas), de vaches, et on se gare de l’autre côté, à une petite centaine de km de l’entrée. On se balade le long d’une superbe plage à marée basse, et quelques éléphants de mer au loin (sorte de gros phoques longs de 5m) qui dorment comme des étrons sur la plage. Isabelle croise un tatou. Des centaines d'oiseaux ont élus domicile sur la grève. Il fait beau. Le temps nous épargne ces derniers jours, et ça fait un bien fou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On n’a pas le temps de s’éterniser, on repart vite en sens inverse sous peine de rater le bus. La traversée retour est encore plus déserte, on ne croise quasi rien ni personne sur la large route sableuse et caillouteuse. La vitesse est limitée à 60 km/h, je ne comprend pas et roule plutôt à 90 voire 100… jusqu’à la traversée subite de 2 guanacos que je suis à deux doigts d’emboutir… je comprends alors le danger et fais plus attention. Je me dis qu’à l’heure qu’il est, on a quand même bien évité les galères, qu’aucun gros tracas n’est venu assombrir le voyage, et j’avoue trouver ça assez louche. On rentre effectivement sans encombre, à l’heure pour rendre la voiture et attraper le bus suivant… vraiment très louche même.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On dit au revoir à Isabelle, avec qui on a passé une journée super sympa à bien tchatcher et à s’extasier comme des débiles devant des baleines. Quelques mètres plus loin, on entend parler en français… 2 filles à côté desquelles on se retrouve tout à l’avant du bus dans lequel on s’installe, à l’étage. On sympathise rapidement là aussi. Elodie est prof d’anglais en Guyane, et Fanny scénographe de musées à Lille. Ca rigole rapidement, et les discussions partent dans tous les sens. Le bus part, plein sud cette fois. Le "dîner" est un peu meilleur que la veille mais les sièges moins confortables : on est passé d’un bus cama (lit) à semi-cama, moins large et moins douillet. Je m’endors pourtant sans mal, et pas si tard.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Samedi 14 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La nuit a été un peu turbulente, entrecoupée par les multiples réveils pour trouver une position plus confortable que la précédente, sans trop y parvenir. Juste en dessous de nous, le chauffeur et son staff ont fait la tawa toute la nuit, avec de la musique disco à fond, des chants, des percussions sur la vitre… un peu casse-dodo, mais rigolo à écouter quand même. Le nouveau &lt;span style="font-style: italic;"&gt;stewart&lt;/span&gt; nous réveille à 8h en criant qu’il est l’heure du petit déjeuner. Sinon il ne pipe pas un mot et exécute ses tâches sans sourire. Alice n’a pas trop bien dormi et commence à être enrhumée. Mais ça va, on n’est pas si mal. Le soleil se lève sur les terres désertiques de la &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Patagonie&lt;/span&gt;, et on voit dérouler sous nos pieds la route asphaltée, posée droite au milieu de steppes. Pas de neige en vue, peu d’animaux, seulement une étendue plate et aride à perte de vue. On sait qu’on est au sud, très au sud. La conscience d’être plus au sud qu’on ne l’a jamais été dans sa vie à chaque seconde qui passe est particulièrement grisante. Aucune musique ne va mieux avec ce qu’on est en train de vivre qu’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.youtube.com/watch?v=MHVGrxwcIag"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Off He Goes&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pearl Jam&lt;/span&gt;, les yeux perdus au loin, le bus grignotant chaque instant un peu de la distance nous séparant du bout du monde.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Arrivée à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Rio Gallegos&lt;/span&gt;. On achète tout de suite des tickets pour le prochain bus en direction d’&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;El Calafate&lt;/span&gt;, plus à l’Ouest, en remontant un peu au nord vers les montagnes andines. On part à 14h, arrivée 18h30, après deux contrôles de flics.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Samedi 14 août&lt;/span&gt; - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;El Calafate&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31148985-8820298675775607372?l=ericde.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ericde.blogspot.com/feeds/8820298675775607372/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31148985&amp;postID=8820298675775607372' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/8820298675775607372'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/8820298675775607372'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ericde.blogspot.com/2010/08/premiers-pas-milliers-de-km-en.html' title='Premiers pas (milliers de km) en Argentine'/><author><name>ericde</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07232488413902604705</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://photos1.blogger.com/blogger/5227/3356/1600/DEad.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31148985.post-6162128769877409919</id><published>2010-08-12T02:53:00.004+02:00</published><updated>2010-08-12T03:21:50.727+02:00</updated><title type='text'>Chiloé, archipel de légendes</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Mercredi 11 août&lt;/span&gt; – &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Bariloche (Argentine)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;C'est d'Argentine que je poste ce récit des quelques quatre derniers jours. Des journées particulièrement riches, entre la tranquillité empreinte de légendes de l"île Chiloé, la rencontre avec Che Guevarra, les lacs perdus aux confins de la cordillère des Andes, les beaux moments humains partagés, à cheval ou autour d'un verre... étonnement, c'est déjà avec beaucoup de nostalgie que je revis ces instants à l'écrit, alors que l'arrivée dans la grande ville d'Argentine  qu'est Bariloche nous est quelque peu pénible et que la magie de ces jours hors du temps semble déjà s'estomper...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Samedi 7 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;A &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Pargua&lt;/span&gt;, le bus monte dans un ferry qui le transporte rapidement de l’autre côté, à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Chacao&lt;/span&gt;. Sur l’île, les paysages sont morcelés et sauvages, avec de nombreux lacs ou fronts de mer, on se sait pas trop. Terminal de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Castro&lt;/span&gt;, petite capitale et point central de l’île. A l’&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;hospedaje Cordillera,&lt;/span&gt; la dueña nous accueille avec un sourire d’une chaleur rare, et on n’hésite pas longtemps avant de s’installer dans une jolie petite piaule pas chère (entendons-nous, pour le Chili) avec vue sur la mer.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On a l’après-midi pour découvrir la ville. Globalement très mignonne avec ses petites maisons aux façades peintes en bois et aux toits et murs en taule découpée, dans la lignée de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Puerto Varas&lt;/span&gt;. Il fait gris mais ne pleut (presque) pas, et le soleil fait de belles apparitions, teintant chaleureusement la ville de ses rayons déclinant. La plaza des armas abrite une grande église en bois classée au patrimoine mondial de l’Unesco, à l’instar de 15 autres églises de l’archipel. Car &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Chiloé &lt;/span&gt;n’est pas qu’une île, mais une multitude de petites îles entourant un grand îlot central.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Une légende explique cette géographie : autrefois l’île n’était constituée que d’un unique bloc compact. Le serpent &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ten-ten Vilú&lt;/span&gt;, régnant sur la terre et les créatures terrestres, se serait livré à un combat contre le serpent &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Coi-Coi Vilú&lt;/span&gt;, régnant sur la mer et les créatures marines, chacun d’eux faisant monter tour à tour et respectivement le niveau des mers et de la terre. Le serpent &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Coi-coi Vilú&lt;/span&gt; aurait pris le dessus, ce qui explique pourquoi l’eau serait montée d’un cran, ensevelissant une partie de l’île et ne laissant que quelques montagnes côtières émerger, formant les nombreuses petites îles autour.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Chiloé &lt;/span&gt;est un lieu pétri d’histoires comme celle-ci. Les anciens de l’île transmettent depuis des siècles contes et légendes, et &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Chiloé &lt;/span&gt;s’est créé avec le temps une mythologie propre, regorgeant de personnages magiques "classiques" (sorcières, sirènes...) mais aussi de créatures intrinsèquement liées à l’île. El &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Trauco &lt;/span&gt;par exemple, gnome répugnant s’accouplant aux jeunes vierges à travers des rêves impurs, expliquant les enfants hors-mariage. Mais aussi la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pincoya&lt;/span&gt;, belle femme nue dansant sur les plages et dictant la fertilité des eaux et l’abondance du poisson et des coquillages. Ou encore la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Fiura&lt;/span&gt;, petite sorcière à  l’insatiable appétit sexuel vivant dans la forêt et dont le souffle provoque la sciatique. Il y a aussi le mythe du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Caleuche&lt;/span&gt;, bateau pirate fantôme piloté par des brujos (sorciers) et pouvant se déplacer sous le niveau de l’eau, provoquant des naufrages de bateaux de pêcheurs. Et beaucoup d’autres. On ne peut ignorer cette mythologie qui transparait par touches un peu partout, notamment dans les créations artisanales et les livres bien sûr. J’en achète deux pour me familiariser avec ces fascinantes légendes.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mais revenons à la ville. Tout le centre est érigé sur une grande butte dominant l’océan, donnant sur quelques îles au loin, et laissant deviner les côtes chiliennes à l’horizon. A marée haute, l’eau vient lécher les fondations de bois des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Palafitos&lt;/span&gt;, maisons sur pilotis construites aux abords de l’eau, le long de bras de mer s’engouffrant dans la ville. Eux aussi sont classés au patrimoine de l’Unesco. Ca sent l’iode, les algues, les mouettes, et des bateaux de pêche sont amarrés un peu partout, voir échoués à même la grève à marée basse.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Un ami de Nico l’Ardéchois nous aide à organiser une &lt;span style="font-style: italic;"&gt;cavagata&lt;/span&gt; (ballade  à cheval) pour lundi. En attendant on flâne, on profite de l’air marin et du relatif calme de la ville. Relatif, car malgré le peu de touristes, il y a quand même beaucoup de vie, beaucoup de magasins ouverts tard, une ambiance qui brasse à la nuit tombante. Comme dans les autres villes qu’on a traversé, les enfants sont un peu les rois, et une boutique sur deux leur est dédiée : fringues, jouets… Les pharmacies sont ouvertes 24/24, comme certaines banques. D’ailleurs il n’est pas rare de trouver des distributeurs de pognon dans les pharmacies, qui diffusent aussi souvent de la musique dansante un peu fort. En gros, si les boîtes sont fermées, tu peux toujours aller teufer dans une bonne pharmacie ! Pour revenir au pognon, le Chili est quand même ultra cher, surtout si on ose comparer les prix avec la Bolivie. Tout est finalement à peu près au même prix qu’en France, on est donc obligé de faire un peu plus attention à nos dépenses (en France, on ne dort pas à l’hôtel tous les jours !).&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Au &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Café Ristretto&lt;/span&gt;, on découvre un mot de remerciement écrit la veille par Audrey et Mathieu du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Café du bout du monde&lt;/span&gt; à Lyon. Quelqu’un les connait ? C’est vrai qu’un bon expresso, ça change du Nescafé qu’on nous sert systématiquement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimanche 8 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On prend un peu le temps de se lever, se doucher, et se faire servir un copieux petit déjeuner par la dueña de l’hôtel (toujours aussi souriante et pleine d’allant), en regardant l’émission « &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les maçons du cœur&lt;/span&gt; », diffusée à la télé de la salle à manger. Sordide.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Un microbus local nous conduit jusqu’à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Achao&lt;/span&gt;, pittoresque village sur une autre île qu’on rejoint une fois de plus à l’aide d’un ferry. Le soleil perce encore par moment entre deux pluies fines. On se balade le long du port et de la mer. Des vieux pêcheurs accrochent leurs barques à des conglomérats de polystyrène (??), des femmes étendent leur linge, le soleil se reflète sur l’eau, on se laisse bercer par le feulement des vagues, la brise marine, la quiétude de ce petit village qui nous semble si loin de tout. Sur la place, une autre jolie église en bois classée. Une messe y est donnée (on est dimanche), on entre discrètement… elle est très belle à l’intérieure, très lumineuse, toute de bois recouverte… et blindée de monde qui prie, on se casse.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On prend un autre bus pour rejoindre &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dalcahué&lt;/span&gt;, autre village « sur les terres », de l’autre côté de la traversé en ferry. Une foire artisanale s’y tient le dimanche. Le port est magnifique, avec des pêcheurs sont en train d’écailler le contenu de leurs filets et le de le vendre directement aux passants, sans sortir de leur bateau. Des bateaux sont de toutes les couleurs, ravivées par un soleil qui fait à nouveau une belle percée. Les rues sont un peu en ébullition, toutes sorte d’artisanats sont proposés, mais aussi des liqueurs de coin (un peu risquées) et des ponchos en laine de mouton (un peu rêches). La liqueur la plus connue est la « &lt;span style="font-style: italic;"&gt;licor de oro &lt;/span&gt;», est obtenue en mélangeant du lait, de l’alcool, du sucre, des clous de girofle, des citrons, du safran, des amandes amères, des gousses de vanille et une pincée de cannelle !&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;A notre retour à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Castro&lt;/span&gt;, on se sent véritablement détendu, comme happés par la sérénité que dégagent les environs. Je me plonge à nouveau dans les légendes du coin. Mais on va quand même s’enfiler un bon vieux menu « hamburger frites coca » dans un café resto blindé du centre ville, histoire de pas trop se laisser dériver non plus.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La nuit tombe rapidement sur &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Castro&lt;/span&gt;, on va faire des emplettes au supermarché et on se prépare un bon casse-croûte pour le lendemain, avant se sombrer dans des rêves tripés, dans lesquels j’organise des concerts pour des êtres étranges dans des îles fantômes…&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Lundi 9 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le réveil sonne à 6h45. Même pas mal. Ou peu. On se lève aussi vite que possible et on dégringole la colline jusqu’au &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Palafito hostel&lt;/span&gt;, où on a RV avec le fameux Wilki, dont Nico l’Ardéchois nous a parlé et qui semble haut en couleur. Dès son arrivée, on comprend : Wilki, c’est Che Guevara ! Son portrait craché. On va passer la journée à cheval avec le Che. Cool. Il nous invite à monter dans son pick-up pour rejoindre &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Cucao&lt;/span&gt;, à 1 heure de route de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Castro&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dans l’habitacle, ça se met vite à parler de pleins de trucs, ça fuse, ça parle musique, mode de vie, politique et nature… Wilki est un gars passionné et passionnant, qui s’occupe d’environ 25 chevaux dans les environs de Castro et qui donne des cours de théâtre et est diseur de contes dans des écoles du coin. C’est un dingue d’histoires et il a à cœur de perpétuer la tradition des anciens de transmission orale des légendes liées à Chiloé. Il nous en raconte quelques unes, comme celle du Cachafaz qui permet à celui qui n’a aucun don pour la musique de maitriser un instrument en suivant un rituel magique faisant apparaitre dans l’obscurité le Cahafaz, qui transmet le savoir musical. Il nous parle de groupes de rock d’Amérique latine à découvrir. Il est par ailleurs fan de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Mike Patton&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Mr Bungle&lt;/span&gt; ! Bref, le courant passe.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je lui demande de nous donner ses sentiments sur la politique actuelle du pays, lui demandant s’il n’est pas triste que la droite soit repassée au pouvoir après 20 ans à gauche (qui suivait 16 ans de dictature avec Pinochet, de 1973 à 1989). Il me répond qu’il préfère ne pas en parler, que ça lui donne envie de pleurer, mais admet ne pas avoir été convaincu par le dernier gouvernement de gauche : « &lt;span style="font-style: italic;"&gt;des intellectuels exilés en Europe pendant la dictature et souhaitant transformer le Chili en pays européen, en axant tout sur l’économie, sans prise en compte des individus, de notre histoire, de nos différences&lt;/span&gt; », il n’a donc pas voté pour la première fois de sa vie. Selon lui, Piñera, le nouveau président, sait gérer une entreprise et faire de l’argent (il l’a prouvé en devenant l’une des fortunes du pays), mais n’a aucune expérience dans la gestion politique et la direction d’une nation. Pour autant, Wilki pense que cette élection est une bonne chose, espérant qu’elle générera un électrochoc dans une classe politique de gauche trop sûre d’elle et un peu endormie sur ses 20 ans de pouvoir, où il y a eu ponctuellement de bonnes choses comme la présidence de Michèle Bachelet (au pouvoir de 2006 à 2009) à qui il porte un grand respect. Je lui explique la situation française qui est un peu comparable, avec une gauche pas convaincante et manquant cruellement de leader crédible face à une droite s’amusant en attendant à grignoter progressivement les droits sociaux acquis à la force d’années de luttes. Il me demande comment va Carla Bruni. Encore elle.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Toutes ces discussions n’ont pas lieu que dans la voiture bien sûr, on passe en fait toute la journée à échanger, suggérer, s’interroger l’un l’autre. Je traduis à Alice quand elle ne comprend pas, mais elle comprend globalement assez bien, même si elle a du mal à parler par elle-même.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La Cavalgata en elle-même est super agréable, malgré un temps très nuageux, voire un tantinet pluvieux. On enfourche nos montures à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Cucao&lt;/span&gt;, de petits chevaux bien robustes avec des selles bien confortables, constituées d’une épaisse laine de mouton. Le cheval d’Alice est un peu pénible mais elle le mate, excellente cavalière qu’elle est. C’est moins mon cas, mais mon cheval est cool (un punk à crête) et je suis à l’aise. Après mon expérience de cavalier mongole, plus rien ne peut m’atteindre. On sort lentement du village bordant le lac &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Cucao&lt;/span&gt;, puis on traverse une prairie sablonneuse avant de débarquer sur l’immense plage, face à l’océan pacifique. Cette fois on est sur la côte ouest de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Chiloé&lt;/span&gt;, c’est le vrai océan, avec l’Australie tout au bout. La marée est montante, le vent souffle fort et les vagues sont assez hautes. Wilki nous explique qu’il est interdit de se baigner ici, même en été, trop dangereux. On longe l’océan pendant un bon moment vers le nord, sur le sable ou sur des dunes un peu touffues donnant des points de vue sur la plage, mais aussi sur les montagnes boisées (cyprès et végétation sauvage) du grand parc national Chiloé à notre droite. Wilki se lamente de la déforestation dont ce dernier est la victime, notamment dû à l’installation de grandes lignes électriques sillonnant une nature jusqu’alors épargnée par l’empreinte de l’homme. Il se rappelle que lorsqu’il était  enfant, cette partie de l’île n’était accessible qu’en bateau en traversant les lacs adjacents, ou à cheval. Une route en terre a été construite il y a 30 ans, et cela fait seulement 2 ans qu’elle est recouverte d’asphalte.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On met la nostalgie de côté, et on part au galop sur les dunes de sable. Sentiment grisant de liberté. La marée continue à monter par vagues successives. On arrive ainsi au bout de la plage, face à une petite montagne qui avance sur la mer. Le niveau est monté et on doit traverser l’eau pour rejoindre l’autre bord et grimper sur la montagne. Mais plus on avance dans la mer, plus on s’enfonce, et les vagues qui déferlent font peur aux chevaux. Wilki se retrouve les pieds dans l’eau, on ne voit plus les pattes de son  cheval… il nous dit qu’on peut passer sans problème… avec de l’eau jusqu’au dessus des genoux ! On décide donc de faire marche arrière et on se trouve un petit coin tranquille entre montagne et dunes, protégés du vent par quelques arbres. On partage notre casse-croûte avec Wilki qui a oublié sa bouffe en partant un peu vite. Il nous raconte encore son adolescence sous Pinochet, l’esprit de révolte qui émanait alors de la jeunesse, les grands espoirs suscités par les élections démocratiques de 89. Il avait alors 17 ans. Il nous raconte un peu sa vie, nous parle de sa femme et sa fille, son projet de construire une maison « écologique », ses voyages et là où il a vécu : Bolivie, Pérou, Tierra del fuego… originaire de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Chiloé&lt;/span&gt;, il a beaucoup voyagé sur le continent et fait pas mal de métiers. Je lui raconte un peu Lyon, et mes voyages à moi. Il trouve que l’un des seuls immenses avantages qu’offre la mondialisation est la possibilité de voyager, d’aller se balader de part le monde et partager ses expériences, comme on est en train de le faire. Wilki, c’est une belle rencontre.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le retour est un peu long et pénible, avec la grisaille qui n’en finit pas et un vent qui s’immisce partout et nous frigorifie. Et puis à force, le dada, on a beau pérorer et faire le cavalier fier sur sa selle, ça fait mal au cul. Mais cette journée en compagnie de Wilki, seuls à cheval sur une plage paumée dans une ambiance de bout du monde, aura été d’une incommensurable richesse. Le Che nous raccompagne jusqu’à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Castro &lt;/span&gt;dans son vieux pick-up, dont la vitre gauche un peu bringuebalante à l’aller cède carrément sur le retour. Il nous dépose au terminal de bus après mains remerciements, promesses de se recontacter, de s’envoyer par mail des noms de groupes à écouter.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Le bus s’éloigne de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Castro&lt;/span&gt;, passe par &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Ancud&lt;/span&gt;, puis se laisse transporter par le ferry l’éloignant de cette archipel envoutant qu’est &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Chiloé&lt;/span&gt;, qui donne vraiment un goût de reviens-y. On sonne à la &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;casa Margouya&lt;/span&gt; de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Puerto Varas&lt;/span&gt; à 22h30. Marie nous ouvre avec un grand sourire (et quelques cernes laissés par l’énorme teuf la veille), on est de retour dans nos quartiers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Mardi 10 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le réveil sonne (encore une fois) un peu tôt. C’est aujourd’hui qu’on se fait la traversée du &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;lac Todos Los Santos&lt;/span&gt;. On a décidé d’attendre avant de s’y jeter, parce que ça ne vaut vraiment le coup que s’il fait beau temps, parait-il. Et c’est couvert.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On monte quand même dans le premier bus à destination de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Petrohué&lt;/span&gt;, un poil après les cascades du même nom. Le village n’est quasiment composé que d’un hôtel 5 étoiles et d’un embarcadère. On prend place dans un grand catamaran de tourisme à 2 étages. On est seuls à l’intérieur. Avant l’arrivée de 4 bus bondés de personnes du troisième âge, de familles bourgeoises et de lycéens de sortie. L’embarcation est prise d’assauts et le calme laisse la place à brouhaha et bousculades.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les nuages matinaux se sont fait la malle, et le soleil entame sa montée dans un ciel totalement dégagé. On voit parfaitement le &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;volcan Osorno&lt;/span&gt;, qui culmine juste au dessus du lac du haut de ses 2660 mètres enneigés. Toutes les montagnes exhibent leurs versants bien verts, d’où surgissent quelques cascades, et leurs cimes bien blanches. L’eau est bleue verte et calme et miroitante. Le bateau commence la traversée. Un guide prend le micro et donne des détails (en espagnol et en anglais) sur le lac, son histoires, ses volcans, sa vie, son œuvre. On passe devant une île appartenant aux propriétaires de la compagnie, le gars nous présente leur maison, leur terrain, leur cimetière. A côté de ces informations inutiles, le spectacle est juste fascinant. Le lac, immense, est dominé par la cordillère des Andes, et gardé par 4 volcans, le dernier, &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;El Tronado&lt;/span&gt;r (3491m) ayant un versant chilien et l’autre argentin. Des lycéennes chiliennes (« qui me kiffent grave », dirait Raph) insistent pour être prises en photo avec nous.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Au bout de 2 heures de traversée, le catamaran s’arrime au port de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Puella&lt;/span&gt;. Tous les passagers courent s’assoir dans un car qui les transporte jusqu’au village… 800 m plus loin. Soudain, ce petit bled charmant, paumé entre lacs et montagne, se transforme en parc d’attraction touristique : canopée, balades à cheval, restaurants chers… On essaye autant que possible de sortir de la meute, en marchant le long du sentier. Un gardien du &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;parc national Vicente Pérez Rosales&lt;/span&gt; dans lequel on se trouve nous donne des infos sur les sentiers à parcourir, et nous conseille d’aller frapper à la porte d’une petite maison jaune, à deux pas, si on veut manger un menu pas cher en dehors du vacarme ambiant. On s’exécute. Une petite dame un peu âgée nous ouvre, l’air interrogateur. Je prends la parole : « n&lt;span style="font-style: italic;"&gt;ous sommes deux français et…&lt;/span&gt; » « &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ah, vous venez de la part d’Angelica ! Entrez, vous êtes les bienvenus, je vais vous préparer à manger !&lt;/span&gt; ». Euh… ok, on s’assoit à une table. Dans la petite pièce, l’équipage du bateau est déjà en train de déjeuner. On nous sert une bonne soupe de lentille, une salade de tomate, du bœuf, du riz, une salade de fruit, un café… le top. On ne paye quasi rien et la dueña nous inonde de sourires. En partant, elle nous rappelle de faire plein de bisous à Angelica de sa part : qui qu’elle soit, on la remercie bien !&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Petite balade jusqu’à une cascade, avant de grimper un peu sur la montagne pour avoir une vue sur le lac, un peu à l’écart de la fourmilière. Alice est super contente de monter encore un sentier bien pentu, mais très peu de temps par contre. Il fait vraiment beau, on se sent bien, perdus entre les montagnes dans cet écrin ensoleillé avec vue sur un lac splendide, je me retrouve en T-shirt pour la première fois du voyage.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Le retour est ultra reposant, le catamaran traverse à nouveau les paysages de rêve avec un soleil un peu plus bas, éclairant différemment lac, sommets et cascades. Alice s’endort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On arrive à temps à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Petrohué &lt;/span&gt;pour monter dans le dernier bus en direction de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Puerto Varas&lt;/span&gt;. &lt;a href="http://www.youtube.com/watch?v=BKN6lIo1j5g"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Cuando Te Conoci"&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; d’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Andrés Calamaro&lt;/span&gt; résonne dans les hauts-parleurs alors que le soleil rougeoyant se couche derrière le &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;lac Llanquihue&lt;/span&gt;. A destination, on s’installe au &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Tronko’s &lt;/span&gt;autour de bonnes bières artisanales et d’une grande paella espagnole. On raconte &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Chiloé &lt;/span&gt;à Nico, Marie et Riche, qui sont contents qu’on aie rencontré leur pote Wilki, et qui nous font nous rendre compte de la chance qu’on a de voyager à un moment si paisible, avec si peu de touristes, et de pouvoir profiter d’une plage de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Chiloé &lt;/span&gt;pour nous tout seuls par exemple. Ils nous conseillent aussi pour la suite, et sont plutôt encourageants. On se fait servir un bon &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pisco &lt;/span&gt;(alcool local à base d’alcool, de jus de limon, de sucre et de blanc d’œuf), et la soirée prend fin à l’auberge, où on discute encore un moment avec Marie et une autre française qui vit ici, dans une ambiance détendue. Marie nous offre des pignons géants à faire bouillir (provenant d’un arbre du coin) et quelques piments. On se sent à la maison.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Mercredi 11 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Encore ce satané réveil. On attend avec impatience la prochaine grasse mat. Surtout Alice avec sa légendaire bonne humeur du matin. On se prépare un petit déj avec les denrées qui nous restent, puis taxi jusqu’au terminal de bus. Toute la presse locale fait la une sur une nana de Puerto Varas recherchée depuis 42 jours (on a vu des affiches un peu partout depuis notre arrivée) et dont le corps a été retrouvé sans vie dans sa propre maison la veille, alors que son mari disait l’avoir vu sortir, et que les policiers enquêtaient depuis des semaines. Le mari devient le suspect n°1 de l’affaire. Bien sûr, je m’achète la presse et me passionne pour le dossier de 6 pages sur cette mystérieuse histoire, fait rare dans un bled aussi petit que &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Puerto Varas&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Le bus part. Dans quelques heures, nous seront en Argentine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Mercredi 11 août&lt;/span&gt; – &lt;span style="font-style: italic;"&gt;entre Puero Varas (Chili) et Bariloche (Argentine)&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31148985-6162128769877409919?l=ericde.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ericde.blogspot.com/feeds/6162128769877409919/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31148985&amp;postID=6162128769877409919' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/6162128769877409919'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/6162128769877409919'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ericde.blogspot.com/2010/08/chiloe-un-archipel-de-legendes.html' title='Chiloé, archipel de légendes'/><author><name>ericde</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07232488413902604705</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://photos1.blogger.com/blogger/5227/3356/1600/DEad.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31148985.post-1194763888254480378</id><published>2010-08-08T01:51:00.004+02:00</published><updated>2010-08-08T03:03:02.211+02:00</updated><title type='text'>Puerto Varas, à la croisée des tranquilles</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Samedi 7 août&lt;/span&gt; - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Castro&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-style: italic;"&gt;Avant d’avancer plus avant, encore une petite anecdote inquiétante vécue à Pucón, omise dans le précédent récit : le dernier soir, alors que nous rentrons à l’auberge, une voiture de la Policia est stationnée juste devant, gyrophares allumés. Deux agents en costume kaki se tiennent droits comme des i dehors, juste à côté de la porte d’entrée extérieure de notre chambre. Ils ne répondent pas à notre salut embarrassé. Quelques minutes passent dans la chambre. Je me risque à jeter un œil à l’accueil : trois personnes inconnues, civiles, qui semblent agacées de ma présence, me disent d’avancer plus loin. Alexis n’est pas là. Le feu est presque éteint, il fait sombre. L’un des hommes ouvre les placards de la pièce et scrute les étagères avec une lampe de poche. Je m’enfui à nouveau jusqu’à la chambre, sous l’œil torve du policier, dehors. J’y retourne 15 minutes plus tard : la voiture n’est plus là, ni les trois inconnus, et Alexis, derrière son comptoir, arbore son plus beau sourire de surfeur. Je lui demande ce qui s’est passé : « nada, nada ! », souriant. Je n’y avais plus repensé depuis, mais ça ne vous parait pas étrange, à vous ?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Mais revenons à nos moutons, plus au sud, du côté de la jolie Puerto Varas… &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Jeudi 5 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Puerto Varas&lt;/span&gt;. Dès notre arrivé, on est frappé par les nombreuses maisonnettes (d’architecture allemande, on l’apprendra par la suite) dont les façades joliment peintes sont constituées de multiples petites lattes de bois juxtaposées (un peu comme des tuiles), avec des toits en ardoise bien typiques. On se croirait un peu en Finlande. Les quelques rues qui constituent le centre ville sont agglutinées à proximité d’une grande baie portuaire, porte d’entrée de l’immense &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;lac Llanquihue&lt;/span&gt; dont on ne distingue que les contours les plus proches avant de les perdre dans la brume. Une atmosphère de quiétude se dégage de ce qui semble être un sympathique village de pêcheurs, et on y ressent une forme d’authenticité qui faisait un peu défaut à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Pucón&lt;/span&gt;. Le temps, lui, est plutôt au gris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;casa Margouya&lt;/span&gt;, petite auberge bien bab’ au 1er étage d’un bâtiment jouxtant le lac, Marie nous accueille chaleureusement. C’est une jeune française sympa qui gère le lieu avec son copain chilien Richie, pendant que Nico, l’ardéchois à l’origine du truc, s’occupe d’un pub à bières qu’il a ouvert la rue d’à côté. Pas cher et roots, avec une super petite cuisine équipée et une pièce centrale super agréable avec des tentures multicolores, une table, de la musique, un chien qui dort sur un fauteuil. Quand on explique à Marie qu’on compte descendre jusqu’à la terre de feu, elle fait une espèce de grimace que j’ai déjà vu… sur tous les visages des gens à qui on a parlé de notre itinéraire ! Rassurant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petite promenade sur une petite colline boisée dominant la ville et le lac. L’activité accrobranche y est possible… l’été. Des zizis de taille clairement exagérés sont griffonnés à la hâte sur des panneaux de signalétique en bois. Ça, c’est comme le Coca Cola, yen a vraiment partout, signature universelle d’une race humaine masculine définitivement portée sur son attribut de naissance. La redescente vers le centre nous permet de croiser encore de nombreuses maisons top classes, dont les toits sont irisés par une belle éclaircie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petite soirée cool à l’auberge, de lecture, de discussions, d’Internet et de quelques fruits.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Vendredi 6 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il a plu toute la nuit, mais le ciel semble un peu plus clément ce matin là. On se prépare un festin au petit déj à base de victuailles achetées la veille dans un supermarché : salade de fruits frais, yaourts, café, œufs brouillés au fromage, jus d’orange pressé… avant de se diriger vers la rue d’où partent les micro-bus en vers les alentours. Direction les fameux &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Saltos de Petrohue&lt;/span&gt;, sur une rivière idéale pour faire du rafting… l’été. Le spot, à 1h30 de route, vaut vraiment le coup d’œil : de magnifiques cascades coulant puissamment le long d’étroites gorges et se déversant dans des cuvettes d’eau bleu turquoise.  On peut admirer ce paysage spectaculaire depuis des petites passerelles construites juste au dessus. Et on ne s’en prive pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On reprend un bus jusqu’au départ du sentier « le solitario » sensé courir sur 6 km en contrebas du &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;volcan Osorno&lt;/span&gt;, et traversant différents types de paysages. On commence par 2 km environ de forêt, le chemin monte un peu mais pas trop, plutôt agréable. Et soudain on se retrouve à l’air libre, plus de sentier, plus rien. De larges travées de sable noir et de roches volcaniques sillonnent un paysage aride essentiellement composé de grosses pierres recouvertes de mousse vert clair. On se décide à suivre une travée noire qui semble grimper vers le volcan… jusqu’à ce qu’elle rejoigne une autre travée et que le paysage nous semble suffisamment hostile et sujet à se perdre pour rebrousser chemin, en suivant nos traces de pas dans le terrain sablonneux noir pour être sûr de retrouver le sentier en sens inverse !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le bus retour pour &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Puerto Varas&lt;/span&gt;, il se met à pleuvoir dru dehors. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Abba &lt;/span&gt;se met à résonner dans les enceintes du véhicule. L’averse passe, un rayon de soleil irise le lac et un arc-en ciel apparait. Comme par hasard. Merci Abba.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En ville, on essaye de voir les possibilités dans le coin et de prévoir la suite. Plein de trucs à faire, mais la météo des jours à venir  ne semble pas s‘y prêter, on décide donc de partir passer quelques jours sur l’&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;île de Chiloé&lt;/span&gt; (un peu au sud, sur l’océan pacifique) avant de revenir dans le coin profiter des lacs et des sommets volcaniques, dont on n’a pu pour l’instant que deviner la présence derrière un épais plafond nuageux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous les chiliens que nous rencontrons ici, de l’office de tourisme aux agences de voyages en passant par les serveurs de cafés et les passants, passent beaucoup de temps à nous aider avec une gentillesse rare, essayant de répondre à chaque question avec précision, nous écrivant toutes les infos sur des feuilles de papier, nous recommandant des amis à contacter à différents endroit. Dans la rue, les voitures s’arrêtent pour nous laisser passer aux clous et les conducteurs nous font un signe de la main avec un grand sourire. Dans les bus, tout le monde se salue chaleureusement et les chauffeurs font des crochets de plusieurs centaines de mètres dans des petites rues en terre pour déposer des usagers juste devant chez eux. N’importe qui peut monter et descendre n’importe quand. La vie s’écoule paisiblement ici, et on sent une belle humanité, des gens qui prennent soin les uns des autres. Une jolie leçon de vie. Seul étrangeté, commune avec les boliviens : ils mangent tous des glaces à longueur de journée, en plein hiver. Pourquoi pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;casa Margouya&lt;/span&gt;, Marie et Richie ont la belle vie (pardon, pas pu m’empêcher... ah non merde c'était Ricky). Ils se préparent du bon boudin poêlé dont le fumet nous donne l’eau à la bouche. On mange finalement des filets de saumon trop cuits baignant dans une sauce trop grasse à base de crème, d’huile et de fromage ! On finit par une bonne bière artisanale au Tronkos, le pub de Nico l’Ardéchois, chevelu, barbu, LE gars cool des magazines, qui a tout lâché il y a 10 ans pour venir accueillir le monde dans ce havre de paix et lui faire goûter sa bière. Une bière exceptionnelle par ailleurs, à la belle amertume teintée de miel. On rentre dans une auberge vide, tout le monde est sorti faire la fête (il faut dire qu’on est les seuls hôtes du moment !). On se sent un peu comme chez nous ici.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Samedi 7 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le bus pour &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Chiloé &lt;/span&gt;part à 9h15 de l’autre bout de la ville, on est à l’heure. Il fait assez beau, mais des nuages menacent encore. Le temps est très changeant dans cette région des lacs. Le bus s’enfonce vite dans une brume compacte, avant de ressurgir en plein soleil puis de se prendre une nouvelle radée ! Les merveilles de la technologie nous permettent d’écouter sur l’iPod le dernier album d’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Arcade Fire&lt;/span&gt;, &lt;a href="http://www.youtube.com/watch?v=XAitZuh4ueg"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"The Suburbs"&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, sorti il y a à peine quelques jours. Un ferry fait traverser au bus le détroit pour atteindre l’île de Chiloé. Le paysage y est assez magique, beaucoup de plus petites îles accrochées, de brume, d’où surgissent de petites maisons espacées et quelques troupeaux. On se laisse bercer par &lt;a href="http://www.youtube.com/watch?v=AS37ZSYOwTA"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Harrowdown Hill"&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Thom Yorke&lt;/span&gt; ou &lt;a href="http://www.youtube.com/watch?v=2S9FE-BwGIs"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Weeping Willow"&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sebastien Schuller&lt;/span&gt;, qui collent parfaitement avec le paysage.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Samedi 7 août&lt;/span&gt; - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Entre Puerto Varas et Castro (île de Chiloé)&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31148985-1194763888254480378?l=ericde.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ericde.blogspot.com/feeds/1194763888254480378/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31148985&amp;postID=1194763888254480378' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/1194763888254480378'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/1194763888254480378'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ericde.blogspot.com/2010/08/samedi-7-aout-castro-avant-davancer.html' title='Puerto Varas, à la croisée des tranquilles'/><author><name>ericde</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07232488413902604705</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://photos1.blogger.com/blogger/5227/3356/1600/DEad.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31148985.post-284499480621202728</id><published>2010-08-06T02:18:00.005+02:00</published><updated>2010-08-06T02:23:21.279+02:00</updated><title type='text'>Bienvenue à Twin Peaks...</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Jeudi 5 août&lt;/span&gt; – &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Puerto Varas&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;J’écris ces lignes d’une auberge ouaouach à la française (Tryo et Manu Chao dans les esgourdes… et pourtant on s’y sent bien !) de Puerto Varas, dans la région des lacs, au nord de la Patagonie… mais globalement très au sud quand même. On est à environ 800 km de Santiago, et on continue à s’enfoncer dans l’hiver la tête haute, sans douter de rien, le cerveau déconnecté pour mieux servir la juste cause, le digne objectif : aller au bout du monde. Mais on y va par étape, hein. Et voici la première, à l’ombre du volcan Villarrica…&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;PS : les premières photos sont uploadées &lt;/span&gt;&lt;a style="font-style: italic;" href="http://www.facebook.com/album.php?aid=194420&amp;amp;id=709050807&amp;amp;ref=mf"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;ICI&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Lundi 2 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Toujours dans le bus, direction &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Pucón&lt;/span&gt;. 11h de bus, ça fait long, une journée entière. Juste derrière nous, une voix à la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Gollum &lt;/span&gt;du seigneur des anneaux (très rauque et sifflante, à peine perceptible) nous fait régulièrement frémir. Le plus flippant est la révélation finale, on sortir du bus : elle provenait d’un jeune dans les 25 ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arrivée de nuit dans une gare routière quasi désaffectée. &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Pucón &lt;/span&gt;est une petite ville très touristique en été, prisée pour ses multiples activités sportives (canyoning, rafting, alpinisme, kayak,...), entourée de grands lacs, de jolis parcs nationaux et de 3 volcans, dont le Villarrica, toujours en activité, qui menace de se réveiller à chaque instant (dernier réveil en 1971). Plutôt que de stresser, les habitants ont plutôt fait construire de nombreuses stations thermales pour profiter de cette chaleur venant des profondeurs. Le guide est encourageant : « si vous entendez la sirène annonçant une éruption, fuyez ! ». Peinard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Taxi. La ville est désespérément calme. Le chauffeur nous montre l’hôtel de luxe de la ville (un grand chalet en bois bien stylé), et puis le casino. Il nous a regardés ? On se fait déposer au refugio Peninsula, un peu excentré. C’est une auberge en bois, un feu de cheminée chauffe le salon d’accueil, un chat (« Juanito ») se prélasse sur le canapé en face. Un jeune nous accueille, Alexis, cheveux un peu long, look de surfer, souriant, très cool. Notre piaule ressemble à une chambre de chalet, cosy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petite soupe d’orange et topinambour et raviolis maison dans un resto du centre ville, ce dernier se limitant à une rue (« O Higgins »), peu fréquentée par ailleurs. Les seuls à se risquer dehors sont les nombreux chiens errants qui fouillent les poubelles et aboient passants et véhicules, quémandant une caresse ou morceau à rogner. Le vent s’est levé, froid et puissant. La ville laisse une impression étrange, perdue entre forêts et montagnes, avec ses chalets classieux et ses magasins huppés. Un mélange entre Megève et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Twin Peaks&lt;/span&gt;. On file s’emmitoufler dans nos couettes et couvertures.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Mardi 3 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lever un peu tardif après une nuit de bon sommeil, malgré la force du vent qui est allé jusqu’à ouvrir la fenêtre de la chambre en pleine nuit ! Alexis nous prépare un petit déj copieux. Une famille part de l’auberge, on est seuls à présent. Dehors il fait grand soleil, le ciel est totalement dégagé, laissant admirer le volcan fumant à proximité, entièrement recouvert de neige. On longe le lac qui borde la ville. Mais le vent glacial souffle plus encore que la veille, atteignant des pics à 70 km/h ralentissant notre marche… on pense à Plak qui serait emporté depuis longtemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un bus local nous emmène jusqu’à un sentier à 20 km de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Pucón&lt;/span&gt;, à proximité des &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Ojos de Caburgua&lt;/span&gt;, vendues comme de très belles chutes d’eau. On se promène toute l’après-midi dans différents sentiers pour aller dénicher les quelques cascades des environs, effectivement très belles. Une cascade c’est toujours joli, et le son qu’elle produit plus reposant encore. Celles-ci sont dans un environnement naturel particulièrement agréable, petites rivières perdues dans la forêt, entourées de pâturages de moutons et de cabanons en bois servant de domicile aux quelques paysans du coin, au creux des montagnes. On est un peu en Suisse. Heureusement le volcan est là pour nous rappeler à la réalité. On se sent vraiment mieux qu’à Santiago ici, et le soleil nous fait un bien fou, malgré le froid et le vent, qui s’adoucit par moments.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petit détour par la playa negra du joli &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;lac Caburgua&lt;/span&gt;, tout entouré de montagnes, avant de faire machine arrière jusqu’à Pucón. Dans les bus, tout le monde se dit bonjour, se sourit, les chiliens sont vraiment amènes et serviables, c’est agréable. En ville on se réchauffe avec un bon chocolat chaud (fait avec une vraie barre de chocolat noir diluée dans du lait chaud), puis des pizzas locales bien garnies. Manque plus qu’un petit épisode de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;True Blood&lt;/span&gt; (complètement psychédélique) au fond de la couette, et le sommeil nous rattrape vers 21h30.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Mercredi 4 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le réveil sonne à 7h15, nous partons aujourd’hui pour le &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;parc Huerquehue&lt;/span&gt;, à 30 km de la ville. Le bus nous y dépose vers 9h30, nous sommes accompagné d’une française et de 2 hollandaises. Le principe est simple : grimper le long d’un sentier jusqu’en haut de la montagne où se trouvent 3 lacs gelés, et trouver ça joli. On a loué des raquettes à une agence tenue par des français. Enfin un français et des étudiants stagiaires : ici une fille de Lille et un gars de Chambéry. On part donc équipés. Le chemin commence par un sentier de forêt longeant un premier lac. 2km plus loin, on entre véritablement dans le parc et l’ascension commence. Plus le chemin grimpe, plus la neige se fait dense, mais on n’enfile nos raquettes que sur le dernier tronçon, où il y a bien 1m de neige ! La grimpette est jalonnée de magnifiques cascades gelées en partie, et de points de vues exceptionnels sur le premier lac, la vallée, et toujours le volcan enneigé au loin. L’ascension dure bien 2h et demi, avec 500m de dénivelé sur 5km. On s’emmêle un peu dans les raquettes, la fatigue se fait sentir. Parfois des rafales de vent font bruisser les arbres et dégringoler des branches. Alice aborde l’épreuve avec courage, et à part un petit « Là j’en peux plus, j’ai envie de pleurer » quelques mètres avant l’arrivée, elle fait preuve d’un sang-froid étonnant !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En haut, la vue du &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;lago Chico&lt;/span&gt; est salvatrice : un beau lac gelé qui se liquéfie au bord afin d’achalander de l’eau jusqu’à la petite rivière qui serpente jusqu’en bas de la montagne. C’est vraiment joli… mais on n’est plus à l’abri du vent, et son souffle glacial nous transperce jusqu’aux os ! On se vautre à même la neige pour grignoter un casse-croûte qu’on s’était préparé après avoir fait des courses au supermarché du coin. Mais nos mains gèlent en quelques secondes, et on s’engouffre tout ce qu’on peu en un temps record pour ne pas être frigorifié. On décide de ne pas aller plus loin, il fait trop froid avec des bourrasques gelées, et il n’y a plus aucune trace dans les 2m de neige qui ensevelissent le chemin des lacs. Pas le temps d’en profiter donc, et demi-tour dans le sentier neigeux à flanc de montagne. En descendant on croise les 3 filles qui n’en peuvent plus non plus. La descente est plus rapide. Un peu casse gueule et glissante, mais plus rapide. Et surtout à l’abri du vent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le long du premier petit sentier forestier final, on se débusque un spot de rêve, avec un long banc en bois qui fait face au soleil, et l’eau du lac qui scintille juste en dessous. Petite sieste magique, véritable repos libérateur, avec les rayons du soleil qui viennent réchauffer nos visages, dans un calme absolu où on n’entend que le bruissement des bambous de la forêt et les clapotis des vaguelettes créés par le vent sur l’étendue d’eau. Un instant, on se croirait presque au printemps…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Retour en ville par le dernier bus de 17h10, rencontre avec des suisses sympas. Ils nous disent qu’on est un peu fou d’aller vers le sud, qu’eux n’iront pas plus loin ! Et nous font remarquer qu’on est déjà au sud de l’Afrique du Sud… Ah merde c’est vrai. De toute façon on a décidé de continuer… au moins encore un peu ! On s’est fait à l’idée : ici, c’est l’hiver, le vrai. Mais il y a des belles choses à faire en hiver non ? On ne va pas baisser les bras. Et puis on est quand même en vacances et bien décidés à en profiter. Et puis on est des warriors, on n’a peur de rien. Hum.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arrivés en ville, on retourne au resto du premier soir, poulet sauce roquefort, saumon et cannellonis d’épinards avec un thé à la mente bien chaud. Avant de se jeter sous la couette et s’endormir une fois encore avant 22h…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Jeudi 5 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Réveil à 6h30, bonne douche chaude, empaquetage des affaires. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;On the road again.&lt;/span&gt; Un bus nous emmène aujourd’hui jusqu’à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Puerto Varas&lt;/span&gt;. Un peu plus au sud. Merde, il se met à pleuvoir.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Jeudi 5 août&lt;/span&gt; – &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Entre Pucón et Puerto Varas / 10h52&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31148985-284499480621202728?l=ericde.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ericde.blogspot.com/feeds/284499480621202728/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31148985&amp;postID=284499480621202728' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/284499480621202728'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/284499480621202728'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ericde.blogspot.com/2010/08/bienvenue-twin-peaks.html' title='Bienvenue à Twin Peaks...'/><author><name>ericde</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07232488413902604705</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://photos1.blogger.com/blogger/5227/3356/1600/DEad.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31148985.post-2978528071389881978</id><published>2010-08-03T04:49:00.003+02:00</published><updated>2010-08-03T06:25:02.305+02:00</updated><title type='text'>Premiers pas Chiliens, premières galères…</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Lundi 2 août&lt;/span&gt; – &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Santiago de Chile&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Une année a encore passé.&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;Une année à mille à l’heure, intense, course infernale avec le temps, stressante et jubilatoire.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Une année comète, d’ivresses et de désillusions, de tensions et de lâchers prises.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Une année de plus aux côtés d’Alice, une présence à mes côtés si pleine de sens, plus que jamais une évidence&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;La dernière année aux côtés de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Gripoil&lt;/span&gt;, fidèle destriers mort au champ d’honneur (l’autoroute A7) quelques jours avant le grand départ.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Une année de vie, d’amitiés, d'instants, d’envies, de projets, de connections…&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Et puis un nouveau départ à deux, une nouvelle échappée belle en Amérique du Sud, ouvrant une parenthèse dans le flot imperturbable du quotidien. Après Bolivie et Pérou, destination le Chili, terre de tous les contrastes naturels, fine bande terrestre s’étendant sur 4300 km du nord au sud, longeant l’océan pacifique à l’Ouest et la cordillère des Andes (frontière naturelle avec l’Argentine) à l’Est.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Un nouveau départ des plus… tumultueux.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Vendredi 30 juillet&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre vol aller est à direction de Santiago de Chile avec une escale à Madrid, décollage prévu 20h40. Il est 2 heures de moins quand ma mère nous dépose à l’aéroport. Les jours précédents ont été sous haute tension, entre nombreux mails professionnels à traiter, décisions à prendre pour les concerts de l’automne pas encore ou mal bouclés, achats de dernière minute, préparations de sacs et gestion de la carcasse de Gripoil (reposant dans un garage viennois). J’ai du mal à me détendre, les vacances me semblent loin encore !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On apprend par hasard que le vol a été avancé à 20h15. Ouf, on avait trop d’avance, c’était stressant. File d’attente au comptoir B16. L’hôtesse d'Ibéria qui doit checker nos billets électroniques semble rencontrer quelques soucis, sûrement rien de grave.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est maintenant 19h45, ça fait pas loin d’une heure que Saloa (on a fini par sympathiser), aidée par ses amies spécialistes de l’obsolète logiciel, s’entête à chercher la faille, la ligne de code magique (genre « BR30JULIB3858FILLION23BRK ») nous donnant le droit d’embarquer. Je me dis que je porte vraiment la poisse. On est bons derniers, un talkie leur demande de fermer le vol et de procéder à l’embarquement. Tiens, Sylvain Charrel (pote de collège) et sa douce nous disent bonjour d’un air agacé, leur vol en direction des Canaries est reporté au lendemain. « Yihiii, ouais ! » Cris de joie soudains de la brune et la blonde, qui semblent avoir remporté le combat. Un gros ouf de notre part aussi, on n’y croyait plus. Les bagages sont envoyés sur la piste, et nous dans la salle d’embarquement via le sas de contrôle sécurité, où le gars nous fait croire que le vol est parti sans nous. Finalement l’avion a raté sa fenêtre d’envol (ah bon ?) et le décollage est reporté !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On est quand même presque à l’heure à Madrid et la correspondance se déroule sans souci. La traversée de l’Atlantique dure une douzaine d’heure. La bouffe n’est pas bonne, les hôtesses pas sympas, mais ça ne nous empêche pas de dormir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Samedi 31 juillet&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;7h du matin. L’avion atterrit dans un épais brouillard. Les portes s’ouvrent : plus besoin d’autre preuve, on est en plein hiver ! On s’emmitoufle dans nos manteaux dès la récupération de nos sacs de voyage, et on se fraie un passage entre les taximen. Un bus nous conduit en direction du centre. Il fait froid et gris, on peine à voir autre chose que le bord de route derrière la brume. Un français nous conseille de descendre à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Estacion Central&lt;/span&gt;, on s’exécute. Premiers pas à Santiago à l’aide du Lonely, toujours bien complice lors d'une arrivée à tâtons. Traversée d’une grande avenue bruyante et de quelques ruelles peu fréquentées dans le &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;barrio Brasil&lt;/span&gt;, où on élit domicile dans le repère à voyageurs « Hostelling International ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois arrimés et délestés de nos fardeaux, on part à pieds à la découverte de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Santiago de Chile&lt;/span&gt;, pour une balade qui va durer toute la journée. Le soleil a fini par se lever et scintille par delà la persistante couche de pollution qui enveloppe la ville. Une ville qui ne brille pas , elle, par une incommensurable beauté : successions de grandes avenues et de bâtiments sans aucune cohérence, du très ancien au très moderne, dans tous les styles, pour le meilleur et pour le pire. Quelques rares quartiers conservent un certain charme, avec des bâtiments bas aux couleurs changeantes et vives, mais les enfilades de façades ne sont généralement pas très heureuses, allant jusqu’à jouxter une petite demeure en pierre de type moyenâgeuse à un immense building couleur crème dans le plus pur style « modern art » des années 70 ! De ça de là, on voit quelques bâtiments délabrés, souvenir du séisme de 8,2° sur l’échelle de Richter qui avait sévi ici même il y a 5 mois. Mais le tremblement ne semble pas avoir détruit de quartier entier de la ville et ses conséquences restent étonnement discrètes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a plus de vie dans les quelques rues pavées et commerçantes du centre. La &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Plaza de Armas&lt;/span&gt;, entourée d’une grande cathédrale et autres bâtiments officiels et musée, est le théâtre d’une manifestation contre une nouvelle loi anti-terroriste visant les « Mapuches », seule véritable minorité au Chili. Les chiliens ont globalement un style assez latin, assez peu typé comparé aux Boliviens de l’Altiplano. Ils sont habillés plutôt normalement, sans trop en faire. Je remarque pour ma part une bonne proportion de bons vieux métalleux barbus aux T-shirts &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Helloween &lt;/span&gt;et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Iron Maiden&lt;/span&gt;. Tiens, une affiche de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Depeche Mode&lt;/span&gt;, ils jouent à Santiago ce soir… ça va pas la tête, hors de question d’aller voir ce groupe faisandé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On croise un nombre impressionnant de chiens, se promenant dans leur petit pull pour l’hiver. A voir les nombreuses publicités pour compagnons canins et les statues à leur effigie, on comprend la place centrale qu’ils tiennent ici ! Par ailleurs il n'y a pas une rue sans panneau &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;JCDecaux&lt;/span&gt;… tout est normal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des « étudiants » édentés d'une quarantaine d'années cherchent à nous vendre des poèmes photocopiés de Pablo Neruda à l’entrée du &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Cerro Santa Lucia&lt;/span&gt;, qui s’élève de quelques centaines de mètres au dessus du centre ville. Du haut de ce perchoir, on a une vue sur toute la ville, et on se rend compte que la première impression était la bonne : c’est une grande capitale plutôt dénuée de charme et très polluée. On peine même à voir se dessiner les contours enneigés de la majestueuse cordillère des Andes, trônant bien au dessus des buildings.&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autre promontoire prisé, le &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Cerro San Cristobal&lt;/span&gt;, haute colline très allongée, en haut de laquelle est érigée une statue de la vierge Marie de 14m. On y monte par un funiculaire ultra pentu et flippant. J’allume un cierge en l’honneur de Gripoil. Le nuage de pollution empêche de voir très loin, et les montagnes s’y sont perdues depuis longtemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quartier &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Lastarria&lt;/span&gt;, plutôt huppé, balisé de cafés branchouilles et de bons restos. On est sonné par le décalage horaire. Une grande blonde tenant un micro s’approche de moi avec un caméraman et me demandent si j’accepterai de répondre à une question devant la caméra. « Euh… si, si ». La question : « Comment faite vous pour préparer une nuit de sexe ? ». Bien sûr, je suis à la rue, et bien sûr j’en chie pour baragouiner en espagnol… mais le résultat est ici : &lt;a href="http://www.sexycam.cl"&gt;www.sexycam.cl&lt;/a&gt; !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans un bar, on se détend autour d’un verre de délicieux vin chilien qui nous revigore. Diner au resto le Patagonia, truite arc-en-ciel et l’une des meilleures viandes de bœuf qui m'a été donné de gouter, arrosée de… délicieux vin chilien.  Merde, on est en vacances. Carla Bruni en fond sonore… on ne va peut-être pas s’éterniser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Retour à la guest house en metro. On s’endort comme des briques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimanche 1er août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Réveil vers 5h30 du matin… j’arrive finalement à me rendormir de 7h à 10h. Petit déj animé dans la salle à manger, ça parle surtout anglais. Je me connecte sur Internet pour faire un point sur les éventuelles suites à donner au voyage. En me connectant sur le site de LAN (compagnie aérienne Chilienne), et après maintes recherches, je me rends à la triste conclusion qu’il n’y a plus un seul vol disponible pour l’île de Pâques de tout le mois d’août ! On est vraiment dégouté. J’avais entendu dire qu’il n’y avait aucun problème pour trouver des vols, et que c’était moins cher sur place… et non, envolé le beau rêve, on ne tapera pas le carton avec les Moaï cette année. Sic.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dehors il fait tout gris. Et froid. Dans le Lonely Planet, beaucoup de destinations ne sont pas conseillées l’hiver, plutôt celles du sud, celles où on avait prévu de se rendre hormis l’île de Pâques. L’espace d’un instant, on se demande avec Alice si on n’aurait pas meilleur compte à prendre le premier vol pour le Costa Rica pour rejoindre nos potes Elo et Béni qui y ont ouvert une guest-house bien pépère, sur fond de pêche et de surf ! Ok, je n’aime pas pêcher et ne sais pas surfer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On se décide quand même à mettre le nez dehors. Centre ville. Dimanche. Pas grand monde dans les rues, il pleut à flots, c’est tristoune. On essaye de positiver, on est en vacances, on est tous les deux ensemble, on va découvrir des endroits merveilleux , on s’aime… mais n’empêche, pas si facile avec cette pluie battante dans cette grande ville sans soleil qu’on ne porte déjà plus dans nos cœurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Détour pédestre par le &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;mercado central&lt;/span&gt;, grand marché aux poissons qui foisonnent sur les étals de glace. Il y en a de toutes les tailles, toutes les formes, toutes les couleurs, toutes les (fortes) odeurs, sans parler des variétés de coquillages et autres crustacés. Promenade sur les rives du &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;rio mapocho&lt;/span&gt;, longeant des cabanons de vente de fleurs et de fruits. La pluie redouble d’intensité et on se réfugie dans un bistro du quartier &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;bellas artes&lt;/span&gt;. On y prend un en-cas et un bon expresso, et puis on potasse le guide à la recherche d’une porte de sortie. On ne se laissera pas impressionner, on décide de partir vers le sud, et puis on verra bien ! On se rend en metro jusqu’à une grande gare routière où on achète nos tickets pour &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Pucòn&lt;/span&gt;, à 10h  de bus au sud de Santiago.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De retour à la guest house, on décide d’y dîner un « menu du jour » (salade, pâtes, fruit), et un « menu chilien du jour » (la même avec une soupe de fayots - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Porotos &lt;/span&gt;- à la place des pâtes, 2 fois moins chers). Pour les bons intestins, avaient-ils prévenu. Moi, peur de rien, je m’y suis jeté. Pauvre Alice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Lundi 2 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Réveil dans le gaz (hum), vers 6h45, après de nombreux micro réveils à partir de 3h. Encore un matin brumeux. Petit déjeuner dans un petit établissement de la gare routière, et le bus part à l’heure prévue, 8h30. Direction plein sud. Rapidement le soleil fait son apparition, ainsi que la magnifique cordillère des Andes sur notre gauche, les champs verdoyants, les petites maisonnettes jaunes, roses, les troupeaux de chevaux…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La route est bonne, le personnel du bus aux petits soins, et le ciel d’un bleu magnifique. On traverse divers paysages, champs, forêts, collines, avec toujours ces dentelles blanches qui se détachent à l’Est. Grignotage dans les gares routières traversées, beignets de fruits et sandwiches. Et puis de l'excellente musique en bande son pour couvrir le bruit de la télé : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Get Well Soon&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Arcade Fire&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Queens of a Stone Age&lt;/span&gt; ou &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Vampire Week-end&lt;/span&gt; subliment les paysages baignés d’un soleil maintenant souverain. Et des regards tendres avec mon amoureuse. On est heureux d’être ensemble dans cette nouvelle aventure, de nouveau certains des bons moments à venir. A l’instant où j’écris, elle vient d’ailleurs de réagir : « &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pfoouu, yen a marre ! Ca commence à être vraiment long le bus&lt;/span&gt; ! ». Ce que je disais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Lundi 2 août&lt;/span&gt; – &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Entre Santiago de Chile et Pucon / 16h45&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31148985-2978528071389881978?l=ericde.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ericde.blogspot.com/feeds/2978528071389881978/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31148985&amp;postID=2978528071389881978' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/2978528071389881978'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/2978528071389881978'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ericde.blogspot.com/2010/08/premiers-pas-chiliens-premieres-galeres.html' title='Premiers pas Chiliens, premières galères…'/><author><name>ericde</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07232488413902604705</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://photos1.blogger.com/blogger/5227/3356/1600/DEad.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31148985.post-6101076745551018591</id><published>2009-11-01T21:18:00.003+01:00</published><updated>2009-11-01T22:06:50.562+01:00</updated><title type='text'>Cauchemar…</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimanche 1er novembre&lt;/span&gt; – &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Lyon / Transbordeur&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Dernières lignes ? Comme d’habitude, j’ai parlé un peu vite. Trop de confiance, on se sent déjà un peu rentré, on baisse la garde… et là c’est le drame. LA DEad galère n’avait pas encore surgit, elle est belle et bien là. Du temps s'est passé depuis cette mésaventure... on est déjà début novembre, et je me rends compte que je n'ai jamais mis en ligne ce retour roc(k)ambolesque. Il y a prescription sur les faits, on arrive même à en rire à présent, il est donc bien temps d'envoyer le bousin à la face du monde (et puis je suis dans les loges du Transbo, concert de Groundation -reggae-, autant dire que je n'ai pas grand chose d'autre à faire) !!  Retour sur un cauchemar dont on se serait bien passé.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Vendredi 28 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On sort du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Banais Café&lt;/span&gt; pour se rendre au &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pot Colonial&lt;/span&gt; pour un "dernier" dîner. Notre resto. On s’y sent comme chez nous. Je sors les papiers de vol et les passeports pour étudier les horaires, les temps de vol et de connexions, se projeter au lendemain. Les plats arrivent : cannellonis aux épinards et truite à la tomate. On est vraiment détendus, contents de rentrer après un mois si riche en nouveautés, rencontres et émerveillements. De retour à l’hôtel, j’upload les dernières photos sur Facebook. Lilice s’endort rapidement, moi pas, j’ai du mal à trouver le sommeil et m’endors vers 1h30.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Samedi 29 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;4h00&lt;/span&gt;. Le réveil sonne. Et hop à la douche, on se dépêche, un taxi doit nous prendre à 4h30 devant l’hôtel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;4h23&lt;/span&gt;. On est prêt. Dernier coup d’œil dans la chambre. Dernières vérifications… je tâte mes poches pour vérifier que j’ai bien mon portefeuille, mon téléphone, les passeports…. putain cette poche la est vide. Mon cœur s’arrête. Je réfléchi à toute vitesse, en blêmissant… les passeports… non c’est pas vrai… hier soir au restaurant… je revoie les plats qui arrivent… je dépose à ce moment là  les passeports et la feuille de vol sur la chaise à côté de moi pour faire de la place… je ne me revois pas les reprendre… NON c’est pas vrai. J’en parle à Alice, qui me jette un regard d’une noirceur qui met à terre. Je n’arrive pas à y croire, j’ai envie de me frapper, de revenir en arrière, de me réveiller, ça ne peut être qu’un cauchemar. La veille du départ, comme il y a 3 ans à Pékin. C’est une malédiction. Je craque complètement. Alice ne parle plus. Elle est au réveil, et en plus je lui annonce ça. Je m’en veux à mort, j’en chiale. Je ne me fais guère de souci pour les passeports, je pense qu’on va les retrouver (et encore, rien n’est moins sûr). Mais le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pot Colonial&lt;/span&gt; n’ouvre pas avant 9h, et le vol est à 6h55. On est foutu. J’explique la situation au comptoir de l’hôtel. Les gars sont vraiment désolés, mais ils ne peuvent évidemment rien faire. Ils nous disent d’aller quand même à l’aéroport avec nos photocopies de passeports, sait-on jamais, et nous disent qu’ils nous enverront nos originaux s’ils les retrouvent. On n’y croit pas, mais on n’a vraiment que ça à tenter. Le taxi est là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;5h00&lt;/span&gt;. Arrivée à l’aéroport. Le comptoir d’American Airlines est déjà blindé de gens. J’explique notre situation à une hôtesse d’accueil, qui l’explique à une autre, qui se renseigne. On ne peut pas prendre le vol, ça c’est sûr. Je demande si on peut changer de vol. L’hôtesse regarde, l’air sceptique. On retient notre souffle. Et finalement le couperet tombe : « Nous sommes en haute saison. Il n’y a malheureusement pas de place dans nos vols avant le...... 15 septembre » !! Arghghgloup. Pas drôle. Pas drôle du tout. Elle finit par dire qu’il reste éventuellement des places dans le vol du lendemain, au départ de Santa Cruz (à 20h de bus), mais que ça nous couterai, en comptant le prix du changement..... 3300 $ chacun !!! Complètement barjot. On est anéanti. Alice me mitraille du regard. Elle est sensée bosser lundi matin. Si elle rate 2 semaines de travail, ça va coûter encore beaucoup plus cher. L’étau se resserre sur mon cœur, on se sent emprisonné ici, sans aucune possibilité de sortie. C’est la merde, la vraie. La DEad galère avec un grand D.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;5h20&lt;/span&gt;. Le taxi nous a attendus sur le parking avec nos sacs, on le reprend dans l’autre sens. On se sent impuissant. De retour dans notre chambre du Sagarnaga, impossible de trouver le sommeil. Je refais le match dans ma tête, je voudrai remonter le temps et récupérer ces putains de passeports. Ou bien me réveiller. Je garde dans un coin la possibilité que ce ne soit qu’un (très mauvais) rêve. Ca me parait tellement improbable d’être aussi con. Je ne me suis pas senti aussi mal depuis très longtemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;6h30&lt;/span&gt;. Le sommeil me rattrape et je rêve d’avions qui décollent et d’horaires… mais tout semble se résoudre dans la paix du sommeil, et je me détends vraiment. Le réveil, vers 9h, est brutal. Tout me revient soudainement, et ça me fait l’effet d’un uppercut dans le ventre. On est coincé ici, on n’a aucune solution pour rentrer. L’horreur. Le cauchemar continue. Je croise encore une fois le regard d’Alice, qui en dit long lui aussi sur son état d’esprit. Mes tentatives de réconfort et de positivisme semblent vaines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;9h07&lt;/span&gt;. On sort de la chambre pour aller frapper à la porte du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pot Colonial&lt;/span&gt; (à quelques dizaines de mètres à peine de l’hôtel), encore close. Le gars m’ouvre, j’explique l’oubli de passeports, il a l’air étonné… demande à un jeune, étonné lui aussi… à une femme… ah oui, elle a rangé quelque chose sous le comptoir… c’est bien ça, j’ai les passeports en mains ! Pfffff. Le gars est vraiment désolé pour nous lui aussi. D’autant plus qu’il m'avoue avoir dormi dans le resto : si j’avais frappé fort, il se serait réveillé en pleine nuit ! Je me rappelle y avoir pensé, mais m’être dit que ça serait vain. Re-Aaaargh. Dès que je redescends avec les passeports en main, Alice me les prends pour ne plus me les rendre. Il serait malaisé pour moi d’insister.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;9h17&lt;/span&gt;. En descendant la rue &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sagarnaga&lt;/span&gt;, on tombe sur… Marc ! Sourires (un peu forcés pour nous), il nous demande comment ça va. Moyen ! On lui raconte, il hallucine, ça le fait quand même bien marrer. Et nous aussi un poil, on arrive à en sourire quelques instants pour la première fois. Partager notre galère avec une tête connue et appréciée nous détend et nous fait du bien, mine de rien. Quelqu'un le tanne de monter dans une jeep qui l’attend (il semble partir pour un trek en vélo), pas plus de temps pour papoter, dommage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;9h40&lt;/span&gt;. Café (Alice) et Maté de Coca (moi… il parait que ça détend) au &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Banais Café&lt;/span&gt;. On se dit qu’on ferait mieux de regarder les possibilités de rentrer à Lyon par d’autres compagnies qu’AA (American Airlines), et qu’on fera notre possible pour trouver un truc pour se faire rembourser en France, sans trop y croire. On n’a plus le choix, on sait déjà que cette connerie va nous coûter cher, et le sentiment d’être bloqué ici est tout sauf agréable. Je profite du Wi-Fi du lieu et de mon mini-PC (ultra pratique tout le long du voyage) pour faire des recherches de vols en partance le lendemain. La Paz - Lyon via Santiago de Chile et Madrid, avec LAN (compagnie Chilienne) = 1260 € / personne. La Paz – Paris via Santa Cruz (Bolivie) et Madrid, avec Aerosur (compagnie bolivienne) = 990 € / personne. On appelle nos mères, pour les prévenir, et puis les mamans ça rassure, et c’est toujours de bon conseil. Ou pas d’ailleurs, mais ça fait toujours plaisir de leur parler. On se décide à prendre la deuxième option, de toute façon il faut bien rentrer. Ca n’est qu’une boulette à 2000 €, rien de plus. Hum. On passe par le site Terminal A, moins cher que les autres. Celui par lequel on avait pris les Allers-retours les moins chers pour la Bolivie, et qui nous avait renvoyé un mail pour annuler, sans qu’on comprenne trop pourquoi. Mais bon on le tente. Validation des horaires, feuille de vol, payement ok, e-mail de confirmation. Ouf, on a notre porte de sortie. Couteuse, mais on va pouvoir partir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;11h30&lt;/span&gt;. Resto &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Angelo Colonial&lt;/span&gt;. Pas loin du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pot Colonial&lt;/span&gt;, mais on ne veut plus y aller. Ambiance feutrée, tableaux et bougeoirs d’époques, armes à feu et épées accrochées aux murs. Lasagnes, et poulet sauce au vin. Nos ventres ne vont toujours pas fort, et le stress n’a rien du arranger. On commence à se détendre un tout petit peu, on sait qu’on va partir le lendemain, que ce n’est, au final, qu’une histoire d’argent. De beaucoup d’argent soit, mais on essaye de relativiser. On est tous les deux en vie, bien, il n’y a rien de grave en soi. Il faut dire que les verres de vin commandés aident à relativiser. Un peu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;12h45&lt;/span&gt;. Retour à la chambre d’hôtel. On veut se reposer un peu. Je vérifie une dernière fois mes mails avant d’aller au lit… un mail d’une certaine Virginie de Terminal A m’explique que « pour des raisons de sécurité », il est impossible de réserver nos places !! Le cauchemar continue. On décide d’aller directement au bureau d’Aerosur, la compagnie aérienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;13h30&lt;/span&gt;. Le bureau d’Aerosur est fermé. Ne rouvre que lundi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;13h45&lt;/span&gt;. On est devant une agence de tourisme vendant des vols Aerosur. La meuf nous dit de dégager. C’est fermé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;14h00&lt;/span&gt;. Nouvelle agence ouverte. La nana nous propose le même vol que celui de Terminal A, jusqu’à Madrid en passant par Santa Cruz. Environ 1000 € / personne. On prend, on ne va plus chipoter. Cette fois on a les billets en main, confirmés et tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;14h30&lt;/span&gt;. Hôtel. On trouve un vol EasyJet Madrid-Genève à 110 € / personne (moins cher que pour Lyon, et à un horaire possible). On arrivera finalement lundi soir à 19h45 à Genève, et on passera la nuit chez les parents d’Alice qui viendront nous chercher. On sera donc à Lyon le mardi matin, via un TER. On n’aura pas un retard si grand que ça par rapport à la date prévue. Alice a prévenu son boulot qu’elle ne reviendrait travailler que le mercredi. Tout roule. A quel prix, mais tout roule. Cette fois on a physiquement la preuve de notre départ, on peut souffler un peu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;20h30&lt;/span&gt;. On a regardé des épisodes de « Damages » saison 2 toute l’après-midi. Une journée entière à larver au lit, au rythme des intrigues glauquissimes et des trahisons sans fin de cette série de tarés. Pas vraiment reposant, mais ça nous aide à sortir de nos embrouilles personnelles. On sort acheter des sandwiches à emporter au &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Angelo Colonial&lt;/span&gt; et des bières à l’accueil de l’hôtel, et on remet ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;0h30&lt;/span&gt;. Saison 2 de « Damages » terminée. Je meure de fatigue. Mon corps et ma tête me demandent un peu de repos. Bien mérité ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimanche 30 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Réveil vers 9h30, douche, bagages empaquetés de nouveau. On dit au revoir à l’hôtel Sagarnaga, pour de vrai (on croise les doigts) cette fois. Petit déj au &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Angelo Colonial,&lt;/span&gt; notre nouveau resto préféré. Ça va un peu mieux. La perspective de partir dans la journée nous fait du bien. On achète quelques sacs de Coca pour les potes, et puis taxi hasta l’aéroport &lt;span style="font-style: italic;"&gt;El Alto&lt;/span&gt;. On est là bien en avance, on ne veut plus rien laisser au hasard. On a vite nos cartes d’embarquements, on prend le temps d’un café. Et puis d’une bière. L’avion d’Aerosur est grand, confortable, et on décolle pile à l’heure. Les paysages passent une fois de plus des montagnes arides à la jungle luxuriante. L’atterrissage se fait avec une grande douceur, comme sur du coton.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Santa Cruz&lt;/span&gt;, il fait 33°, gros soleil, et du vent chaud. On apprend que notre vol pour &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Madrid&lt;/span&gt;, prévu pour 19h, ne partira pas avant 21h. Dans un café de l’aéroport, on aperçoit le couple de français un peu coincé avec qui on était allé de Potosi à Sucre. Jus d’ananas con leche et brownies pour patienter.&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;/span&gt; L'attente est longue. Dans l'espace de vérification des bagages, on entend nos noms appelés au micro... qu'est ce qui peut bien se passer encore ? Nos foetus de lama se seraient fait attraper par la douane ? Non, on est juste replacé dans l'avion. Un avion immense, à deux étage, cool.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Lundi 31 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Madrid&lt;/span&gt;. Le sol européen. On est arrivé, on a gagné. Ca parle toujours espagnol, mais ça paye en euro. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Libé &lt;/span&gt;dans les kiosques. &lt;a href="http://www.liberation.fr/culture/0101587885-hollywood-se-monte-le-berrichon"&gt;Un article sur "THX FUCK"&lt;/a&gt;, pirate berrichon du cinéma de Vierzon, recherché par le tout Hollywood, nous fait chialer de rire. C'est l'heure de la détente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soir. Atterrissage à &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Genève&lt;/span&gt;. Les parents d'Alice viennent nous chercher. Il fait bon dans le jardin de Vulbens. Et on a droit a un cadeau de bienvenue : une bonne vieille raclette arrosée d'un bon vin blanc. Là, on est vraiment rentré.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31148985-6101076745551018591?l=ericde.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ericde.blogspot.com/feeds/6101076745551018591/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31148985&amp;postID=6101076745551018591' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/6101076745551018591'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/6101076745551018591'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ericde.blogspot.com/2009/11/cauchemar.html' title='Cauchemar…'/><author><name>ericde</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07232488413902604705</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://photos1.blogger.com/blogger/5227/3356/1600/DEad.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31148985.post-1395185750852640276</id><published>2009-08-29T04:32:00.002+02:00</published><updated>2009-08-29T04:40:38.391+02:00</updated><title type='text'>Pampa !</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Vendredi 28 août&lt;/span&gt; – &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Paz&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ca y est, ça sent la fin. Dernier soir à La Paz avant le grand retour. Les fins de voyage c’est toujours particulier, on se demande comment on va gérer le changement d’ambiance, la fin de la bulle. J’ai une grosse pensée pour le Woodstower, dont le 1er soir est déjà terminé… je croise les doigts. Les photos continuent à fleurir sur Facebook, &lt;a href="http://www.facebook.com/editalbum.php?aid=113551&amp;amp;add=1&amp;amp;__a=1&amp;amp;nctr%5Bid%5D=0cf90f9303bcde40355ab961382eb52f&amp;amp;nctr%5Bct%5D=1251489814676&amp;amp;_fb_iframe_path=%2Feditalbum.php&amp;amp;htmlup=1#/album.php?aid=111823&amp;amp;id=709050807"&gt;ici&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://www.facebook.com/editalbum.php?aid=113551&amp;amp;add=1&amp;amp;__a=1&amp;amp;nctr%5Bid%5D=0cf90f9303bcde40355ab961382eb52f&amp;amp;nctr%5Bct%5D=1251489814676&amp;amp;_fb_iframe_path=%2Feditalbum.php&amp;amp;htmlup=1#/album.php?aid=113551&amp;amp;id=709050807"&gt;ici&lt;/a&gt;.  Mais allez, avant de parler de retour, allons plutôt faire un tour du côté amazonien, suivre les quelques jours passés avec les animaux de la pampa…&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimanche 23 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Direction l’aéroport de la TAM (Transporte Aereo Militar, aéroport militaire), qui n’est pas le même que l’aéroport international, bien que les deux mutualisent leurs pistes. Un micro nous monte jusqu’à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;El Alto&lt;/span&gt;, l’autre nous dépose devant un petit portail gardé par un militaire. Un petit écriteau TAM nous prouve qu’on est au bon endroit. Le soldat nous ouvre la porte et nous dit d’aller tout droit. Il n’y a qu’un petit bâtiment un peu délabré au bout du petit chemin. Et personne ! Si, deux australiennes attendent dehors en lisant. Notre avion est sensé décollé dans 1h20. A l’intérieur du bâtiment, pas un chat. Pas de lumière. Le petit magasin est fermé, ainsi que le petit resto. Il y a juste une salle d’attente octogonale plongée dans l’obscurité, et puis des ouvertures vers la piste, sans aucun contrôle pour y accéder. Deux petits avions sont à l’arrêt. C’est un aéroport fantôme ! Flippant. L’heure qui suit amène son lot de passagers, une quinzaine, qui ne semble pas stressé. Une des australiennes trouve l’interrupteur pour allumer la lumière… les néons font tellement de bruit qu’on finit par les éteindre à nouveau. Une jeune fille se pointe vers la « zone d’embarquement » et pèse nos bagages avec une grosse balance à aiguille. On à l’impression que l’aéroport est tenu par une famille, un peu comme les auberges ! Les mochillas sont entassées dans un coin, on peut rejoindre la « salle d’embarquement », un petit SAS. Nos bagages à main ne sont pas fouillés, mais des panneaux nous informent quand même qu’il est interdit de transporter des flingues, des couteaux ou autres tronçonneuses. Ah bon, ok.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’avion n’est pas si petit, il a une petite cinquantaine de sièges, du coup il fait bien vide. Un sandwich nous est distribué à l’entrée. Le vent souffle en fortes rafales sur l’altiplano, ça n’est pas rassurant. Mais on y est. Le décollage se passe… bien. Et puis le spectacle du paysage efface peu à peu le stress dû au non professionnalisme affiché de la compagnie. Les hauts plateaux secs laissent rapidement la place à de hauts sommets enneigés, qu’on a l’impression de toucher tant on vole prêt, l’avion gardant une altitude assez basse. Et puis les montagnes redescendent et une étendue verte sans fin prend le pas, sillonnée de larges cours d’eau saumâtres : la forêt amazonienne ! C’est incroyable comme tout a changé vite. Une petite barrière de montagnes, et l’univers s’est transformé. L’avion descend déjà. On aperçoit de mieux en mieux les grands arbres d’une densité impressionnante, et puis les nombreuses rivières. L’atterrissage se fait sur… de l’herbe !!! Une courte piste totalement recouverte de gazon. En sortant de l’habitacle, on se rend compte que les avions décollent et atterrissent sur une fine bande de terre centrale… et surtout qu’il fait chaud et humide ! On est en pantalon, polaire, pull, grosses chaussures, et on étouffe. On se change aussi vite que possible. L’aéroport est encore plus petit que celui de la TAM, plus proche d’une cabane qu’autre chose. On attend nos bagages dehors, à côté d’un petit portail donnant sur la piste d’herbe. Et puis une jeep nous transporte jusqu’au centre ville de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Rurrenabbaque&lt;/span&gt;, plus communément appelée « &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Rurre&lt;/span&gt; ». La route est tantôt de terre, tantôt pavée de petit cailloux. On traverse un paysage peuplé de palmiers, arbres et plantes en tous genres. J’ai l’impression d’être de retour en Asie, dans les paysages de Birmanie ou du Laos. Plus du tout en Bolivie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La ville a des allures de village amazonien tranquille, très verte, plutôt vivante, parcourue essentiellement de deux roues. On trouve une guest-house un peu à l’écart du centre, « El Curichal », tenue par un père et son fils, aux petits soins tous les deux. Les chambres donnent sur une petite cours intérieure dont tous les murs sont peints des couleurs de la jungle avec des animaux, et une dizaine de hamacs sont installé sous un manège de bois central. On est bien, on est ailleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il nous faut maintenant décider ce qu’on va faire de nos quelques jours ici, et rentrer dans la guerre des agences ! Il y a deux types de tours ici : dans la pampa, avec la certitude de rencontrer plein d’animaux sauvages, et dans la jungle, plus axée sur l’expérience de se promener, de dormir, de se familiariser à un environnement inconnu et fascinant. On hésite, on voudrait tout faire. On va voir plusieurs agences, les prix sont à peu près les mêmes, mais faire la pampa ET la jungle semble compliqué. Un couple d’anglais bien sympa rencontré à l’hôtel (Iain, originaire de Gibraltar, et Yohanna) part pour 3 jours de pampa avec « Dolphin Travel ». On décide de faire de même, on verra bien si on peut aller se balader dans la jungle le dernier jour. Nos sésames en main, on va manger des gros poissons frais du fleuve au piranha café (sauces roquefort et niçoise). Délicieux. Du coup on fait un peu pote avec le cuistot, un français pied-noir venu s’installer ici. Pendant notre retour à pied à l’hostal, un motard tente de me chopper ma sacoche à la volée, ou de me toucher le cul en me prenant pour une fille, on ne saura jamais. En tout cas il n’arrive à rien. Les chambres sont équipées d’un ventilateur, pour notre plus grand bien. On s’endort assez vite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Lundi 24 août&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;- Pampa / Dia 1&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On prend le temps de se réveiller peinard, le départ n’est qu’à 9h. Il a plu toute la nuit, des grosses averses dont la violence nous a régulièrement réveillés. Il fait un peu plus frais du coup. On a tout ce qu’il faut avec nous : écran total et après soleil, anti-moustiques, sandales (achetées au marché la veille), maillot de bain (toujours pas Alice). On laisse les mochillas à l’hostal et on va petit déjeuner dans une échoppe de la « rue des agences » (elles sont toutes concentrées). On rencontre nos camarades de jeu de la pampa : Iain (30 ans, barbu cool) et Yohanna (24 ans, brune mimi), rencontrés à l’hôtel, Christina (dreadeuse blonde) et Diego (rasé et sec), un peu moins de 25 ans chacun, suisses allemands, et enfin les deux australiennes de l’avion, 22 et 27 ans, prénoms oubliés. On part en 4x4 pour un trajet de 3 bonnes heures sur une route pourrie (suffisamment pour devoir changer une roue à mi-parcours), jusqu’à Santa Rosa, porte d’entrée au parc protégé s’étendant de part et d’autre du fleuve Yacuma. Pendant le trajet, la pluie reprend, puis redouble d’intensité, et le terrain devient complètement boueux et difficile à pratiquer. Avec nous un chauffeur et Nico, le cuisinier fort sympathique qui nous suivra pendant trois jours. A notre arrivée à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Santa Rosa&lt;/span&gt;, on nous donne à chacun un joli petit livret répertoriant tous les animaux susceptibles d’être croisés dans le coin avec photos, descriptifs et mode de vie (Alice porte un intérêt tout particulier au paresseux, dormant 22h sur 24h), et puis on se pose dans une sorte de cantoche en bois pour déjeuner un almuerzo local bien typique à base de soupe, de viande et de légumes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On arrive au point de départ des embarcations (de longues barques en bois à moteur), sur les bords du rio &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Yacuma&lt;/span&gt;. Les groupes des différentes agences se préparent, entreposent leurs sacs et les containers de nourriture en queue de bateau, et partent le long du fleuve, les uns après les autres, à quelques minutes d’intervalle. C’est bientôt notre tour. Les australiennes ont rejoint une autre embarcation, on se retrouve à 6, ainsi que Nico le cuistot et Wilfredo le guide, qui nous a rejoint. Une bonne quarantaine d’années, l’air plutôt sympa au premier coup d’œil. La pluie a globalement cessé mais quelques gouttes tombent par ci par là, et le ciel est encore très couvert et venteux. Je n’avais pas prévu ça, et j’ai vite froid en t-shirt, short et sandale avec le courant d’air créé par la vitesse de la barque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A part ça, les 3h de bateau amènent leur lot d’émerveillements. On commence par apercevoir de nombreux caïmans (tout noirs) et alligators (jaunes à bandes noires), posés comme des étrons sur la rive ou laissant leurs yeux dépasser de l’eau. Et puis des familles de capibaras (hidrochoerus hydrochaeris), mélanges informes entre sanglier (corps) et castors (tête). On s’arrête devant un arbre ou on entend des singes. Et soudain plein de petits singes genre ouistiti un peu jaunes et super mignons se pointent pour nous mater. L’un saute même dans la barque, la sillonne, monte sur les épaules de Diego et repart à la recherche de bouffe dans les sacs plastique. Un peu plus loin, un dauphin rose saute juste à côté du bateau. Des tas de dauphins de cette sorte vivent le long de ce cours d’eau. Les dauphins amazoniens ont été enfermés dans ces cours d’eau suite à des mouvements tectoniques, et ont subi des mutations génétiques pour pouvoir vivre dans ce nouvel environnement d’eau douce, loin de la mer. Leurs yeux sont devenus minuscules, adaptés à la vision en eau trouble, leur sonar s’est encore développé et leur aileron, très peu utilisé, s’est presque entièrement résorbé. On croise encore des grosses tortues d’eau posées sur des branches ou laissant dépasser leur tête de l’eau, et bien sûr une variété impressionnante d’oiseaux. Hérons, cigognes, différents rapaces qui s’envolent le long de l’eau à notre approche et rejoignent des branches d’arbres un peu plus en hauteur. Certains sont en train de pêcher dans l’eau. Et puis régulièrement, des poissons sautent à côté de nous. De part et d’autre du fleuve, des arbres touffus aux lianes tombant dans l’eau, d’autres dont il ne reste que les branches, avec parfois des gros nids autour des cimes, et puis quelques grosses fleurs, souvent roses, par ci par là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On débarque vers 17h dans une « Ecolodge » toute en bois, construite sur pilotis, le long de la rive. On occupe une chambre à 8 lits, tous dotés de moustiquaires. D’autres groupes occupent d’autres chambres adjacentes. Des hamacs sont installés avec vue sur des arbres remplis de singes qui sautent de branche en branche. Un peu plus loin, en suivant un pont de bois, on arrive à un mirador ou tous les groupes viennent se poser pour admirer le coucher de soleil. On partage une  bouteille de vin pour profiter du spectacle, le soleil de plus en plus rouge qui se laisse progressivement engloutir par la savane, au-delà du fleuve. En dessous, 4 ou 5 hommes jouent des tubes du folklore bolivien à l’aide de guitares, tambourins et flûtes, égayant une ambiance déjà bien chaleureuse. Le repas qui suit est un festin, Nico nous sert au moins 6 plats différents, salades diverses, petits légumes bien préparés, poulet en sauce et autres mets. On profite un peu du calme et des bruits des arbres et des animaux alentours avant d’aller se coucher. Dehors, les nuages se sont totalement dissipés et ont laissé la place à une pluie d’étoiles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Mardi 25 août&lt;/span&gt; - Pampa / Dia 2&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le petit déjeuner commence à 7h. Différents beignets au fromage, pains, œufs au plat, crêpes… Nico s’este encore défoncé. Dehors le soleil a repris les rennes, mais des nuages continuent à voiler partiellement les cieux. L’ambiance est assez cordiale entre nous, mais ne vaut pas la virée du sud-ouest. Et le guide est plus distant qu’Edgar, ne mange pas avec nous, ne nous parle que pour nous détailler la suite des événements. On part à 8h pour la première activité de la journée : la recherche d’&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;anacondas&lt;/span&gt; dans la savane !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’embarcation ne nous sert qu’à traverser le cours d’eau, et on part à pied sur les terres de l’autre côté. Ca y est, on est vraiment dans la pampa. On traverse des terrains assez pauvres en végétations, des champs de fougères ne laissant dépasser que nos têtes, et puis des marécages encore gorgés de l’eau tombée la veille, plein de boue et de vase puante. Heureusement on s’est tous fait prêter des bottes. Ca ne nous empêche pas de nous enliser régulièrement et d’avoir du mal à lever une jambe engluée, surtout Alice qui a pris des bottes un peu trop grandes et qui manque à plusieurs reprises d’en laisser une dans la boue en laissant sortir son seul pied ! On se retrouve à côté d’un petit cours d’eau, et les recherches des gros serpents s’intensifient. Wilfredo se sert d’un bâton (au bout se séparant en deux, comme une langue de serpent) pour ratisser le fond de l’eau. On change d’endroit régulièrement, de cours d’eau en marécages herbeux, mais nos recherches restent vaines. Des nuages cachent le soleil. Wilfredo nous explique qu’il n’a pas plu les deux derniers mois, que le temps de la veille était absolument exceptionnel, et que les anacondas se cachent en l’absence de soleil. C’est con. On continue quand même à chercher. Iain est à deux doigts de tomber dans le marais, il se stabilise avec un bras qu’il plonge dans l’eau sans avoir à mouiller le reste. Yohanna, par contre, vacille complètement et tombe le cul dans l’eau boueuse. Ca c’est fait. Un peu plus loin, sur le chemin du retour, on aperçoit un autre groupe qui a lui trouvé un anaconda ! On le rejoint et on observe la bête. Environ 2m, pas le plus grand spécimen de son espèce (certains peuvent atteindre 9m !), mais quand même impressionnant. On le fait sortir de son talus, on le touche (tout doux), Diego le brandit en l’air.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un peu plus loin, le terrain est presque dépourvu de végétation à part de l’herbe. Wilfredo nous explique que des vieux du coin brûlent régulièrement la pampa sur des lieues à la ronde pour que leurs troupeaux de vaches puisse brouter peinard. Ils sont maintenant interdits de le faire, mais ne comptent pas s’arrêter pour autant. Ils sont fous ces vieux de la pampa. Et effectivement, des vaches broutent au loin, côtoyées par quelques chevaux. Globalement Wilfredo parle beaucoup dans sa barbe, aux personnes les plus proches de lui, et n’a définitivement pas l’enthousiasme communicatif d’un Edgar. Mais il nous éclaire quand même sur certains trucs, c’est déjà ça. On rentre vers 11h30 au camp de base pour bouffer. Nico a encore pété les plombs en nombre de plats. La matinée a quand même été fatigante et on se jette dessus comme des affamés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après un petit repos à lire dans les hamacs et à jouer avec les singes, on repart en barque vers 14h. Objectif : aller nager avec les &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;dauphins roses&lt;/span&gt; ! Wilfredo stoppe l’embarcation au milieu d’une sorte de cuvette élargissant le fleuve, où on a vu de nombreux dauphins la veille. On est d’abord trois à se baigner : Iain (prononcer « Yen »), Yohanna et moi-même, avant d’être rejoint plus tard par Christina et Diego. Il faut dire que se baigner dans des eaux totalement marron de boue et dans lesquels nagent piranhas et caïmans n’a rien de très excitant au premier abord !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plusieurs reptiles nous regardent de la rive. A un endroit, mes pieds touchent quelque chose de visqueux et je hurle : c’est en fait seulement le fond, recouvert d’une couche gluante de dépôts divers. Et puis il y a les dauphins, qui apparaissent à intervalle varié, sautant et replongeant dans l’eau, pas très loin de nous. Il y en a beaucoup moins que la veille, mais il y en a. Wilfredo nous dit qu’aucun animal n’attaque les baigneurs tant qu’ils sont entourés de dauphins. Merci les gars.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soleil est maintenant seul dans un ciel totalement découvert, il fait chaud et on sèche rapidement. On revient un peu sur nos pas pour prendre un bras du fleuve et s’y arrêter. C’est l’heure de la pêche aux &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;piranhas&lt;/span&gt; ! Wilfredo nous montre comment pêcher au fil, en accrochant des morceaux de viande crue au bout d’un hameçon et en tirant fort et au bon moment. Le truc est flippant : à peine les morceaux de viande immergés dans l’eau, ils se font immédiatement engloutir par ces poissons carnivores. Je repense au fait que j’étais moi aussi dans l’eau, à quelques dizaines de mètres de là. Gloups. Après un peu d’entraînement je m’avère être un pêcheur pas complètement naze. Mais je n’attrape presque que des petits piranhas, les jaunes. J’ai pitié, trop petits, je les rejette à l’eau. Je pêche plusieurs petites sardines aussi. Me semblant qu’elles n’ont pas encore embrassé leur destin, je leur rends aussi leur liberté. En fait je me sens incapable de tuer un poisson, c’est nul. Finalement je choppe un piranha jaune. Je prends mon courage à deux mains pour l’assommer contre le rebord du bateau. Il bouge encore. Je m’y reprends à dix fois, et j’ai toujours l’impression que le poisson est en vie. Je le tambourine encore plusieurs fois de toutes mes forces. Là je crois qu’il a son compte, mais je suis tremblant. Wilfredo me dit très justement : « si tu ne veux pas tuer les poissons, il ne faut pas pêcher ». Je m’en souviendrai. On a finalement 4 piranhas pour le dîner, un jaune (le mien) et trois rouges (pêchés par Wilfredo et Diego). Alice en a eu marre au bout de quelques minutes après avoir fait choux blanc, mais je lui soupçonne un peu moins de manières que moi si elle avait eu à tuer une de ces pauvres bestioles carnivores.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On est de retour vers 17h30. Encore un temps de repos. Les petits singes du coin sont maintenant nos potes. Alice veut absolument en ramener un, je prie pour qu’elle n’y arrive pas, tout en lui disant le contraire bien sûr. Le coucher de soleil est encore un grand moment. Les musiciens, couchés dans des hamacs, jouent et chantent une version espagnole d’ « &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Imagine &lt;/span&gt;» de John Lennon, alors qu’une bonne bière fraîche coule dans nos gosiers et que le soleil rouge embrase la Pampa.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le dîner est exagéré, les plats sont innombrables et délicieux, pour tous les goûts. Les piranhas grillés arrivent en dernier, comme un trophée. Et puis Nico a fait un gâteau, c’est l’anniversaire de Taby, l’une des australiennes, qui a 27 ans aujourd’hui. Les gars de l’agence ont capté le truc sur la fiche d’inscription et lui ont préparé une surprise. Sympa. La discussion tourne voyage, itinéraires des uns et des autres, anecdotes loufoques et plus grandes incompréhensions sur la route.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers 20h, il fait nuit noire. Wilfredo nous propose de faire un dernier tour sur le fleuve pour observer la luminosité des yeux de caïmans dans la nuit. Ok ! On n’allume pas le moteur, on se laisse glisser par le courant en écoutant les bruits de la pampa et en éclairant les rebords à l’aide de nos lampes de poche. Les yeux des caïmans et des alligators réfléchissent la lumière de nos torches en de petits scintillements rouges. On en dénombre une centaine, qui se reflètent parfois eux même dans l’eau. La balade est vraiment reposante, et on a l’impression de découvrir une autre facette du fleuve. Le retour, contre courant, se fait avec le moteur, et on revoit tous les yeux rouges filer à toute allure à droite comme à gauche. De retour, on  ne fait pas long feu avant de s’éteindre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Mercredi 26 août&lt;/span&gt; - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pampa / Dia 3&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai très mal dormi, fais d’affreux cauchemars. Mes enfants (?) étaient devenus méconnaissables, avaient vendu leur âme au diable ou quelque chose comme ça. Je les regardais dans les yeux sans les reconnaitre, et ça m’emplissais d’une peur infinie. Réveillé en pleine nuit, remplie de tous les bruits étranges de la nuit, je n’ai même pas eu le courage d’aller aux toilettes. Le réveil à 7h m’apparait presque comme une délivrance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après un dernier petit déjeuner ultra copieux, on embarque une fois encore sur le fleuve. Cette fois, on va plus loin qu’on n’est jamais allé, à une allure pourtant très cool, et on prend le temps d’admirer le paysage et la faune, en perpétuelle évolution. On retrouve un tas d’animaux déjà aperçus, mais d’autres encore. En regardant bien dans les arbres, on aperçoit des perroquets aux couleurs rouges vives, qui nous racontent on ne sait quoi (surement des conneries), et puis des petits colibris (enfin on croit). Le soleil est au rendez-vous aujourd’hui, et les tortues sont toutes de sortie, les unes sur les autres (dans des positions très moyennement catholiques), par dizaines à chaque fois. Certaines d’entre elles plongent dans l’eau en nous voyant arriver, alors que les autres nous lancent des regards d’un vide absolu. Des aigles tournoient au dessus de nous, se posant parfois dans les branches d’un arbre. A un endroit du fleuve, sans doute plus profond, on se retrouve littéralement entouré de dauphins roses, qui ne cessent de sauter autour du bateau. On a vraiment l’impression d’être dans un autre pays avec Alice, dans un autre voyage. Il y a quelques jours à peine on se caillait sur des volcans à 5000m d’altitude, et là on est dans la jungle amazonienne avec des dauphins et on crève de chaud. Hallucinant. On a du mal a se dire que le voyage touche à sa fin aussi, et on profite de tous ces instants au maximum, conscients qu’ils  sont précieux et qu’ils resteront.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De retour à 10h30 au camp de base, on fait nos sacs pour le départ et… on mange à 10h45 ! C’est de la folie, je n’ai jamais mangé autant. Je crois que pour la première fois en voyage je risque de rentrer avec quelques kilos en plus ! C’était pas vraiment le but, mais la nourriture est tellement bonne ici qu’il est difficile de dire non. Wilfredo est de plus en plus antipathique avec le temps, se fout un peu de notre gueule ouvertement, nous engueule si quelqu’un n’a pas entendu une consigne qu’il a dit en murmurant avec le moteur allumé… personne dans le groupe n’est très fan. Nico par contre (le cuistot) a bien mérité un pourboire !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A midi, on est sur le bateau pour le chemin retour jusqu’à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Santa Rosa&lt;/span&gt;. Dans le sens du courant, on ne met qu’une heure et quart pour faire le trajet, en plein cagnard. Moi, comme un con, j’ai fait péter le t-shirt et n’ai pas jugé opportun de m’enduire de crème… je m’en mordrai les doigts le soir même. On repart en jeep vers 14h, pour 3 bonnes heures de route de Santa Rosa à Rurre. Toujours aussi pourrie, la route a toutefois séchée. Ca ne nous empêche pas de crever une fois de plus. La routine quoi. A 30 minutes de l’arrivée, Christina se rend soudain compte qu’elle a oublié sa sacoche avec tous ses papiers et son pognon lors de la pause précédente, à 30 minutes de route également. On insiste tous pour y retourner, mais Wilfredo et le chauffeur nous font comprendre qu’ils n’ont pas que ça à faire, qu’il faut faire attention à ses affaires. Pas cool. Du coup je prête 300 Bs à Diego, qui parvient à stopper un motard acceptant de faire l’aller-retour avec lui. J’ai l’impression d’avoir eu tellement de galères de ce genre dans ma vie que la vivre comme simple observateur me semble presque irréel. Si je pousse un peu, avec le recul de ce jour où j’écris ces lignes, j’ai presque un début de pointe de jalousie ! Mais mieux vaut ne pas pousser ;-)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Retour à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Rurre&lt;/span&gt;. La meuf présente dans le bureau de l’agence n’a pas la clé permettant d’ouvrir le tiroir dans lequel on a laissé nos passeports, on devra repasser. Retour au Curichal, le vieux est définitivement cool. Bonne douche et repos. On voit un papillon géant. Christina me rend l’argent prêté, tout roule. On retourne à « Dolphin Travel » vers 19h, nos passeports nous sont rendus. On voit avec elle s’il est possible d’aller faire un tour dans la jungle le lendemain matin, histoire de profiter jusqu’au bout, et vu que notre vol est à 16h20. Elle nous dit que oui, on organise tout, et puis soudain elle se rappelle qu’elle a entendu que le vol de la TAM serait annulé le lendemain. Elle passe un coup de fil et confirme : on ne pourra rentrer par ce vol. On avait prévu une légère marge pour être sûr d’être à La Paz à temps et pour y faire des emplettes, mais c’est quand même préoccupant. Elle nous dit qu’on peut se faire rembourser en cas d’annulation, et qu’on peut prendre un vol d’une autre compagnie, AmasZonas. Elle passe encore des coups de fil, il reste bien de la place pour le lendemain, à 13h. On annule la jungle, ça va faire short. Elle nous dit de revenir la voir vers 8h, à l’heure d’ouverture des agences, pour nous aider à gérer tout ça. Super gentille la madame. Pas comme la majorité des habitants de la ville, qui répondent à peine à nos questions et qu’on a l’impression d’emmerder au plus haut point, beaucoup moins tranquilles que dans les hauteurs de l’altiplano.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Remis de ces changements de dernière minute, on va manger une bonne pizza (de la bouffe de gringo) au « Monkey bar ». Ambiance feutrée, bougies et Smashing Pumpkins (décidément). L’appel du lit prend le pas sur les autres options qui s’offrent à nous. J’ai des coups de soleil partout, ça  brûle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Jeudi 27 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On se lève pour filer à « &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Dolphins Travel&lt;/span&gt; » et régler définitivement nos histoires de vols. La madame nous accompagne au bureau de la TAM.  Ca ouvre juste, personne n’est compétent, le gars regarde nos billets et nous dit d’aller au bureau central de La Paz pour procéder au remboursement. Bon. Le bureau d’AmasZonas est plus spacieux, plus pro, presque tout le monde passe par cette compagnie. La meuf nous dit qu’il n’y a plus de place pour 13h, mais qu’il y en a pour… 9h30, décollage dans 1h20 ! On commence par dire ok, avant de se rappeler qu’on a du linge à la laverie, qui ne sera prêt qu’à 11h ! On hésite à prendre un vol le lendemain matin, et puis finalement il reste 2 places dans celui de 11h30, ça nous laisse plus de temps, on accepte de suite. Les billets en poche, on court à la laverie en demandant s’ils peuvent se dépêcher, ils nous répondent que tout sera prêt pour 9h30. Parfait. Pffff, que de rebondissements, on a bien mérité un bon petit déj dans un établissement à la cool.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On rentre à l’hôtel chercher nos affaires, dire au revoir à la petite famille, on va chercher notre linge tout propre, et nous voilà à l’heure pour prendre le bus en direction de l’aéroport. Le vol n’est pas à l’heure, lui, et on attend un bon moment que l’avion atterrisse et que les voyageurs sortent pour pouvoir y rentrer à notre tour. Il n’y a qu’un avion qui fait 5 allers-retours par jour entre Rurre et La Paz ! La gestion à l’aéroport est au moins aussi roots qu’à La Paz, pesée à un endroit, retrait des cartes d’embarquement ailleurs, règlement d’une taxe d’aéroports « spécial touristes » à un troisième guichet. On nous appelle dehors pour rejoindre l’avion sans passer par la porte d’embarquement (ils doivent avoir perdu la clé du cadenas).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’avion est minuscule, beaucoup plus petit que celui de la TAM. 19 places passagers seulement ! Je n’ai jamais pris un avion « de ligne » aussi rikiki. La porte menant au cockpit n’est pas fermée. L’avion décolle après une accélération très rapide sur la courte piste herbeuse. Ca fait quand même peur. D’en haut le spectacle du paysage est toujours aussi beau, mais les secousses se font beaucoup plus sentir, surtout arrivé en fin de parcours, l’avion étant en proie aux bourrasques de l’altiplano. L’arrivée est assez remuante, ça secoue dans tous les sens, on est content d’avoir atterri. A côté de nous, un gars est totalement en nage, dégouline de ce qu’on pense avoir été une grosse frayeur. On récupère nos affaires et on fonce dans un micro à destination du centre ville.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Juste avant d’arriver place San Fransisco, Alice aperçoit Marc sur le trottoir, notre pote montagnard du sud-ouest qu’on avait laissé prêt de la frontière chilienne ! On sort du véhicule et on court dans sa direction, mais en vain, il a déjà été absorbé par la foule se pressant dans les rues aux allures de marché. On retourne donc à notre QG de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;La Paz&lt;/span&gt;, l’hostal Sagarnaga. Les gars nous reconnaissent et nous parlent en français. On se sent un peu chez nous ici. On va se manger un petit en-cas et d’obligatoires « platano con leche » au Pepe’s bar. De retour à l’hôtel, Alice sombre dans une bonne sieste pendant que je profite du Wi-Fi dans la chambre (yeah !) pour regarder mes mails en retard, y répondre, me rencarder sur les actualités françaises, internationales et musicales, uploader de nouvelles photos sur &lt;a href="http://www.facebook.com/editalbum.php?aid=113551&amp;amp;add=1&amp;amp;__a=1&amp;amp;nctr%5Bid%5D=0cf90f9303bcde40355ab961382eb52f&amp;amp;nctr%5Bct%5D=1251489814676&amp;amp;_fb_iframe_path=%2Feditalbum.php&amp;amp;htmlup=1#/album.php?aid=113551&amp;amp;id=709050807"&gt;Facebook&lt;/a&gt;… glander sur la toile, comme ça ne m’ai pas arrivé depuis longtemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je finis par aller au bureau de la TAM pour le remboursement des billets. Je poireaute super longtemps avant qu’un gars s’occupe de moi et me dise qu’il ne peut rien faire sans Alice, on doit être tous les deux présents. Ok, on verra ça demain. Au réveil d’Alice, on va dîner dans notre resto préféré « &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Colonial Pot&lt;/span&gt; », on a nos petites habitudes ici. Elle commande un hachis Parmentier pendant que je me régale d’un filet de lama, rosé, absolument délicieux, accompagné d’une sauce aux champignons, d’une bonne purée maison et d’un peu de riz. Le riz, c’est parce que mes intestins ont fini par succomber (au moins en partie) à la bouffe locale. Et Alice n’est pas au top non plu. Mais bon, on a quand même bien tenu, hein. On va se coucher totalement repus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Vendredi 28 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On se lève vers 8h après une bonne nuit de sommeil. Après un bon petit déj au Pepe’s bar, direction le bureau de la TAM (on va y arriver). Le gars de la veille nous fait encore patienter devant une télé qui diffuse des clips géniaux. On voit enfin le clip du tube de l’été d’Amérique du Sud, qu’on a entendu partout, aussi bien au Pérou qu’en Bolivie, et qui fait un truc comme « One, two, three, four, un, dos, tres, quatro, RUMBA ». Une tuerie qui laisse des traces dans la tête. Le clip montre plein de meufs à moitié nues remuant leur cul, évidement. On apprend que le chanteur s’appelle « &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pitbull &lt;/span&gt;». Classe. Dans un autre style, « &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Fey &lt;/span&gt;», mélange de Lorie et de Kylie Minogue, elle est aussi tout à fait recommandable. Quand il a finit de remplir des tas de paperasses, le type nous en fait signer plein aussi, et nous assure que l’argent sera directement reversé sur le compte d’Alice. Ca, c’est fait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On retourne faire un tour en ville, bien décidés à acheter quelques souvenirs ou petits cadeaux dans les ruelles marchandes autour de l’hôtel. On passe la majeure partie de la journée posé au Banais Café pour lire et écrire, et à arpenter les rues pour faire des achats. On a promis à Plak qu’on lui ramènerait un fœtus de lama… maintenant il faut que les douanes le laissent passer ! Alice tombe amoureuse d’une boutique de fringues tenue par un français (né à l’hôtel Dieu à Lyon !), « Gitano Urbano », qui fait des habits à la fois traditionnels et complètement dans l’air du temps, découpés classe. Il nous explique plein de trucs sur la laine d’alpaca. Alice repart avec un sac bien rempli ! Il nous conseille d’aller le déposer à l’hôtel sans trainer, un commerçant s’étant fait tuer par une barre en fer dans le cou la veille au soir, à l’angle de la rue ! Hum, ok.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On est actuellement au Banais Café ou Alice vient de finir « Des souris et des hommes » de Steinbeck, et d’où j’écris ces dernières lignes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre avion décolle demain matin à 6h55 de l’aéroport « El Alto » de &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;La Paz.&lt;/span&gt; Pour &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Lyon&lt;/span&gt;. Via &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Miami &lt;/span&gt;et &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Londres&lt;/span&gt;. Là, ça sent vraiment la fin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Vendredi 28 août&lt;/span&gt; – &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Paz / 20h02 &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31148985-1395185750852640276?l=ericde.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ericde.blogspot.com/feeds/1395185750852640276/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31148985&amp;postID=1395185750852640276' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/1395185750852640276'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/1395185750852640276'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ericde.blogspot.com/2009/08/pampa.html' title='Pampa !'/><author><name>ericde</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07232488413902604705</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://photos1.blogger.com/blogger/5227/3356/1600/DEad.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31148985.post-6341701713287310993</id><published>2009-08-23T17:33:00.005+02:00</published><updated>2009-08-23T17:44:12.959+02:00</updated><title type='text'>Mines du Diable &amp; Farniente</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimanche 23 août&lt;/span&gt; – &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Paz&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ca y est, le retard est rattrapé ! Et en plus j’ai eu le temps de mettre pas mal de photos en ligne sur Facebook. Je les mets au fur et à mesure, c’est un peu long. C’est &lt;/span&gt;&lt;a style="font-weight: bold; font-style: italic;" href="http://www.facebook.com/photos/?ref=sb#/album.php?aid=111823&amp;amp;id=709050807"&gt;ICI&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;. On va complètement changer d’environnement pendant les 4 prochains jours : au milieu des anacondas, des piranhas et des caïmans, dans la moiteur étouffante d’une jungle hostile. Hum. En attendant voici le récit de ces 5 derniers jours, entre l’horreur des mines de Potosi et la sérénité de la ville de Sucre.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Mardi 18 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La route entre &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Uyuni &lt;/span&gt;et &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Potosi &lt;/span&gt;est en train d’être refaite entièrement en goudron (Evo ?). Après 5h de routes caillouteuses et en lacets entre les montagnes, la dernière heure est donc beaucoup plus rapide. On a juste envie de taper les cons de français qui gueulent pour un rien et qui donnent des bonbons à tous les enfants qui passent en se prenant pour les sauveurs du pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A 16h30, taxi pour le centre ville de Potosi à la recherche d’un hôtel pas cher et sympa (comme d’hab). L’hostal Maria Victoria devrait convenir, avec ses chambres entourant un petit patio extérieur bien agréable. Délestés de nos grosses affaires, petite promenade en ville. La ville est, un peu comme La Paz, entièrement en pente, dans tous les sens. On a vite le sentiment d’une ville pleine de contrastes. D’un côté, elle semble grande, peuplée, branchée, moderne, avec des tas d’étudiants sillonnant les rues (dans leurs costumes scolaires ou habillés djeuns), plein de librairies, de cafés, de boutiques ouvertes tard. Et de l’autre côté, on sent une ville indissociable de son histoire, avec son architecture assez coloniale, ses dizaines d’églises catholiques dans tous les sens, et surtout le « cerro rico » visible où que l’on se trouve, la fameuse montagne au pied de laquelle fût érigée la ville pour les inépuisables réserves d’argents et autre minéraux qu’elle contenait. Le spectre de la montagne confère à la ville, qu’on le veuille ou non, une ambiance très spéciale. La population a beau être en grande partie passée à autre chose, la montagne reste là, immense, rougeoyante, forte de ses 5 siècles de travail minier et de ses 8 millions de morts. Etrange présence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On visite la cathédrale de la &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;plaza 10 de Noviembre&lt;/span&gt;, centrale. On est seul, un  guide nous accompagne et nous explique les tableaux de l’époque coloniale, les retables, les médaillons à la gloire de Marie, l’orgue (orphelin depuis peu du seul « maitre » savant en jouer !), tout le tralala. Tout en haut d’un des clochers (renfermant 5 cloches immenses), on a un aperçu de toute la ville, qui déborde en grimpant sur toutes les montagnes adjacentes. On voit les très nombreux clochers d’églises, les couvents, les ruelles qui serpentent, les places, vertes et bien entretenues, et bien sûr le cerro rico, toujours, régnant sur les lieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On se pose dans le café « La Plata » pour boire un bon lait au miel, et puis on traverse la rue pour s’attabler au resto « El Meson », au cadre romantique et précieux, mais aux plats tue-l’amour et précieux (lire chers). Même la viande de lama y est moins bonne que celle préparée par Edgar ! On va se coucher pas trop tard, après que j’ai réservé un tour à l’intérieur de la mine le lendemain matin. Alice, un peu claustro et n’ayant pas du tout envie de vivre cette expérience, fera la grasse mat !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Mercredi 19 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me lève un peu tôt, laissant Alice à ses rêves, pour prendre le petit déjeuner peinard à l’hôtel. Ni copieux ni bon (café pisseux, pas de jus de fruit, pain réchauffé et sec), mais ça cale quand même un peu. Dans l’entrée, la télé est toujours allumée, que quelqu’un la regarde ou non. Principalement sur le tennis (Masters de Cincinnati). Cette fois c’est les infos boliviennes, pas cadré, aucun reportage et son digne d’un caméscope des années 80. Ca parle de la grippe A bien sûr, et puis d’une manifestation bloquant tout passage de véhicule entre Potosi et Sucre, depuis deux jours. On doit se rendre à Sucre le lendemain…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis le seul inscrit pour aller voir les mines. Une meuf pas très communicative se pointe et me demande de la suivre. Elle trouve quelqu’un d’autre pour partir avec moi, un allemand dreadeux, venant d’un autre hôtel, et elle nous lâche dans un « micro » (petits bus publics qui sillonnent la ville dans tous les sens). On croit d’abord devoir se débrouiller, avant qu’une femme nous dise de sortir un peu plus loin. Petite, trapue, 40 ans environ, elle se présente comme notre guide et nous emmène d’abord au marché pour acheter des sacs de feuilles de coca et des sodas à offrir aux mineurs. Et puis avec Schultz (je me rappelle plus son prénom, mais « Schultz » a un bon potentiel comique), on achète un bâton de dynamite, histoire de voir comment ça marche. Et surtout parce qu’on est des garçons, on aime bien les explosions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Roberta (c’est vraiment son prénom) nous emmène ensuite dans un garage pour se changer : imper jaune complet, bottes, casque et lampe avec recharge accrochée dans le dos. On se retrouve vite dans un autre minibus, mélangé à un autre groupe, en direction du cerro rico.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arrivé là-bas, on nous fait la démonstration de plusieurs explosions de dynamite. L’autre groupe en a aussi acheté. C’est les guides qui préparent le tout et qui s’en vont allumer la mèche plus loin, dans le paysage désolé qui s’étend devant nous. Ils reviennent vite, et effectivement ça pète fort. Deux grosses déflagrations qui coupent littéralement le souffle. On grimpe ensuite jusqu’à l’entrée de la mine, et on se retrouve à nouveau trois, avec Schultz et Roberta. Des dizaines de wagonnets plus ou moins rouillés sont disposés là, à côté de tas de pierres, et puis quelques mineurs assis en silence, mâchant de la coca en se reposant. Roberta allume nos lampes, on s’engouffre dans le boyau de la mine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On marche dans une vingtaine de cm de flotte boueuse, et le boyau se rétrécit rapidement, surtout en hauteur. Soudain Roberta a l’air paniquée et repart en arrière en courant ! Grosse peur. En fait elle cherche un endroit ou le tunnel est un peu plus large pour qu’on puisse se coller contre la paroi et laisser un charriot rempli de minerais continuer son chemin sans avoir à freiner à notre approche. Les wagonnets remplis pèsent jusqu’à 2 tonnes et sont extrêmement difficiles à arrêter, surtout en descente. Cette mine, assez « moderne », est sillonnée de rails permettant le transport des minerais. D’autres mines plus petites ne sont équipées que de brouettes. Roberta nous explique que le principal est de ne pas déranger les mineurs en plein travail, de les respecter autant que possible et de les laisser travailler à leur rythme. Le principal sport dans la mine est donc d’être à l’écoute des bruits qui l’animent, et d’être prêt à se plaquer contre la paroi, voire de rebrousser chemin en courant jusqu’à l’embranchement précédant si un charriot se pointe. Ca a un côté assez stressant, sachant que les tunnels sont souvent très étroits, qu’on y marche souvent la tête baissée, voire presque à quatre pattes. Pas très rassurant. Il fait d’abord très froid, mais l’atmosphère se réchauffe a fur et à mesure qu’on s’enfonce dans la mine. Et devient vite irrespirable. De la poussière, des vapeurs de produits plus ou moins toxiques. Heureusement des tuyaux d’air comprimé parcourent la mine et des aérations sont régulièrement ouvertes pour permettre aux tunnels d’être un peu plus respirables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On arrive devant « El Tio ». El Tio, c’est le diable de la mine, qui protège ou tue les mineurs, selon les croyances locales. Les mineurs sont pour la plupart catholiques et prient Dieu à l’extérieur, mais à l’intérieur c’est le Tio qu’ils vénèrent. Ils font des offrandes régulières aux nombreuses statues à son effigie. Ils disposent des feuilles de coca tout autour, des guirlandes, des clops dans sa bouche, versent de l’alcool (à 96°) sur lui en prononçant son nom et celui de Pacha Mama. Chaque Tio a un gros sexe en érection, les mineurs pensant que s’il copule avec la Pacha Mama (la terre), les mines seront beaucoup plus fertiles en minéraux. Il y a un tas de superstitions ici, il faut faire attention à ne pas froisser les travailleurs (pour certains par exemple, les flash d’appareils photo détruisent les minerais). El Tio décide de tuer les mineurs qui ne l’auraient pas assez adoré, en faisant exploser une dynamite en retard par exemple, au moment ou le mineur revient pour voir le résultat de l’explosion. Faut pas faire le con avec le Tio.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De nombreux charriots remplis passent à côté de nous, poussés et tirés par de jeunes travailleurs. On s’enfonce encore un peu plus bas. On arrive rapidement à des températures avoisinant 35°, on transpire dans nos imper et dans nos casques. On se faufile dans un trou par une vieille échelle branlante, puis en rampant dans un conduit jusqu’à arriver à un cul de sac ou un mineur est en train de faire un trou dans la roche avec une longue tige en fer et un marteau. Il travaille ici depuis 10 ans. Il nous explique que le gros de son travail est de faire des trous de 20 à 30 cm de long, du diamètre d’un bâton de dynamite, pour faire exploser la paroi comme il faut. Il nous montre la roche à sa droite : de la simple pierre. A sa gauche, on voit nettement un filon de minerais brillant (argent et zinc, nous dit-il). Le mineur doit provoquer une explosion faisant s’écrouler la partie gauche mais pas la droite, sinon c’est une journée entière de perdue à nettoyer l’éboulement foireux, et pas de salaire. Ici tous les travailleurs sont payés au résultat, quel que soit la pénibilité de leur travail quotidien. Et la mine n’est plus la source immense de richesse qu’elle était (et qui a abreuvé l’Espagne pendant plusieurs centaines d’années).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les mineurs travaillent seuls ou à plusieurs, jusqu’à 25 en même temps selon la taille des tunnels et des filons. On passe dans des boyaux qui empestent la poussière d’arsenic (selon Roberta), ça pue et ça fait tousser. Et surtout ça tue à terme ! Les mineurs meurent tous en moyenne après 15 ans passés dans la mine, à cause de ce qu’ils y respirent. Gaz nocifs (dangereuses poches de monoxydes de carbone), produits chimiques… les décès sont principalement dus à la silicose, ou à d’autres problèmes respiratoires. S’ils ne surviennent pas accidentellement auparavant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A partir du moment où un mineur descend en dessous de 50% de sa capacité respiratoire (certificat médical à l’appui), il a le droit d’arrêter de travailler et touche une pension de 15$ par mois. S’il meure, cette somme continue à être distribuée à sa famille. Ils sont tous au courant du danger, mais pour la plupart ils estiment ne pas avoir le choix de travailler ici, et sont fiers d’être mineurs, de faire ça pour nourrir leur famille. Les conditions de travail sont affreuses. En sortant de la mine après 2h30 à l’intérieur, j’ai déjà l’impression d’être un survivant et d’avoir fait un exploit. Eux y sont pour 20 ans, 8 à 10h par jour. L’un des mineurs m’a dit être déjà resté 32h là dedans, car le travail ne pouvait attendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je rentre tout chamboulé de cette expérience. Les images du travail dans l’antre du diable resteront gravées longtemps dans ma tête. Il est un peu plus de 13h, je retrouve Alice et on va manger un bout en ville. A défaut d’être cher, l’almuerzo du midi (soupe de maïs bien grasse, morceaux de poulet baignant dans le gras et salade de fruit en boîte) dans n’est pas bon non plus. On dépose du linge sale à l’unique laverie de la ville, avant de rentrer dans la Casa de la Moneda, musée sur l’histoire de Potosi, notamment lié à l’histoire de la monnaie frappée ici avec l’argent des mines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La visite guidée (obligatoire), en français, se fait en compagnie d’une famille de Longueuil (banlieue de Montréal au Québec) et de deux… lyonnais ! Bien sûr je fais la pub pour les concerts Mediatone de la rentrée, je ne peux pas m’empêcher. On traverse des tas de salles dans ce grand bâtiment colonial bien entretenu. Pinacothèque exposant de nombreux tableaux anonymes de l’époque coloniale, montrant notamment les conquistadors s’installant devant le cerro rico et commençant à faire exploiter la mine. On découvre surtout les différents instruments et techniques permettant de frapper la monnaie au cours du temps : à la main, par le travail de chevaux mettant en branle d’immenses mécanismes de bois sur plusieurs étages, puis par le truchement de machines à vapeur, et enfin électriques. Le comble, c’est qu’après avoir été l’un des centres mondiaux de confection de monnaie, Potosi a stoppé toute sa production en 1956, pour faire frapper sa monnaie en France (à Rennes), et imprimer ses billets au Chili (moins cher) ! On voit aussi des momies découvertes dans des églises, et puis des sculptures en argent et des objets de l’époque  coloniale. Intéressant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On passe le reste de la journée à baguenauder dans les rues, dans les marchés, à la recherche d’objet d’art (non, je n’achèterai pas de bijoux !) et de tissus notamment. On a beaucoup de mal à respirer ici, beaucoup plus que dans le sud-ouest où on a été pourtant à des altitudes plus élevées. On s’arrête au Café 4060 (l’altitude de la ville), un établissement décoré, super contemporain, agréable, Andres Calamaro en fond sonore. On en profite pour se manger une bonne pizza au chorizo, et puis des ravioles à la crème, fromage et noix. Top. Je crois qu’on en avait un peu un ras-le-bol de la cuisine locale, du coup on se régale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Encore une petite promenade pré-nocturne, avant de retourner au Maria Victoria. Le gars de la réception a capté que je m’intéressai au tennis, il m’informe que Federer a gagné son match. Merci.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Jeudi 20 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lever vers 9h suivi d’un petit déj peinard. On passe toute la matinée à se balader dans Potosi, à profiter du grand soleil. Retour au Café « La Plata » (l’argent) pour boire un vrai bon double expresso. A côté de nous, un couple de français qui étaient dans le même bus que nous en provenance d’Uyuni, puis déjà dans ce même café la veille, puis dans le même resto que nous plus tard… on finit quand même par se parler. Ils ont le même plan que nous : partir pour Sucre dans l’après-midi. Je leur propose donc de partager un taxi, à peine plus cher et deux fois plus rapide selon le Lonely. Ils sont ok, on grignote un petit en cas, et puis on se donne RV vers notre hôtel. De là on part ensemble prendre un micro jusqu’à la gare routière d’où les taxis partent aussi. Et là on s’aperçoit que les 2 français sont un poil neuneus : ils sont tout excité de prendre un bus local pour la première fois de leur voyage, parlent tout gentiment, tout doucement, avec une bienveillance qui frise le désagréable. On a un peu envie de leur botter le cul. Mais bon ils sont gentils, hein. On trouve tout de suite un taxi, le prix est bien celui prévu, tout roule, c’est parti. Le trajet dure 2h30, pour 200 km environ ! La route de montagne est totalement refaite et le chauffeur trace comme un fou, à 120 km/h en prenant les virages à fond. On a perdu l’habitude de tant de vitesse. Après avoir papoté un peu voyage avec nos compagnons de route culs-bénis, on n’a vite plus rien à se dire et l’ambiance tombe vite dans la contemplation des paysages et l’écoute passionnée de la Lara Fabian bolivienne qui hurle dans le poste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le taxi nous laisse sur la &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Plaza 25 de Mayo&lt;/span&gt;, on part vite de notre côté avec Lilice. Rappelons que Sucre est la capitale de la Bolivie (même si le gouvernement est actuellement installé à La Paz). Son nom vient du général d’armée qui a libéré la ville en 1825 sous les ordres de Simon Bolivar, le grand libérateur du joug espagnol, et qui a lui donné son nom au pays. La Bolivie n’a donc pas encore 200 ans. Bolivar n’a en réalité pas libéré que la Bolivie, mais aussi le Vénézuela, la Colombie, le Pérou… il est adulé par toute l’Amérique du Sud pour avoir rendu leur indépendance à de nombreuses populations. Etrangement, il est pourtant mort seul, abandonné de tous, son rêve d’unification de tous les pays libérés (La « Grande Colombie ») ayant réveillé les dissensions internes et s’étant fait écarté de tout type de pouvoir. Il est aujourd’hui porté aux nues, au même titre que Che Gevarra, qui n’a lui non plus eu que très peu de soutien local quand il tenté de monter une guerilla pour renverser le pouvoir ici, comme il l’avait fait à Cuba. C’est d’ailleurs en Bolivie que le Che s’est fait fusillé, près de Santa Cruz, après des mois de vaines luttes armées avec ses quelques compagnons d’infortune.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sucre est une grande ville qui semble tout de suite très sereine. Le centre ville ne renferme quasiment que de beaux bâtiments coloniaux chaulés, aux jolis toits de tuiles rouges. On croise plein de jeunes branchés dans les rues et les jolies places super bien entretenues. Des rues remplies de bars, de restos, de magasins de fringues ouverts tard la nuit. C’est super agréable de se promener. On voit au loin des sommets, tout autour de la ville. La ville est en fait posée sur de nombreuses petites collines, les rues grimpent et descendent à tour de rôle. De très nombreuses églises là aussi. Et puis des centaines de cabinets dentaires et de cabinets d’avocats !! On ne voit que ça. Il y a certaines rues avec 5 dentistes et 5 bureaux de conseils judiciaires côte à côte ! A priori les avocats s’occupent en particulier de problèmes du genre « qui a découvert le bon filon en premier dans la mine », et les dentistes… ben c’est vrai qu’à ce niveau là ya du boulot, ils ont quand même tous les ratiches bien pourries. Il y a plus de personnes habillés à l’occidentale ici, même si on continue à croiser très régulièrement des femmes en habit traditionnel avec leurs tresses et leur tissu multicolore dans le dos, contenant babioles, légumes ou enfants, c’est selon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On se trouve un petit hôtel sympa, le « Veracruz », avec une chambre avec télé (je pourrai mater le tennis discrètement). On passe la fin d’aprèm à gérer la suite du voyage : on s’achète deux allers-retour La Paz-Rurrenabaque, on a décidé de terminer le trip par une touche de forêt amazonienne, et le bus est fortement déconseillé pour s’y rendre (la route est connue pour être « la plus périlleuse du monde » !). L’avion a un prix super raisonnable par ailleurs. Et puis on va s’acheter notre ticket de bus Sucre-La Paz, deux jours plus tard. On peut maintenant se la jouer tranquille à Sucre, profiter de la sérénité de la capitale. On se pose au « Joy Ride café », près de la place principale. Ambiance pub branché, musique rock ‘n roll, grosses platées de viandes et de frites à la sauce piquante, cannellonis et bonne bière. Royal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De retour à l’hôtel, Nadal mettre sa pâtée à Mathieu, et puis on s’enfile plusieurs épisodes de « Damages » dans le lit. Est-on encore en Bolivie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Vendredi 21 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin une vraie grasse mat. On rouille un peu dans le lit, on prend le temps pour une fois, on est bien. A la télé, Benneteau est en train de battre Murray. J’apprendrai plus tard dans la journée qu’il s’est finalement pris une raclée. On arrive au Joy Ride Café vers 11h30, et on se prend un petit déjeuner 4 étoiles : une grosse de grosse omelette sur pain grillé avec oeufs, jambon, fromage, oignon, tomate. (ils appellent ça des « œufs contre la gueule de bois » !), et puis Alice prend des pancakes au sirop d’érable et un grand bol de cruesli &amp;amp; fruits frais au yaourt. On est calé pour la journée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Balade dans la ville. On grimpe jusqu’à un point de vue sur toute la ville. On voit bien toutes les collines sur lesquelles s’étend la cité, tous ses bâtiments blancs type coloniaux, et ses clochers qui surgissent de partout. Il fait au moins 25°, gros soleil, on est en t-shirt. Petite bière (la « Huari », dont l’étiquette montre fièrement qu’elle a été médaille d’or en… 1977 !) avachi dans des chaises longues sur une terrasse extérieure, « Radio Gaga » de Queen dans les oreilles. On retrouve un couple de français qui faisait partie du groupe rencontré en début de voyage, sur le bateau nous menant à l’Isla de Sol. Ils ont principalement fait des treks tout autour de La Paz et s’en vont maintenant vers Potosi et Uyuni, on se raconte, ils sont très sympas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On va ensuite faire un tour au &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;musée de la Recolata&lt;/span&gt;, en fait un joli couvent franciscain aux quatre patios fleuris (style andalou), contenant pas mal de tableaux et d’objets d’époque. On y voit aussi un cèdre millénaire, absolument énorme (le tronc doit faire la largeur de 6 hommes costauds côte à côte), et puis une plaque qui commémore l’endroit exact ou Pedro Blanco, troisième président de la Bolivie (et premier bolivien), s’est fait assassiné par un coup de fusil en 1829, alors qu’il se promenait peinard prêt du toit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En redescendant en direction du centre, on s’arrête visiter le &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;musée des Arts Indigènes&lt;/span&gt;. Super intéressant, on y apprend beaucoup sur les traditions artisanales, textiles, musicales et festives de plusieurs minorités indigènes provenant des villages tout autour de Sucre, notamment les Jalq’a et les Tarabuco. Le plus fascinant est l’évolution des motifs (animaux fantastiques entrecroisés en rouge et noir chez les Jalq’a, petites scènes de la vie de tous les jours démultipliées et muticolores chez les Tarabuco) et des techniques de tissage à travers le temps, jusqu’à nos jours. Etonnamment, ces minorités ne cessent de perfectionner leur technique et un progrès énorme a été fait depuis les années 80, notamment grâce au regroupement des meilleurs tisserands en coopératives bien organisées et payant correctement le difficile travail accompli.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On rejoint notre « base » (le Joy Ride café) vers 19h. En montant à l’étage, on rejoint une salle de projection dans laquelle un film est diffusé chaque soir. Ce soir, c’est « &lt;a href="http://www.thedevilsminer.com"&gt;The Devil’s Miner&lt;/a&gt; », un reportage sur un garçon de 14 ans, sans père, travaillant dans les mines de Potosi depuis 4 ans pour subsister aux besoins de sa famille (un frère et une sœur, plus petits), et tentant de suivre en même temps un cursus scolaire pour se donner une chance d’en sortir un jour. C’est un film très dur évidemment, que j’aurai tendance à conseiller à ceux qui souhaitent s’intéresser de plus près aux conditions de travail dans cette « Mine du Diable ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On mange deux platées de pâtes avant d’aller se coucher. En demi-finale de Cincinnati, ça sera Federer - Murray et Nadal – Djokovic. Tout est normal. On termine la saison 1 de « Damages ». Totalement chanmé cette série.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Samedi 22 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après un petit déjeuner copieux (le même que la veille) au Joy Ride Café (décidément notre QG de Sucre), on repart se balader en ville. Il fait toujours aussi beau, aussi chaud. Par contre tout est fermé, à partir du samedi après-midi c’est vraiment une ambiance week-end. On chemine un peu plus dans l’ouest de la ville, on traverse un grand parc bien vert, avec une sorte de mini tour Eiffel au centre, et puis des petits cours d’eau, et puis un grand parc pour enfants. De très nombreuses familles sont là, à bouffer des glaces et des bonbons (les adultes) et à faire des tours de mille pattes et de grandes roues (les adultes et les enfants). On flâne dans les différentes boutiques d’artisanat (après le musée, on a l’impression de s’y connaitre grave), et puis je me rachète des lunettes de soleil (oui bon, je les ai encore perdues). Des « Diesel » cette fois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après ce grand tour, on se repose un moment au Joy Ride Café pour un moment de détente lecture / écriture, avant d’aller rechercher nos « mochillas » à l’hôtel, de prendre un micro jusqu’au « terminal terrestre » et d’embarquer dans le grand bus « El Dorado » en direction de La Paz, une fois de plus. Cette fois on a bien regardé toutes les offres, et on a pris un bus la classe, « cama » pour de vrai, chauffé, tout ça. C’est le top du confort, pour le même prix que les autres compagnies (ça paraitrait presque louche). On a la place, on peut coucher le siège presque en vertical. Et on dort plutôt bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimanche 23 août&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arrivée à &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;La Paz&lt;/span&gt; à 7h du matin, comme prévu, après 12h de trajet sur une route parfaite. On se réveille au niveau del Alto, et on profite une fois de plus d’une vue éblouissante sur la ville en contrebas, avant de s’y engouffrer et de stopper à la gare routière. On marche jusqu’au café Banais, à côté de la place &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;San Fransisco&lt;/span&gt;, ou on se pose pour petit déjeuner, lire, écrire. La finale de Cincinnati opposera Federer à Djokovic, qui a battu Nadal. Haha. Discussion msn entre La Paz et Hong Kong avec Claire (avec 12h de décalage horaire !), ça fait trop plaisir d’avoir de ses nouvelles. Alice est en train de finir le deuxième tome du Trône de Fer (à conseiller à tous ceux qui n’ont pas lu), elle est à fond dedans. On profite du temps qui nous reste avant de prendre l’avion cet après-midi en direction de Rurrenabaque, à une heure de vol au nord, en plein bassin amazonien. Retour à La Paz (en avion aussi) prévu le 27 août… suivi assez vite du vrai retour en France. Ca passe vite ces conneries.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimanche 23 août&lt;/span&gt; – &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Paz / 10h02 &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31148985-6341701713287310993?l=ericde.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ericde.blogspot.com/feeds/6341701713287310993/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31148985&amp;postID=6341701713287310993' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/6341701713287310993'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/6341701713287310993'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ericde.blogspot.com/2009/08/mines-du-diable-farniente.html' title='Mines du Diable &amp; Farniente'/><author><name>ericde</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07232488413902604705</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://photos1.blogger.com/blogger/5227/3356/1600/DEad.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31148985.post-2979985638767560144</id><published>2009-08-20T17:18:00.006+02:00</published><updated>2009-08-20T17:37:49.172+02:00</updated><title type='text'>Desert de sel, lagunes et geysers volcaniques</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;Jeudi 20 août&lt;/strong&gt; - &lt;em&gt;Potosi&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Ca y est, j’ai pris un peu de retard. On est déjà à Potosi, et à quelques heures de Sucre, la véritable capitale du pays, où nous logerons ce soir. Et voici enfin livrées nos aventures vécues dans le sud-ouest bolivien. Des paysages désertiques et hors-du temps, des rencontres géniales, les quelques jours les plus envoutants de notre voyage pour l’instant ! Lisez plutôt…&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jeudi 13 août&lt;/strong&gt;.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;Le bus de nuit arrive à &lt;strong&gt;Uyuni &lt;/strong&gt;à 6h du matin, au lieu des 7h prévues (pour une fois c’est dans l’autre sens). On est frigorifié, on n’a quasiment pas fermé l’œil. Le bus (semi-cama) n’était pas si inconfortable, mais la route tellement pourrie (surtout la dernière partie avec seulement des pistes terreuses et cahoteuses), l’habitacle tellement froid (les vitres sont complètement givrées à l’arrivée, il doit faire quelques degrés en dessous de 0), et l’odeur tellement immonde (un délicieux parfum de putrescence parfumait le véhicule) qu’on est pas aussi frais que prévu. Il est tôt, tout est fermé, il fait glacial. On cherche un hôtel recommandé par le Lonely, sans grand succès. On finit par rentrer dans un petit hôtel un peu pourri mais ouvert, central et pas cher. La chambre est froide (pas chaleureuse) et froide (pas chaude), ça ne nous empêche pas de nous glisser dans nos sacs de couchage sous les couvertures, et de dormir les quelques heures qui nous manquent pour reprendre pieds.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Au réveil on est encore un peu assommé, on a encore eu froid dans cette chambre humide sans le moindre pet de soleil. Dehors, par contre, c’est le gros beau temps, avec un ciel très bleu et un soleil très jaune (lire qui cogne). Depuis notre arrivée en Bolivie, on n’a quasiment pas vu l’ombre d’un nuage à l’horizon, alors qu’au Pérou on n’a pas eu un jour sans nuages sombres, voire un peu de pluie. Dès le passage de frontière vers Copacabana, les nuages se sont totalement éclipsés !&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On commence à avoir faim. On se pose dans l’un des nombreux restos de la place principale, à l’étage, où on commande des plats et des boissons. Les boissons arrivent, les plats non. L’attente se fait pesante, mon estomac crie. La télé est à fond, et la radio aussi, en même temps ! Des infos sur le meurtre d’un policier à la télé, suivi de musique folklorique andine, pendant que la radio diffuse du Nirvana et du Smashing Pumpkins ! Au boût de 45 minutes je demande à la meuf ce qui se passe, elle me répond « La cuenta ? » (l’addition ?). Elle avait oublié notre commande de bouffe. On la reprend, il n’y a plus ce qu’on voulait. On termine avec deux plats de spaghettis bien gras et bien pas bons qu’on s’enfile vite fait, pas bien contents.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le café en terrasse qui suit est plus sympa. Des chansons en français sont diffusées à fond, aucune idée de ce que ça peut être. Le gars nous assure que c’est du Manu Chao, moi je suis sûr que non. Ca chante avec l’accent gouailleur parigot, des chansons aux refrains bien français : « Les chiens ont soif les pigeons volent », « Dans mon jardin », « La valse à 5 temps » ou encore « Francine et Ginette ». Ma théorie : un touriste faisant des chansons dans sa cave lui a filé son CD, et il doit être loin de se douter que sa musique passe toute la journée (en boucle, à chaque fois qu’on repasse) sur la place d’Uyuni en Bolivie !&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On passe ensuite un bon moment à essayer d’organiser notre tour du sud ouest. La petite ville regorge d’agences de voyages, on ne sait pas laquelle choisir. Toutes proposent exactement les mêmes tours (selon le nombre de jours souhaités), aux mêmes prix. Malheureusement, peu de voyageurs partent pour 4 jours (ce qu’on souhaite faire), et on est sûr de partir que si le 4x4 est plein (6 passagers). On demande au hasard à des « backpackers » dans la rue pour organiser un truc ensemble, sans succès.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;La ville a un peu une allure de bout du monde, un peu western, avec plusieurs grandes rues qui se croisent perpendiculairement, des petits bâtiments couleur terre et le soleil, toujours le soleil. L’une des rues est transformée en marché. On s’y achète des gants en laine, un collant chaud pour moi… les nuits ici sont assez inhospitalières. Et puis on voit l’église. On a le contact d’un prêtre français qui officie dans la paroisse d’Uyuni ! C’est « padre pedro », un ami d’Ulla (elle-même amie de la famille d’Alice vivant en haute-Savoie), qui nous a filé ce contact. Il a lui-même officié en temps que prêtre à Potosi pendant 20 ans. A la réception de la paroisse, on demande Jacques Chenal. Il nous accueille dans un petit salon, très sympa, 45 ans environ, pas trop l’air d’un prêtre (ça aide). On boit une tisane en parlant de la Bolivie, de notre voyage, de son travail ici. Ils sont trois prêtres à vivre dans la paroisse, il nous raconte les différences avec la France, les journées cool, l’absence d’agenda nécessaire, les approximations dans les horaires des transports publics,… il a l’air bien tranquille ici. Il nous parle aussi des mélanges naturels entre les croyances des boliviens : ils sont tous immergés de traditions andines, vénèrent la terre de Pacha Mama, tout en allant naturellement à l’église et priant le Christ et la vierge Marie (qu’ils confondent avec Pacha Mama du coup). Ils nous parle du mode de vie ici, nous conseille sur le tour qu’on s’apprête à faire. Du coup il va être 18h et on doit prendre une décision, on ressort en direction de Blue Line Service, une agence qui nous tente.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Là-bas on nous dit de laisser tomber, personne ne s’est inscrit pour le circuit de 4 jours. En sortant, on croise un couple d’espagnols (basques) exactement dans notre cas, qui a passé la journée à chercher un tour de quatre jours pour le lendemain ! On s’inscrit ensemble, il ne reste que 2 personnes à trouver avant le lendemain matin 10h, et l’agence semble convaincue d’y parvenir. Soulagé, on retourne voir Jacques dons son salon paroissial.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Cette fois la discussion tourne politique. Je lui pose pas mal de questions sur Evo Morales, si les boliviens continuent de le suivre, qu’est ce que son élection a véritablement changé en Bolivie. Rappelons que Morales est le premier « indigène » à avoir été élu président de Bolivie, avec le soutien de tous les paysans et de toutes les minorités d’origine indienne, qui sont très fiers d’avoir l’un d’entre eux à leur tête. Il dirige le MAS (Movimiento por Socialismo), parti de gauche, très lié à Hugo Chavez au Venezuela. En arrivant ici, j’ai l’image d’un pays progressant grâce à lui, luttant avec tous les pays du « MercoSur » contre la main-mise des Etats-Unis sur l’Amerique latine, donnant des perspectives sociales fortes, ayant nationalisé les hydrocarbures, poussant le syndicalisme, luttant contre les corruptions des régimes précédant, proche du peuple. Bref, j’idéalise un peu le personnage et sa politique. Jacques nous dépeint un tableau beaucoup plus nuancé de la situation : télé d’état à la seule gloire du président, interdiction d’exercer aux journalistes opposants, corruption avérée de tous ses proches, ratification d’une nouvelle constitution sans aucune discussion, rien qui change dans la vie des boliviens au quotidien, aucune décision sociale forte. Les routes restent en piteux état, l’éducation et la santé n’ont toujours pas de bonnes infrastructures, les familles doivent tout payer. Il a mis en place des « bons », argent distribué aux écoliers, aux vieux, à tel corps de métier, mais sans réelle vision sociale forte, selon lui. En allant plus loin, il va même jusqu’à supposer (des amis à lui en sont persuadé) que le pouvoir en Bolivie reste une lutte de quartels de narcotrafiquants, sachant que la plus grande partie de la maigre richesse bolivienne provient du trafic de drogues. Autre fait avéré : Evo Morales aurait accepté de ne pas nationaliser une entreprise minière à côté d’Uyuni en échange d’actions dans l’entreprise. Si tout ce qu’il raconte est vrai, ce n’est donc qu’un homme politique comme les autres et il tombe du piédestal sur lequel je l’avais élevé. Selon Jacques, le peuple est toujours derrière lui (surtout le monde paysan, très nombreux) et sa réélection en décembre prochain semble certaine, mais les habitants de villes ont de plus en plus de ressentiments contre lui et sa politique. Les gens semblent le considérer comme un dieu vivant ou comme un homme à abattre, pas trop de nuances ici ! En tout cas la discussion est très intéressante, on a de la chance de pouvoir partager avec quelqu’un vivant ici. Pour ceux que ça intéresse Jacques fait lui aussi un blog : &lt;a href="http://potosi.over-blog.com/"&gt;http://potosi.over-blog.com/&lt;/a&gt;. On finit quand même par aller se coucher en le remerciant pour ce moment passé.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On tombe sur un petit resto sur la place, un truc assez touristique où on mange moyen et cher. On s’en fout un peu, on n’a qu’une envie, c’est dormir.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Vendredi 14 août&lt;/strong&gt;. &lt;em&gt;Tour du Sud-Ouest - Dia 1&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Lever 8h. On a eu moins froid que la veille, et la douche est abondante et chaude. On prend le petit déjeuner à la terrasse de l’hôtel, sur la place, au soleil. On se pointe à « Blue Line Service » vers 10h, les basques (Ibon, 34 ans, et Loréa, 35 ans) sont déjà là, ainsi qu’un français (Marc, 37 ans), qui vient compléter le véhicule. Ce dernier arrive tout juste de La Paz du matin, où il arrivait tout juste de Paris la veille au soir ! Entre le décalage horaire, le froid dans le bus de nuit et l’altitude, il ne semble pas plus frais que ça. On va partir à 5 passagers, et il est prévu qu’on passe en prendre un 6ème (qui ne part que pour trois jours) le lendemain sur le trajet. Le tour a donc bien lieu ! Avant le départ, on discute un moment avec Henri Jose, un jeune guide bien cool (qui part malheureusement avec un autre tour) avec qui le contact passe très vite. Discussion autour d’Evo Morales, il dit lui aussi que les prochaines élections sont faites d’avance, mais que les mécontentements se font sentir dans les villes. En allant plus avant dans la discussion, on apprend qu’il va venir vivre quelques temps chez des amis à Lyon d’ici 3 mois ! On s’échange évidemment nos adresses mail pour s’y croiser et tomar algunos « bières » (en français dans le texte).&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Nos « mochillas » sont attachées sur le toit du 4x4 (Toyota Landcruiser, immatriculation « 948 BAG »), chacun est à sa place. Notre conducteur s’appelle Edgar, la quarantaine souriante, il nous salue chaleureusement, nous dit qu’on va passer 4 jours ensemble, qu’il va falloir se supporter mais qu’on devrait y arriver. Il a l’air bien fun, c’est parti.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Première étape, au sud de la ville : le &lt;strong&gt;cimetière de trains&lt;/strong&gt;. Des carcasses de métal datant de la fin du XIXème siècle recouvrent une plaine désertique. Uyuni était à l’époque la ville par laquelle tous les trains passaient, le plus grand croisement ferroviaire de Bolivie. Ils servaient au transfert des minerais (principalement de l’argent) en provenance de Potosi, mais aussi d’autres mines avoisinantes, nombreuses dans le sud-ouest bolivien. Les trains sont laissés depuis 1926 à l’abandon ici, dans cet espèce de musée à ciel ouvert témoignant de cette époque révolue. La Bolivie n’est effectivement plus le pays minier par excellence, comme il a pu l’être. Des morceaux de taule jonchent le sol en vrac, et les nombreuses carcasses de wagons rouillés se suivent sans se ressembler. On peut grimper dedans, s’y accrocher, passer de l’un à l’autre. Endroit singulier.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On repart jusqu’à &lt;strong&gt;Colchani&lt;/strong&gt;, petite ville bordant le Salar (pas encore à portée de vue). C’est ici qu’est installée la plus grande activité de transformation et d’empaquetage du sel provenant du salar. Le sel est amené là très humide, il passe deux jours à sécher au soleil avant d’être déposé au dessus de four chauffés au quiñas (combustible local). Les gros morceaux secs sont ensuite moulinés et mélangés avec de l’iode, puis empaqueté par paquets d’un kilo. Chaque jour, 3000 Kg de sel sont ainsi confectionnés et prêts à être vendus dans toute la Bolivie. A côté de cette petite usine, une autre fabrique des blocs de sel servant à la construction de bâtiments, et un petit marché vend des objets issus de l’artisanat local, à base de sel, bien sûr.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Encore quelques km, et nous foulons enfin le fameux &lt;strong&gt;Salar d’Uyuni&lt;/strong&gt;. Cette majestueuse étendue de sel recouvre une superficie de 3500 km², avec une profondeur de 76m de sel et de 120m en tout (en comptant l’eau souterraine). Pour la petite histoire, le lac Minchin recouvrait tout le sud-ouest bolivien il y à 40000 à 25000 ans. Il s’est évaporé, laissant l’endroit sec pendant 14000 ans avant l’apparition du lac Tauca, qui ne laissa 1000 ans plus tard que 4 souvenirs : les lacs &lt;strong&gt;Poopo&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Uru&lt;/strong&gt;, et les concentrations de sel de &lt;strong&gt;Uyuni&lt;/strong&gt; et de &lt;strong&gt;Coipasa&lt;/strong&gt;.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On ne voit bientôt plus que du blanc à l’horizon, à 360°, on se croirait sur une immense étendue de neige. C’est absolument éblouissant, au sens figuré comme au sens propre, avec le soleil se reflétant sur le blanc de toute sa puissance. On s’arrête à côté de poches d’eau thermales, gazeuses, excellente pour lutter contre les rhumatismes selon Edgar.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On déjeune dehors, avec la vue sur le blanc sans fin, à côté d’un petit hôtel de sel, renfermant lui-même des sculptures en sel en forme d’animaux ! Edgar nous prépare de la viande de lama accompagnée de quinoa et de petits légumes : délicieux. On passe un moment à profiter de l’absence de tout élément indicatif de distance dans les environs pour faire des tas de photos irréelles entre des éléments lointains mais semblant au même niveau sur les photos. On commence à bien faire pote avec Loréa, Ibon et Marc. Les basques voyagent depuis 2 mois sur un voyage total de 6 mois, et Marc, plutôt branché montagne, a quelques 3 semaines de vacances qu’il veut passer dans les hauteurs de la cordillère des Andes ! Il a lui-même effectué un tour du monde d’un an entre 2000 et 2001.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;C’est reparti pour une longue traversée du salar, tout bonnement irréelle. On roule sur la glace, sur les nuages, en n’apercevant au loin que des sommets montagneux qui surgissent d’on ne sait où. On a beaucoup de mal à évaluer les distances et Edgar nous assure que certains d’entre eux sont séparé par plus de 100 Km. Il nous dit aussi que tomber en panne au milieu du salar peut être mortel : aucune route n’est dessinée, chaque m² du salar étant carrossable, et il se peut qu’aucune voiture ne passe par le même chemin pour porter assistance à un véhicule, qui peut être extrêmement loin d’une quelconque sortie ou d’une quelconque habitation. Tous les chauffeurs ont le devoir de faire un crochet s’ils voient un véhicule est à l’arrêt. Ici le soleil règne en maître absolu, il est omniprésent. Il est presque impossible d’enlever ses lunettes de soleil, avec lesquelles le blanc immaculé prend par instant des teintes tour à tour grises ou vertes. En s’arrêtant au milieu du rien, on peut voir les formes hexagonales des milliers de plaques de sel, comme des alvéoles blanches s’étreignant à l’infini. Quand il pleut, Edgar nous explique que l’eau peut dépasser les 70 cm de hauteur sur tout le salar, le transformant en formidable étendue d’eau sur lesquels se reflètent les nuages, on a alors l’impression de rouler dans le ciel. Edgar n’arrête pas de faire des blagues pourries, du genre il a oublié la bouffe et on ne pourra pas manger pendant 4 jours, ou encore il fait semblant de tomber en panne en faisant cahoter et s’arrêter la voiture au milieu du désert. Puis il prend un fou rire et repart. Quand il nous parle il se retourne en lâchant le volant et en continuant de rouler à fond… il s’en fout, peu de chance qu’il sorte de la route ! Il se repère seulement aux sommets environnants pour garder le cap souhaité.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On sort du salar par le nord, au pied du &lt;strong&gt;volcan Tunupa&lt;/strong&gt;. La zone est d’abord un peu marécageuse, avec des dizaines de flamands roses y ayant élu domicile. Un peu plus loin, un pâturage de lamas et derrière, un chemin menant à un petit village en pierre. On s’y installe dans un bâtiment de sel très accueillant, sorte d’auberge pour voyageur à la déco un peu kitsch dont la salle à manger donne une vue splendide sur le salar en contrebas. Au dîner, une bonne soupe de légumes et un plat bien costaud mélangeant pommes de terre, viande, œufs, tomates et oignons. Dehors, les étoiles sont magnifiques. On tombe sur Marco, pote d’Edgar et maître des lieux, à qui on pose des questions sur le ciel. Il nous propose carrément de le suivre pour observer le ciel avec son télescope, installé un peu plus loin à côté du village !&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Là bas, plus aucune lumière ne vient gêner l’observation. La voie lactée est hallucinante. Je connais ma propension à exagérer, mais là je suis formel : je n’ai JAMAIS vu autant d’étoiles de toute ma vie. On observe Vénus au télescope et ses anneaux rouges. Et puis on reste béats devant la majesté du ciel. D’autant plus que c’est un ciel parfaitement inconnu pour moi : l’hémisphère sud ne donne pas à voir les mêmes étoiles que l’hémisphère nord ! Du coup je me sens un peu perdu. Marco nous montre « La croix du Sud », « La Queue du Dragon », nous parle des « Trois Vierges », pas encore levées. Génial. Pendant ce temps, Edgar tourne le tourne le télescope et se met à crier : « Un missile, un missile arrive droit sur nous ! ». Sacré Edgar.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;C’est la tête pleine d’étoile qu’on va tous se coucher dans l’auberge, après une journée remplie de tant de belles images qu’on a du mal a croire que ça n’a été le fruit que d’une seule journée. Il en reste trois.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Samedi 15 août&lt;/strong&gt;. &lt;em&gt;Tour du Sud-Ouest - Dia 2&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;A 6h, ça frappe à la porte. C’est Marco qui nous réveille à cette heure là pour qu’on s’habille aussi vite que possible pour venir admirer la lune ! Elle est décroissante, on n’en voit plus qu’un petit tiers. Elle se lève vers 3h du matin, elle n’était donc pas là lors de la session d’observation nocturne. On sort tous aussi vite que possible. L’aube se lève doucement, mais il reste suffisamment d’obscurité pour pouvoir admirer les cratères de l’astre lunaire. A côté, Jupiter s’est levé aussi, et Vénus a changé de sens. On a vraiment de la chance d’avoir posé des questions sur le ciel, Edgar lui-même ne savait pas que son pote possédait un télescope !&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On petit déjeune avec des beignets bien gras trempés dans du Nescafé. On est fin prêt pour l’ascension du volcan Tunupa.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Edgar nous dépose quelques 3 km plus haut et nous ouvre une grotte (l’entrée est protégée par un cadenas) dans laquelle on découvre plusieurs momies, deux adultes et deux ou trois enfants, extrêmement bien conservées dans la sèche obscurité du lieu. En sortant, l’ascension peut commencer. Il est 8h et Edgar nous donne RV à l’auberge vers 11h30. Si on se perd, il nous conseille d’écrire notre problème sur un papier et de le lancer le plus loin possible avec une pierre, en attendant que quelqu’un le trouve et vienne nous chercher. Rassurant.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On commence à 4000m d’altitude. On suit un chemin de crête pas trop raide mais qui grimpe bien quand même, le long de petits murets de pierre servant probablement à délimiter les terrains de culture de quinoa, qui recouvrent les flancs bas du volcan. On arrive au premier mirador après une heure de marche, à 4360m d’altitude. La vue sur le salar commence à être complètement magique. Les montagnes environnantes grignotant sur l’étendue de sel, on a l’impression qu’elles surgissent d’un océan de nuages. La robe du volcan passe du rouge au blanc en passant par le rose, des couleurs qui n’existent pas sinon dans les contes. On a l’impression de gravir un paysage de légendes. On aperçoit quelques « Viscachas » courir entre les pierres, des espèces de lapins avec une tête de kangourou ! On continue l’ascension, ça devient plus raide et demande plus de concentration, avec des pierres de plus en plus bringuebalantes. Alice est crevée, elle nous attend à mi-chemin, sur la crête. Marc a carrément pris un autre chemin, celui-ci semblant un peu facile pour un alpiniste ! On n’a pas vraiment le droit de gravir le volcan et d’arriver jusqu’au cratère, mais juste de grimper en haut d’un petit sommet attenant. Mars semble s’en balancer. On est donc trois avec Ibon et Loréa à se retrouver au sommet du second mirador. On est à 4800m. 800m d dénivelé en 2h, avec cette altitude, ça n’est pas rien, et on est à bout de souffle. Le point de vue est encore plus féérique que le précédent, on voit le désert de sel qui s’étend dans toutes les directions, à perte de vue, au pied du volcan. Sublime.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;La redescente est un peu longue et nécessite une bonne concentration pour ne pas se fouler la cheville sur un caillou branlant. On récupère Alice en chemin, mais aucune trace de Marc. On arrive jusqu’en bas, là où nous a déposé Edgar, et il nous reste encore 3 km de sentier pour arriver à l’auberge. Les basques ont pris une longueur d’avance, mais on parvient à faire du stop avec Alice et on leur fait des grands signes en passant à côté d’eux dans un 4x4… eux tirent un peu la gueule. A midi tout le monde est là, sauf… Marc. On parle à Edgar du fait qu’on l’a perdu dans la montagne, il prend une tête très sérieuse : « Donde esta Marc ? » (où est Marc ?), ne cesse-t-il de répéter. A chaque fois qu’il passe devant moi, il fait mine de pleurer sur mon épaule : « Donde esta Maaaaaaaarc ??? ». Puis il me regarde et explose de rire. Vers midi et demi, une heure après le RV, on a finit de manger (une bonne purée maison avec un plat de saucisses en rondelles et en sauce), toujours pas de nouvelle, on commence à s’inquiéter. Il finit par arriver à 12h35, sur le toit d’une voiture… il a bien gravit le volcan jusqu’à son cratère, et il avait mal compris le lieu et l’heure de RV, vu qu’il ne comprend pas tout en espagnol ! J’essayerai de bien tout traduire par la suite.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Marc ne prend pas même le temps de manger et on est reparti ! Après avoir à nouveau emprunté le salar en direction du sud sur une cinquantaine de km, la jeep s’arrête à côté de &lt;strong&gt;l’isla Incahuasi&lt;/strong&gt;. Outre le fait qu’elle soit la seule bande de terre sur des km à la ronde, cette « île » vallonnée au milieu du sel est aussi recouverte de centaines de cactus géants ! On grimpe sur ses petites collines envahies de cactus, avec une vue à 360° sur le salar, on la sillonne de part en part. Encore un lieu bien pittoresque et envoutant. C’est ici qu’on doit récupérer celui qu’on appelle tous « le 6ème passager ». Très mystérieux. D’après la première note parvenue à Edgar, il devait être australien et s’appeler Rodrigo Ramirez ! Puis une seconde note stipule une certaine Andrew d’Angleterre. Andrew s’avère être un homme, évidemment, un bon vieux londonien, roux, évidemment. Pas évident d’arriver dans un groupe qui commence à se connaitre et à rigoler à longueur de temps sur des « running gags ». Il a l’air assez calme, ne parle ni espagnol (ou très peu) ni français (ces deux langues étant les plus parlé dans l’habitacle), et lit « Le labyrinthe de la solitude ». Pas gagné.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On repart un peu plus serré, cette fois en direction de la sortie sud du salar. Sur notre droite, la cordillère des Andes crée une frontière naturelle avec le Chili, regorgeant de volcans (pas en activité). On fait une pause au milieu du désert pour faire une dernière série de « photos débiles », tout le monde mettant du sien pour trouver des idées plus débiles que les précédentes (et on s’en sort bien). On finit par dire au revoir à l’étendue blanche, non sans regret.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le chemin est maintenant en terre. Après quelques km de route bien pourave, à croiser des troupeaux de « bicuñas » sauvages (plus petits, moins poilus et plus rapides que les lamas, mais de la même famille), on arrive à &lt;strong&gt;St Juan&lt;/strong&gt;, un petit hameau perdu, habitation esseulée au milieu de rien. Alentours, un paysage de far west « tibétain » : des montagnes bien rêches, des sentiers allant nulle part, du sable et des cailloux. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;L’ambiance n’est pas bien à la rigolade ici, on se fait accueillir de manière assez austère par les hôtes des lieux, qui ne laissent pas échapper le moindre sourire malgré des tentatives de dialogues polies et drôles (hum) de note part. Un autre groupe débarque dans les lieux, eux non plus n’ont pas l’air de bien rigoler, on est vraiment bien tombé. On s’efforce quand même de discuter un peu en anglais avec Andrew. On doit payer pour avoir de l’eau chaude, et une fois allumée il faut la laisser couler… du coup on fait tous la queue devant la douche et dès que l’un sort l’autre fonce tête baissée sous le jet. On se dépêche, on n’est pas sûr qu’il y en ait pour tout le monde. Ca fait un bien fou. Dehors il fait en dessous de 0°. Une bonne soupe, un bon plat mélangeant tous les féculents possible (pâtes, riz et frites) et sources de protéines (viande et œufs…), et puis on achète des bières pour faire glisser le tout dans la bonne humeur, avant d’aller se coucher dans une chambre rien que pour nous avec Alice, dans le No man’s land de St Juan.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Dimanche 16 août&lt;/strong&gt;. &lt;em&gt;Tour du Sud-Ouest - Dia 3&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Réveil à 7h, petit déj rapide, on décolle à 7h30 de St Juan. On a encore une longue journée de route vers le sud, jusqu’à la laguna colorada, autre merveille promise de ce tour du sud-ouest. En fait c’est une journée presque entièrement sous le signe des lagunas. Une lagune, c’est un lac, mais en moins profond. Enfin je crois.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le paysage est semi-désertique, toujours très far west. Notre première sortie de voiture a pour objectif d’admirer le colossal &lt;strong&gt;volcan Tapacilcha&lt;/strong&gt;, qui s’élève à 5800m d’altitude à quelques km de nous. En semi-activité, ce volcan dégage quelques fumerolles qui se dispersent au gré du vent. Un vent qui souffle de plus en plus fort. La lune, presque imperceptible, se cache dans le ciel, juste au dessus.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Je prends une photo d’Egar en train de pisser un peu plus loin. Très solennel, il me conte la malédiction du pipi : « celui qui prendra en photo Edgar urinant verra sa carte mémoire de photos reformatée ». Et merde. De mon côté, je lui fais croire qu’avec Alice, on fait partie d’une secte dont le but est de découvrir le corps momifié d’Elvis Presley dans le désert. On porte tous les deux le même T-shirt « Dig Up Elvis » (le groupe rock de Julien Doré), avec Elvis dessiné en squelette dessus. Connerie sur connerie.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On papote sans arrêt dans le véhicule, l’ambiance est top. Edgar nous raconte qu’un pote à lui a fait un tour du salar avec Leonardo Di Caprio. Délire. Et puis on parle un peu politique bolivienne : pour lui, Evo Morales n’a pas eu assez de temps pour faire ce qu’il voulait, et son prochain mandat risque d’aller plus loin dans les réformes. Tout en ayant pas mal de recul, il souhaite le voir reconduire, et trouve que beaucoup d’efforts ont déjà été faits en terme de construction de routes, d’électrification des villages reculés (c’est notamment le cas dans le sud-ouest que nous traversons), de prémice de système de retraites, d’augmentation du salaire de base (passé de 450 Bs = 45 € à 800 Bs = 80 € environ, ça reste très bas), de représentativité des classes pauvres, etc. Un autre témoignage qui me redonne un brun d’espoir.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Nouvelle pause. On est au bord de la &lt;strong&gt;Laguna Cañapa&lt;/strong&gt;, à 4105m d’altitude. On est complètement seuls, pas une seule autre jeep à l’horizon (c’est loin d’être toujours le cas). Cette lagune est habitée par une centaine de flamands roses à la robe pimpante. Derrière, des montagnes aux couleurs terre, vert et ocre. Au dessus, le ciel, d’un bleu allant du clair au très profond en regardant à la verticale. Le mélange entre paysage désertique, désolation et magnificence de toutes ces couleurs qui se superposent est saisissant. On croise même des perdrix !&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Nouvel arrêt, nouvelle lagune : la &lt;strong&gt;Laguna Onda&lt;/strong&gt;. Edgar se demande où peut bien se trouver la laguna Toyota (haha). Il nous dépose pour qu’on profite de la promenade à pied le long de l’eau, et part plus loin nous faire à manger. Le spectacle est sensiblement le même qu’à la lagune précédente, mais on ne s’en lasse pas. Des flamands roses par centaines qui filtrent l’eau, volètent, animent ce paysage du bout du monde.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On rejoint Edgar, qui a dressé une table dehors. Le vent souffle encore plus fort, on se sert de pierres pour empêcher la nappe de voler. Milanesa de pollo (filet de poulet pané), pâtes ET patates (comme d’hab). Un renard l’air tout perdu et claudiquant sur trois pates pointe son nez, on lui file nos restes, il vient manger juste à côté de nous, pendant que des mouettes (Alice pense que ce ne sont pas des mouettes, mais appelons-les comme ça) essayent de piquer aussi quelques bequetées.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;La route est de plus en plus cahoteuse et terreuse, le paysage de plus en plus désertique. On s’arrête devant un nouveau spectacle naturel : des pierres volcaniques disséminées dans le désert (ça y est, on est entouré de sable) et prenant des formes incongrues avec leur érosion millénaire. On y trouve notamment le fameux « &lt;strong&gt;arbre de pierre&lt;/strong&gt; », qui ressemble plus selon moi à une girolle de pierre. On se promène un moment entre ces formes érodées mystérieuses, dans un décor sujet à de grandes bourrasques de vent qui nous aveugle régulièrement les yeux de sable tournoyant. Un vent de plus en plus glacial.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On tente tant bien que mal de se réchauffer dans la voiture. La route est longue mais on finit par arriver au but de la journée : la fameuse &lt;strong&gt;Laguna Colorada&lt;/strong&gt;. Je dis fameuse mais je ne connaissais pas son existence avant ce voyage. Elle semble pourtant connue, elle fait partie de la liste encore en lice des 7 nouvelles merveilles du monde ! Je dis encore en lice car il y a en ce moment même des élections (!) pour définir ces 7 nouvelles merveilles. On peut voter ici : &lt;a href="http://www.new7wonders.com/"&gt;http://www.new7wonders.com/&lt;/a&gt;.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Bon, et franchement on peut voter pour elle. La laguna colorada est une immense lagune, à 4278m d’altitude, dont la profondeur ne dépasse jamais 80 cm et surtout, de couleur disons rouge rouille. Sa coloration provient des algues et du plancton qui prospèrent dans des eaux riches en minéraux. On y voit encore des centaines de flamands roses, de trois espèces différentes. On est vraiment dans un lieu riche en toutes les palettes de couleurs, plus encore que précédemment. De bas en haut, de la terre marron, des touffes de plantes vertes, un dépôt blanc le long de la rive, l’eau bleue, puis l’eau qui devient rouge, les flamands roses, les reflets dorés du soleil, du gel blanc qui recouvre une partie de l’étendue, des montagnes terreuses et ocres au sommet grisonnant et neigeux, et puis le ciel immense passant par tous les bleus. On a l’impression d’une image photoshop absolument pas crédible !&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On finit par quitter cette vision folle pour se rendre au lieu de repos, quelques km plus au sud. Tout le monde nous a prévenu : on risque d’être exposé à des températures allant de -20° à -30°, dues aux vents glaciaux qui soufflent la nuit dans cette région hostile ! On est prêt. Le bâtiment est très sommaire. Pas d’eau chaude, pas d’électricité, et on dort à 6 dans le même dortoir (ça, c’est plutôt sympa). Pour se réchauffer, on achète 3 bouteilles de vin (bolivien et chilien) qu’on se partage en trinquant avec force conviction, à l’instar des autres tablées alentours (on est assez nombreux ici) qui n’y vont pas de main morte non plus. C’est notre dernier soir ensemble, et l’alcool tente de refouler la pensée du départ. Les langues se délient bien et les discussions partent dans tous les sens, et surtout dans tous les pays. On parle de voyages, de façon de voyager, de tous les continents, de la difficulté de revenir au monde « normal » après une coupure d’un an à parcourir le monde. Marc, qui est consultant financier, nous raconte à quel point il était difficile pour lui de comprendre l’intérêt de « tout optimiser », à la moindre virgule, au retour de son périple. Andrew vient de voyager 6 mois, il repart dans 10 jours et déprime déjà. Les basques parlent de leur itinéraire prévu pour les 4 prochains mois… moi ça me fait complètement rêver, cette discussion est presque dangereuse !&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;On finit par tous s’emmitoufler dans des couches et des couches pour lutter au mieux contre la rudesse du climat, et on s’endort encore plein d’images dans la tête, qui continue à voyager.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Lundi 17 août&lt;/strong&gt;. &lt;em&gt;Tour du Sud-Ouest - Dia 4&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Ibon nous réveille tous à 5h. La nuit n’a pas été aussi froide qu’on nous l’avait prédit et on se réveille presque transpirant sous nos multiples couches. On se dépêche d’empaqueter nos affaires, un petit pipi, et hop dans le « 948 BAG ». Il fait encore nuit noire, on a des millions d’étoiles pour seule compagnie, et puis la lune, qui se lève juste, petite virgule reprenant son cycle de croissance.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le calme relatif règne quand même dans le landcruiser, je somnole un peu en regardant le spectacle à travers la fenêtre. Réveil soudain. On est arrêté juste à côté d’un grand geyser de fumée qui sort puissamment du sol à la verticale. On sort, il fait glacial. L’aube commence à pointer au loin. Tout autour de nous, il n’y a que désolation volcanique et fumée sortant du sol, et puis ce geyser d’où surgit une vapeur chaude (on met les mains devant pour se réchauffer) qui empeste le souffre. Au réveil, ça fait bizarre, on a l’impression d’être dans un film post apocalyptique à la John Carpenter. On rentre dans la voiture aussi vite qu’on en est sorti, il fait vraiment trop froid. Dix minutes plus tard à peine, rebelote, il faut ressortir. Cette fois plus de gros geyser, mais des dizaines de fumerolles chargées d’odeur sulfureuse, sortant d’autant de petits cratères bouillonnants d’un liquide saumâtre. Je me perds entre les cavités fumantes, je ne me sens définitivement plus sur terre. Le « &lt;strong&gt;Sol de Mañana&lt;/strong&gt; » (c’est le nom de ce lieu) est à 4850m d’altitude, et il y fait pas loin de -30°, ce qui rajoute encore à la fascinante inhospitalité de ce paysage de science-fiction. De retour dans le 4x4, impossible de se réchauffer, on a tous les orteils gelés. Ca recommence quand même à déconner avec Edgar.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Il n’est pas loin de 9h quand on s’arrête à nouveau, et le soleil a déjà pris un poil de hauteur. On est cette fois stationné à côté d’une source thermale d’eaux chaudes ! Le soleil a commencé à réchauffer l’atmosphère et il ne doit plus faire très loin de 0°, pour autant l’envie de se dépoiler dehors n’a absolument rien de naturel. Le bassin est fumant et 2 ou 3 personnes baignent déjà dedans en nous disant de venir les rejoindre, que c’est le bonheur. Crédules, on se change tous en quelques instants (et en criant) et on saute dans le bassin. L’eau doit être autour de 30-35°, c’est effectivement le bonheur. Dedans, on est tellement entouré de vapeurs que même la température extérieure parait agréable. Mes pieds me brûlent, passer de l’état congelé à très chaud leur fait tout bizarre. Certaines personnes ont même du mal à entrer dans l’eau, ils y vont cm par cm, comme si l’eau était glacée ! Malheureusement Alice n’a pas prévu de maillot de bain ni de vêtements de rechange (dans le sac, sur le toit de la voiture) et préfère ne pas se baigner. Moi je suis aux anges. Le soleil continue de monter, éclairant les montagnes et les volcans alentours, alors que je me prélasse dans cette baignoire extérieure naturelle en profitant du spectacle. Au bout d’une vingtaine de minutes, Edgar nous convie pour le petit déj, et sortir de l’eau s’avère plus difficile encore que d’y rentrer ! On se change à toute allure, mes cheveux gèlent immédiatement, ainsi que l’eau des serviettes et des maillots dès qu’on les pose pour les faire sécher.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Après un bon petit déjeuner en intérieur à base de gâteau bourre-bourre et de « smacks » locaux au yaourt liquide, on est bien ragaillardi, l’eau thermale nous donne l’impression d’être réchauffé pour la journée. On continue notre route vers la pointe sud-est du pays, dans un environnement toujours très désertique. On aperçoit bientôt les trois volcans bordant la frontière chilienne, dont le &lt;strong&gt;Licancabur&lt;/strong&gt;, haut de 5960 m et dont le sommet abriterait une ancienne crypte inca. A ses pieds, le magnifique lac à la robe verte, appelé « &lt;strong&gt;Laguna Verde&lt;/strong&gt; ». En vérité trop profond pour être une lagune, on ne va pas chipoter, on est quand même dans le pays des lagunes, merde. C’est une importante concentration de carbonates de plomb, de souffre, d’arsenic et de calcium qui donne cette coloration à l’eau du lac, en plus du vent glacé fouettant en permanence sa surface, mettant en valeur sa brillante écume. Autant dire qu’il n’y a aucun signe de vie dans ce lac toxique, et qu’on n’a pas intérêt à s’y baigner. Mais c’est beau, et avec le volcan au sommet rouge et blanc derrière, il se dégage une fois de plus un florilège de couleurs.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Encore quelques kilomètres au sud, et nous voilà à la frontière chilienne. C’est ici qu’on dit au revoir à Loréa, Ibon et Andrew, qui se rendent tous trois à &lt;strong&gt;San Pedro de Atacama&lt;/strong&gt; au Chili. Beaucoup de voyageurs choisissent cette option pour quitter la Bolivie et continuer sur les hauteurs chiliennes. Bien sûr on s’échange nos mails, bien sûr on se dit au revoir chaleureusement, bien sûr on s’invite les uns les autres à l’occasion. C’est donc amputée d’une moitié que la joyeuse compagnie repart vers le nord. Et à peine quelques km plus loin, c’est Marc qu’on va déposer à son tour au pied du volcan. Il va lui aussi partir en direction du Chili, mais ne voulait pas s’y rendre avant d’avoir gravi le Licancabur. Accolades renouvelées.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;L’habitacle est maintenant bien triste, on n’est plus qu’Alice, Edgar et moi pour le long chemin du retour jusqu’à Uyuni. Un bon point, on est beaucoup plus confortable. Alice se pose sur la banquette arrière et moi devant avec Edgar, alors qu’on était jusque là toujours coincés tout derrière, au niveau des roues, sans grande place pour les jambes. Les 6 ou 7 heures de route (de chemin) pour rentrer n’ont pas un intérêt immense, sinon le loisir de se reposer pour Alice et de discuter avec Edgar pour moi, tout en chiquant des feuilles de coca. Je lui pose plein de questions sur sa vie, il me raconte qu’il a trois enfants de 12 (Edgar junior), 16 et 18 ans (deux filles ainées), que sa femme les a quitté il y a 5 ans pour un jeune chilien, qu’il gagne 1300 Bs par mois avec ce boulot qu’il adore (ça se voit), qu’il compte continuer encore 18 ans (jusqu’à ses 58 ans) à arpenter les routes du sud-ouest bolivien, qu’il est en train de racheter l’agence existante « Nueva Aventura » (courrez-y tous), qu’il aimerait partir en vacances au lac Titicaca ou au Mexique avec ses enfants… De son côté il me pose plein de questions sur la France, sur moi. Bien sûr une phrase sur deux est une connerie, dite très sérieusement et suivie d’un éclat de rire. On a un peu le même humour, avec Edgar, on se comprend bien et on rigole comme des cons. On chante aussi beaucoup, on invente des paroles en espagnol. Depuis le début du voyage, Edgar chante « Perdonala, perdonala, Dios moi, perdonala, na sabe lo que hace !!!! » (Pardonne la, pardonne la mon Dieu, pardonne la, elle ne sait pas ce qu’elle fait). Une chanson qu’il a inventée et qu’il ne cesse d’entonner super fort, dès qu’un petit silence s’est installé. On peut le dire, je suis le premier fan d’Edgar. On arrive en fin de journée à Uyuni. On n’a fait qu’une pause pour déjeuner une frugale platée de riz, tomate et thon mayo arrosé de Coca, le voyage a été bien épuisant, avec des routes bien pourries. Accolade à nouveau, avec Edgar cette fois. On lui file quelques 200 Bs supplémentaires pour le remercier de ces 4 jours incroyables, en lui promettant de recommander son agence autant que possible. Il nous dépose à l’hostal « Marith ». Ca y est, on est seuls.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Alice va se doucher pendant que je vais me promener dans le marché couvert du coin. J’achète un bouquet de fleur à une jeune fille qui s’applique à faire un truc bien joli, et puis plus loin un chapeau melon. Des vieilles marchandes me demandent pour qui sot les fleurs, je leur répond pour ma copine, elles sont toutes émeus, me disent que c’est très gentil de ma part et me couvrent de sourires et d’encouragement ! Vous inquiétez pas, je gère l’image des français.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Le soir, on traverse la ville pour manger un bon cheeseburger et une bonne crêpe fourrée au resto « La Loco », tenu par un français, à l’ambiance tamisée, feu de bois central, verre de vin, crêpe à la pomme caramélisée, Pink Floyd en fond sonore. Sur le chemin du retour, toute la population est encore en train de danser sur de la musique locale diffusée à fond par de multiples enceintes tournées vers la rue, femmes et filles d’un côté, hommes et garçons de l’autre. On s’emmitoufle dans le lit et on s’enfile deux épisodes de « Damages » (génial) avant de dormir d’un sommeil de plomb.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mardi 18 août&lt;/strong&gt;. Lever vers 7h30, et douche à peine chaude et sans pression. Vers 8h30, Edgar surgit dans notre chambre pour nous donner la carte de son agence, nous souhaiter une bonne suite de voyage et nous faire une dernière accolade amicale. Un Edgar au réveil, ça fait toujours du bien. On va reprendre des forces avec un petit déj bien complet avant de filer dans le bus qui doit nous emmener jusqu’à &lt;strong&gt;Potosi&lt;/strong&gt;. Dans le bus, une famille française insupportable qui commente tout avec une espèce d’insupportable suffisance nous oblige à monter le son de nos écouteurs.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jeudi 20 août&lt;/strong&gt; – &lt;em&gt;Potosi / 10h50&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31148985-2979985638767560144?l=ericde.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ericde.blogspot.com/feeds/2979985638767560144/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31148985&amp;postID=2979985638767560144' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/2979985638767560144'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/2979985638767560144'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ericde.blogspot.com/2009/08/desert-de-sel-lagunes-et-geysers.html' title='Desert de sel, lagunes et geysers volcaniques'/><author><name>ericde</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07232488413902604705</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://photos1.blogger.com/blogger/5227/3356/1600/DEad.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31148985.post-6394823862953291715</id><published>2009-08-13T00:33:00.004+02:00</published><updated>2009-08-13T00:39:48.137+02:00</updated><title type='text'>5  jours dans la vallée sacrée des Incas</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Mercredi 12 août&lt;/span&gt; - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Paz&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="display: block;" id="formatbar_Buttons"&gt;&lt;span class="" style="display: block;" id="formatbar_JustifyFull" title="Justifier" onmouseover="ButtonHoverOn(this);" onmouseout="ButtonHoverOff(this);" onmouseup="" onmousedown="CheckFormatting(event);FormatbarButton('richeditorframe', this, 13);ButtonMouseDown(this);"&gt;&lt;img src="http://www2.blogger.com/img/blank.gif" alt="Justifier" class="gl_align_full" border="0" /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;De retour à La Paz, il est temps de raconter nos incroyables aventures dans la vertigineuse vallée sacrée des Incas. Cinq jours au Pérou. Le pire et le meilleur...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Jeudi 6 août&lt;/span&gt;. On a tout juste le temps de faire pote avec une mamie qui tient un baños publicos (chiottes publiques), d’acheter des biscuits et du Pil (Yop local), et c’est l’heure du départ. Un minibus est censé nous conduire à la frontière péruvienne, où on devra changer pour un bus « semi cama » (semi-couchettes) jusqu’à Puno, où on changera enfin pour un bus « cama » (couchettes) pour dormir peinard jusqu’à Cuzco. Arrivée prévue à 5h, on pourra rester dans le bus jusqu’à 7h si on veut dormir encore un peu. Ca semble cool. Dans le minibus, un certain Max (sans doute un nom d’emprunt facile à retenir pour tous) prend la parole et nous explique le bazar. Arrivée à la frontière bolivienne. On fait tous la queue, ça tamponne les passeports. On revient, Max nous file nos gros bagages et nous dit de foncer au poste de frontière péruvien. Il est un peu speed. Là-bas on ne comprend pas où est la frontière, il n’y en n’a pas en fait. Ah si, sur la droite, un bâtiment pas bien indiqué. On essaye de rentrer dedans… ah non, il faut d’abord passer le poste de dépistage de la grippe H1N1, le bâtiment juste avant ! Là-bas des gars avec des masques nous posent des questions pour savoir si on a des symptômes inquiétants. On répond que non, on passe facile (on omet de dire qu’on a un peu mal à la tête et le souffle court à cause de l’altitude). Si on a des symptômes, on se fait ausculter par des gens qui portent des masques ! Ça fiche les jetons.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Poste de frontière. Les agents me font re-remplir ma fiche d’entrée pour un imbroglio dans les noms et prénoms, mais finissent par me laisser rentrer. Alice s’est aussi trompée (ok c’est moi qui lui ai rempli), mais sans souci pour elle. Dehors, tous le minibus attend Max qui s’est volatilisé. Il revient au bout d’un moment en criant ; « Elic, Alicé, Thomas, Marie ». On est 4 à devoir le suivre. Il nous indique un bus dans lequel rentrer. On demande au gars qui accroche les bagages sur le toit du bus, il nous dit que non, ça n’est pas la bonne compagnie. On n’a aucun billet, rien, et Max est parti. Je dis au type « Max nous a dit que… », et c’est comme un sésame, il nous fait rentrer. Ici, tu connais Max, tu fais ce que tu veux. On se pose. Au final on voit tous les autres du minibus se pointer. On a perdu 2 israéliennes, Max s’énerve un peu, et puis quelques péruviennes dans le bus qui n’ont pas l’air de goûter la présence d’israéliennes dans l’habitacle (?). Le bus est un frigo, peu confortable et pas, mais alors pas du tout « semi-cama ». On est censé prendre le dernier bus à Puno à 21h, et il est 22h15 quand on arrive ! Ah non, il y a une heure de décalage horaire avec la Bolivie, il n’a donc qu’un quart d’heure de retard. Ca semble déjà trop pour Max qui hurle encore nos noms en nous speedant comme jamais. Les trois autres récupèrent rapidement leur gros bagage, et moi je ne trouve pas le mien. Max les entraine vite vers un autre lieu, pendant que je cherche à mettre ma frontale pour retrouver mon sac dans le amas de bagages à côté du bus. C’est un peu la panique. Je finis par le retrouver, cours rejoindre les autres, on nous demande de foncer jusqu’à un croisement, un type fait signe à un bus qui tourne. Il s’arrête pour nous prendre, un autre type saute pour balancer nos sacs en vrac dans la soute et nous fait monter en deux-deux avant de repartir à toute berzingue. Bien sûr le bus n’est pas un « cama » mais seulement un « semi-cama ». On est un peu allongé, mais en diagonale et mal. Juste derrière nous, un bruit horrible, comme si une pièce métallique  ricochait contre le moteur toutes les cinq secondes. La lumière reste allumée longtemps, une nénette péruvienne téléphone en gueulant à côté, et n’arrête pas d’appuyer sur les touches de son portables, ça fait bip bip bip, il fait froid (heureusement on a pensé à récupérer nos sacs de couchages), les routes sont pouraves… tous les ingrédients sont réunis pour passer une nuit inoubliable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Vendredi 7 août&lt;/span&gt;. On arrive à Cuzco vers 5h30. On se fait immédiatement virer par le chauffeur qui veut « laver son bus ». Leçon n°1 : ne jamais faire confiance à des agences de voyages. La gare routière est déjà bien agitée. On dénombre des dizaines de comptoirs de différentes compagnies de bus. Rien pour changer la monnaie en Soles (monnaie péruvienne : 1$ = 3S ; 1€ = 4S) en vue. On se fraye un chemin vers la sortie, où je demande un renseignement à deux françaises qui boivent un café. Elles étaient dans le même bus que nous et sont frigorifiées (elles n’avaient pas pris leur sac de couchage). Elles nous font tout de suite bien marrer, à dauber sur les péruviens qui essayent de t’escroquer dès que possible, qui sont fainéants et menteurs. Clémence et Marie (c’est leur prénom) sont en fin de voyage et elles craquent un peu, mais elles sont vraiment marrantes. Elles nous payent un café, puis on partage un taxi pour aller à « l’Albergue municipal », une auberge de jeunsesse bien placée et d’un bon rapport qualité-prix, selon Gloaguen (elles ont le routard).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le taxi, ça continue à bien rigoler, elles se mettent à chanter un tube reggeton qu’elles ont découvert en équateur. En discutant de la journée du lendemain, on décide de demander au taxi dans lequel on se trouve s’il peut nous prendre toute la journée pour nous amener voir différents villages près desquels se cachent de nombreux sites incas, tout le long de la vallée sacrée, en direction du Machu Pichu. Il accepte. On va donc passer un peu de temps avec elles ! Elles habitent à Paris, Marie est instit et Clémence CPE, respectivement 26 et 27 ans. L’hôtel est sympa et sa terrasse offre une superbe vue sur la plaza de armas de Cuzco, magnifique place principale, très verte et très bien entretenue, entourée en partie d’arcades et bordée de nombreuses églises dont la belle et massive cathédrale. On a aussi une vue sur une bonne partie de la ville : le centre, aéré, plutôt riche, au relent colonial omniprésent, et le reste, manifestement plus pauvre, empiétant sur les flancs de collines entourant la ville. Il y a quelques nuages, mais le soleil se lève et perce sur la ville qui se réveille elle aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On décide de gérer quelques trucs en compagnie de nos nouvelles copines : changer des thunes, acheter de la crème solaire, des mouchoirs, des places pour le Machu Pichu, des tickets de train pour le Machu Pichu, des billets de Bus pour le Machu Pichu (!), un guide du Pérou, bref des trucs fun. Et c’est parti pour deux-trois galères, évidemment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut savoir une chose dès le départ : le Machu Pichu est une des plus grandes « tueries » de toute l’Amérique du sud, et l’industrie touristique en a totalement conscience, en tirant sur la corde pour obliger les voyageurs à dépenser au maximum. On se rend d’abord à la billetterie pour acheter les billets d’entrée au site : 124 S = 42 $ par personne. Ensuite, le train qui va d’Ollantaytamba (à 100 km au Nord Oust de Cuzco) à Aguas Calientes (le village le plus proche du Machu Pichu). PeruRail, la compagnie de train, a été rachetée par l’Orient Express, et depuis les trains coûtent ultra chers au kilomètre. Bien sûr on ne peu accéder au site qu’en train, et bien sûr PeruRail a le monopole absolu. On patiente un bon moment dans une salle d’attente, ambiance assedic, avant que notre numéro n’apparaisse sur un écran louant le luxe des trains 1ère classe. On demande un train pour le lendemain après-midi : « yen a plou !». Ou bien des 2ème classe, à 53 $ l’aller ! Pareil pour le retour, il n’y a quasiment plus que des billets très chers (un aller normal,  à 31 $, étant déjà hors de prix pour par rapport aux prix pratiqués habituellement). Bien sûr on n’a plus vraiment le choix dans la date (pour Steph), on ne peut plus changer nos billets d’entrée. On s’arrange comme on peut, en prenant un billet 2ème classe à l’aller le lendemain, et en restant une nuit de plus à Aguas Calientes pour bénéficier d’un « bon » tarif de retour le surlendemain. Les filles décident, elles, de prendre un train « pas cher » un jour après nous aux aurores, et de repartir l’après-midi même jusqu’à Cuzco, en mode « plus cher ». On quand même la désagréable impression de bien s’être fait entubé. Les filles partent à une billetterie de bus pour réserver leur trajet Aguas calientes – Machu Pichu, nous avec Alice on décide de se le faire à pieds, le matin (très tôt) de notre visite, parce qu’on est des warriors.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toute cette organisation nous a crevé, on a à peine profité de la ville, on va bouffer avec Alice dans un petit resto (trois fois plus cher qu’en Bolivie) sur une jolie petite place, pizza au peperoni et salades d’avocats géants. Pendant le repas, une bonne vingtaine de personnes viennent insister pour nous vendre dessins, bibelots, tissus, etc. On se sent beaucoup plus sollicité ici qu’à La Paz, les gens sont plus agressifs et insistants. Après le repas, on grimpe de longs petits escaliers en pierre pour retourner à l’auberge, où on s’écroule pour une bonne sieste, de midi et demi à 14h.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’après-midi est dédié à la flânerie dans Cuzco, la déambulation dans les rues de la ville et la traversée de places. La ville est définitivement plus riche et mieux entretenue que La Paz, avec des églises imposantes à tous les coins de rues. On entre visiter la cathédrale donnant sur la place d’armes, érigée sur les fondations d’un ancien temple inca. Plus rien d’inca là-dedans ! C’est une grande et haute cathédrale à la belle couleur de pierre sombre, au plafond chaulé, soutenue par 14 piliers de pierre cruciformes, renfermant des dizaines de retables en or et en argent pur dans les nombreuses chapelles, de peintures à la gloire du Christ et des saints, de pierres précieuses… le lieu est un bon témoignage de l’énergie mise en œuvre pour convertir les « indigènes » au puissant et opulent christianisme. Ça semble avoir marché au vue du nombre de péruviens se signant à tout va dans les rues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le site de Qorikancha est moins bling-bling mais plus intéressant : on voit comment d’anciennes ruines inca ont été préservées sur l’emplacement d’une église et d’un couvent actuel (Santo Domingo). Les murs inca ont d’ailleurs survécu à des tremblements de terre alors que tout le reste à du être reconstruit ! On se rend compte de la précision du travail de la pierre par les incas (d’excellents artisans selon Alice), et on a aussi un aperçu de leur astrologie, basée sur les formes d’animaux créées par les éclats et les zones d’ombre de la voie lactée. Le grand jardin a lui aussi son lot de vestiges inca.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Promenade en ville, encore. Les péruviens, comme les boliviens, mangent de glaces (et autres friandises d’ailleurs) à longueur de journée, en plein hiver. On voit des vendeurs de glaces de partout, même les pharmacies en ont un congélateur remplie (à côté de canettes de red bull) ! Il se fait sombre, on rentre à l’auberge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers 20h, Clémence et Marie toquent à notre chambre et nous proposent d’aller manger un bout. Vamos ! Dans une petite rue pavée en bas des grands escaliers, le menu est annoncé pas cher, l’endroit est cosy, et tout s’avère bien. Je teste notamment un tamal, sorte de pâte à base de maïs fourré à la viande épicée. Clémence et Marie sont définitivement cool et on s’entend de mieux en mieux. Marie est passionnée de Science-fiction, de fantasy et d’ésotérisme fait un mémoire sur Philip K. Dick, la discussion part donc dans tous les sens : Robin Hobb, George Martin, Jodorowsky, Umberto Eco, Rennes-le-château, le mysticisme, les sectes, la religion catholique, l’évangélisation des incas, la langue espagnole dans les différents pays d’Amérique latine... Clémence parle ultra bien espagnol, elle a vécu un an au Chili. Tout cela dans une ambiance fin cool, où on n’arrête pas de se voler la parole, de rebondir, de faire des apartés et de raconter des conneries, bien sûr, en dégustant au passage un bon vin argentin, pour ne rien gâcher. C’est presque à regret qu’on se rend compte qu’il est 23h et qu’on doit essayer de ne pas se coucher trop tard vu la longue journée qui s’annonce le lendemain. On se couche donc vers minuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Samedi 8 août&lt;/span&gt;. Réveil les yeux grands ouverts à 6h (correspondant à 7h de l’heure bolivienne), je suis maintenant réglé comme une montre ! Il n’y a qu’en voyage que j’ai une telle facilité à me lever tôt. Douche froide, grignotage. Le taxi est bien au coin de la rue à 8h. Il est censé nous faire parcourir toute la « vallée sacrée » des incas, le long du fleuve Urubamba, de Cuzco à Ollantaytambo, en nous arrêtant à tous les sites intéressants (et il y en a). Je passe devant, les trois filles derrière. C’est vite la java dans la voiture, rigolades et tubes de la musique andine à fond. On se sent bien tous ensemble, c’est vraiment une chouette rencontre. Carlos, le chauffeur, est cool aussi et n’hésite pas à nous expliquer des trucs, à chanter, à taper du rythme sur le volant ou à parler football.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Première étape : Chinchero. Altitude : 3762m. Pour y rentrer, on est obligé de payer un billet combiné permettant sur deux jours l’accès à presque tous les sites « secondaires » de la vallée sacrée, et qui coûte 70S = 24$. J’explique à la vendeuse qu’on va faire la moitié ce jour et l’autre moitié le surlendemain (au-delà de la limite de temps), elle accepte de changer la date du tampon et de la mettre au lendemain ! Ils t’entubent, mais avec une certaine gentillesse. Après avoir payé, on rentre tout contents dans le village, et je m’aperçois au bout d’un moment que j’ai oublié mon sac (avec l’ordi, tout) sur le banc de la petite place à l’entrée ! Je cours, il est toujours là. En revenant, je me perds, et mets bien du temps avant de retrouver les filles ! Chinchero, c’est un petit village andin typique (considéré par les incas comme le lieu de naissance de l’arc en ciel), avec trois trucs qui tapent : une petite église bâtie sur une jolie place coloniale, construite sur des fondations incas, une impressionnante suite de terrassements incas bordant le village, et une vue magnifique sur la vallée et les montagnes environnantes se perdant dans les nuages. Les terrassements de pierre sont très bien conservés et très étendus, le long de la colline, on peut y voir de fameuses niches trapézoïdales, et puis des sièges creusés dans la pierre, et puis de fouilles qui se poursuivent. Dans le village, de nombreuses femmes vendent des tissus en alpaca et autres bijoux de leur cru, l’ambiance est sereine. Tout est envoûtant ici, le calme qui règne, la majesté qui émane des ruines, la vue féérique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deuxième étape : Moray. On se gare sur une petite place, et on n’a qu’à se pencher quelques mètres plus loin pour admirer des vestiges particulièrement spectaculaires : dans un creux entre les montagnes, des terrassements de pierre en forme de cercles concentriques, d’abord très grands et aux formes assez libres, puis plus petits, en cercles parfaits, s’enfonçant assez profondément. Ça a une allure d’amphithéâtre. C’était en réalité une sorte de laboratoire naturel permettant aux incas de déterminer les conditions optimales pour cultiver différentes denrées, chaque terrassement perdant en température et en ensoleillement. C’est hallucinant. On n’a pas trop le temps, je cours le long du chemin descendant jusqu’au site lui-même, pour atteindre le fond du « labo », avoir d’autres points de vue. Chaque terrasse est séparée de la suivante par environ 2m de hauteur, et des longues pierres plates dépassant du mur par endroits servent de marches et permettent d’atteindre les différents paliers. On dirait un peu un site extra-terrestre. A côté du gigantesque amphithéâtre, deux autres, plus petits et dont les vestiges sont plus abimés, sont construits sur le même principe. La civilisation inca, elle tue. On se demande avec les filles qu’est-ce qu’elle serait devenue si elle avait survécu. Elle était en retard sur beaucoup de choses par rapport à l’Europe, mais en avance sur tellement d’autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De retour dans la voiture, il se met à pleuvoir un peu, avant qu’une averse de grêle ne s’abatte sur nous ! Ca ne dure pas  longtemps, et ça permet à Carlos de nous expliquer le calendrier de la récolte inca : les 12 premiers jours du mois d’août sont sensés prévenir du temps qu’il fera l’année qui vient. Le 1er jour du mois d’août donne le ton du climat qu’il fera au mois d’Août, le 2ème jour d’août donne un aperçu du temps qu’il fera en septembre, et ainsi de suite jusqu’au 12 août correspondant à juillet de l’année suivante ! Du coup, Carlos nous dit qu’il pleuvra au mois de mars (8ème mois à compter d’août) et que c’est bon signe pour les récoltes. Et pour les giboulées sans doute. Carlos n’a de cesse, par ailleurs, de nous faire remarquer à quel point son pays est beau, les montagnes, les paysages que l’on croise. Ca ne l’empêche pas de jeter par la fenêtre le moindre papier plastique qui lui reste dans les mains ! En fait tous les péruviens que l’on croise font de même, et jettent absolument tout par la fenêtre, en pleine nature. Sympa.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Troisième étape : les Salinas. Dans un autre creux de vallée, des milliers de bassins blancs, passants par toutes les teintes de vert et gris. Une source chaude naturelle très salée se déverse lentement dans ces bassins, et le sel est extrait de leur évaporation. Cette production de sel, qui existe depuis les temps incas, offre un spectacle unique, fait briller la vallée de mille blancs. Vu d’en haut comme d’en bas, en longeant les bassins séparés par des murets de pierre sur certains desquels on peut se promener, la vision est fascinante, et on ne peut pas s’empêcher de prendre des photos, encore et encore. Cette vallée sacrée est un peu une vallée des merveilles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après toutes ces étapes, Carlos fait chauffer le moteur sans arrêt jusqu’à Ollantaytambo, où on doit prendre le train en direction d’Aguas calientes et du Machu Pichu. Pendant cette dernière étape, je file des flyers Mediatone à Marie et Clémence (ya pas de petite promo), et cette dernière me dit qu’elle est amie d’enfance avec Guillaume, le chanteur de Danakil, qu’on fait passer à la rentrée ! Comme souvent, le monde est petit. Autre truc marrant : les filles font régulièrement des blagues liées à la voix de la SNCF. En fait elles la connaissent personnellement ! la meuf s’appelle Simone, elle n’est plus toute jeune, elle fait ce job à Paris depuis des dizaines d’années ! Maintenant on pourra l’appeler par son prénom, génial.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a un peu d’avance, on s’achète des sandwiches qu’on grignote ensemble sur la petite place, avant de prendre la route jusqu’à la gare et de dire au revoir aux filles. Bien sûr, on s’est échangé les adresses mails, téléphones, et on ne pense pas se mentir en se disant qu’on se reverra, en tout cas on l’espère sincèrement. On attend un peu, avec un petit café sur le quai du train, que je me renverse à moitié dessus en tombant en arrière, le cul par terre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On finit par monter dans un wagon (le train n’en comporte que deux), après qu’un gars a bien vérifié qu’on soit en règle (billets &amp;amp; passeports). Ce train (plus cher) possède des fenêtres sur tous les angles du toit afin qu’on puisse admirer les paysages de montagnes et les sommets enneigées qui jouxtent la vallée dans  laquelle le train se fraye un chemin. Et oui, c’est joli. Et puis on se fait offrir un snack, petit sandwich, petite boisson. Bien sûr, on choisit le fameux « Inca Kola », soda jaunâtre duquel ils font la pub sans discontinuer à Cuzco. Et oui, c’est étrange.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aguas Calientes fait penser à un village de montagne du Yunnan en Chine, l’architecture en moins. La rivière coule tout le long du village, qui est assez en pente, et 5 ou 6 ponts permettent de joindre les rives. On sent que c’est très touristique, avec d’innombrables hôtels et restos à l’occidental, mais c’est quand même mignon, et vraiment perdu dans la vallée. On fait laver des fringues dans une « lavanderia » qui nous les ramène deux heures plus tard à l’hôtel « El Inca » (où on s’est posé), repassés et tout. On s’avale des espèces d’hamburgers dans un snack en face, avec jambon recomposé, steak avec au moins 20% de bœuf, œuf huileux et frites réchauffées au micro-onde, le tout pour cher. On ne reviendra pas. La douche est froide, vraiment froide… je pensais qu’à Aguas Calientes (« Eaux chaudes ») on n’aurait pas de problème de ce genre ! On s’endort vers 22h.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimanche 9 août&lt;/span&gt;. Le réveil sonne à 3h50… de pire en pire. Mais c’est le seul moyen d’avoir une chance de grimper en haut du Wayne Pichu, le sommet à côté du Machu Pichu, et qui donne une vue splendide sur tout le site. Pour cause de « trop de monde sur la montagne », l’UNESCO a restreint son accès à 400 personnes par jour, seuls les premiers ont donc la chance d’y grimper (étonnamment, ça n’est pas plus cher). On s’enfile des biscuits et du yaourt à boire en guise de petit déj… et un Red bull pour moi, faut bien ça pour me réveiller, et c’est parti dans la nuit. On traverse tout le village en descendant le long du fleuve Urubamba, et on continue à le longer sur une demi-heure de marche. Il fait frais, on éclaire la route à la frontale, c’est assez excitant. On croise quelques personnes qui se sont levé en suivant le même objectif. Et puis on arrive en bas de la montagne, et là commence une heure de montée d’escaliers en zigzag, au milieu des arbres de la forêt qui en recouvrent le flanc. On est essoufflé beaucoup moins rapidement, on sent qu’on est vraiment descendu en altitude (Aguas Calientes n’est qu’à 2300m) et la montée est presque agréable. Au fur et à mesure, l’obscurité se fait moins dense, les oiseaux se mettent à chanter, et on n’a plus besoin de nos frontales sur la fin de la grimpette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On arrive à l’entrée du site à 5h55, cinq minutes avant l’ouverture. Deux bus sont déjà arrivés et la queue est déjà longue. On passe l’entrée vers 6h30. Une fois à l’intérieur, on se rend vaguement compte qu’on est dans un lieu magnifique, mais le plaisir est gâché par tous les gens qui courent de l’autre côté, tout au bout, pour espérer gagner leur place sur le Wayne Pichu. C’est super stressant et désagréable, tout le monde bouscule tout le monde et fait des coudes dans les allées pour passer devant. Par principe on ne court pas, mais on avance vite, en insultant ceux qui nous doublent. On finit par se retrouver dans la queue pour le Wayne Pichu. Des guides font la queue seuls et se font rejoindre par des dizaines de personnes qui passent devant nous, on l’a mauvaise. Et on attend un bon moment. Au final 200 personnes ont le droit de grimper à 7h, et 200 à 10h. Vers 7h, on nous informe qu’il ne reste plus de place pour 10h, les 200 tickets sont déjà réservés. Puis on nous compte : on est les 153 et 154ème dans la file pour 7h, on aura donc droit à notre sésame.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En avançant, il se passe deux choses : d’abord on se met à tchatcher avec un couple de français à la cool, Nathan et Isabelle. Ensuite Alice se met à avoir vraiment peur de monter, et décide tout finalement de ne pas nous suivre. Alice, elle a le vertige, et c’est pas pour rigoler (les vertiges d’Alice… de Lewis Caroll). J’ai connu des gens qui disaient avoir le vertige, mais jamais comme ça, provoquant crise de tétanie, tremblements, transpiration… du coup on se donne RV en bas de la montagne une heure et demi plus tard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ca descend d’abord, avant de remonter, et ça ne fait pas semblant. Un petit sentier qui grimpe raide, avec des marches étroites, souvent une corde à laquelle s’aider, et rapidement des vues effectivement vertigineuses. Plus on arrive vers le sommet, et plus la vue est splendide et flippante. En empruntant un petit escalier de pierres dépassant d’un muret donnant sur une terrasse avec vue, je me rends compte que « si je glisse je meurs » et je me mets à trembler moi aussi ! C’est la première fois je crois que je ressens ce que peut être le vertige, et je suis vraiment soulagé qu’Alice ai pris la décision de ne pas venir, elle n’aurait pas tenu longtemps. De tout en haut, on a une vision à 360° sur toute la vallée, les montagnes environnantes, la route qui permet de monter au Machu Pichu, et bien sûr le site entier, une étendue immense de vestiges inca, posés sur la montagne, en contrebas. On est ici à 2800m d’altitude et on domine tout. Le vide, la grandeur, la beauté, je me sens tout petit, à la fois dans cette nature imposante et dans l’histoire. Je reste là un moment, partagé avec Nathan et Isabelle, à profiter de la hauteur, à prendre des photos. Et puis je m’aperçois que le Rendez-vous est dans 20 minutes avec Alice, j’entame donc une redescente rapide. La descente est pire que la montée, avec des passages sur des marches extrêmement étroites et donnant directement sur le vide ! Bien sûr, je suis à deux doigts de tomber plusieurs fois, mais je m’accroche et survis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En bas, je cherche Alice des yeux, et tombe sur une bonne vieille tête de rouquine qui dépasse d’une pierre : c’est Clémence (ah oui, elle est rousse) ! En la rejoignant, je vois qu’elle est avec Marie et Alice, qui les a retrouvées il y a peu de temps. On se fait un peu de lecture sur l’histoire des incas, les légendes, l’origine du Machu Pichu, sa « découverte » en 1915, alors que seuls quelques paysans du coin connaissaient son existence (et faisaient même pousser des tomates sur les terrassements !). En fait on ne sait  pas grand-chose de cet endroit fabuleux, sinon qu’il fût abandonné par l’un des derniers fils du dirigeant Inca par peur de se le faire prendre par les espagnols, et que personne n’en a jamais retrouvé la trace avant cette redécouverte hasardeuse au début du 20ème siècle. Des recherches ont été faites pour définir les rôles des différents vestiges de bâtiments, les habitations des paysans, les temples, les logements de l’élite, les croyances liées au soleil et à la lune, les sanitaires, l’architecture… mais au final ce ne sont que des théories plus ou moins fondées, et des questions subsistent. A côté, on entend un guide parlant à un groupe d’américains, embarqué dans des explications totalement spectaculaires en insistant sur les mots « poignards sacrificiels », « rituels magiques » etc. A priori il compose avec les clichés du genre pour rendre son histoire plus intéressante (et loin de moi de lui jeter la pierre ;-). En fait de sacrifices, il n’y en avait à priori que lorsqu’un danger climatique se dessinait ou avait eu lieu (violents orages, tremblements de terre…) pour apaiser la colère des dieux. Et oui, c’est vrai, c’était souvent des fillettes de 8 ans qui y passaient. Mais bon fallait bien que quelqu’un prenne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On fait tout le tour du site : nombreux terrassements, vestiges d’habitats, rocs taillés, gravures de condor, escaliers en parfait état, morceaux de temples… c’est fascinant. Je me surprends quand même à regretter de ne pas avoir un audio-guide avec la voix du type qui parlait dans les reportages à la fin des Cités d’Or ! Là, c’aurait été chanmé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est bientôt 14h et Clémence et Marie ne doivent pas tarder à redescendre prendre le train. On va manger un bout en dehors du site (pas le droit dedans), on a amené un Pic-Nic. On fait juste l’erreur d’acheter un petit sandwiche en rabe, sec et cher (22S = plus de 7$), et puis un café pas bon à 7S. On retourne ensemble sur le site pour la forme, et on se dit au revoir, cette fois pour de vrai. On s’est vraiment marré avec ces filles, drôles et intéressantes, une rencontre géniale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elles parties, on part avec Lilice vers les sommets du site. Mais la rebelote, elle se retrouve tétanisée en empruntant des escaliers avec vue plongeante sur les environs. Du coup elle va se balader plus bas pendant que je côtoie le ciel d’Inti (le soleil) et Kya (la lune). J’atteins notamment l’endroit d’où toutes les photos de cartes postales sont prises, avec une vue plongeante sur l’intégralité du site et le Wayne Pichu derrière. J’emprunte ensuite un chemin assez long mais exigu, longeant la montagne par derrière jusqu’au « Puente del Inca », un pont de rondins de bois assez spartiate, auquel on n’a plus accès que par la vue depuis la mort de touristes. La vue sur la vallée de derrière est là aussi vertigineuse. Je reviens en courant, par peur qu’Alice s’inquiète, et je la retrouve tout sourire, avec un petit chiot dans les bras ! Il est tout mignon, blanc avec un œil bleu et un rouge, et elle refuse de s’en séparer. On l’appelle Machu, en se disant que si on le ramène chez les parents d’Alice on pourra appeler « Machu ! Pitchoune », leur chien s’appelant Pitchoune. Blague à part, le chien s’est endormi sur elle et elle ne semble pas prête à le laisser. Je dois user de beaucoup de tact pour arriver à partir de là sans Machu el perro.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On redescend en bus cette fois, épuisé d’une rude journée de marche qui a commencé tôt dans la nuit. De retour à « El Inca », toujours pas d’eau chaude ! On fait chier le gars de l’hôtel (très gentil par ailleurs, toujours en train de s’occuper de sa petite de 10 mois), il nous explique la technique : faire d’abord couler l’eau de la douche, puis, les pieds dans l’eau, remonter le fusible qui pendouille à des fils électriques pas accrochés et dénudés, juste à côté de la douche, puis baisser la pression de l’eau au strict minimum, afin d’obtenir un mince filet d’eau tiède tendant vers le chaud. Merci mec.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est donc propre qu’on retourne faire un tour dans Aguas Calientes, à la recherche d’une « lavanderia » pour faire laver nos polaires et pantalons (qu’on met tous les jours). On galère (c’est Dimanche) mais on trouve. Et puis c’est le gros creux. Les filles nous on dit que le « rourou » (c’est comme ça qu’elles appellent le Gloaguen) conseillait un seul bon resto, « l’Indio Feliz ». On a tellement mal mangé depuis la veille qu’on a envie de se faire plaisir… et c’est au-delà de nos attentes. C’est un français qui a monté ce resto, super chaleureux, tout en bois et en décorations de bon goût. Tout est déjà réservé (!) mais il est 18h45 et la serveuse nous propose de manger à une table où la réservation est pour 20h. Pour moi, ça commence par une jardinière de légumes frais avec délicieux avocat, tranches d’orange et de citron vert, petits champignons dans une sauce piquante à l’ail, basilic frais... et pour Alice des petites boules de melon trempées dans de la liqueur de sureau, présenté dans un melon entier. Ensuite, on se partage un plat de tagliatelle avec un plateau entier d’ingrédients à rajouter (sauce au pesto, petits poivrons marinés, champignons persillés à l’ail, parmesan,…) et une truite saumonée au vin blanc, accompagnée d’une sauce « al Macho » (piment et citron vert), avec à côté quelques tranches de patate douce et une tomate à la provençale (genre). Le tout arrosé d’un bon vin chilien. On termine par une tarte à l’orange avec crème anglaise et boule de glace, et mousse au chocolat du coin. En deux jours, on aura fait notre pire et notre meilleur repas, et de loin. C’est totalement explosés mais repus qu’on se couche vers 21h.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Lundi 10 août&lt;/span&gt;. Encore un réveil nocturne, à 4h30, pour prendre le train. Dans la salle d’attente, on retrouve Nathan et Isabelle. On est cette fois en 3ème classe, appelée « backpacker », pas moins confortable que la 2ème, mais avec les fenêtres au plafond en moins. On se retrouve au petit matin à Ollantaytambo, où on va manger un petit déj avec Nathan et Isabelle, avec des œufs et tout. Ils vont directement à Cuzco, alors qu’on a prévu de visiter encore quelques ruines au passage, nos routes se séparent donc ici. On laisse nos « mochillas » (gros sacs à dos) dans l’établissement où on s’est revigoré et on part voir le site d’Ollantaytambo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est une sorte d’ancienne forteresse inca entourée de terrassements assez abruptes, et de laquelle Manco Inca (le dernier chef inca) a réussi à repousser l’envahisseur Pizarro lors d’une bataille historique, à coup de pluies de flêches et de lances. Bien sûr la victoire n’a été que de courte durée, les espagnols revenant à la charge avec une quadruple force de cavalerie et reprenant cette place forte. Même si après le Machu Pichu, ces vestiges font pâle figure, ils restent impressionnant de part leur étendue, leur conservation, notamment celle des systèmes d’évacuation d’eau,  et la force historique de ce qui s’y est passé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On décide de prendre un taxi jusqu’à la ville d’Urubamba, d’où on pourra prendre un bus collectif (très peu coûteux) jusqu’aux ruines de Pisac, en empruntant une autre route qu’à l’aller. Juan, le chauffeur de taxi, sourire et catogan, nous fait du charme pour nous amener jusqu’à Cuzco en passant par Pisac, en nous faisant un prix et en nous embrouillant un peu quand même… et ça marche, évidemment. Comme ça on se prend pas la tête, il faut dire qu’on est vraiment crevé, qu’on commence à avoir besoin d’un break. Juan fait une bonne pause à Urubamba (des papiers à régler…) avant de nous emmener à Pisac.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pisac est (encore) un site immense, composé d’un petit village (avec un joli marché), niché au pied d’une grande montagne totalement recouverte de terrassements, d’escaliers, de vestiges de tours, d’habitations, et d’une forteresse inca, tout en haut. Juan nous dépose presque tout en haut, pour nous récupérer un peu plus bas, après avoir profité des ruines en parcourant un long sentier, parfois à flanc de montagne, et passant même parfois à l’intérieur par des passages étroits. Le sentier donne une vue incroyable sur toute cette montagne, encore un témoignage poignant de cette immense civilisation malheureusement éteinte. A chaque tournant, on s’aperçoit que  les vestiges continuent à se répandre, jusqu’au village tout en bas. Le site n’est pas loin d’être aussi grand que le Machu ! Cette « vallée sacrée » regorge de souvenirs du passé. Alice n’a une fois de plus pas pu me suivre bien loin à cause du vertige (vraiment handicapant pour elle), et je fais le trajet avec une française bien sympa, travaillant à Washington. Une Marie, encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De retour au taxi, on ne fait plus d’arrêt jusqu’à Cuzco. On croise encore deux ou trois sites incas, mais on en profite du véhicule… il faut dire qu’on a fait le plus gros. Juan nous dépose devant l’Albergue Municipal, qu’on avait réservée (orga de ouf). On a à peine le temps de poser nos affaires dans la chambre 203 qu’on dort déjà.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une bonne sieste de plus de deux heures ! On se relève vers 17h40, la nuit tombe déjà. On retourne au petit resto sympa dans lequel on était allé avec les filles, et on s’enfile un menu italien à base de pizza et de cannellonis, sympa. On se couche vers 22h, sans aucun mal à se rendormir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Mardi 11 août&lt;/span&gt;. Réveil à 4h45… décidément. Et c’est parti pour une journée entière de voyage retour jusqu’à La Paz. On paye la chambre (il y a toujours quelqu’un à l’accueil) et on se casse. Le Pérou, c’est bien sympa, mais ça coûte cher… en quatre jours ici, on aura dépensé 3 à 4 fois plus qu’en Bolivie ! Et puis on a beau avoir rencontré des péruviens sympas (surtout ceux qui ont intérêt à l’être, comme les chauffeurs de taxi), on se sent quand même beaucoup plus sollicité ici qu’en Bolivie, on a hâte d’y retourner. Le truc c’est qu’on est allé à l’endroit le plus touristique du Pérou, on a donc vu le pire et le meilleur. A priori, il y a beaucoup d’endroits beaucoup plus paisibles, notamment dans le nord… mais ça sera pour un autre voyage ;-)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Taxi jusqu’à la gare routière. Le guichet où on a acheté nos places est fermé, alors qu’on a RV avec la meuf pour échanger la preuve d’achat contre un vrai billet. Elle se pointe au dernier moment, nous demande de payer une taxe d’ « utilisation du terminal de bus » (encore une), et puis nous aide à prendre place dans le bon bus, après qu’on se soit fait jeter par un chauffeur pas tout à fait détendu. Le bus est 100% local, on est les seuls « gringos ». Des femmes transportent d’énormes quantités d’aliments et autre bazar, accrochés et enroulés dans leur dos avec des gros draps aux motifs péruviens et aux couleurs vives. Elles traversent tout le bus en vendant des sacs de pains et autres friandises avant de s’assoir à leur tour. Un peu plus tard, un homme habillé de cuir et portant un attaché-case monte dans le bus et prend la parole sur un ton persuasif et solennel, en prenant à partie les passagers. Il passe une demi-heure de trajet à venter les mérites du Ginseng, en montrant toutes les maladies et désagréments contre lesquels il lutte, atroces photos à l’appui : calculs rénaux, hypertrophie de la prostate (il montre des images d’opérations), éjaculation précoce (on voit une belle femme dans un lit, et un homme assis sur le côté, les mains sur la tête), varices, etc. A la fin, beaucoup de passagers lui achètent un gros bocal de gélules au ginseng, visiblement soulagés d’avoir enfin trouvé la solution à tous ces maux ! De mon côté je ne fais pas le malin, les biscuits péruviens du petit déj me font roter de l’œuf pourri et je suis en proie à une véritable crise de flatulences, doublée d’un inconfort intestinal croissant. J’aurai peut-être dû, moi aussi, acheter du Ginseng…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arrivée à Puno à 13h30, avec une heure et demie de retard. On cherche une compagnie proposant des allers direct pour La Paz, en vain. La seule ligne qui s’y rend dans l’après-midi (départ 14h) passe par Copacabana, par la route plus longue, avec traversée de détroit en bateau et tout le bazar. Pas le choix, on prend. Je paye en dollars (on est à court de Soles) et met tous les dollars qui nous reste dans la petite sacoche en bandoulière achetée à la Paz, et dans laquelle je mets mon appareil photo, les papiers, la thune. On achète à la volée 2-3 trucs à manger (yaourt à boire, chips et beignets aux pommes), et puis on paye la taxe de terminal pour avoir le droit de prendre le bus. Au moment de montrer nos billets, je me rends compte…. Qu’il n’y a plus aucun dollar dans la sacoche !! Pourtant je l’ai toujours gardée sur moi, rien d’autre ne manque… mais avec le speed des achats, le fait de porter tous les bagages, quelqu’un a dû me voler ça en deux-deux. Je suis dégouté. Je demande bien sûr de partout, tout le monde me dit qu’il y a énormément de pickpocket dans cette station. Ah ok merci. Ces enfoirés de Péruviens, ils nous auront tout ratissé, jusqu’au bout ! Il n’y avait pas loin de 300 $.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le bus est lui blindé de touristes, français (décidément nombreux), espagnols (décidément bruyants), israéliens (décidément pètent-couilles), et autres italiens. La meuf de l’agence nous fait tous changer de places pour concorder avec ce qu’il y a écrit sur les billets, alors que tout le monde s’en fout. Nos sièges sont pétés, bien inconfortables. On sommeille un peu, avec difficulté. Passage de frontière sans grande difficulté, ça tamponne à tout va. On est de retour en Bolivie ! Le bus s’arrête à Copacabana, on doit en changer. J’en profite au passage pour insulter la meuf de l’agence qui nous avait vendu les places pour l’aller en nous mentant sur le confort. Elle s’excuse mais, étrangement, ne rembourse rien. On aurait dû se plaindre le jour même ! Haha, elle est marrante. Le nouveau bus est un peu plus calme. La nuit tombe. On arrive bientôt au fameux détroit, où on doit traverser de notre côté pendant que des immenses planches flottantes à moteur font traverser les bus. Le chauffeur n’explique rien à personne, c’est nous qui nous retrouvons à expliquer aux passagers la procédure. De l’autre côté, on retrouve le bus, qui se rend cette fois d’une traite au terminal de La Paz. Arrivée à 23h (encore une heure et demie de retard). On file en taxi jusqu’à hôtel Sagarnaga, celui de notre arrivée. Le gars est en train de fermer la grille d’entrée, il reste une chambre, on s’y jette littéralement. Je retrouve au passage la clé de la chambre 203 de l’Albergue Municipal de Cuzco dans ma poche ! Quel con. Si quelqu’un va au Pérou et lit ce blog, ne cherchez plus, c’est moi qui l’ai.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Mercredi 12 août&lt;/span&gt;. Enfin une vraie grasse mat ! On a dormi de minuit et demi à 9h30, on est complètement reposé, on en avait vraiment besoin. On décide de se faire une vraie journée farniente, d’arrêter de courir et de se reposer. La seule action du jour consiste à se rendre au terminal de bus pour acheter deux billets pour Uyuni, dans le sud ouest du pays. J’utilise les toilettes publiques, des tas de dessins cochons sont dessinés sur la porte. Je pense maintenant pouvoir affirmer que dessiner des zizis dans les chiottes est une occupation internationale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On mange dans le même bon resto que la première fois (le Pot Colonial), soupe de petits pois et de tomate, cannellonis aux épinards, tomates farcies au bœuf pimenté, tarte aux pommes et, évidement, « plataño con leche ». Tous les gens nous parlent doucement et gentiment ici, sans jamais insister pour qu’on achète quoi que ce soit, on sent la différence avec les péruviens. Je termine d’écrire dans un café internet tranquille, reposant, en sirotant une limonade avec Alice qui lit en face, peinard. On est vraiment reposé, tout propre, au top, refaits, prêts à repartir pour de nouvelles aventures dans le sud !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Mercredi 12 août&lt;/span&gt; – &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Paz / 17h55&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31148985-6394823862953291715?l=ericde.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ericde.blogspot.com/feeds/6394823862953291715/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31148985&amp;postID=6394823862953291715' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/6394823862953291715'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/6394823862953291715'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ericde.blogspot.com/2009/08/5-jours-dans-la-vallee-sacree-des-incas.html' title='5  jours dans la vallée sacrée des Incas'/><author><name>ericde</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07232488413902604705</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://photos1.blogger.com/blogger/5227/3356/1600/DEad.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31148985.post-438011590257076456</id><published>2009-08-06T23:20:00.002+02:00</published><updated>2009-08-06T23:33:50.507+02:00</updated><title type='text'>Fiesta y Serenidad, Sol y Luna</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;strong&gt;Jeudi 6 août&lt;/strong&gt; – &lt;em&gt;Copacabana&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;em&gt;Fiesta de Copacabana, Serenidad de l'isla del sol, Sol de l'isla del sol, Luna de l'isla de la luna, ou l'inverse, ou les cinq... le mieux est encore de lire les lignes qui suivent !&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mardi 4 août&lt;/strong&gt;. Le réveil sonne à 6h50. Même pas mal. Après une bonne douche revigorante et un mauvais petit déj (le même que la veille), nous voilà dans le bus, direction le lac Titicaca ! On met 3h pour faire 75 km, entre les embouteillages pour sortit de La Paz et les détours sur chemins cahoteux pour cause de manifestations sur les routes principales (les manifestations sont d’ailleurs super courantes en Bolivie, et le syndicalisme ultra développé et solidaire). Ca nous permet de prendre le temps d’admirer de superbes vues sur La Paz, de rouler au rythme des petits villages traversés, de découvrir les paysages assez arides laissant surgir de hauts sommets enneigés au loin. Et puis, bientôt les immenses eaux du lac.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vers 11h, le car s’arrête au détroit de Tiquina, que les passagers doivent traverser de leur côté, alors que les cars sont transporté eux-mêmes sur des grands flotteurs. Sur la place, un attroupement de population immobile et costumée attire l’attention. Un type fait un discours au micro, qui à l’air de parler de la révolution, et rappelle les grands principes fédérant le peuple bolivien. De la musique retentit, un défilé semble se préparer. Pendant ce temps un petit bateau nous fait traverser le détroit, et on ne tarde pas à remonter dans notre bus de l’autre côté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On arrive enfin à Copacabana, vers midi. C’est un village mignon, à taille humaine, entouré de petits sommets et bordé par… la seule plage de Bolivie ! L’endroit est bien sûr très touristique, mais n’en est pas moins charmant. Les touristes sont d’ailleurs en grande partie boliviens, ça change un peu. Les rues comme les places sont là aussi remplis d’étales de tous genre. On sent régner une certaine ferveur religieuse, de nombreux fidèles pratiquants faisant la queue devant la grande cathédrale blanche (type coloniale), et s’affairant à de longs rituels à base de bougies et d’eau bénite. L’électricité pieuse et festive qu’on ressent est en fait directement liée à l’approche du 6 août, jour de l’indépendance, et fête nationale de la Bolivie, et qui draine une immense population à Copacabana, et notamment beaucoup de péruviens. Les hôtels en profitent d’ailleurs pour doubler ou tripler leurs tarifs, moins cool. On trouve quand même une chambre sympa, un peu négociée, pas loin du lac, super lumineuse, vue sur un joli sommet (et sur le lac en allant sur la terrasse et en sautant). Installés, on se retrouve rapidement dans une cour extérieure pour manger un bon almuerzo avec de la truite grillée (spécialité du lac) en plat principal, des baby-foot, un hamac et du Bob Marley à fond. Si ça c’est pas cool.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après une légère sieste syndicale, on se décide à grimper sur le cerro calvario, le sommet tout proche qui surplombe la ville, le lac et les alentours. Le chemin en pierres qui monte est en fait un véritable pèlerinage, emprunté par des centaines de boliviens. Des vieilles femmes vendent des fœtus de lama, des herbes odorantes, mais aussi nombre d’objets insolites comme des petites maison en plastique, des petites voitures (majorette), des billets de monopoly, des assiettes d’offrandes aux couleurs criardes, des pétards… d’ailleurs ça pète de partout, de plus en plus. Ca sent l’encens, les feuilles brûlées, et ça mitraille de toutes part. On est plus dans une ambiance de liesse populaire que de coin de paradis. Arrivé tout en haut (non sans mal et sans jouer des coudes), il y a une longue file d’attente pour faire ses offrandes à des statues de Jésus, le long d’un chemin de croix. Et puis beaucoup de monde qui ouvre des bières en les secouant pour nourrir la terre de Pachamama. Des petits attroupements musicaux se forment, sons d’accordéons, de guitare, cris de joie (« &lt;em&gt;allegia, allegria&lt;/em&gt; ! »), notre père récité par un gars en bonnet péruvien à un couple en devenir qui terminent aspergés de bière… l’ambiance est plutôt géniale en fait, et la vue sur les eaux immenses du lac, sur la ville en contrebas et sur les paysages alentours ne gâche rien. On s’assoie là un moment, au milieu de cette joyeuse pagaille. Une ancienne vient me demander en mariage (enfin je crois). Un médecin de La Paz nous serre la main, nous souhaite la bienvenue, nous pose des questions et nous parle de son pays. Une fillette s’amuse à côté. Un musicien nous recommande son hôtel et chante encore plus fort la joie, avec ses compatriotes ivres, à la santé de Pachamama, ou Jésus, ou peu importe, alors que le soleil décline doucement. Un moment bien étrange et bien agréable. Et puis c’est la redescente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On se promène un peu sur la plage du lac, fumée d’échappement des bus, maté de coca, jus de poire et coucher de soleil. On a changé tous nos plans pour le lendemain, on fait changer nos billets pour l’Isla del Sol sans problème, en se faisant rembourser ce qu’il faut. Idem pour l’hôtel. Enfin ils nous remboursent une bonne partie de la nuit payée d’avance. Ils en gardent un peu quand même, pas cons. Globalement ils sont quand même arrangeant ces boliviens, et définitivement accueillant. Dîner dans un havre de paix pour touristes, murs en bambous, abat-jours type Ikea aux couleurs de la nation (vert-jaune-rouge), Manu Chao, Alpha Blondy et Bob, encore, en fond sonore. Vert-jaune-rouge ? Allez, encore un petit peu d’écriture avant un bon sommeil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mercredi 5 août&lt;/strong&gt;. On a du mal à dormi, l’un et l’autre. Les fêtes se prolongent toute la nuit, là haut sur la montagne, à grands coups de pétarades, de chants et de cris. On est presque content quand le réveil sonne à 7h, on va pouvoir fuir ! Petit déjeuner dans un petit resto de la rue principale, avec du vrai jus d’oranges pressées (l’hôtel de La Paz servait de l’Oasis) et un vrai expresso (ça change du nescafé).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On embarque dans un petit bateau en direction de l’Isla del Sol. A côté de nous, un groupe de 7 français, 4 gars et 3 filles, la trentaine, qui ont l’air bien de bien se marrer en disant bien des conneries. On se met à discuter avec eux, ils sont vraiment sympas, on tchatche de nos itinéraires, ils nous donnent plein de tuyaux pour profiter au mieux de Cuzco et du Machu Pichu si on souhaite y aller (du coup on y va !). Et puis l’un d’entre eux porte sur lui le T-shirt de la fondation Cowboys Fringants, ça se met à chanter, ça rigole bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arrivée au débarcadère du sud de l’isla del sol. Un escalier interminable conduit au petit village de Yumani, là haut sur la colline. L’escalier s’avère être un escalier inca, de part et d’autre duquel coule la source des incas. Un truc magnifique. Mais on est tellement fatigué de la grimpette qu’on ne capte rien. On croise des dizaines d’ânes remontant des barils d’eau dans les hauteurs de l’ile, et puis un lama, le premier. On s’installe dans le Templo del Sol, un petit hôtel défraichi posé sur une crête, avec une vue imprenable (je n’ai jamais compris cet adjectif) sur les deux versants du lac. Il est tenu par une dame d’une gentillesse qui n’a d’égal que sa douceur, comme toutes les personnes qu’on croise ici d’ailleurs. Plus un bruit, le calme absolu, la sérénidad. Et puis le soleil qui irise les eaux du lac, les petites îles tout autour, les montagnes enneigées à l’horizon. On se repose un petit moment, avant de repartir « faire un tour » de l’île.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est midi, Alice commence à avoir faim. Je lui dis : « &lt;em&gt;T’inquiète, j’ai vérifié sur la carte, il y a des restos plus loin sur le chemin qui mène au Nord de l’île, juste après être arrivé en haut de ce sommet&lt;/em&gt; ». Elle me crois, bien sûr. Arrivé en haut, crevé, on s’aperçoit que le sentier s’arrête et qu’on est perdu au milieu de secs pâturages (une sorte de maquis). On part dans n’importe quel sens, en essayant de redescendre un peu, parfois en s’accrochant à des pierres. On ne croise personne, à part quelques brebis égarées. On finit par apercevoir un joli chemin bien gros, bien évident, qui passait non pas sur la colline, mais à côté. En le rejoignant, on croise des gars à côté d’une cabane, qui nous demandent de payer un droit d’entrée pour accéder au nord de l’île. On marche déjà depuis 1h30, et on n’a quasiment pas avancé au vue de notre position sur la carte de l’île. On leur demande si on peut manger quelque part, ils nous répondent que non, aucune restauration possible avant le village tout au nord, à part l’achat de biscuit dans des petits cabanons prévus à cet effet. Alice commence à tirer la gueule, je lui explique ce n’est qu’une petite &lt;em&gt;Dead galère,&lt;/em&gt; rien d’autre. On achète une petite barre au chocolat, et puis des petites bouteilles d’eau, et puis on repart vers le nord. Le sentier est particulièrement montant et pénible, mais il suit la plupart du temps une crête au centre de l’île et la vue est absolument splendide. Le vent souffle fort mais le soleil cogne, et on n’a ni chapeau ni crème solaire, Alice ayant perdu son « écran total » dans un bus. On est un peu des galériens, là. Après encore 2 bonnes heures de marche harassante, on arrive à la pointe nord de l’île, où on rencontre deux petites filles du coin qui nous expliquent plein de trucs sur les ruines tout autour de nous, à commencer par la table en grosse pierre devant laquelle on s’est assis, qui était une table sacrificielle inca ! Et puis le &lt;strong&gt;Titi Khar’ka&lt;/strong&gt; devant nous, aussi appelé « rocher du Puma », ses yeux, ses oreilles… Un peu plus loin, les ruines de &lt;strong&gt;Chincana&lt;/strong&gt; sont des vestiges archéologiques impressionnant, véritable dédale dans lequelle nous emmène nos deux petites guides ! Elles s’appellent Sandra (9 ans) et Jenina (3 ans !). Pour plus de simplicité, nous l’appellerons Jeannine. Jeannine nous montre un puits dans lequel elle descend un peu pour aller boire à la source, on a peu qu’elle tombe, elle est vraiment petite ! Je fais des photos des deux filles dans les ruines, elles font un peu les belles. On se perd dans les pièces et dans les couloirs à ciel ouvert de ce petit labyrinthe. La vue sur le lac est toujours chanmé, avec le soleil qui fait briller d’avantage l’eau au fur et à mesure qu’il descend. On dit au revoir à Sandra et Jeannine, en leur laissant quelques bolivianos, et puis on repart vers le sud mais plus à l’est, en direction du village &lt;strong&gt;Cha’llapampa&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Encore une bonne demi-heure de marche pour y arriver. Il est déjà 16h15, et on commence à être vraiment épuisé, surtout Alice qui a du mal à lever ses jambes à chaque pas. Le retour à pied prendrait encore 2 à 3h de marche jusqu’à l’hôtel, on n’a quasiment rien avalé depuis le petit déj’ et on a pris le soleil en pleine tête toute la journée. On recroise les français du bateau qui se sont installé dans un petit hôtel dans le village, ils nous racontent encore des conneries, ça nous détend. Sur le petit bout de plage, des ânes et des cochons font leur vie. On arrive à l’embarcadère du village, dans l’espoir de prendre un bateau qui nous ramènerait dans le sud par les eaux. Plus de navette publique, par contre il y a déjà trois italiens et une espagnole qui attendent d’être assez nombreux pour partager un bateau privé. A six, ça ne revient plus très cher, on embarque donc tous ensemble. Ouf.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Là-bas, c’est rebelote avec les escaliers. Incas ou pas, ils sont particulièrement longs et pénibles. Arrivé aux premières habitations du village, on cherche immédiatement un petit resto bien mérité, et on se pose sur une terrasse superbe avec une vue sur la petite église du village et la pension tout autour, murs en en pierre et petits clochers en tuile. Le soleil est presque couché derrière nous. Je regarde la petite isla de la luna en face de nous, et lit à Alice ce qu’il en est dit dans le Lonely Planet : « &lt;em&gt;Selon la légende, c’est sur ce paisible îlot entouré d’une eau couleur aigue-marine que Viracocha ordonna à la lune de s’élever dans le ciel&lt;/em&gt; ». A ce moment précis, un tout petit éclat blanc sort de derrière une montagne, juste derrière. Puis grossit, forme un demi-cercle, puis rapidement un cercle parfait. C’est bien la pleine lune qui vient de se lever ! J’en profite pour expliquern à Alice que je commande à la lune, je ne suis pas sûr qu’elle me croit. Il fait vite froid, on rentre à l’intérieur pour commander à manger, encore de la soupe au quinoa et petits légumes, et une excellent truite grillée accompagnée de patate, de riz, et de plein d’autres légumes. On mange vers 19h30, alors que j’avais promis à Alice qu’on mangerait avant 13h… pas mal. Ces dîner nous fait un bien fou, mais on est complètement mort, et rouge comme des écrevisses avec ça. Encore un petit effort pour atteindre les hauteurs de l’hôtel, et on se jette au lit. On regarde un petit épisode de &lt;em&gt;Merlin&lt;/em&gt; sur l’ordi portable. A la fin de l’épisode, plus de batterie. On s’écroule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jeudi 6 août&lt;/strong&gt;. Mal dormi encore, sans doute l’influence de la pleine lune cette fois ! Mais longtemps. Lever vers 8h, bonne douche (entre froide et tiède, avec une pression pourrie), petit déjeuner à l’hôtel, excellent et très bien servi, avec pain chaud, bonne confiture, œufs, jus d’orange pressé. On est refait. Des français à côté parlent de &lt;strong&gt;Cuzco&lt;/strong&gt; (encore), on discute un peu. Et puis repos. On a décidé d’y aller farniente aujourd’hui, pas de folie. J’écris un peu nos aventures de la veille dans la salle à manger de l’hôtel. Le soleil tape fort sur le lac, comme à son habitude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On repart nos gros sacs à dos sur les épaules, en direction de la pointe sud de l’île, qui proposerait son lot de ruines incas. C’est à 30 minutes de marche en descendant, rien à voir avec le calvaire de la veille. Par contre on a vraiment ramassé et avec les gros sacs ça n’est pas aussi facile que prévu. A la mi-chemin, je me rends compte que j’ai encore les clés de notre chambre d’hôtel dans la poche ! Alice m’attends un moment pendant que je fais un aller-retour pour les rendre. Encore une connerie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En bas, au sud, on visite effectivement le &lt;strong&gt;Palacio del Inca&lt;/strong&gt;, un édifice de pierres avec 7 ou 8 pièces, dont la moitié au plafond intact. On a déjà vu plus impressionnant, mais s’imaginer que des incas ont foutus les pieds ici est toujours plutôt cool. On voit un embarcadère, et remonter tout le chemin pour tout redescendre ne nous dit rien. Avec deux autres français de passage, on essaye de négocier qu’un bateau nous transporte jusqu’à &lt;strong&gt;Yampupata&lt;/strong&gt;, sur l’autre rive. Un conducteur de bateau accepte, il nous demande juste d’attendre un moment qu’il ait terminé avec un groupe, qu’ils les emmène à un autre endroit puis qu’il revienne nous chercher tous les quatre. C’est pas donné, mais on négocie un peu le prix et ça roule. Il revient bien nous chercher à l’heure prévue (14h), et on est rapidement de l’autre côté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Yampupata&lt;/strong&gt; est un petit village, rien ne s’y passe. On croise un gars, on lui explique qu’on cherche à rejoindre Copacabana, il nous dit de le suivre. Il nous amène à l’autre bout du village, où un pote à lui finalise sa cargaison de farine de poisson dans un pick-up, avec toute sa famille dans la caisse. Pas de problème, on va faire de la place ! Le pote accepte d’enlever deux gros sacs de farines de poissons de derrière pour qu’on ai la place de s’y vautrer. Le pick-up part, on est tous accroché les uns aux autres, et ça pue le poisson. La route est plus une piste terreuse et cahoteuse, on décolle de plusieurs centimètres à chaque bosse et le chauffeur roule comme un malade ! C’est un peu flippant mais les paysages sont top, on a des points de vues énormes sur le lac tout le long du chemin. On fait une quinzaine de km comme ça, et on termine plein de poussière et de terre, mais plutôt content, c'etait bien rigolo.&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;A Copacabana, c’est la fiesta ! On est en plein 6 août, il y a un monde fou. On zigzague entre les passants avant de tourner dès que possible dans un resto pour manger un bout. Il est déjà 16h. On se régale d’une bonne pizza maison aux poivrons, salami, oignon, et d’un tacos au guacamole avec tout plein de petits légumes croquants dedans. C’est incroyable à quel point tous les produits sont frais ici, on ne mange que des bonnes choses. Même quand la cuisine est simple, les aliments ont tous bon goût. Allez, un petit &lt;em&gt;plataño con leche&lt;/em&gt;, ça fait longtemps. Dans une heure et demi, on sera dans un bus couchette pour &lt;strong&gt;Cuzco&lt;/strong&gt; au Pérou ! Ben oui on est comme ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Jeudi 6 août&lt;/strong&gt; – &lt;em&gt;Copacabana / 17h11&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31148985-438011590257076456?l=ericde.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ericde.blogspot.com/feeds/438011590257076456/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31148985&amp;postID=438011590257076456' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/438011590257076456'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/438011590257076456'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ericde.blogspot.com/2009/08/fiesta-y-serenidad-sol-y-luna.html' title='Fiesta y Serenidad, Sol y Luna'/><author><name>ericde</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07232488413902604705</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://photos1.blogger.com/blogger/5227/3356/1600/DEad.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31148985.post-933444925133232093</id><published>2009-08-04T04:33:00.001+02:00</published><updated>2009-08-04T04:35:51.927+02:00</updated><title type='text'>Les sorcières de La Paz</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Lundi 3 août&lt;/span&gt; – &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Paz / 19h41&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Il est bien le titre non ? Comment ça un effet d’annonce ? Ouais ben on verra. En tout cas, après une journée de plus passée à arpenter dans tous les sens cette ville si singulière, on se connait un peu mieux avec La Paz, on commence à avoir vécu des trucs ensemble... Ca a commencé ce matin, très tôt...&lt;/span&gt;&lt;span style="display: block;" id="formatbar_Buttons"&gt;&lt;span class="" style="display: block;" id="formatbar_JustifyFull" title="Justifier" onmouseover="ButtonHoverOn(this);" onmouseout="ButtonHoverOff(this);" onmouseup="" onmousedown="CheckFormatting(event);FormatbarButton('richeditorframe', this, 13);ButtonMouseDown(this);"&gt;&lt;img src="img/blank.gif" alt="Justifier" class="gl_align_full" border="0" /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Lundi 3 aout&lt;/span&gt;. 6h. Je me réveille soudainement, une certaine lourdeur dans la tête… Alice est agitée, elle est elle aussi déjà réveillée. Décidément on n’est pas encore bien calé. On arrive à se rendormir sur le coup des 7h et quelques, pour se réveiller vraiment vers 8h30. Le petit déj de l’hôtel est sommaire mais mauvais (il aurait pu être sommaire mais bon). On décide de grimper tout en haut de la ville (le quartier appelé « El Alto ») pour avoir une vue d’ensemble sur le bazar. Bien sûr j’insiste pour y aller à pied. Bien sûr le gars de l’hôtel à qui je demande par où aller me rie au nez, et m’explique comment prendre un taxi. Ok, mais moi je suis sûr qu’on pouvait y aller à pied ! Le taxi a du mal à monter tellement qu’il est vieux et que ça grimpe. Je dois avouer qu’on en aurait bavé. Il nous dépose tout en haut, à côté d’une antenne satellite. Le quartier semble plus pauvre qu’en bas, les nombreux bâtiments en brique rouge sont spartiates, il y a beaucoup de travaux, qui semblent effectués par les habitants eux-mêmes. On ne trouve pas de point de vue génial, on s’enfonce un peu dans le quartier. Les rues sont très peu fréquentées, des chiens nous tournent autour, des gamins s’amusent sur un terrain vague. Des escaliers descendant nous donnent quand même de superbes points de vue sur l’ensemble de la ville, tentaculaire, éblouie de soleil. On voit bien la ligne de buildings créée par Le Prado, l’artère principale qui descend le long d’une vallée entourée de montagnes, recouvertes d’habitations. C’est… éblouissant. On se met à descendre des escaliers plutôt bien entretenus, en direction de la ville. Les personnes qu’on croise ne semblent pas habituées à voir des touristes. Un gars souriant insiste pour que je le prenne en photo, se met à discuter, alors que sa femme insiste pour que je file du pognon (les femmes sont définitivement plus matérialistes que les hommes). En descendant, les chiens se montrent assez inquiétants, montrent leurs crocs à notre passage. Moi, j’ai la malédiction des chiens. Je me suis déjà fait attaquer en Andalousie, en Russie… j’essaye de rester calme et sûr de moi pour rassurer Alice qui n’en mène pas large. Mais un chien s’interpose entre elle et moi, bavant, grognant, il semble prêt à attaquer. Heureusement, une fillette de 4 ans se pointe, lui fout une bonne taloche, l’attrape par la peau du cou et tire de toutes ses forces pour le faire reculer ! Je n’en peux plus de la remercier, elle nous sourie. Sauvés par une gamine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On continue à descendre, toujours plus bas. C’est effectivement interminable. On passe par des petits chemins en terre jonchés de détritus, on croise des femmes faisant sécher leurs jupes traditionnelles, des hommes un peu étranges, probablement ivres, pissant peinard au milieu du chemin. La vue est parfois vertigineuse, à flanc de ravin, mais on arrive progressivement sur des routes pavées moins pentues, plus proches du centre ville. On emprunte la rue des garages, avec des tas de bagnoles réparées à même la route et des centaines de magasins d’huile de vidange, de joints et autres outils à usage mécanique. Petite pause dans une gargote, pour goûter un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;salteñas de pollo&lt;/span&gt; (chaussons farcis au poulet, olives, oeuf, patate, oignons, petits pois, carottes, raisins secs et épices) et s’enfiler un maintenant classique &lt;span style="font-style: italic;"&gt;jugo de plataño con leche&lt;/span&gt; (on  est devenu addict, le goût des bananes est vraiment trop bon).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De retour au centre. On a descendu tout La Paz. On décide d’aller déjeuner dans un autre quartier. On arrête un minibus se dirigeant vers le sud, on lui demande de nous poser &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Zona Sur&lt;/span&gt;, quartier San Miguel. Le trajet dure bien 30 minutes, la circulation est dense, le véhicule se faufile comme il peut entre le flot d’autres bus descendant la vallée, en faisant de fréquentes pauses pour laisser sortir ou monter des gens. Un gars gère l’ouverture et la fermeture de la porte, en hurlant la destination du minibus sans s’arrêter, avec un débit qui n’a rien à envier aux commentateurs de foot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le calme de la Zona Sur tranche avec le brouhaha du centre ville, le quartier semble plus riche aussi. On croise de nombreux collégiens en uniforme de leur école, parfois encravatés. Ca fout les jetons. On se pose à une terrasse ensoleillée, et on commande un almuerzo (menu du jour), soupe de pâtes, de légumes et de viande, puis du poulet rôti accompagné de salade et pommes de terre… et de la pastèque en dessert. Classique mais bon. On profite un peu du calme, de la vue des montagnes environnantes, on se boit un petit café (Nescafé, pour l’instant on n’a jamais eu droit à un expresso qui va bien), et puis retour en minibus jusqu’à la plaza San Fransisco, en plein centre. On va se reposer un peu à l’hôtel, on a tous les deux mal à la tête, l’altitude nous assomme et on sombre dans une sieste imprévue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est 17h30 quand on ressort nos têtes dehors. On se jette têtes baissées dans les ruelles, et on traverse les marchés les uns après les autres. A commencer par le marché aux sorcières, avec ses fœtus de lama séchés, ses feuilles de coca, ses encens et, bien sûr, ses sorcières. Mais je préfère ne pas trop parler de tout ça, ça ferait un peu peur aux lecteurs. Puis le mercado negro (marché noir), un immense dédale de ruelles, d’escaliers, de routes et d’espaces intérieurs dont le moindre mètre carré n’est dédié qu’à la vente d’absolument tout ce qu’on peut imaginer : cosmétiques, jouets, fringues, aliments, outils, lecteurs de DVD portables, gadgets, épices et autres bottes de majorettes. On se perd complètement, tournant de gauche à droite, de bas en haut, d’intérieur à extérieur. C’est comme un souk géant qui semble s’étendre  sur toute une colline. Les klaxons, le monde, les bousculades…. Tout cela commence à nous fatiguer. On fait une halte dans un petit café en terrasse, avec plein de français et du Brassens à fond, l’endroit idéal pour déguster un petit maté à la feuille de coca. C’est meilleur en infusion qu’à mâcher… on en a acheté à une sorcière un peu plus tôt, qui nous a expliqué comment mettre un peu de résine de coca entre les feuilles séchées et chiquer le tout pour guérir de tous les maux du monde. Ca marche peut-être, mais c’est pas très bon. On discute un peu avec une française de son voyage au Pérou. En bas, une fanfare passe avec des enfants qui dansent et des adultes déguisés en ours et autres chats. Je commence à écrire ces lignes, puis on descend à un petit resto. Velouté d’oignon, velouté de tomates… on est devenu des avaleurs de soupes. Et puis une omelette jambon fromage plutôt insipide, qu’on se partage. On est encore complètement vannés, on file au lit comme des vieux. Demain matin, on prend un bus aux aurores pour… Copacabana, sur les rives du lac Titicaca. Ouh yeah.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Lundi 3 août&lt;/span&gt; – &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Paz / 22h30&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31148985-933444925133232093?l=ericde.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ericde.blogspot.com/feeds/933444925133232093/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31148985&amp;postID=933444925133232093' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/933444925133232093'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/933444925133232093'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ericde.blogspot.com/2009/08/les-sorcieres-de-la-paz.html' title='Les sorcières de La Paz'/><author><name>ericde</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07232488413902604705</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://photos1.blogger.com/blogger/5227/3356/1600/DEad.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31148985.post-4319383945332613328</id><published>2009-08-03T04:27:00.004+02:00</published><updated>2009-08-03T04:51:15.230+02:00</updated><title type='text'>Un long voyage</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimanche 2 août&lt;/span&gt; – &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Paz / 18h57 (heure française – 6h)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Un voyage long et épuisant, mais nous sommes bien arrivé à La Paz, la capitale la plus haute du monde ! Retour sur les premiers frémissement d'un périple qui s'annonce de toute évidence véritablement incroyable.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Vendredi 31 juillet&lt;/span&gt;. C’est parti pour un long trajet ! 40h en tout, avec premier arrêt à Madrid pour la nuit, puis 9h d’attente à Miami le lendemain avant d’atterrir à La Paz au petit matin du surlendemain ! Chanmé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Premier vol : Lyon-Madrid. On arrive à l’aéroport en avance (ça me fait un peu stresser, d’être en avance, mais bon, j’arrive à me calmer). Vol tranquille, et on se retrouve vers 23h30 au centre de Madrid. Petit « hostal » pas trop cher, avec une mama à la cool à la réception, des peintures de Jésus sur les murs, un ventilo. Promenade nocturne dans le centre, on s’engouffre une énorme assiette de charcuterie « iberica » (lire grasse et bonne), poussée par une bonne bière. La plaza mayor n’a pas changé,  mais on prend quand même le temps d’une sangria bien fraîche en terrasse, pour en être vraiment sûr. Et puis encore un petit tour, et puis dodo. La nuit est courte et douloureuse, il fait une chaleur suffocante, je me relève à 4h du mat’ pour prendre une douche froide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Samedi 1er août&lt;/span&gt;. Réveil vers 9h, métro pour l’aeropuerto. Un peu avant l’embarquement, on entend nos noms au micro, on nous fait passer à un comptoir de sécurité où on nous pose des questions débiles genre : « Avez-vous des penchants terroristes ? ». Embarquement. Cette fois on est dans l’avion pour 8h de vol. American Airlines, équipage moyen cool, bouffe moins cool encore. Vol sans encombre, agrémenté par la vision de deux énormes nanards : « X-Men Origins : Wolverine », et « Star Trek » (le dernier). Convenons que ni l'un ni l'autre ne sert à grand chose. Je me rends compte que j’ai oublié mes jambes de pantalon (qui se dézippent) à Madrid. Et puis mon maillot de bain. Je suis super énervé contre moi. Première étape, première connerie ! Arrivée à Miami vers 14h (heure locale). On fait une bonne heure de queue pour passer la douane, avec des filmes projetés sur des écrans pour te montrer à quel point les Etats-Unis sont grands et forts et accueillants et libres, avec des images de la statue de la liberté, de rappeurs black à chaines en or, de zizi-riders et de familles mixtes qui s’aiment et ont réussi. Le douanier, un imposant latino moustachu, est plutôt agréable. Prise de photo, prise d’empreintes de tous les doigts de chaque main, tout ça, mais agréable malgré tout. On récupère nos gros bagages pour passer une nouvelle inspection avant de les réenregistrer pour La Paz. Compliqué.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dehors, c’est la canicule, 40°, les palmiers, les obèses, les grosses bagnoles, les hôtels de luxe. Bienvenue à Miami. Et nous, on est en chaussures de montagne montantes ! On a bien l’air con. Un bus nous conduit à Miami Beach en une bonne heure : il y a environ un arrêt tous les 10 mètres ! C’est dingue, on a l’impression qu’on n’arrivera jamais. Et puis là, avec la clim on grelotte. On s’arrête au hasard sur la lagune et on trouve un bout de plage. Tout le monde parle espagnol, des familles d’obèses et de futurs obèses (le bouleau a souvent déjà commencé) se retrouvent ici. Repos, lecture, dodo un peu. Je me fous en caleçon pour me « mouiller les pieds », une vague vient me tremper jusqu’au ventre, et je me retrouve les pieds dans l’eau, à bouquiner pendant une heure pour me faire sécher au soleil. Classe. Un petit panini à la viande « turque » (selon la meuf, ça n’est pas du bœuf, c’est du « turc »…. flippant), et puis on rentre à l’aéroport en bus. Le conducteur est un fou furieux qui ne fait qu’accélérer comme un taré, piler, accélérer, piler. Et ça tous les 10m. On commence à accuser le coup, il est 21h, 3h du mat pour nous. Attente interminable dans la zone d’embarquement, il fait froid, on pique du nez. On finit par décoller pour La Paz, notre « véritable » destination. Le vol dure encore 6h45, on arrive à dormir la plupart du temps, mais mal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimanche 2 août&lt;/span&gt;. 6h du matin heure locale : on est enfin à destination. On sort de l’avion par un petit escalier car l’ouverture principale est en panne. Et là je me retrouve en short, par un bon 0° dehors ! C’est un petit aéroport entouré de montagne. Récupération des bagages. En ouvrant mon sac, je retrouve mes jambes de pantalon (qui se dézippent). Et puis mon maillot de bain. Je suis super fier de moi. Dehors, l’air est frais, pur, et on respire un peu plus difficilement, on sent l’altitude. Du minibus qui nous transporte en direction du centre ville, on aperçoit un panneau : « Vous êtes 4061 m plus prêt du ciel ». Le véhicule s’enfonce progressivement dans la cuvette dans laquelle la ville de La Paz a pris racine, une cuvette dont même les rebords les plus escarpés sont remplis de bâtiments ocres s’accrochant à ses flancs. Des bâtiments qui brillent des milles feux d’un soleil imposant qui vient de se lever sur la ville. Waouh. C’est là que je m’aperçois que j’ai oublié mes lunettes de soleil dans l’avion. Waouh. Je suis vraiment le meilleur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le minibus nous dépose le long de l’artère principale de la ville, au nom changeant selon la section, mais communément nommé « El Prado ». De part et d’autre, ça grimpe. Du coup on grimpe. On se retrouve rapidement dans le quartier artisanal de la ville, aux nombreuses ruelles plus ou moins pavées. Les boutiques de vêtement en laine et autres objets d’artisanat ouvrent paresseusement. On entre dans une guest-house, le taulier dort encore. On est au cœur de la Bolivie qui se lève tard ! On décide de s’installer en plein cœur de ce quartier, dans l’hôtel Sagarnaga. La chambre est sombre mais propre, et on n’a  pas dormi depuis trop longtemps. On s’allonge pour se « reposer un petit peu », on se réveille… 5 bonnes heures plus tard, vers 13h.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On est quand même bien dans le pâté, et le décalage horaire et l’altitude n’arrangent rien. Douche, brossage de dents, on revit. Dehors, la ville est en ébullition comparé au petit matin. De nombreuses vendeuses boliviennes au look typique (chapeau melon posé sur le dessus de la tête, châle multicolore et longue tresses noires parfois rallongées de pompons décoratifs) parsèment les rues. Le réseau de ruelles en pente, empruntées au hasard, donne une allure de marché permanent. Ca foisonne, les étales de fringues et de nourriture se multiplient, les voitures klaxonnent. Régulièrement, une ouverture entre les bâtiments laisse entrevoir les habitations les plus hautes de la ville, accrochées à flanc de paroi à des hauteurs impressionnantes. On mange dans un resto plutôt touristique (Le Pot colonial) mais très bon. Un succulent « Platano con leche » (Milk-shake à la banane), d’excellentes soupes (velouté d’ail à la semoule et velouté de tomates), des plats très sympas (steak accompagné d’Ajao, une espèce de patate douce citronnée et assaisonnée, et tomates farcies à la viande piquante pour Alice), et des desserts classes (salade de – très bons – fruits et tranches de pommes flambées). A la fin on n’a pas assez de monnaie pour payer, le gars nous dit de revenir payer le solde plus tard, à l’occasion !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On se remet à arpenter les venelles, de haut en bas et de bas en haut. L’ambiance qui règne met globalement à l’aise. Beaucoup de sourires, une grande gentillesse de la part de toutes les personnes à qui on est confronté. On se promène sans se faire alpaguer à tout va, les vendeurs laissent les gens regarder leur marchandise sans les importuner. Les vieilles ont souvent des dents en or, ça force le respect. En parlant de dents, on voit des écriteaux de dentistes et de prothésistes dentaires de  partout, ce qui amuse bien Alice. Je me rachète une paire de lunettes mille fois plus classes que celles que j’ai perdu (hum), et puis une SD card (pas cher) pour stocker mes photos. On change des dollars en Bolivianos, la monnaie locale. Le climat est trop agréable, avec un soleil qui tape (on se met en T-shirt) mais une atmosphère pure, pas du tout étouffante. Traversée du Prado par un petit pont, nouvelles rues, nouveaux étales. Plaza de Murillo, les bâtiments de l’époque coloniale réfléchissent le soleil qui commence déjà à décliner un peu. Des enfants, des chiens, des pigeons, une statue centrale, de la verdure, des passants aux allures pittoresques, une atmosphère andine… ça y est on se sent vraiment en vacance, vraiment bien, on se rend compte qu’on est dans un endroit incroyable, et pour un bon bout de temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nos pas nous emmènent plutôt bas dans la ville, puis on remonte en direction de notre « quartier ». Petite pause à l’hôtel, où je commence à écrire ces lignes sur mon super Eee PC, mini ordinateur qui me change la vie comparé aux années précédente : je peux écrire d’où je veux, quand je veux, et il me suffit de trouver un réseau Wi-Fi pour la mise en ligne ! On ressort, dégote un petit café, dans lequel on s’enfile un nouveau « Platano con leche », puis un nouveau velouté de délicieux légumes. On discute du voyage, de la suite des événements, on fait des plans sur la Lonely comète. On est bien. Fatigué encore, mais bien. Il est tôt quand on rentre à l’hôtel, bien décidé à plonger dans une nouvelle nuit réparatrice. Alice s’emmitoufle dans des kilos de draps (tout ce qu’elle trouve) et finit par s’endormir alors que je continue à taper ces mots. Je ne vais pas tarder à la suivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dimanche 2 août&lt;/span&gt; - La Paz / 22h22&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31148985-4319383945332613328?l=ericde.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ericde.blogspot.com/feeds/4319383945332613328/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31148985&amp;postID=4319383945332613328' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/4319383945332613328'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/4319383945332613328'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ericde.blogspot.com/2009/08/un-long-voyage.html' title='Un long voyage'/><author><name>ericde</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07232488413902604705</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://photos1.blogger.com/blogger/5227/3356/1600/DEad.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31148985.post-2763382167728998255</id><published>2009-07-31T10:39:00.003+02:00</published><updated>2009-07-31T17:27:18.346+02:00</updated><title type='text'>Un nouveau départ...</title><content type='html'>C'est reparti !!!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Après une petite trêve l'été dernier, avec un voyage au Québec plus sous le signe de la fête que du gros baroudage. Après une année encore dense en concerts, , ericde peut enfin rouvrir ses portes, pour le meilleur et pour le pire. Tremblez lecteurs, car c'est dans l'hémisphère sud que mes pas vont me conduire  pour la première fois ! Atterrissage prévu à La Paz en Bolivie... et puis après on verra bien !&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bien sûr quelque chose a changé, quelque chose d'importance. Et oui, je pars... avec Alice, que j'ai rencontré sur un malentendu en avril 2008, et avec qui je vis une histoire plutôt véritablement incroyable. On habite ensemble depuis 3 mois maintenant, autant dire que rien ne peut plus nous atteindre. Rien ? Ok, on va dire que si son amour résiste à un voyage truffé de galères avec moi, plus rien ne pourra nous atteindre ! C'est un peu l'épreuve du feu, mais je crois qu'on se jette tous les deux dans les flammes avec plaisir (et probablement une certaine dose de naïveté) !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://picasaweb.google.com/lh/photo/F6ZK_zAlVgq4filoqz6VeA?authkey=Gv1sRgCLvWu5OBoeyHJQ&amp;amp;feat=embedwebsite"&gt;&lt;img src="http://lh5.ggpht.com/_VjPiMPpNst0/SnIz9G-uz2I/AAAAAAAAAVw/U5xOXB30Pxo/s400/Eurockeennes_2008_14_Ph_Richard_Bellia%20%2831%29.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autre fait marquant cette année, mon grand-père, "Pipo", est parti. C'est un peu grâce à ce blog qu'on a appris à mieux se connaitre ces dernières années, alors je pense fort à lui et lui dédie ces écrits...&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les derniers jours sont toujours particuliers... tout le bouleau à boucler en même temps que les bagages, les potes qu'on veut revoir, les derniers mails, tout ça. On sent comme un frémissement qui croie avec les heures qui passent, une course contre la montre pour être prêts à temps, avant de laisser pendant un mois son quotidien, décoller et essayer de tout oublier et vivre l'instant, vivre, tout simplement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Décollage dans quelques heures pour... Madrid (comprenne qui peu) !&lt;br /&gt;Ouh Yeah.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/31148985-2763382167728998255?l=ericde.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://ericde.blogspot.com/feeds/2763382167728998255/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=31148985&amp;postID=2763382167728998255' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/2763382167728998255'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/31148985/posts/default/2763382167728998255'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://ericde.blogspot.com/2009/07/un-nouveau-depart.html' title='Un nouveau départ...'/><author><name>ericde</name><uri>http://www.blogger.com/profile/07232488413902604705</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://photos1.blogger.com/blogger/5227/3356/1600/DEad.jpg'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://lh5.ggpht.com/_VjPiMPpNst0/SnIz9G-uz2I/AAAAAAAAAVw/U5xOXB30Pxo/s72-c/Eurockeennes_2008_14_Ph_Richard_Bellia%20%2831%29.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-31148985.post-598472305567081455</id><published>2009-07-21T23:02:00.007+02:00</published><updated>2009-07-22T00:34:32.762+02:00</updated><title type='text'>Crémaillère #2</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {pa
